vignette|200px|Éclipse de Soleil, France, . vignette|200px|Éclipse de Soleil, 2012. vignette|200px|Éclipse lunaire du . vignette|Animation montrant l'éclipse lunaire du . Une éclipse est l'occultation d'une source de lumière par un objet physique.

En astronomie, une éclipse est la disparition apparente (occultation) et temporaire, pour un observateur, de tout (éclipse totale) ou partie (éclipse partielle) d'un astre (une étoile comme le Soleil, une planète ou un satellite naturel comme la Lune) résultant de l'interposition d'un autre objet céleste soit entre cet astre et la source de lumière qui l'éclaire (éclipse vraie), soit entre cet astre et l'œil de l'observateur (éclipse apparente).. La disparition de l'astre éclipsé, ou occulté, est son immersion. ; sa réapparition est son émersion..

Il existe plusieurs sortes d'éclipses, notamment les éclipses de Lune et celles de Soleil, ces dernières étant plus rares. Cependant, ce phénomène reste très rare. Lorsque l'objet occultant a un diamètre angulaire nettement plus petit que celui de l'autre objet (sans qu'une limite précise ne soit réellement fixée), on parle plutôt de transit.

Étymologie Le substantif féminin...Entrée , dans . « éclipse » est un emprunt au latin impérial (), substantif fémininEntrée , dans . lui-même emprunté au grec / (proprement , d'où ).

Dans le système Terre-Lune-Soleil Histoire

Au , Anaxagore qualifie l’éclipse .

Le philosophe Empédocle a proposé, le premier en Occident, une explication correcte des éclipses de Soleil.Fragment D.K. B 42..

Éclipses historiques Au travers d'une littérature souvent sans grande rigueur scientifique, on lit que les Anciens auraient été capables de prédire des éclipses.

Les Chinois étaient censés avoir calculé le saros, période utilisée pour prédire les éclipses. Une légende chinoise veut qu'en l'an , les astrologues de la cour de l'empereur Chung K'ang, Hi et Ho, furent décapités par la suite d'une éclipse de Soleil non prédite.

On cite volontiers l'éclipse de Soleil du qui aurait été prédite en date et heure par Thalès de Milet grâce à l'utilisation du saros chaldéen. En fait, on sait bien qu'Hérodote, qui rapporte cet évènement survenu cent ans avant sa naissance, est souvent peu fiable, quels que soient ses mérites par ailleurs, et qu'il relate volontiers des faits légendaires. Il ne parle d'ailleurs pas d'une prédiction pour une date précise, mais dit seulement que l'éclipse s'était produite au cours de l'année prévue. Il ne mentionne pas davantage le sarosHérodote, Enquête, ,74 : « ...le jour se changea tout à coup en nuit, pendant que les deux armées en étaient aux mains. Thalès de Milet avait prédit aux Ioniens ce changement, et il avait prévu comme moment l'année où il s'opéra. Les Lydiens et les Mèdes, voyant que la nuit avait pris la place du jour, cessèrent le combat, et n'en furent que plus empressés à faire la paix. ». Quant au dit saros, il s'avère que, chez les Chaldéens, il n'était pas du tout lié aux éclipses : c'est Edmond Halley (1656-1742) qui a commis l'erreur de mal interpréter un texte ancien et de désigner par ce terme la période de dix-huit ans qui traduit une séquence de retour des éclipses. Celle de , mentionnée ci-dessus, a bien eu lieu, mais il est tout à fait impossible que les astronomes de l'époque de Thalès aient eu les connaissances mathématiques et physiques leur permettant de la prédire. Les astronomes chaldéens de cette époque ne connaissaient que les mouvements moyens du Soleil (d'un point de vue géocentrique) et de la Lune, ce qui est très insuffisant pour une prédiction, et pouvaient tout au plus prévoir la possibilité d'une éclipse lunaire. Quant aux Grecs, ils n'avaient alors qu'une connaissance très parcellaire de la science chaldéenne. Cette légende a la vie dure et concourt à mystifier tout ce qui touche à ces phénomènes. Les éclipses de Soleil, avec l'étroitesse de la bande que parcourt l'ombre, étaient tout à fait imprévisibles à l'époque de Thalès qui n'a, de toute façon, pas laissé d'écrits aussi précis. Il faudra attendre la théorie des épicycles d'Hipparque ( à ) et la création de tables astronomiques établies sur la base de cette théorie pour que des prédictions d'éclipses deviennent possibles. De telles tables sont présentes dans l'Almageste et dans les « Tables faciles » de Ptolémée (vers 140 )Pour le détail d'un calcul d'éclipse selon la méthode de Ptolémée, voir J. Mogenet, A. Tihon, R. Royez, A. Berg, Nicéphore Grégoras : Calcul de l'éclipse de soleil du 16 juillet 1330, Corpus des astronomes byzantins, Gieben, 1983. , mais préexistaient, au moins en partie.

