vignette|300px|Liseron des haies sur maïs. vignette|300px|Chiendent officinal sur blé tendre.

Une adventice (du latin adventicius, « qui vient de l'extérieur ») désigne pour les agriculteurs et les jardiniers, une plante qui pousse dans un milieu aménagé (champ, massif, etc.) sans y avoir été intentionnellement introduite.. La terminologie populaire est celle de « mauvaises herbes »; on les appelle parfois des « spontanées ».

Les adventices ont longtemps été considérées comme nuisibles à la production agricole. Aujourd'hui, les spécialistes préfèrent établir des seuils de nuisibilité, eu égard à l'état de la culture principale et à la densité des adventices considérées. Des recherches contemporaines montrent, en effet, les bénéfices que les adventices peuvent apporter...

Leur contrôle est l'objectif des pratiques agricoles de désherbage.

Les plantes, qui ne participent pas directement à la production et sont volontairement introduites par l'agriculteur, comme les gazons d'enherbement intercalaires et certains engrais verts ne sont pas des adventices. En effet, l'enherbement volontaire est souvent réalisé par des herbes présentes naturellement dans les milieu, autrement dit des dont le développement est sous contrôle..

Définition En agronomie, ce mot désigne une plante herbacée ou ligneuse qui se trouve dans un agroécosystème sans y avoir été intentionnellement installée. Il correspond approximativement aux expressions « mauvaises herbes » ou « herbes folles » dans le langage courant. Le terme « adventice » a été introduit par les agronomes à partir de la fin du pour remplacer celui de « mauvaise herbe », considéré comme non-neutre. En effet, les espèces de plantes adventices peuvent s'avérer bénéfiques, neutres ou néfastes pour les activités humaines, suivant le contexte dans lequel elles poussent. Le terme « mauvaise herbe » désigne plus spécifiquement une plante dont la présence est indésirable à un endroit donnéAbderrazak Marouf et Joël Reynaud, La Botanique de A à Z.

Le terme est parfois utilisé hors du domaine agronomique. On trouve l'appellation « adventice des cours d'eau » pour des plantes qui entravent par leur développement les activités nautiques ou « adventice des prairies permanentes »J Pousset, Maîtriser les "mauvaises herbes" des prairies en agriculture biologique ; éléments d'observation et de recherche, Biodoc18, Nature et Progrès, AGRCO, GRAB Haute-Normandie http://www.bio-normandie.org/wp-content/uploads/2009/10/biodoc_18.pdf.

Le terme « messicole », bien qu’imparfaitement défini, s’applique aux adventices annuelles, à germination hivernale, strictement inféodées aux champs de céréales qui n’entrent pas en compétition avec la culture, mais présentent une valeur patrimoniale ou de support pour la diversité faunistique.

Le terme mauvaise herbe nuisible (traduction de l'anglais noxious weed) est une notion anglo-saxonne proche du français « mauvaise herbe » qui désigne généralement des adventices introduites et envahissantes.

La malherbologie désigne l'ensemble des sciences et des techniques permettant d’étudier ces « mauvaises herbes » qui croissent spontanément, pour les combattre.

Caractéristiques botaniques des adventices

Diversité des flores adventices La composition des flores adventices dépend du mode de gestion du milieu pris en compte : une pelouse de graminées pérennes est conduite de façon totalement différente d'une parcelle agricole en grandes cultures annuelles, Les adventices doivent pouvoir survivre et se multiplier dans ces conditions. Elle dépend des opportunités offertes par le climat, le sol, le paysage et par l'environnement économique : apport de graines d'adventices par les animaux, les machines, des semences polluées. Des études statistiques avec identification précise des adventices permettent de caractériser ces flores, par exemple la « flore adventice des cultures céréalières annuelles du Burkina Faso » ou la « flore adventice des vignes en Gironde ».

