Noyers-sur-Jabron est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Nucetois.

Géographie Localisation thumb|left|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Noyers-sur-Jabron et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

La commune est traversée par le Jabron et le lac de Saint-Nazaire s’y trouve. Le village de Noyers est à d'altitude.

Le village originel de Noyers, aujourd’hui nommé Le Vieux-Noyers, occupe un replat à mi-pente, séparé du Jabron par un abrupt. Ce site venteux est progressivement abandonné au pour celui du village actuel, Noyers-le-Bas, plus proche de la route départementale, et à proximité de sources.

Communes limitrophes

Géologie On note la présence de grès sur la commune, et de gisements d’argile.

Relief

Le territoire de Noyers-sur-Jabron est traversé d’ouest en est par le Jabron, sa vallée constituant le point bas du relief nucétois, de à son entrée dans Noyers à à sa sortie du territoire communal. Rive droite et au sud du Jabron, le relief s'organise selon des axes ouest-est parallèles au cours du torrent. En limite sud de la commune, le relief s’élève jusqu’à la crête de la montagne de Lure, dont le sommet est limitrophe de Noyers-sur-Jabron, à . La crête descend à l’est à au pas de la Graille, seul franchissement de la montagne à Noyers-sur-Jabron, et à à l’ouest.

Entre la montagne de Lure et le cours du Jabron, le terroir est barré par la montagne de Pélegrine et sa terminaison occidentale la montagne de Boudeichard (sommet à ). La pente raide de Pélegrine à l’ubac est suivie d’un piémont en pente douce, de 900 à d’altitude en arrivant au Jabron. Un seul passage pédestre relie la vallée du Jabron avec la vallée entre Pélegrine et Lure, le pas des Portes.

Rive gauche et au nord du Jabron, le relief est composé de longs épaulements qui s’avancent jusqu’au torrent, avec des altitudes de 800 à . Les vallons qu’ils forment sont reliés par de petits cols, comme celui marqué par la chapelle Saint-Claude (environ ). Ces collines s’élèvent jusqu’au pied d'une barre qui ferme le paysage mais alimente la légende. Les sommets de cette barre sont, d’ouest en est, le Rancurel (), le rocher du Loup (), le roc de l’Aigle () et le rocher de Pierre Impie (, situé sur le territoire de Ribiers mais facilement visible de Noyers). Cette barre est franchie par deux cols pédestres, le pas de Liérette et le pas de la Montagne (respectivement et ).

Enfin, au nord, deux vallons n’appartiennent pas à la vallée du Jabron, et se trouvent sous la crête de l’Âne () et entre le Rancurel et la crête des Planes (). Ces deux crêtes sont séparées par le col de Blauge, à , vers Éourres.

Hydrographie vignette|redresse=1.2|Réseau hydrographique de Noyers-sur-Jabron. Du relief décrit précédemment, découle un réseau hydrographique simple. De la montagne de Lure et de l’adret de Pélegrine, descendent le torrent du Grand Vallat, à l’ouest (limitrophe de Châteauneuf-Miravail), et le torrent du Grand Vallon, qui coule vers l’est et Valbelle (où il devient la Biaïsse). De multiples sources et ravins naissent sur l’ubac de Pélegrine et coulent vers le Jabron ; le plus important d’entre eux est le torrent du ravin du pas de la Combe.

La partie de Noyers au nord du Jabron est elle aussi sillonnée de torrents, dont le ravin des Baumes à l’ouest et le Riou Sara à l’est. Enfin, deux vallons isolés sont drainés par le ravin de Brison qui coule vers Ribiers et le Buëch, et le ravin de la Garderie qui se jette dans le ravin Verduigne, qui s’écoule vers Saint-Vincent-sur-Jabron.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sisteron à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Environnement La commune compte de bois et forêts, soit seulement 8 % de sa superficie.

Urbanisme Typologie Au , Noyers-sur-Jabron est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sisteron, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.2|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (85,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (87,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (48,3 %), forêts (34,6 %), zones agricoles hétérogènes (12,9 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (3 %), prairies (0,7 %), terres arables (0,6 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Hameaux

Transports La commune est desservie par la route départementale , ancienne route nationale 546, qui suit la vallée du Jabron. Quelques chemins d’intérêt communal, goudronnés ou non, desservent les pentes inférieures rive droite et rive gauche, les vallons éloignés étant desservis uniquement par des pistes forestières ou des chemins pédestres.

