L’équipe du Paraguay de football est constituée par une sélection des meilleurs joueurs paraguayens sous l’égide de l’ ().
Le surnom de l’équipe est la (). Elle s'est qualifiée pour huit phases finales de Coupes du monde, réalisant sa meilleure performance en 2010 en atteignant les quarts de finale. Habitué de la Copa América, le Paraguay est sacré champion de la compétition à deux reprises (en 1953 et 1979).
Historique
Les débuts (1900 à 1945)
Peu de temps après l’introduction du football au Paraguay par le Néerlandais William Paats, l’association paraguayenne de football est fondée le à Asuncion sous le nom originel de par les représentants des cinq clubs existants à l’époque : Olimpia, Guaraní, Libertad, General Díaz et Nacional. Une première équipe est constituée en 1910 afin de répondre à une invitation du club argentin de Corrientes à l’occasion de la célébration du centenaire de la République argentine.. Le match amical se termine par un résultat nul (0–0).
En raison du nombre croissant de propositions à jouer des matchs et des tournois internationaux, la fédération paraguayenne décide de créer officiellement l’équipe nationale et de choisir un maillot rouge et blanc à rayures verticales, couleurs empruntées au drapeau paraguayen. La fédération paraguayenne est membre de la confédération sud-américaine (CONMEBOL) depuis 1921 et est affiliée à la fédération internationale de football association depuis 1925. En 1919, le Paraguay accepte l’invitation à jouer le championnat sud-américain 1921 et afin de se préparer à cette occasion, six matchs amicaux sont disputés. Le premier de ces matchs est une défaite par cinq buts à un contre l’Argentine, le , il s’agit donc du premier match international officiel de l’équipe nationale du Paraguay..
La délégation voyage en bateau jusqu'à Buenos Aires, et se présente le pour son entrée en lice. Quelque personnes se massent aux abords du Sportivo Barracas pour suivre le match. Gerardo Rivas, le dernier de la troupe paraguayenne à arriver au stade, n'est pas autorisé à entrer par un policier local : « Sors d’ici, gamin ». L’avant de 16 ans en appelle à « Alfajía », surnom de Manuel Fleitas Solich, qui, du haut de ses presque deux mètres, réplique : « Ce gamin est notre meilleur joueur ». Pour son premier tournoi international et son premier match en compétition officielle, le Paraguay surprend tout le monde en battant l’Uruguay de Piendibene et Romano, alors triple championne continentale, par deux buts à un, grâce à des réalisations de Gerardo Rivas et Ildefonso López, sous les ovations du public argentin. Malgré cet exploit, le Paraguay se classe quatrième et dernier du tournoi à la différence de buts..
Pour l’édition suivante à Rio de Janeiro, l’équipe du Paraguay est finaliste après avoir tenu en échec les Brésiliens et vaincu une nouvelle fois les Uruguayens, s’inclinant contre le Brésil de Neco sur un match d’appui à 0. Ce tournoi est entaché de controverses arbitrales connues au Paraguay sous le terme de ()Le déroulement du match Paraguay–Uruguay ayant provoqué lui aussi l’ire des joueurs uruguayens, qui renoncent à participer aux play-offs avec le Paraguay et le Brésil pour protester contre la prestation douteuse de l’arbitre brésilien., les Paraguayens – excepté le gardien de but Modesto Denis – quittant le terrain à la minute de jeu contre l’Argentine en signe de protestation contre un penalty sifflé par l’arbitre brésilien, fait de jeu permettant la défaite paraguayenne et offrant aux Brésiliens le dernier match décisif.. Les Paraguayens confirment leurs bons débuts internationaux par une retentissante victoire l’année suivante sur l’Argentine, à Buenos Aires, lors de l’inauguration de la .
