L'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne.., généralement connue par son acronyme Attac (ou ATTAC), est une organisation altermondialiste créée en France en 1998. Elle est présente dans .
Historique Création de l'association et développement Origine
Dans le numéro de décembre 1997 du journal Le Monde diplomatique, dans un éditorial intitulé Désarmer les marchés., Ignacio Ramonet affirme que la mondialisation financière a créé son propre État, avec ses appareils, ses réseaux d'influence et ses moyens d'actions, mais que c'est un État complètement dégagé de toute société, qu'elle désorganise les économies nationales, méprise les principes démocratiques qui les fondent, presse les États à s'endetter, exige des entreprises qu'elles leur reversent des dividendes de plus en plus élevés, et fait régner partout l'insécurité. Il propose d'établir une taxe sur toutes les transactions financières, la taxe Tobin. Pour cela, il suggère de mettre en place une organisation non gouvernementale, l'« Association pour une taxe Tobin d'aide aux citoyens (ATTAC) », qui ferait dans tous les pays la promotion de l'idée de cette taxe. Cet appel, lancé en pleine crise des marchés asiatiques, reçoit en apparence un accueil favorable, mais aucun soutien réel des dirigeants des différents pays développés.
« Mouvement international ATTAC »
L'association pour la taxation des transactions pour l'aide aux citoyens, Attac, est créée le au cours d'une assemblée constitutive.. Depuis, Attac est présente dans 38 pays« Attac est présente en », Attac, consulté le .. En France, des hommes politiques, des associations, des syndicats et des particuliers sont adhérents à l'association. thumb|right|Un stand d'Attac Autriche à Vienne, le 4 septembre 2005. Les 11 et , à Paris, se tient une réunion internationale qui fonde le Mouvement international ATTAC - . Il prône la convergence de différents réseaux militants de tous les pays contre les politiques néolibérales ; partant de la conception que les mouvements syndicaux, des droits de l'homme, écologistes, citoyens (entre autres) sont les différentes facettes de cet objectif.
Un autre de ses objectifs principaux est de pallier ce que le mouvement considère comme des dysfonctionnements de la démocratie pour le cas des pays dits démocratiques. Pour ce faire, le mouvement affiche la volonté de débattre plus collectivement, d'informer plus efficacement, de développer la démocratie participative.
Il a été décidé lors de cette conférence que le mouvement international s'organiserait sans structures hiérarchiques ni centre géographique. Une plateforme commune est tout de même posée comme référence des différents comités.
Attac est présente dans 38 pays : Allemagne, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Burkina Faso, Canada (Québec), Chili, Colombie, Costa Rica, Côte d'Ivoire, Danemark, Équateur, Espagne, Finlande, France, Gabon, Grèce, Hongrie, Islande, Italie, Japon, Jersey, Liban, Luxembourg, Maroc, Norvège, Pays-Bas, Pérou, Pologne, Portugal, Sénégal, Suède, Suisse, Togo, Tunisie, Uruguay, Venezuela.
Conseil scientifique en France
L'association s'est dotée en France dès l'origine, et aussi dans certains pays, d'un « conseil scientifique » qui se veut indépendant de toute structure universitaire ou officielle. En France, ce conseil scientifique a été présidé successivement par deux professeurs d'économie, René Passet puis Dominique Plihon, avant d'être maintenant dirigé par une équipe de quatre coprésidents, Esther Jeffers, Aurélie Trouvé, Nicolas Haeringer et Jean-Marie Harribey.
Il regroupeListe des membres du conseil scientifique d'ATTAC, 10 juin 2008, Attac, consulté le 25 novembre 2008. : des scientifiques (par exemple, l'agronome Jean-Pierre Berlan, le biologiste Jacques Testart, le physicien José Gayoso) ; des économistes (Geneviève Azam, François Chesnais, Thomas Coutrot, Jean-Marie Harribey, Michel Husson, etc.) ; des sociologues (Pierre Concialdi, Philippe Corcuff, Georges Menahem, etc.) ; des juristes (Nuri Albala, Nils Andersson, etc.) ; des personnalités engagées (telles que Susan George, Nikolaz Berthomeau, ou Gustave Massiah) ; des syndicalistes (comme Christiane Marty, Gérard Gourguechon et Serge Le Quéau).
Des membres d'Attac sont à l'origine du Forum social mondial de Porto Alegre et des forums sociaux européens.
Attac a reçu en France le statut d'association d'éducation populaire par arrêté ministériel..
Au début : une organisation efficace
Dès l'origine, Attac était une association très centralisée sur Paris. Elle bénéficiait d'un local situé à proximité du siège du Monde diplomatique dont deux salariés consacraient la majeure partie de leur temps au développement d'Attac. De même, une dizaine d'autres permanents de plusieurs associations fondatrices, notamment la Fédération des Finances CGT, la FSU, et Solidaires ont libéré pour Attac une part importante de leur temps (payé par leur propre organisation). Quelques mois après sa création, Attac a embauché quatre salariés permanents.
Cependant, les initiatives décentralisées de militants enthousiastes créant des « comités locaux d'Attac », après l'automne 1998, ont surpris la direction. Cette dernière n'avait même pas envisagé l'existence de ces formations dans ses statuts rédigés avant .
