Étienne Maurice Falconet, né le à Paris, où il est mort le , est un sculpteur français.
Considéré comme un des maîtres de l’école baroque, Falconet est aussi, sous certains aspects, un sculpteur néoclassique. Ses œuvres les plus célèbres sont L'Amour menaçant (Paris, musée du Louvre) et le Monument à Pierre le Grand, dit Le Cavalier de bronze à Saint-Pétersbourg, en Russie.
Biographie vignette|redresse|Marie-Anne Collot, Buste d'Étienne Maurice Falconet (1767-1773), musée des beaux-arts de Nancyinv : 362 (cf. L'influence française en Russie au , Presses Paris Sorbonne, 2004, p. 152, note 122.. vignette|redresse|Milon de Crotone (1754), marbre, Paris, musée du Louvre. vignette|redresse|L’Amour menaçant (1757), marbre, Paris, musée du Louvre. Né dans une famille d’artisans, son père est compagnon menuisier, Étienne Maurice Falconet est placé en apprentissage à l’âge de 15 ans chez les maîtres sculpteurs Louis Lanyot et Claude Tretteau (son contrat d'apprentissage est au Arch. nat). Il est ensuite élève du sculpteur Jean-Baptiste Lemoyne, qui l’appelle « Mon enfant Falconet » et qui le dispense de payer ses cours, parce qu’ il n’en a pas les moyens. Falconet peut ainsi développer ses dons en restant presque dix ans dans l'atelier de son maître, temps inhabituellement long pour un apprenti ; il rencontre alors Pigalle ou encore Pajou. Ses liens avec François Boucher lui permirent d'approcher la marquise de Pompadour, grande mécène des arts et favorite de Louis XV, qui lui commande plusieurs œuvres, dont La Jardinière pour orner la laiterie de son château de CrécyJean Vittet, « Le décor du château de Crécy au temps de la marquise de Pompadour et du duc de Penthièvre, essai d'identifications nouvelles », Bulletin de la Société de l'histoire de l'art Français, 2000, p. 133-154..
Grâce à son Milon de Crotone, il est nommé membre de l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1754.
Les diverses sculptures qu’il présente aux Salons de 1755 et 1757 lui valent d'être l'un des sculpteurs les plus en vue de l’époque. L'Amour Menaçant présenté au Salon de 1757, commandé par Madame de Pompadour, fut d'ailleurs l'une de ses plus grandes réussites. Cette nouvelle position l'entraîna à occuper la fonction de chef des ateliers de sculpture à la manufacture royale de porcelaine de Sèvres entre et . Il participe activement au succès du « biscuit de Sèvres », appellation qui désigne les sculptures de Sèvres (rondes-bosses, bas-reliefs), volontairement et généralement laissées en biscuit, c’est-à-dire sans émail et sans décor. Il y produit plus de 70 types de figures différentes, où il popularise son canon féminin et enfantin..
En 1766, sur la recommandation de Frédéric Melchior Grimm et de Diderot, il est appelé à Saint-Pétersbourg par Catherine II de Russie, dont il accepte seulement la proposition à la mort de Madame de Pompadour. Lorsqu'il quitte son atelier de la rue d'Anjou que Diderot appelle la chaumièreLettre XI de 1767 de Diderot à Falconet, dans : Mémoires correspondances et ouvrages inédits de Diderot, par Denis Diderot et Marie-Angélique Diderot de Vaudeul, Paulin, 1831, p. 429-431., il confie les lieux aux bons soins de son ami et l'invite à vider sa caveJacques Attali, Diderot ou le bonheur de penser, Fayard, 2012, 540 p., note 143..
Là-bas, il travaille sur le Monument à Pierre le Grand de Russie, une statue équestre qui occupa douze années de travail à l'artiste. À cause des mauvaises relations qu'il entretient avec la cour de l'Empire russe, il décide de partir dans les Provinces-Unies chez un couple d'amis pour ensuite regagner la France.. À son retour, il fut nommé recteur de l’Académie royale de peinture et de sculpture et exécuta de nouveaux chefs-d’œuvre : Moïse et David, pour l’église Saint-Roch à Paris, Les Mangeurs de raisins, La Leçon de flûte, Pygmalion, Alexandre, L’Hiver ou encore La Mélancolie. Il est remplacé en 1780 par Charles-Antoine Bridan comme professeur de sculpture à l'Académie royale de peinture et de sculptureFrédéric Chappey, « Professeurs à l'École des beaux-arts (1794-1873) », Romantisme, , 1996, ..
Sculpteur-philosophe Falconet est aussi un théoricien qui réfléchit et écrit sur son art. Il a notamment traduit de l'Histoire Naturelle de Pline l'Ancien les passages concernant la peinture et la sculpture, qu'il annote de ses observations, et il est l'auteur de quelques ouvrages sur les arts dans l'Antiquité et chez les peuples modernes. Diderot lui confie la rédaction de l'article « Sculpture » de l'Encyclopédie. Il publie par ailleurs ses Réflexions sur la sculpture en 1761, et quelques autres écrits qui tous ont été réunis en six volumes dès 1781.