Dans le cadre de la production agricole, les adventices peuvent être des espèces non cultivées installées dans un champ, mais aussi les repousses d'une culture précédente. Ces flores évoluent constamment avec les changements de pratiques agricoles, en particulier celles de désherbage , le changement climatique…

À titre d'illustration il existe en France d'adventices importantesMamarot, J., Rodiguez, A., 2011. Mauvaises herbes des cultures. ACTA-Le réseau des instituts des filières animales et végétales, Paris., mais peuvent se rencontrer dans les agroécosystèmesJauzein, P., 2001. Biodiversité des champs cultivés: L’enrichissement floristique. Dossier de L’environnement de l'INRA 21, 43–64. (ce qui représente le cinquième de la flore française) et 26 sont très fréquentesFried, G., Reboud, X., Gasquez, J., Deloz, M., 2007. Le réseau “Biovigilance Flore” : présentation du dispositif et synthèse des premiers résultats, in: AFPP - Vingtième Conférence Du COLUMA Journées Internationales Sur La Lutte Contre Les Mauvaises Herbes - 11 et 12 décembre 2007. Dijon, 315–325.. Les adventices appartiennent à un grand nombre de familles botaniques mais plus de la moitié des espèces fréquemment rencontrées appartiennent à l’une des familles suivantes : Astéracées, Poacées, Cyperacées, Polygonacées, Brassicacées et ApiacéesZimdahl, R.L., 2007. Fundamentals of weed science. Elsevier , Amsterdam, Pays-Bas. doi:10.1016/0378-4290(95)90065-9. La famille des Poacées contient le plus grand nombre d'adventices (mais aussi le plus grand nombre de plantes cultivées).

Stratégies écologiques Les adventices présentent généralement une stratégie écologique de type rudéral. Cette stratégie est adaptée aux environnements fréquemment perturbés et riches en ressources (lumière, nutriments), comme les agroécosystèmes. La stratégie rudérale est caractérisée par des exigences nutritionnelles élevées, un cycle court (caractérisé par un fort taux de croissance, une petite taille et une floraison précoce) et un fort investissement dans la reproduction (production d’un grand nombre de petites graines, maintenant leur capacité germinative sur une longue période)Harlan, J.R., de Wet, J.M.J., 1965. Some thoughts about weeds. Economic Botany 19, 16–24.Grime, J.P., 2001. Plant strategies, vegetation processes, and ecosystem properties. John Wiley and Sons Ltd, Chichester, Royaume-Uni.Lososová, Z., Chytrý, M., Kühn, I., Hájek, O., Horáková, V., Pyšek, P., Tichý, L., 2006. Patterns of plant traits in annual vegetation of man-made habitats in central Europe. Perspectives in Plant Ecology, Evolution and Systematics 8, 69–81. doi:10.1016/j.ppees.2006.07.001Lososová, Z., Chytrý, M., Kühn, I., 2008. Plant attributes determining the regional abundance of weeds on central European arable land. Journal of Biogeography 35, 177–187. doi:10.1111/j.1365-2699.2007.01778.x. Néanmoins, les adventices présentent d'autres stratégies, intermédiaire entre une stratégie totalement rudérale et une stratégie totalement compétitiveGunton, R.M., Petit, S., Gaba, S., 2011. Functional traits relating arable weed communities to crop characteristics. Journal of Vegetation Science 22, 541–550. doi:10.1111/j.1654-1103.2011.01273.x. Les adventices peuvent être : des plantes vivaces qui se reproduisent de façon végétative, ou restent en place plusieurs années : chiendent, laiteron des champs, liseron, tussilage, chardon… des plantes annuelles qui se reproduisent par graines, avec fréquemment un fort potentiel de reproduction : amarante, coquelicot, chénopode, sétaire, folle avoine, véronique, stellaire…

Les communautés d’adventices sont largement ouvertes aux nouvelles espèces en raison de trois caractéristique du champ cultivé : faible diversité, perturbations fréquentes et ressources abondantesBooth, B.D., Murphy, S.D., Swanton, C.J., 2003. Weed ecology in natural and agricultural systems. CABI PUBLISHING, Oxon, Royaume-Uni.. Elles se reconstituent après chaque perturbation, à partir de la banque de graines, accumulée dans le sol depuis parfois plusieurs années.