Phénomènes impressionnants, ils ont donné lieu à de nombreux mythes, chaque peuple y associant un animal céleste s'emparant de la Lune ou du Soleil au moment de l'éclipse : loup dans les mythologies germaniques ; dans les mythologies chinoises, dragon guettant le Soleil ou la Lune au voisinage des nœuds et les avalant lors de l'éclipse. Le terme « draconitique » ou celui plus ancien de « dracontique » (d'où le mois draconitique) vient du fait que le nœud ascendant et le nœud descendant étaient appelés « tête » et « queue » du Dragon.

vignette|250 px|Christophe Colomb prédisant une éclipse de lune auprès des Amérindiens. vignette|Première photographie d'une éclipse en 1851. Il existe pourtant des éclipses qui ont été associées à des évènements historiques. Ce sont essentiellement des éclipses de Lune, non nécessairement prévues, mais ayant parfois suscité des interprétations superstitieuses. On peut ainsi citer : l'éclipse totale de Soleil observée à Jérusalem le , qui aurait été associée dans les récits des évangiles à la crucifixion du Christ, mais la recherche contemporaine aussi bien que les théologiens actuels voient généralement dans ce texte une association symbolique (l'obscurité symbolisant la mort avant que la résurrection n'annonce une nouvelle clarté) plutôt qu'historique. De fait, selon les Écritures, la Passion a eu lieu la veille de la Pâque juive, le , c'est-à-dire justement au moment de la pleine lune et non pas de la nouvelle lune et de plus, ce fut au début du printemps en non en fin d'automne. Cette éclipse solaire de l'an 29 à Jérusalem correspondrait plutôt à l'époque du début du ministère du Christ ; dans la même visée symbolique, l'éclipse de Soleil du , rapportée par le moine bénédictin Sigebert de Gembloux, a pu être interprétée comme l'annonce de la fin du monde qui devait advenir pour le millénaire de la Passion du Christ ; l'éclipse lunaire de la chute de Constantinople du , qui eut lieu durant le siège de la ville et juste une semaine avant sa chute ; l'éclipse lunaire du fut prédite par Christophe Colomb grâce à l'utilisation des tables astronomiques d'Abraham Zacuto et lui permit d'impressionner les populations indigènes de Jamaïque de façon à recevoir leur aide. Nous notons que l'illustration qui décrit cet évènement transmet une vision très idéalisé de la situation et que le point de vue choisi par l'illustrateur est celui de présenter la colonisation comme un bienfait, voir un cadeau offert aux populations autochtones. En effet, Christophe Colomb est debout quand les populations indigènes sont agenouillés, certaines personnes semblant en position d'adoration envers Christophe Colomb. ; l'éclipse solaire du 3 mai 1715, une éclipse solaire totale à Londres : l'astronome Edmond Halley lance à cette occasion la première campagne d'observation d'une éclipse et cartographie le trajet de l'éclipse en Angleterre ; l' en Europe septentrionale, donne lieu à la première photographie d'une éclipse, un daguerréotype en 84 secondes de pose réalisé par le daguerréotypiste Wolfgang Berkowski ; l'éclipse solaire du 18 août 1868 qui permet aux astronomes Jules Janssen et Joseph Norman Lockyer de découvrir une nouvelle raie jaune très brillante dans le spectre des protubérances solaires, attribuée plus tard à un nouveau corps, l'hélium ; l'éclipse solaire du 29 mai 1919, qui permet de vérifier l'effet de lentille gravitationnelle dû à la masse du Soleil, tel que prédit par la théorie de la relativité générale d'Albert Einstein.

