Entrages est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le nom de ses habitants est Entrageois.
Géographie Les communes limitrophes d’Entrages sont Digne-les-Bains, Clumanc, Chaudon-Norante, Beynes et Châteauredon. vignette|centré|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Entrages et les communes voisines.
Relief Le village est situé à d’altitude.
Environnement La commune compte de bois et forêts.
Transports La route nationale 85 passe en limite sud de la commune. vignette|centré|Passage de la RN 85 dans la clue de Chabrières.
Le train de la ligne de Nice à Digne s’arrête sur le territoire de la commune, à l’arrêt de Chabrières, mais ne dessert pas le village, qui est séparé de l’arrêt par les montagnes, sans aucune route directe qui le relierait à l’arrêt. vignette|centré|Arrêt de Chabrières.
Risques naturels et technologiques Aucune des 198 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Digne-les-Bains-Est auquel appartient Entrages est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune d’Entrages est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation, mouvement de terrain.
La commune d’Entrages est également exposée à un risque d’origine technologique, celui de transport de matières dangereuses par route. La route nationale 85 peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses.
Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune et le Dicrim n’existe pas non plus.
Le seul tremblement de terre ressenti d’une façon sensible est le 28 juin 1987, avec une intensité macro-sismique ressentie de IV sur l’échelle MSK. Son épicentre était situé à Barles.
Toponymie
La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1035 sous la forme in villa Tragilas. Selon Ernest Nègre, ce nom peut venir de l’occitan entrage, signifiant « entrée » ou « droit d’entrée ». Selon les Fénié, il s’agirait d’un nom formé sur une racine oronymique ancienne.
La clue de Chabrières, par où passent la RN 85 et le chemin de fer de Nice à Digne, tire son nom des chèvres (chabra en nord-occitan) et est donc la gorge fréquentée par les chèvres.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Digne-les-Bains à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Entrages est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Digne-les-Bains, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (95,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (95,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (50,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (44,5 %), zones agricoles hétérogènes (4,1 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (1,2 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Histoire
Antiquité
Dans l’Antiquité, les Bodiontiques (Bodiontici) peuplaient la vallée de la Bléone, et étaient donc le peuple gaulois qui vivait dans l’actuelle commune d’Entrages. Les Bodiontiques, qui sont vaincus par Auguste en même temps que les autres peuples présents sur le Trophée des Alpes (avant 14 av. J.-C.), sont rattachés à la province des Alpes-Maritimes lors de sa création.
Moyen Âge
La localité apparaît pour la première fois dans les chartes au , sous la forme Tragilas, lorsque le prieuré Saint-Michel de Cousson est donné à l’abbaye Saint-Victor de Marseille.. Son nom devient de Antragelis au début du (1319). Le fief est morcelé entre plusieurs familles nobleset l’église paroissiale, avec les revenus attachés, relevait du chapitre de Digne. La communauté relevait de la viguerie de Digne.
En 1309, Guillaume Malisanguinis fut coseigneur d'EntragesGuichard, Digne, t. II, . En 1309, Guillaume de Roumoules est signalé comme seigneur de Roumoules, de Beaujeu, de Bédéjun, de Bras d'Asse, d'Entrages, de Majastres, de Vergons et d'EstoublonMarie-Zéphirin Isnard, État documentaire et féodal de la Haute-Provence : nomenclature de toutes les seigneuries de cette région et de leurs possesseurs depuis le jusqu'à l'abolition de la féodalité ; état sommaire des documents d'archive communales antérieures à 1790 ; bibliographie et armoiries, Digne, Vial, 1913, 446. Cette même année Rostaing de Roumoules (autres Roumoules) fut signalé comme seigneur d'Entrages, de Bédéjun et de Bras d'Asse et procureur de son père GuiguesGuichard, Digne, t. II, . Lors de la crise ouverte par la mort de la reine Jeanne I, Jean Isoard, seigneur de Courbons et Entrages, soutient Charles de Duras contre Louis d'Anjou. Le ralliement des villes tout autour de ses fiefs, dont Digne, à la cause angevine, en 1386, entraîne son changement d’engagement, et il prête hommage au jeune duc d’Anjou, Louis II, en juillet 1386Geneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, 422..
Révolution française et Empire
Durant la Révolution, en juin 1790, cent soldats sont envoyés pour protéger le château, qui avait été fortement endommagé par les paysans du lieu, le seigneur s’étant rendu coupable d’abus les années précédentes. Le curé émigre ensuite. La commune compte une société patriotique, créée après la fin de 1792.
Lors des Cent-Jours, Napoléon est passé par Entrages en venant du col de Corobin, mais aujourd’hui la route Napoléon passe par la vallée de l’Asse, tout en restant sur la commune. La RN 85 passe actuellement par la clue de Chabrières.
Époque contemporaine
Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression s’abat sur ceux qui se sont levés pour défendre la République, dont un habitant d’EntragesHenri Joannet, Jean-Pierre Pinatel, « Arrestations-condamnations », 1851-Pour mémoire, Les Mées : Les Amis des Mées, 2001, 72..
Comme de nombreuses communes du département, Entrages se dote d’écoles bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, elle en possède deux, installées au chef-lieu et au hameau de Chabrières, qui dispensent une instruction primaire aux garçons.. Aucune instruction n’est donnée aux filles : ni la loi Falloux (1851), qui impose l’ouverture d’une école de filles aux communes de plus de 800 habitants, ni la première loi Duruy (1867), qui abaisse ce seuil à 500 habitants, ne concernent la commune, et ce n’est qu’avec les lois Ferry que les filles d’Allons sont régulièrement scolarisées.
Le tronçon de la ligne des chemins de fer de Provence, allant de Digne à Saint-André-les-Alpes est mis en service à partir du . Le tunnel de la Colle est achevé en 1903, et la totalité de la ligne entre Saint-André et Nice est inaugurée du 5 au en présence de Victor Augagneur, ministre des Travaux Publics.
Le 14 mars 1940, une annexe du camp d'internement des Mées est ouverte à Chabrières. Le groupement de travailleurs étrangers (renuméroté en novembre 1941.) fournit de la main-d’œuvre aux Eaux et Forêts. Les 350 hommes construisent le camp du Couinier (parfois appelé « camp de Norante » car situé à la limite de cette commune). En septembre 1941, 28 juifs sont transférés dans ce camp, ce qui est considéré comme une sanction (le camp de Norante est considéré comme un camp disciplinaire). Les autorités estiment cependant que les prisonniers y jouissent d’une trop grande liberté, et prononcent la fermeture du camp et le transfert de ses prisonniers au centre de séjour surveillé de Sisteron (à la citadelle), au camp de Nexon (pour les 40 internés pour motifs politiques) et au camp de Fort Barraux (pour 145 d’entre eux).
Jusqu’au milieu du , la vigne était cultivée dans la commune, jusqu'à d'altitude. La production était vendue à Digne à 75 %. La clue de Chabrières produisait un vin blanc pétillant jouissant d'une bonne réputation localement. .
Économie Aperçu général En 2009, la population active s’élevait à 66 personnes, dont 4 chômeurs. (chiffre en baisse fin 2011). Ces travailleurs sont majoritairement salariés (49 sur 62) et travaillent majoritairement hors de la commune (51 actifs sur 62).
Agriculture Fin 2010, le secteur primaire (agriculture, sylviculture, pêche) comptait trois établissements actifs au sens de l’Insee (exploitants non-professionnels inclus) et aucun emploi salarié.