L'Église grecque-catholique roumaine (plutôt appelée Église gréco-catholique roumaine), ou Église Roumaine Unie à Rome, Gréco-Catholique (en roumain : ) est une des Églises catholiques orientales. Le chef de l'Église porte le titre d'archevêque majeur d'Alba Iulia et Făgăraș, avec résidence à Blaj.
Elle ne doit pas être confondue avec l'Église romano-catholique de Roumanie, également catholique mais appartenant à l'Église latine.
Selon le recensement de , l'Église grecque-catholique roumaine compte membres, soit 0,7 % de la population..
Histoire
vignette|gauche|upright|La cathédrale de la Sainte-Trinité de Blaj. vignette|gauche|La cathédrale de la Transfiguration de Cluj.
Synode d'Alba Iulia (1697) Après la victoire autrichienne sur l’armée ottomane en 1686, la Transylvanie fut intégrée à la monarchie des Habsbourg. Celle-ci appliquait la politique de la Contre-Réforme mais persécutait aussi les orthodoxes, considérés comme des sujets de seconde zone et ne jouissant pas de la citoyenneté. Dans ce contexte surgit, parmi ces derniers, l’idée d’une union avec Rome, pour jouir de la pleine citoyenneté, mais aussi en raison du souvenir de leurs origines, manifestées à travers leur langue latine. En 1697, une première négociation entre l’évêque orthodoxe transylvain, Théophile d’Alba Iulia, et un Jésuite, Ladislas Baranyi, aboutit à proposer la reconnaissance par les orthodoxes du concile catholique de Florence en échange de l’égalité avec le clergé catholique. Un des arguments avancés par Théophile et Baranyi pour convaincre le clergé orthodoxe d’accepter l’union était celui de la sauvegarde de la foi orthodoxe contre le prosélytisme calviniste.
Afin de convaincre le clergé orthodoxe d’accepter l’Union avec Rome, le métropolite Athanase Anghel d'Alba Iulia convoqua un synode général à Alba Iulia en 1697, auquel prirent part presque tous les membres de son diocèse. Réitérant les mises en garde contre le risque de disparition de l’Église orthodoxe transylvaine sous la pression calviniste, Athanase présenta l’Union avec Rome comme la seule solution pour le salut de la foi orthodoxe, ainsi que comme une perspective d’amélioration des conditions de vie du clergé et des droits des fidèles. Il présenta ensuite les conditions de l’Union, c’est-à-dire la reconnaissance des « quatre points florentins », que les membres du synode acceptèrent.
En revanche, le rite oriental, les canons orthodoxes de l’Église (dont l'ordination à la prêtrise d'hommes mariés), le calendrier, la langue liturgique resteraient inchangés. De plus, les chrétiens unis devant avoir des églises partout, même dans les régions où ils seraient peu nombreux, la liturgie ne se ferait jamais selon le rite latin. La contrepartie à la signature de l’Union était la reconnaissance pour le clergé roumain des mêmes droits et privilèges que le clergé des autres religions, et pour les Roumains, des mêmes droits que les trois autres peuples du pays (Hongrois, Saxons et Sicules), notamment celui d’étudier dans les écoles d’État.
L’une des conséquences majeures de l’Union fut l’apparition d’une élite intellectuelle gréco-catholique, formée à Rome ou à Vienne. Elle allait jouer un rôle important dans l’histoire de la Transylvanie au cours de la deuxième moitié du : plusieurs membres de cette nouvelle élite (dont le célèbre évêque Inocențiu Micu-Klein (1692-1768), puis un mouvement connu sous le nom d’École Transylvaine) allaient associer des recherches historiques et linguistiques sur les origines du peuple roumain à une intense activité politique s’inspirant des résultats de leurs recherches, en vue de la reconnaissance de droits élargis pour les Roumains de Transylvanie.
Période communiste Le , le Parti communiste roumain met les églises catholiques, dont l’Église gréco-catholique, hors-la-loi : l’Église orthodoxe roumaine, dont les hiérarques sont alors destitués ou emprisonnés et remplacés par des popes ayant fait allégeance au régime communiste de Roumanie, devint affectataire de la plupart des biens gréco-catholiques saisisLe , le Praesidium de la Grande Assemblée nationale de la République populaire roumaine promulgue le décret n° 358/1948 par lequel le culte gréco-catholique de Roumanie était interdit et tous ses biens expropriés.. Les évêques : Alexandru Rusu, Iuliu Hossu, Ioan Bălan, Vasile Aftenie, Ioan Suciu, Valeriu Traian Frențiu, Tit Liviu Chinezu, un grand nombre de prêtres, de moines et de fidèles sont exécutés ou emprisonnés.
En , le communisme s’effondre en Roumanie et après 41 ans de clandestinité, l’Église gréco-catholique sort des catacombes. Cinq évêques ont survécu aux 16 années de prison : le cardinal Alexandru Todea, Ioan Ploscaru, Iuliu Hirțea, et .
Post-communisme L’Église grecque-catholique roumaine, redevenue légale, a bien du mal à recouvrer ses biens confisqués par l’État communiste ou attribués à l’Église orthodoxe roumaine : en 2007, sur les 2000 églises confisquées en 1948, elle en a récupéré seulement 152. En effet, la nomenklatura ex-communiste et sa descendance, sont toujours influentes dans les échelons supérieurs de la législature, de la magistrature et de la hiérarchie orthodoxe, de sorte que le plupart des procédures n’aboutissent pas et que les assurances données en 1999 par le patriarche orthodoxe Théoctiste au pape catholique Jean-Paul II lors de la visite de ce dernier en Roumanie, sont restées lettre morteInternational Religious Freedom Report : et ..
