Con est un mot polysémique et un substantif trivial qui désigne à l'origine la vulve humaine. Au sens figuré, le mot con est aussi un mot vulgaire en général employé comme insulte dans les pays francophones (ex. : « gueule de con »), mais dans un sens très atténué, voire amical, dans le Midi de la France. Il désigne une personne stupide, naïve ou désagréable, de même que ses dérivés « connard » et « connasse ». Con a aussi un emploi impersonnel, souvent dépréciatif dans les expressions « jouer au con », « bande de cons » Le mot dérivé « connerie » désigne une erreur, une bêtise, la stupidité en général. thumb|Une enseigne modifiée dont les lettres forment le mot « con ».

« Con » est également à l'origine du nom des confréries de Conards, sociétés festives et carnavalesques traditionnelles de Normandie, Auvergne, Bourgogne.

Étymologie Étymologie latine Con provient de l'étymon latin Entrée « con » du Trésor de la langue française informatisé. (« gaine, fourreau », par analogie le sexe de la femme). Le terme ne semble pas vulgaire, au contraire :

Chez Martial, conteur licencieux, le mot a clairement un sens sexuel :

Quel que soit l'étymon indo-européen (voir ci-dessous), il semble que la dérivation se soit faite comme pour sexus qui est passé du sens général « genre, catégorie de gens », « sexe fort ou faible », à celui de « sexe, organe sexuel ». , comme dans le mot composé cunnilingus, latin d'origine médicale et lui aussi passé dans le langage courant.

En castillan par exemple, (« con »), est moins vulgaire que le mot françaisEntrée « » du Diccionario de la Real Academia Española.. En portugais, n'est utilisé comme insulte que quand il est adressé à une femme de mauvaises mœurs, et, moins souvent, d'intelligence limitée — ce dernier usage est un gallicisme d'importation récente.

Vers le , le vocable français prend un sens figuré injurieux et se met en place une construction adjectivale. L'emploi était alors misogyne, exploitant l'impuissance et la passivité prétendues du sexe féminin dans l'imaginaire collectif, réduisant la femme à sa seule fonction sexuelle, procréatrice, sujette de la domination (on peut établir un parallèle avec le viol comme arme de guerre) : elle est un con.

Seule aujourd'hui, l'absence fréquente d'accord en position d'attribut ou d'apposition (par exemple « elle est con » ou bien « il est con ») rappelle l'origine nominale de l'expression, sans qu'il soit toutefois fait référence, pas plus qu'en latin, à la vulve.

Une étymologie populaire apparente con à « con(n)in » ou « con(n)il »., qui désignait en vieux français le lapin, dérivé du latin . On retrouve cette racine dans le castillan « conejo », le catalan « conill », l'italien « », l'ancien occitan « conilh », le breton « konifl », l'alsacien « Kénjele », le néerlandais « » et l'allemand « ». Le terme cuniculture (ou cuniculiculture) désigne l'élevage des lapins.

On remarque surement dans ce sens l'emploi qu'en fait François Bourgeon dans "Les Compagnons du crépuscule" tome III, p92 quand il fait dire par une femme.. Michel Thiebaut, historien, commence son livre sur cette œuvre sur la proximité de ce vocabulaire et de la violence faite aux femmes dans la société de l'époque et dans d'autres.

Lien avec leurs équivalents germaniques La parenté indo-européenne avec en néerlandais et en anglais n'est pas établieCunt: Etymology sur le site Cunt: A Cultural History, visité le .

proviendrait en effet en proto-indo-européen soit de *kust- (« intestin, rein, vessie »)Cunnus sur Database query to Indo-European etymology, soit de *skerǝ- (« couper »)Cunt sur Online Etymology Dictionary« *skerǝ- » sur Database query to Indo-European etymology., soit de * (s)keu- (« cacher »)The Etymology of sexual slang, visité le qui nous donne aussi cul, via le latin .