L’équipe nationale participe au championnat sud-américain à Montevideo. Le Paraguay se classe à la troisième place, battant le Chili, faisant match nul avec les Argentins et perdant face aux champions olympiques.. Cette année-là, le jeune Aurelio González, l’un des plus grands buteurs du football paraguayen, fait ses débuts internationaux en remplaçant Ildefonso López lors du match contre les Chiliens. et marquant deux buts, entamant ainsi une longue carrière sportive.
La plus large défaite du Paraguay est à l’édition chilienne, contre l’Argentine le , sur le score de à 0, dont un quadruplé de Sosa.. Le naufrage paraguayen lors de ce tournoi pousse ses dirigeants à arrêter les activités de l’équipe nationale pendant près de deux ans.
L’un des souvenirs les plus durables de l’histoire du football paraguayen est le championnat sud-américain de 1929. La paraguayenne acte son retour dans le championnat et sélectionne une équipe qui se déplace dans la capitale argentine en octobre. Vingt-cinq mille supporters argentins applaudissent l’, attendant que l’exploit de 1921 se répète afin de voir la vaincue après son triomphe olympique à Amsterdam arraché à l’. Pourtant opposée aux doubles champions olympiques Mazali, Arispe, Andrade, Petrone, Cea et rapidement réduite à dix joueurs après la blessure de Ramón Viccini, l’équipe paraguayenne s’avance sans complexe et ouvre le score après le quart d’heure de jeu par Aurelio González sur un centre de Lino Nessi. En seconde mi-temps, Diógenes Domínguez marque le deuxième but d’une tête précise. Les Orientaux attaquent désespérément, la rugosité grandit et les coups de poing fusent. Petrone se jette comme un boxeur sur Quiterio Olmedo. Le public fulmine et insulte les Uruguayens. Dans les dernières minutes, Delfín Benítez Cáceres lance une contre-attaque. Le « grand capitaine », Aurelio González, bat de nouveau Mazali (3–0). À la fin du match, les Paraguayens s’offrent un tour d'honneur. Ensuite, le Paraguay perd contre l’Argentine et vainc le Pérou, terminant à la deuxième place et consacrant Aurelio González meilleur buteur du tournoi..
En 1930, le Paraguay participe à la première édition de la Coupe du monde de football, organisée par l’Uruguay. Au premier tour, le Paraguay perd contre l’équipe des États-Unis (0–3) le 17 juillet au Parque Central. Par un après-midi extrêmement froid, l’équipe paraguayenne est sèchement battue par les qui comptent plusieurs joueurs écossais et anglais naturalisés. Comme paralysés par le froid et l’enjeu, les Paraguayens sont dépassés d'emblée par les géants nord-américains. Après dix minutes, Patenaude, profitant d'une lacune de la défense paraguayenne, trompe Modesto Denis. Cinq minutes plus tard, un long dégagement de la défense américaine atteint l’intérieur Gonsalves et, après un cafouillage, un deuxième but est inscritCe deuxième but, longtemps décerné à Florie, voire Aurelio González contre son camp, est officiellement attribué à Patenaude par la FIFA en 2006.. Huit minutes après le début de la seconde mi-temps, à nouveau le grand Patenaude, cette fois de la tête, bat Denis, scellant la victoire américaine. Trois jours plus tard, le Paraguay fait ses débuts au stade Centenario en battant la Belgique, le seul but du match étant signé Luis Vargas Peña.. Cette victoire sert de consolation, une seule équipe sur les trois devant passer à l’étape suivante, les Paraguayens sont éliminés au profit des Nord-Américains.