L’Église grecque-catholique roumaine est élevée au rang d’Église archiépiscopale majeure d’Alba Iulia et Făgăraș des Roumains, par Benoît XVI le . vignette|Le poids relatif des grecs-catholiques roumains par rapport aux orthodoxes en 1930 : en jaune grecs-catholiques plus nombreux que les orthodoxes ; en vert orthodoxes plus nombreux que les grecs-catholiques (vert et jaune à l'exception des alentours de Bucarest au sud du pays : anciens territoires de l'empire austro-hongrois) ; en violet moins de 5 % de grecs-catholiques (anciennes principautés danubiennes).
Statut vignette|gauche|L’ancienne cathédrale grecque-catholique de Gherla, confisquée en 1948, n’a toujours pas encore été restituée, en 2020. Église catholique orientale, l’Église grecque-catholique roumaine est une Église sui juris en pleine communion avec l’Église catholique romaine.
Elle est régie par le code des canons des Églises orientales.
Par la constitution apostolique du Constitution apostolique du 14 décembre 2005, dans , XCVIII (2005), (consulté le 29 avril 2013)., le pape a conféré à l'archevêque de Făgăraş et Alba Iulia, le titre d'archevêque majeur. Ainsi, depuis l'entrée en vigueur de la constitution apostolique, le Notice de la Congrégation pour les Églises orientales, (consulté le 29 avril 2013)., l'Église grecque-catholique roumaine est une Église archiépiscopale majeure. En effet, le primat n'a pas le titre de patriarche mais celui d'archevêque majeurCode des canons des Églises orientales (CCEO), : ; son élection par le synode des évêques doit être confirmée par le papeCode des canons des Églises orientales (CCEO), , : qui peut la refuserCode des canons des Églises orientales (CCEO), , : .
Organisation vignette|Localisation des églises particulières de l'Église grecque-catholique roumaine Le , l'Église grecque-catholique roumaine comprenait sept Églises particulières : six ayant leur siège en Roumanie ; et une, aux États-Unis.
Nom Siège Type Province ecclésiastique Réf. Făgăraş şi Alba Iulia Blaj archéparchie majeure Făgăraş şi Alba Iulia Archdiocese of Făgăraş şi Alba Iulia (Romanian) (consulté le 29 avril 2013). Romanian Major Archdiocese of Făgăraş şi Alba Iulia (consulté le 29 avril 2013). Cluj-Napoca éparchie suffragante Diocese of Cluj-Gherla (Romanian) (consulté le 29 avril 2013). Romanian Diocese of Cluj-Gherla (consulté le 29 avril 2013). Diocese of Lugoj (Romanian) (consulté le 29 avril 2013). Romanian Diocese of Lugoj (consulté le 29 avril 2013). Baia Mare Diocese of Maramureş (Romanian) (consulté le 29 avril 2013). Romanian Diocese of Maramureş (consulté le 29 avril 2013). Oradea Diocese of Oradea Mare {Gran Varadino} (Romanian) (consulté le 29 avril 2013). Romanian Diocese of Oradea Mare (consulté le 29 avril 2013). Bucarest Eparchy of Sfântul Vasile cel Mare de Bucureşti (Romanian) (consulté le 4 juin 2014). Saint George Canton (États-Unis) éparchie exempte — Eparchy of Saint George’s in Canton (Romanian) (consulté le 29 avril 2013). Romanian Diocese of Saint George’s in Canton (consulté le 29 avril 2013).
Relations avec les autres Églises
Notes et références
Voir aussi Articles connexes
Cathédrale de la Sainte-Trinité de Blaj Synode d'Alba Iulia Église orthodoxe roumaine Église romano-catholique de Roumanie Catholicisme en Roumanie Liste des primats de l'Église grecque-catholique roumaine
Liens externes
Église catholique roumaine sur le site Chrétiens Orientaux. Foi, Espérance et Traditions. Communauté grecque-catholique roumaine à Madrid, Espagne (Web) Communauté grecque-catholique roumaine à Madrid, Espagne (Blog) Éparchie de Canton (États-Unis) et (Canada) Doyenné roumain au Canada Catholic-Hierarchy Zenit - L'Église gréco-catholique Roumaine devient « Église archiépiscopale majeure » Zenit - Au les Roumains de Transylvanie s’unissent à Rome et gardent leur rite Zenit - L’Église gréco-catholique de Roumanie persécutée sous le communisme
Bibliographie Stéphanie Mahieu, 2006: “([Non-)retours à l’Église gréco-catholique roumaine, entre adhésion et transmission religieuse]” in Social Compass, 53(4) : 513-531. Stéphanie Mahieu, 2004. “Une Église dissidente ? L’Église gréco-catholique roumaine pendant la période communiste (1948-1989) ”, in Revue d’études comparatives Est / Ouest, , , . Lavinia Stan and Lucian Turcescu, Religion and Politics in Post-Communist Romania, New York, NY: Oxford University Press, 2007. Lavinia Stan and Lucian Turcescu, “Religion and Politics in Post-Communist Romania”, in Quo Vadis Eastern Europe? Religion, State, Society and Inter-religious Dialogue after Communism, ed. by Ines A. Murzaku (Bologne, Italie : University of Bologna Press, 2009), . Lucian Turcescu and Lavinia Stan, “The Romanian Greek Catholic Church after 1989,” in Churches In-Between: Greek Catholic Churches in Post-Socialist Europe, ed. by Stephanie Mahieu and Vlad Naumescu (Berlin : LIT Verlag, 2008), , .
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