Mbujimayi (écrit aussi Mbuji-Mayi; littéralement en tchiluba « rivière de la chèvre ».) est une ville située au centre de la république démocratique du Congo. Chef-lieu de la province du Kasaï oriental, elle est la deuxième ville du pays en nombre d'habitants, devant Lubumbashi. Bien que ses origines remontent aux années 1910, c'est en 1963, que la ville de Bakwanga prend officiellement le nom de Mbujimayi en un seul mot, distinct du nom composé du cours d'eau qu'elle borde, la rivière Mbuji-MayiF Green, Journal 1939, p. 211Shomba Kinyamba S. et Olela Nonga D. Monographie de Mbujimayi, Editions MES, Kinshasa, 2015, p. 10.
Géographie Située sur la rive droite de la rivière portant le même nom, et ayant une superficie de (c’est-à-dire )République démocratique du Congo - Ministère du Plan, Monographie de la province du Kasaï oriental, Kinshasa, , . La ville de Mbujimayi s'étend approximativement de l’est à l’ouest sur une distance de et du nord au sud sur une distance de .
La ville de Mbujimayi est bornée au nord par la rivière Muya, au sud par la rivière Kanshi, à l’ouest par la ligne artificielle joignant la confluence Kanshi-Nzaba à celle de la Muya-Bipemba et à l’est par la rivière Mbuji-Mayi.
Au sein de la province du Kasaï oriental, la ville de Mbujimayi est bordée au nord, à l'ouest et au sud par le territoire de Lupatapata, au nord-est par le territoire de Katanda et au sud-est par le territoire de Tshilenge.
Climat Deux saisons sont observées dans la région de Mbujimayi, soit :
La saison des pluies qui dure , soit de septembre à avril ; La saison sèche qui dure , soit en juin et juillet. Les restants, soit mai et août, sont ceux de la transition.
Pendant les huit mois de la saison des pluies, les pics maximaux de précipitations sont en mars et en novembre. Bien que le mois de novembre soit celui avec davantage de précipitations, le nombre de jours pluvieux est supérieur en décembre. Il pleut en moyenne par mois.
Selon la classification de Köppen, le climat de la région est de type Aw, soit un climat tropical de savane. Les vents dominants sont les alizés du sud-est en saison sèche et les alizés du nord-est en saison des pluiesRépublique démocratique du Congo - Ministère du Plan, Monographie de la province du Kasaï oriental, Kinshasa, , .
La température ambiante de la ville varie entre avec une moyenne annuelle de .
Hydrographie Le réseau hydrographique de Mbujimayi est notamment utilisé pour s'abreuver, la lessive, l'arrosage des cultures, la fabrication de la bière et le tamisage des graviers de diamant. Ce réseau est constitué des cours d’eau suivants :
Rivière Mbuji-Mayi ; Rivière Muya ; Rivière Kanshi ; Rivière Nzaba ; Source d’eau de Lukelenge ; Ruisseau Bipemba.
La ville éprouve cependant d’énormes difficultés en ce qui concerne la desserte de sa population en eau potable, principalement à cause de la vétusté du barrage hydroélectrique de Tshiala et du réseau d'aqueduc de la Regideso. Face à cette situation, la population est contrainte de se ravitailler aux puits d’eau, ce qui favorise la persistance de certaines maladies d’origine hydrique telles que l’amibiase et la typhoïde.
Géomorphologie Mbujimayi est située sur le plateau du Kasaï, un plateau légèrement vallonné incliné de l’ouest ( d’altitude) vers l’est ( d’altitude). La déclivité varie entre 5 % et 10 %. Les zones de dépression qui caractérisent le secteur sont sujettes aux effondrements, particulièrement lors du passage des eaux de ruissellement.
Ce plateau est légèrement incliné vers l'est et est constitué de crêtes, dont une crête principale d’orientation est-ouest sur laquelle se butent secondaires d’orientation sud-ouest–nord-est et nord-ouest–sud-est. Les pentes sur le plateau sont généralement faibles mais longues et la pente moyenne de la ville est de 7,1 %.
Quant aux inclinaisons du plateau, le versant de la Muya serait de 8,4 %, celui de la Kanshi serait de 8,1 % et celui de la Mbuji-Mayi serait de 4,9 %.
Son altitude moyenne varie entre ; le point le plus bas () est situé au nord de la ville dans la vallée de la rivière Muya, tandis que celui le plus haut () se trouve non loin du poste Miba vers la crête de l’aéroport International de Bipemba.
Qualité du sol La ville de Mbujimayi présente un sol fortement accidenté, dû par une composition sablonneuse qui peut être supportée par le calcaire, facilement dissoute par les eaux pluviales infiltrées. Ceci favorise la formation de cavités souterrainesShomba Kinyamba S. et Olela Nonga D. Monographie de Mbujimayi, Editions MES, Kinshasa, 2015, p. 21-22OMASOMBO J. (sous-dir), Kasaï-Oriental - Nœud gordien dans l’espace congolais, Musée royal d’Afrique centrale, Tervuren, 2014, p. 24-25.
Il est donc à noter que le sol de cette ville est à un état de dégradation inquiétante caractérisée par des érosions, ravins, effondrements et autres affaissements. Attendu que cet état de fait n’est que la conséquence logique des lotissements anarchiques, des déboisements, de la construction de galeries pour l'exploitation du diamant et de l’absence, l’insuffisance ou l’inadaptation de collecteurs des eauxShomba Kinyamba S. et Olela Nonga D. Monographie de Mbujimayi, Editions MES, Kinshasa, 2015,. Plus de d'érosion ou d'effondrement ont été recensés en 2008 par la coordination urbaine de l’environnement et la Coopération technique belge (CTB).