Les origines possibles de l'étymon germanique *kunton donnant cunt sont : *gwneH2/guneH2 (femme, cf. gynécologie, queen) soit *gen/gon (créer, devenir, cf. génétique, gamète) ou bien *geu- (creux, cavité) d'après la loi de Grimm. Toutefois certains relient le *kunton au latin (« coin »), un cognat possible de cunnus/con.

Mots dérivés Le dérivé déconner avait jusqu'à la fin du le sens premier de se retirer« déconner » dans le Dictionnaire érotique moderne d'Alfred Delvau, sens qu'il a complètement perdu aujourd'hui. Son contraire enconner, signifiant pénétrer vaginalement, composé sur le même mode qu'enculer, est aujourd'hui pratiquement désuet et réservé à la littérature érotique.alt=Le mot connard, dérivé de con, écrit sur le sable.|vignette|Le mot connard, dérivé de con, écrit sur le sable.Connard est formé par suffixation avec le suffixe péjoratif -ard mais il est possible que le mot ait été influencé par ; il n'a, lui, qu'un sens uniquement figuré. Connasse, en revanche, désignait au départ et jusqu'au une prostituée de bas étage ou inexperte. Son sens figuré de femme sotte est attesté dès le Entrée « connard, conneau, connaud, connos » du Trésor de la langue française informatisé. Conneau et ses variantes graphiques connaud et connot, synonymes de connard, sont devenus obsolètes au cours du .

Les autres dérivés modernes, utilisés dans le sens figuré uniquement sont : déconnage et déconne pour l'action de débiter ou faire des sottises, déconneur pour celui qui aime à les dire ou à les faire, connement en tant qu'adverbe et connerie pour chose stupide ou sans intérêt.

Les patronymes « Conne », « Connard », « Connart » et variantes n'ont aucun rapport étymologique avec le mot « con » : en Europe continentale, ils proviennent du germanique con(hardt) signifiant « brave et dur » (à rapprocher du néerlandais koen, « courageux » et de l'anglais hard, « dur »)Noms de famille commençant par un CLe nom de famille Connart en Belgique et ailleurs. Chez les personnes d'origine irlandaise, Connard et Connart sont des dérivés de Connacht.

Il est à noter toutefois les différences d'usage entre con et connard. Le premier désigne majoritairement une personne qui ne comprend pas la situation alors que la deuxième est la désignation d'une personne ayant une haute opinion d'elle-même ou se plaçant au-dessus du commun ou de la loi.

Plus socialement destructeur et faisant perdre du temps et de l'argent, le connard et ses dégâts dans les entreprises ont été le sujet d'étude sociales et économiques. Elles ont été regroupées dans l'ouvrage « The No Asshole Rule » de Robert I. Sutton traduit en français sous le titre « Objectif Zéro-sale-con ».

Usage ancien

Jusqu'aux débuts du le mot avait une connotation particulièrement vulgaire en particulier dans son acception physiologique ; il n'était employé dans des écrits publics que pour mieux enfoncer :

La bassesse du vocable est toutefois déplorée par Jules Michelet qui indique :

En 1928, Louis Aragon dut faire publier clandestinement Le Con d'Irène, un roman érotique, pour s'éviter les foudres de la censure. Ce n'est qu'en 1968 que Régine Deforges le republie sous le titre édulcoré Irène ; le livre est tout de même saisi pour son contenu érotiqueLe parcours d'une femme éditeur, visité le .

Usage contemporain et littéraire

Dans son sens figuré, le mot se voit de plus en plus employé après la Seconde Guerre mondiale et apparaît dans des œuvres de nombreux écrivains comme Louis-Ferdinand Céline, Louis Aragon, Raymond Queneau et même Jean-Paul Sartre

Le personnage du con , selon le titre d'une chanson de Pierre Perret On est toujours le con de quelqu'un, de Pierre Perret, sur deezer.com. Consulté le 21 août 2013..

Le personnage du con, celui que l'on moque et dont on veut se différencier, est régulièrement présent dans la littérature, la chanson ou la culture populaires françaises.