Les facteurs qui influent les communautés d’adventices peuvent être divisés en trois catégories : les conditions locales (climat, type de sol, structure du paysage), les facteurs abiotiques liés à la culture (herbicides, travail du sol, fertilisation) et les facteurs biotiques (culture, pathogènes et ravageurs, microorganismes)Navas, M.-L., 2012. Trait-based approaches to unravelling the assembly of weed communities and their impact on agro-ecosystem functioning. Weed Research 52, 479–488. doi:10.1111/j.1365-3180.2012.00941.x.

Histoire évolutive Écosystèmes d'origine Certaines espèces d'adventices étaient présentes dans les toundras européennes pendant la dernière glaciation. D'autres espèces proviennent des habitats habituels des espèces rudérales (écosystèmes fréquemment perturbés et souvent riches en nutriments) : bords de rivières et côtes, éboulis rocheux, dunes, falaises, marais salés…

Migrations Les adventices peuvent migrer mélangées aux lots de semences. Les adventices du Proche-Orient se sont ainsi propagées en Europe au fur et à mesure que l'agriculture s'étendait. Déjà adaptées aux pratiques agricoles, elles se sont progressivement adaptées au climat

Elles peuvent également être introduites dans des régions où l'agriculture existe déjà, par les activités humaines : transport de marchandises, de bétail, de graines, déplacement des personnes et des véhicules… Dans ces conditions, leur implantation connaît plusieurs phases. Elles constituent tout d'abord une petite population très localisée. dans une deuxième phase, elles se propagent le long des axes de communication ou peuvent s'implanter dans les friches industrielles ou agricoles. À ce stade, elles sont généralement incapables de s'implanter dans les parcelles cultivées. Elles deviendront des adventices lorsque leur évolution ou la mutation des pratiques agricoles leur permettront de pénétrer dans l'agroécosystème.

Mimétisme vavilovien De nombreuses espèces d'adventices ont subi des processus de mimétisme vavilovien, qui les a menées à développer des caractéristiques morphologiques, physiologiques ou phénologiques proches de celles de la culture qu'elles habitent préférentiellement. C'est le cas du lin bâtard dans le lin cultivé, d'Echinochloa crus-galli oryzoides dans le riz, de Bromus secalinus dans le seigle ou de la vesce dans la lentilleJ S McElroy, « Vavilovian Mimicry: Nikolai Vavilov and His Little-Known Impact on Weed Science», Weed Science, 62:207–216, 2014.

Modifications génomiques Du fait des pressions évolutives particulières aux agroécosystèmes, les espèces d'adventices présentent souvent des modifications importantes de leur génome qui incluent des remaniements chromosomiques, des hybridations entre espèces et des phénomènes de polyploïdie. Ces phénomènes peuvent conduire à l'apparition d'espèces ou de sous-espèces nouvelles (neotaxons). On peut citer parmi ces neotaxons Lolium temulentum ou les variants hexaploïdes de Roemeria hybrida.

Semences Les semences des adventices se caractérisent par : une grande longévité, liée à une résistance à la dessiccation ou l'asphyxie lors d'un enfouissement profond, grâce à leur tégument plus ou moins imperméable à l'eau et à l'air. un grand stock dans le sol (la « banque de graines »), de l'ordre de 20 à par hectare sur 10 à de profondeur, dont 5 à 10 % représenterait la flore de surface ou selon Barralis /graines par mètre carré sur de profondeur ; BARRALISet, G. and CHADOEUF, R. (1980), Étude de la dynamique d'une communauté adventice: I — Évolution de la flore adventice au cours du cycle végétatif d'une culture. Weed Research, 20: 231–237. doi: 10.1111/j.1365-3180.1980.tb00074.x (Résumé). Les graines sont généralement de petite taille et nombreuses Elles peuvent être dispersées à la fois à courte et à longue distance

Périodes de germination Selon l'espèce, la période préférentielle de germination varie :