Après 1999, Attac a ainsi fonctionné sur deux modes d'organisation parallèles : D'un côté, l'instance nationale soutenue au départ par ses quatre salariés et des dizaines de permanents mis gratuitement à disposition d'Attac par les associations fondatrices. Ils programmaient les réunionsLes réunions de son conseil d'administration et de son conseil scientifique prenaient place au départ dans les locaux du Monde, rue Claude-Bernard, ceci jusqu'au développement de contradictions entre la direction de ce journal et celle du Monde diplomatique., développaient un site Internet qui a assuré très vite une très large diffusion des idées d'Attac, rédigeaient et publiaient un bulletin quasi mensuel Ligne d'Attac diffusé à la presse, aux adhérents et sympathisants, et planifiaient le développement des réseaux national (les comités locaux) et international (les autres Attac qui ont pris rapidement naissance, en Europe puis dans le monde entier). D'un autre côté, 90, 120 puis plusieurs centaines de comités locaux autonomes se sont créés d'une façon très spontanée en France. Répartis dans presque tous les départements, ils fonctionnent selon un principe décentralisé : des associations locales ou des organisations de fait organisant des réunions, des conférences, rédigeant des documents visant à exposer des alternatives concrètes à la « société néolibérale » qui découlerait de la « mondialisation libérale ».
Changement structurel à partir de 2006 Les comités locaux n'ayant pas d'existence dans les statuts, une conférence nationale des comités locaux (la CNCL) fut créée en 2002. C'était la première instance ad hoc qui leur donnait des moyens de délibération et d'expression important. Cela n'a pas empêché les critiques de plusieurs comités locaux à l'égard de la direction nationale.
En 2006, après un débat très dur portant notamment sur la démocratie dans l'association avant la nouvelle assemblée générale, la direction sortante n'est pas reconduite. Fin 2006, le président fondateur Bernard Cassen, le président sortant Jacques Nikonoff et plusieurs de leurs amis ne faisaient plus partie du bureau d'Attac..
En 2009, une réforme des statuts est votée par les adhérents de l'association. Ces nouveaux statuts officialisent la reconnaissance des comités locaux et de la conférence nationale des comités locaux (CNCL). Le nom de l'association s'est vu aussi modifié en « Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne »
Entre 2003 et 2008, l’entreprise de sécurité privée Securitas a infiltré et espionné, pour le compte de Nestlé, la section suisse d'Attac, qui préparait un livre consacré à la multinationale..
Campagnes récentes Fauchage de chaises En , à la suite d'un premier « fauchage de chaises » mené par Bizi ! dans une agence HSBC de Bayonne, en réaction aux révélations de SwissLeaks., les organisations Attac, ANV-COP21, les Amis de la Terre et Solidaires Finances Publiques lancent le collectif des Faucheurs de chaises.. L'objectif est de dénoncer la présence des banques dans les paradis fiscaux, notamment de BNP Paribas et de HSBC.
En vue de la COP21, le collectif appelle à la réquisition de 196 chaises, soit autant que de parties représentées à la COP21, et organise le « Sommet des 196 chaises » pour dénoncer l'évasion fiscale et faire le lien avec le manque de financements de la transition écologique et sociale.
Trois militants seront poursuivis pour vol en réunion : Jon Palais d'ANV-COP21, jugé à Dax en et relaxé., Florent Compain, président des Amis de la Terre, relaxé en appel en ., et la militante d'Attac Nicole Briend. Âgée de 70 ans, celle-ci est relaxée par le tribunal de Carpentras le ., le tribunal ayant reconnu que cet acte relevait d'une action de désobéissance civile et non d'un vol en réunion..
Attac et Apple
L'association condamne depuis longtemps le géant californien pour ses pratiques d'optimisation fiscale. En , Attac a mené plusieurs actions coup de poing en ciblant ses magasins, notamment celui d'Opéra à Paris. Profitant de la sortie de l'iPhone X, l'association avait publié un rapport concernant ce « hold up » mondial.
Face à ces opérations, Apple décide d'assigner Attac en justice afin de lui interdire de pénétrer dans ses magasins.. Le , le tribunal de grande instance (TGI) de Paris, qui avait été saisi en référé, a finalement débouté le groupe Apple. Le TGI a estimé que le « dommage imminent » invoqué par Apple pour justifier l'interdiction de ses magasins français à Attac n'était « pas caractérisé ». Le , Attac mène deux actions à Paris et à Aix-en-Provence, où il déploie des portraits géants qui donnent un visage aux victimes de l’évasion fiscale.
Gilets Jaunes Le , Attac dépose plainte pour à la suite de la chute d'une des militantes de l'association, Geneviève Legay (74 ans), au cours d'une charge des forces de l'ordre lors de l'acte XIX des Gilets jaunes., le à Nice.
Casserolades Le à 20 heures, pour boycotter l'allocution télévisée du président Macron qui, dans la nuit du 14 au , a signé le décret d'application du projet de réforme des retraites validé quelques heures avant par le Conseil constitutionnel, Attac appelle à organiser des casserolades partout en France devant les mairies. Attac indique plus de 370 concerts à travers la France.... le soir de l'allocution.
Attac France Organisation thumb|Attac à Gênes en 2001. Créée en 1998, Attac France a été la première association Attac dans le monde. C'est aujourd'hui, avec Attac Allemagne, une des deux associations Attac qui a le plus d'activité et de militants dans le monde. Elle a connu une croissance rapide de ses effectifs, jusqu'à plus de fin 2003, puis une chute à partir de 2003, soit l'année qui a suivi la première Conférence nationale des comités locaux (CNCL). Près de adhérents étaient à jour de cotisation fin .
Parmi les adhérents figurent aussi des membres collectifs : associations, syndicats, collectivités locales, journaux, etc. Certains membres sont issus de formations associatives, politiques ou syndicales qui comprennent un grand nombre de sensibilités différentes : écologiste, socialiste, communiste, trotskiste ou chrétienne sociale. D'autres, dont beaucoup de jeunes, ont trouvé là un premier engagement politique situé en dehors des partis.