Vie privée En 1734, Falconet épouse Anne Suzanne Moulin, fille d'un ébéniste. Ensemble ils ont quatre enfants, dont seul Pierre-Étienne (1741–1791), survit et devient peintre et dessinateur. Il reproduit par ailleurs de nombreuses œuvres de son père avant que celui-ci ne l'envoie parfaire son éducation en Angleterre.
Après le décès d'Anne Suzanne Moulin, on lui connaît plusieurs liaisons, notamment avec la sculptrice Marie-Anne Collot dont il fut le maître et le beau-père. On connaît d'elle un portrait de Falconet, aujourd'hui conservé au musée des beaux-arts de Nancy. Cette dernière le suit en Russie ainsi qu'en Hollande et s'occupe de lui jusqu'à sa mort. Après avoir été victime d'une paralysie l'empêchant de voyager en Italie en 1783, Étienne Maurice Falconet meurt à Paris le .
Œuvres dans les collections publiques
Aux États-Unis Washington, National Gallery of Art : Madame de Pompadour en Vénus aux colombes, après 1755-1757, marbre « Venus of the Doves », notice sur le site de la National Gallery of Art..
En Allemagne Allégorie de l'Amitié, destinée lors de sa création à Madame de Pompadour. Marbre conservé au musée juif de Berlin, après son acquisition par le RFA. Fleuron de la collection Rothschild, spolié par les nazis et devenu propriété du ministre Hermann Göring. Récupéré dans les vestiges de Carinhall, mutilé après le dynamitage de la propriété..
En France La Motte-Tilly, chapelle Sainte-Marguerite de l'église de La Motte-Tilly : Tombeau de l'abbé Terray, 1780 ; Lyon, musée des beaux-arts : Camille Falconet, 1747, terre-cuite ; Paris : église Saint-Roch : L’Annonciation, 1756, groupe monumental en marbre blanc, exécuté pour la façade de l'église (œuvre détruite à la Révolution française), Le Christ au Mont des Oliviers, 1757. musée du Louvre : Le Génie de la sculpture, 1745, terre cuite, Milon de Crotone, 1754, L’Amour menaçant, Salon de 1757, marbre. Ce modèle est édité en biscuit par la Manufacture nationale de Sèvres, Pygmalion et Galatée, 1761, marbre, Connue aussi sous le nom Pygmalion au pied d'une statue qui s'anime. Il est possible que cette sculpture ait été présentée au Salon de 1763, mais une interrogation subsiste (Marie-Catherine Sahut, « Une visite au Louvre avec Diderot comme guide », Grande Galerie - Le Journal du Louvre, , mars-avril-mai 2013)..
Aux Pays-Bas Amsterdam, Rijksmuseum : L’Amour menaçant, marbre.
En Russie Saint-Pétersbourg : musée de l’Ermitage : L’Amour menaçant, marbre, Baigneuse, 1758, plâtre ; place du Sénat : Monument à Pierre le Grand, dit Le Cavalier de bronze, 1782. Cette statue équestre est une commande de Catherine II de Russie à laquelle Falconet travailla durant douze ans, en collaboration avec sa future bru Marie-Anne Collot. Elle est érigée sur un monolithe de granit.
Publications Réflexion sur la sculpture, lues à l'Académie royale de peinture et de sculpture, Paris, Prault, 1761.
Élèves
Marie-Anne Collot Pierre-Étienne Falconet Félix Lecomte
Postérité L'Amour menaçant apparaît de façon proéminente dans Jeune Fille s'apprêtant à orner la statue de l'Amour d'une guirlande de fleurs, un tableau d'Alexandre Roslin peint en 1783..
Galerie
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . Martial Guédron, « Le « beau réel » selon Étienne-Maurice Falconet, les idées esthétiques d'un sculpteur-philosophe », Dix-huitième siècle, , 2006, . Levitine George, The sculpture of Falconet, Norwalk, New York Graphic Society Ltd, 1972. Marie-Noëlle Pinot de Villechenon (dir.), Falconet à Sèvres ou L'art de plaire : 1757-1766, [exposition] musée national de la céramique, Sèvres, - , Paris, Réunion des musées nationaux, 2001. Paul Ratouis de Limay, « Falconet » dans Les Artistes écrivains, Paris, Librairie Félix Alcan, 1921, p. 64-69. Louis Réau, Étienne-Maurice Falconet (1716-1791), Paris, Demotte, 1922. Hugo Tardy, « L’atelier d’Étienne-Maurice Falconet à Saint-Pétersbourg : lieu de rencontres dans la Russie de Catherine II », Nordiques, , 2023. En ligne https://doi.org/10.4000/11nq8
Liens externes
« Étienne Maurice Falconet », dans Artcyclopedia.
Catégorie:Naissance à Paris au XVIIIe siècle Catégorie:Sculpteur français du XVIIIe siècle Catégorie:Sculpteur rococo Catégorie:Sculpteur néo-classique Catégorie:Membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture Catégorie:Enseignant à l'École nationale supérieure des beaux-arts Catégorie:Correspondant de Denis Diderot Catégorie:Collaborateur de l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers Catégorie:Personnalité liée à Denis Diderot Catégorie:Naissance en décembre 1716 Catégorie:Décès en janvier 1791 Catégorie:Décès à Paris Catégorie:Décès à 74 ans