Principes mécaniques Une éclipse de Soleil se produit lorsque la Lune se trouve entre le Soleil et la Terre, ce qui ne peut se passer que lors d'une nouvelle Lune. Une partie de la Terre se trouve alors dans l'ombre ou la pénombre de la Lune. Une éclipse de Lune se produit lorsque la Terre se trouve entre le Soleil et la Lune, ce qui ne peut se passer que lors d'une pleine Lune. La Lune se trouve alors dans l'ombre de la Terre.

vignette|300px|Orbites de la Lune et du Soleil. vignette|300px|Ombre et pénombre. Une éclipse peut être totale ou partielle. Lorsque la source de lumière est entièrement bloquée par l'objet éclipsant, on parle d'éclipse totale. Si l'objet éclipsant ne bloque pas entièrement la lumière provenant de la source, on parle d'éclipse partielle.

Une éclipse annulaire est un cas particulier d'éclipse partielle (de fait, puisque non totale) où les trois objets concernés sont parfaitement alignés (éclipse centrale), mais où l'objet éclipsant est trop petit (ou l'objet éclipsé trop gros) pour bloquer complètement la source de lumière : il reste alors un anneau lumineux encore visible. C'est une situation relativement fréquente pour les éclipses de Soleil car même si la Lune et le Soleil ont quasiment la même taille apparente vus de la Terre, selon leurs distances respectives à la Terre, une faible différence de diamètre apparent (de l'ordre de quelques %) est perceptible.

À partir de la Terre, une éclipse n'est possible que lorsque le Soleil, la Lune et la Terre sont alignés. vignette|Éclipse du Soleil par Saturne. Si le plan de l'orbite de la Lune coïncidait avec celui de la Terre, appelé l'écliptique, il y aurait une éclipse de Soleil et une éclipse de Lune chaque mois synodique lunaire. Comme ces deux plans sont inclinés d'un angle de 5°09', il faut que la Lune soit à proximité d'un des deux points d'intersection de ces plans, points appelés nœuds, pour qu'une éclipse puisse se produire.

Pour une éclipse totale de Lune, l'écart entre la Lune et un nœud ne doit pas dépasser 4,6° ; pour une éclipse partielle de Soleil, cet écart peut aller jusqu'à 10,3°.

Phases générales d'une éclipse solaire 100px|vignette|gauche|Phases de l'éclipse 1999.Détails des phases. Le commencement de l'éclipse totale ou annulaire est l'instant où le cône d'ombre de la Lune commence à balayer le disque terrestre. Le commencement de la centralité est l'instant où l'axe du cône d'ombre de la Lune commence à balayer le disque terrestre. Le maximum de l'éclipse est l'instant où la grandeur de l'éclipse est maximale (l'instant où la plus grande surface terrestre est dans l'ombre). La fin de la centralité est l'instant où l'axe du cône d'ombre de la Lune termine de balayer le disque terrestre. La fin de l'éclipse totale ou annulaire est l'instant où le cône d'ombre de la Lune termine de balayer le disque terrestre. La fin de l'éclipse générale est l'instant où le cône de pénombre de la Lune termine de balayer le disque terrestre. vignette|Image de l'éclipse du 11 août 1999 produite par un télescope.

Phases locales d'une éclipse solaire vignette|398x398px|Phase finale (émersion) de l'éclipse de Lune du 15 juin. On appelle « premier contact » ou « premier contact extérieur » le moment où le disque lunaire commence à empiéter sur le disque solaire.

On appelle « deuxième contact » ou « premier contact intérieur » le moment où le disque lunaire est complètement entouré par le disque solaire (éclipse annulaire) ou le moment où le disque solaire disparait complètement (éclipse totale). On appelle « troisième contact » ou « deuxième contact intérieur » le moment où le disque lunaire commence à se dégager du disque solaire (éclipse annulaire) ou le moment où le disque solaire commence à réapparaitre (éclipse totale) avec « l'effet diamant ».