On se souvient du méprisant « J'aime voir de mon balcon passer les cons » (Le Pornographe du phonographe), du descriptif « Quand on est con, on est con » (refrain du Temps ne fait rien à l'affaire) ou du répétitif « Avec mon bouquet de fleur/mon revolver/etc. j'avais l'air d'un con, ma mère » (Marinette) de Georges Brassens. Jacques Brel, dans La Chanson de Jacky (1966), aspirait à « Être une heure, rien qu'une heure durant / Beau, beau, beau et con à la fois ».

Le film Le Dîner de cons de Francis Veber, avec Thierry Lhermitte et Jacques Villeret, dépeint le personnage du con, dans le sens idiot, celui que l'on invite pour s'en gausser.

L'expression « roi des cons » amplifie le sens du mot, elle est mise en musique par Georges Brassens dans Le Roi ; Renaud au contraire prétend qu'en cas d'abdication du roi des cons, « Il y aurait cinquante millions de prétendants » (c'est-à-dire tous les Français) dans Hexagone.

Une tradition estudiantine de l'École normale supérieure est de désigner le cuisinier ou l'intendant responsable d'une nourriture particulièrement exécrable de « Quel khon ». Il s'agit d'une cérémonie organisée au réfectoire par le cacique général ( au concours d'entrée de lettres classiques) :

Le con est aussi le ressortissant d'un pays étranger que l'on raille dans les blagues à caractère raciste ou xénophobe : en France, les blagues belges visent les voisins wallons, en Amérique latine, les Galiciens (les Espagnols par synecdoque) sont vus comme des cons ().

Jeux sur la polysémie Certains ont utilisé à des fins poétiques la polysémie du mot, comme Georges Brassens dans Le Blason. Il déclare déplorer la bassesse avec laquelle ses contemporains désignent « cet incomparable instrument de bonheur » : Mais le pire de tous est un petit vocable De trois lettres pas plus, familier, coutumier […] Honte à celui-là qui, par dépit, par gageure, Dota du même terme en son fiel venimeux Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure Celui-là, c'est probable, en était un fameux. […] La male peste soit de cette homonymie ! C'est injuste, Madame, et c'est désobligeant Que ce morceau de roi de votre anatomie Porte le même nom qu'une foule de gens.

Pierre Perret n'est pas en reste avec Celui d'Alice (1974) : Si je me réfère À mon dictionnaire Il est temps de faire La définition De ce mot espiègle Qui échappe à la règle Plus noble qu'un aigle Dans sa condition Ce mot vous le dites Censeurs hypocrites Établissez vite Son vrai sens profond Car si on l'ausculte Au lieu d'une insulte On peut faire un culte Du joli mot con

Jeux sur la composition

La syllabe « con » étant à la fois un mot et le début de nombreux autres, les paroliers en jouent souvent. La chanson paillarde Là-haut sur la montagne annonce par exemple à un couplet que le curé va voir « un con », le couplet suivant complétant « un condamné à mort ».

La chanson Poupine et Thierry. des Wriggles contient quant à elle huit mots coupés à la syllabe « con » désignant le chasseur, en particulier

Le journal satirique Le Canard enchaîné atténue la violence du mot en simulant une coquille typographique. Il intitule « Le mur du çon » (allusion au mur du son) une rubrique signalant les citations les plus ridicules proférées par les personnalités publiques. Dans le même esprit, le chanteur Boby Lapointe dans sa chanson Ta Katie t'a quitté s'exclame, au sujet d'un réveille-matin sonnant intempestivement : .

Usage dans la chanson Dans la chanson française, le mot s'est largement banalisé. Serge Gainsbourg l'utilise fréquemment, jusque dans le titre Requiem pour un con. Le chanteur beaucoup moins provocateur Étienne Daho l'utilise dans Encore cette chanson.

La chanson la plus célèbre pour le soin avec lequel elle décrit les cons est Le temps ne fait rien à l'affaire de Georges Brassens. Elle est reprise dans le film Le Dîner de cons.

Dans les films