Risques majeurs

Aucune des 198 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Noyers-sur-Jabron est en zone de sismicité modérée depuis le 1er mai 2011, article D563-8-1 du Code de l'Environnement (zone 3 - risque modéré - selon la classification probabiliste EC8 de 2011). La commune de Noyers-sur-Jabron est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation (dans la vallée du Jabron), mouvement de terrain. La commune de Noyers-sur-Jabron n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture et aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune ; le Dicrim n’existe pas non plus.

La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle : pour des inondations, des coulées de boue et des glissements de terrain en 1994, et à nouveau pour des inondations et coulées de boue en 2003. Le tremblement de terre du 18 juillet 1938, dont l’épicentre était situé à Guillestre, a été ressenti avec une intensité macro-sismique de V sur l’échelle MSK (dormeurs réveillés, chutes d’objets).

Toponymie vignette|Localisation de Noyers-sur-Jabron au pied de la Montagne de Lure Selon Ernest Nègre, la localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1168, sous le nom de de Nogueriis, dérivé de l’occitan nougié (désignant le noyer), qui a plus tard été francisé en Noyers. Le sens du toponyme communal est donc transparent.

La toponymie de la commune est d’abord une description du relief : on a le Peissiou, où le pei- est une des formes locales qu’a pris le terme latin . Parmi les termes les plus utilisés à Noyers, on a l’ubac, l’adret, la côte et leurs dérivés : rive gauche du Jabron, on a l’Ubac de Brison et l’Adrech de la Montagne, sur la même montagne, et les Côtes et l’Adroit, à l’ouest de Noyers, et sur l’autre versant, le hameau de l’Ubac ; et rive droite, on a encore la Côte de GarinGuy Barruol, Claude Martel, Jean-Yves Royer, « Glossaire lié à la topographie et à la toponymie de Lure », in .. Le serre, qui désigne une crête allongée au profil heurté, en dents de scie, est aussi utilisé avec des noms de personne : Serre Bernard, Serre Marie. Les plaines sont, dans le vocabulaire de Lure, un espace plan en altitude : à Noyers, ces plaines sont à 1300 m d’altitude, sur le Rancurel : l’adret de la montagne se nomme la côte du Pui (avec un doublet toponymique pour nommer une montagne).

Les effets de l’érosion sont également visibles dans la toponymie : on a les Gourds, qui sont localement un trou d’eau dans le rocher, et les Gravières, près des ruines du prieuré de Saint Julien, qui sont formées des graviers arrachés aux pentes des montagnes et abandonnés là par les eaux pluviales.

Localement, les portes sont un passage étroit dans la montagne : le Pas des Portes est ainsi le col qui passe dans un défilé entre les montagnes de Pélegrine et de Sumiou.

La Font des Vious est une source.

Le terme jarjayes est localement un espace où poussent les vesces : le toponyme est utilisé repris pour le Moulin (à eau, sur les rives du Jabron) et le pont de Jarjayes. La Fayée de Lure est nommée ainsi d’après la hêtraie qui y poussait.

Enfin, les aménagements de l’homme pour exploiter l’espace ont donné de nombreux toponymes : l’élevage ovin a ainsi suscité de nombreux jas (bergerie) suivi du nom du propriétaire (de Paul, de Périvoye, de Madame), et on trouve également une bergerie des Égaux, plus récente. Dans le toponyme la Grange la Lauze, le terme grange désigne une ferme, la lauze les pierres utilisées pour les couvertures des bâtiments. Les clos sont des champs épierrés dont les pierres ont servi à clôturer le champ avec des murs en pierre sèche : on a les Grands Clos rive gauche, et le Grand Clot sur la montagne de Pélegrine. Les cultures complantées et l’élevage ont donné lieu au pré des Poiriers, au pré du Rey.

En vivaro-alpin et en provençal la commune se nomme Noièrs dans la norme classique et Nouiés dans la norme mistralienne

Histoire Antiquité