Un an après le déclenchement de la guerre du Chaco qui débute en 1932 et à l’initiative du Andrés Barbero, directeur de la Croix-Rouge paraguayenne, la fédération paraguayenne réunit une équipe afin de récolter des fonds au bénéfice des blessés du Chaco. Arsenio Erico, la révélation du Nacional, est alors enrôlé dans l’armée à Puerto Casado. Le commandant Molinas ordonne son retour à Asuncion pour intégrer la sélection. Les sélectionnés portent un maillot blanc avec une croix rouge sur la poitrine et disputent un total de 26 matchs en Argentine et en Uruguay. Par la suite, le Paraguay ne participe pas aux Coupes du monde en 1934 et en 1938, en raison de conflits politiques internes au gouvernement de l’époque.
vignette|Les au championnat sud-américain 1937. À la fin de l’année 1936, la organise à la hâte son équipe nationale afin de participer au championnat à Buenos Aires. Les fêtent la nouvelle année à Buenos Aires et débutent la compétition en nocturne contre l’Uruguay sur le terrain de San Lorenzo. Privée d’Arsenio Erico, alors au sommet de sa gloire à Independiente, l’ s’en remet à son frère Adolfo, qui ouvre le score. Les Uruguayens réagissent et submergent le Paraguay en marquant deux buts signés Varela. En seconde période, on assiste à une réaction paraguayenne par Amadeo Ortega qui égalise et marque le but vainqueur. El Gráfico titre sa chronique du match : « Les Uruguayens ont oublié qu'ils ont affronté les vainqueurs du Chaco ». Passée l’euphorie, l’ est ensuite balayée par l’Argentine puis le Brésil, à chaque fois par cinq buts d’écart.
À la suite des retraits des Argentins, des Brésiliens et des Colombiens, les ambitions paraguayennes de remporter le tournoi 1939 à Lima apparaissent légitimes. Cependant, le long voyage vers la capitale péruvienne, via Buenos Aires et Santiago du Chili, est entaché d’irrégularités et d’affrontements constants entre les joueurs et les dirigeants. Déjà sur le navire qui emmène la délégation de Valparaíso à Callao, des actes de vandalisme de la part des joueurs sont recensés, comme des destructions d’effets dans les cabines et des bagarres. La désorganisation de la délégation est telle qu’elle est absente du défilé inaugural devant le président de la république du Pérou. Les dirigeants paraguayens manquent d’autorité pour contenir la sélection menée par quelques , notamment le célèbre Jacinto Villalba, grand joueur connu comme fauteur de troubles. Les débuts contre le Chili sont pourtant réussis (5–1), avant des défaites contre le Pérou et l’Uruguay. Le Paraguay quitte tristement le sol péruvien avec une gestion opaque face aux modestes néophytes équatoriens. Pour couronner cette malheureuse expérience, à Santiago lors d’un match de charité, le Paraguay s’incline face au Chili (1–4). Lorsque les rouges et blancs descendent de l’ qui les ramène de Buenos Aires à minuit, ils sont hués par un public nombreux qui se rend à la gare à cet effet. La lutte entre les dirigeants et les joueurs est alors intense, d’autant que les journaux politiques opposés au gouvernement jettent de l’huile sur le feu en défendant les joueurs. Finalement, ces derniers sont provisoirement exclus de la .
En janvier 1942, avec une équipe presque totalement remaniée, l’ se présente au championnat sud-américain de Montevideo. Les débuts des rouges et blancs sont spectaculaires et illustrent le complexe d’infériorité qui hante historiquement le Paraguay lors de ses confrontations avec l’Argentine. Les sont rapidement menés de trois buts et comblent l’écart en seconde mi-temps, stimulés par le public uruguayen. Après le but égalisateur de Marcial Barrios à quelques minutes du terme de la rencontre, le gardien inexpérimenté Isidro Alonso monte au centre du terrain pour célébrer la réalisation avec ses coéquipiers. Reprenant précipitamment le match, l’Argentin Perucca voit le gardien avancé et envoie un long tir dans les filets, offrant la victoire à l’. Les Paraguayens font ensuite match nul avec le Pérou, battent le Chili et l’Équateur, puis perdent contre les hôtes, l’Uruguay et terminent par un match nul contre le Brésil. La performance paraguayenne est relativement bonne avec une quatrième place, derrière les trois grands du Río de la Plata et précédant les pays côtiers du Pacifique..
Retour en Coupe du monde et titres continentaux (1946 à 1991)