Bien avant cela, une étude réalisée de 1997 à 1998 avec l’appui de l’USAID avait fait constater que les érosions de la ville de Mbujimayi progressent à une vitesse de dans les huit mois de la saison des pluies, soit par an.
Les gouvernements central et provincial tentent d'arrêter la progression de certains ravins ou carrément de les canaliser en utilisant des moyens de lutte antiérosifs jumelés à des moyens phytotechniques, tels que la culture du vétiver.
Biodiversité
Faune Les eaux qui baignent Mbujimayi renferment une faune constituée de plusieurs espèces de poissons, dont le tilapia, le clanios et le synodontis. Malgré cette potentialité non négligeable en poissons, la pêche n’y est pas développée, car on y pratique la pêche de subsistance à la ligne aux filets maillants de manière sporadique.
Flore et couvert végétal Mbujimayi est lotie sur un terrain jadis couvert par un manteau végétal composé d’arbres et d’arbustes. Tshibombo, une partie de la commune de Bipemba, était d'ailleurs dénommé Tshibombo wa makala (en français : Tshibombo de la braise), car toute la ville était ravitaillée en énergie par le bois de Tshibombo.
Actuellement, Tshibombo wa makala est couvert par une savane de taille chétive apparentée à la steppe. Les lotissements des parcelles, la construction des maisons (nécessaires par le bois), l'énergie par le bois (charbon de bois et bois de chauffage) et les tracés de réservoirs publics constituent des causes de la destruction et de la disparition du couvert naturel. Pour parer à cette situation, la ville est actuellement protégée et couverte par un rideau et manteau végétal constitué d'arbres fruitiers, d’ombrage et de quelques espèces d’essence forestières.
La poussée démographique et la pauvreté sont à la base de la destruction du couvert végétal artificiel. L’éloignement des forêts où la population se ravitaillait en énergie de bois pour les besoins domestiques et pour la vente pousse les habitants à se retourner contre les arbres parcellaires et ce, en dépit du règlement de la ville contre l’abattage anarchique et illicite d’arbres.
Population et société
Gentilé Les habitants de la ville de Mbujimayi sont appelés Mbujimayiens et Mbujimayiennes.
Démographie Mbujimayi connaît d'importants afflux migratoires au cours de son histoire qui contribuèrent à l'augmentation rapide de sa population. La première migration est celle des Lubas venus de Luluabourg (maintenant Kananga) vers 1960 lors d'un conflit les opposant aux populations Luluwa. La deuxième migration est celle des Kasaïens habitant au Katanga et refoulés lors de la crise économique du début des années 1990. De plus, la ville représente depuis longtemps un attrait pour l'exportation de diamant, devenu le premier produit d'exportation du pays depuis la crise minière au KatangaShomba Kinyamba S. et Olela Nonga D. Monographie de Mbujimayi, Editions MES, Kinshasa, 2015, .
Le dernier recensement de la population de Mbujimayi date de 1984, les estimations de population subséquentes varient donc grandement. La croissance annuelle de la population est estimée à 4,16.. En 1999, le Ministère du Plan estimait la population à habitantsMinistère du Plan, RDC, Monographie de la province du Kasaï Oriental, 2005.. En 2012, la population peut être estimée à habitants, ce qui en ferait la deuxième ville en importance dans le pays pour sa population après Kinshasa. La densité de population serait donc estimée à au kilomètre carré. Les estimations de la Central Intelligence Agency pour Mbujimayi font état de en 2023. D'autres estimations font plutôt état de habitants en 2016.
Population par commune La population de la ville de Mbujimayi au regard des statistiques arrêtées au terme de l’exercice 2015 est de tels que repris dans le tableau ci-dessous. CommunesMineursMajeursTotalGarçonsFillesHommesFemmesBipemba243 461248 453214 175219 703925 792Dibindi206 492215 676217 020231 714870 902Diulu116 852120 795119 012134 884491 543Kanshi81 12796 47688 429110 799376 831Muya162 464182 644179 026178 380702 514TOTAL810 396864 044817 662875 4803 367 582
Il convient de signaler que l’on y dénombre dont , , et .
En proportionnant ces statistiques démographiques, la ville de Mbujimayi regorge d'une population caractérisée par 48,34 % d’hommes contre 51,66 % des femmes et 50,27 % des majeurs contre 49,73 % des mineurs.
Personnalités publiques liées à la ville Anaclet Kabeya Kalenga (1987-), homme politique de la république démocratique du Congo. , prêtre catholique de rite zaïrois Eugène Kandolo (1982-), entrepreneur, conférencier, écrivain et coach en développement personnel congolais. Pasteur Paul Mukendi (1977-), chef religieux évangélique
Langues parlées En dehors de la langue officielle qui est le français, la ville cosmopolite de Mbujimayi est d’abord en plein fief des Baluba, c’est-à-dire que le tshiluba est de loin la langue la plus parlée suivie du swahiliRépublique démocratique du Congo - Ministère du Plan, Monographie de la province du Kasaï oriental, Kinshasa, , , ensuite viennent par ordre d’importance numérique le songé, le tetela, le kanyok et le lingala.
Traits culturels La culture peut se définir comme l’ensemble des usages, des coutumes, des manifestations artistiques, religieuses, intellectuelles qui définissent et distinguent un groupe, une société. Sous cet aspect, la ville de Mbujimayi est constituée d'une mosaïque de tribus ayant des valeurs et des traditions différentes.
Pour la classification des langues parlées dans cette ville, le tshiluba était de loin la langue prédominante dû au fait qu'il s'agit de la langue maternelle des autochtones de la région, mais également la langue par excellence de la tribu la plus populeuse de la place, soit la tribu luba. Plusieurs caractéristiques du muluba forment donc la personnalité typique du Mbujimayien.
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