Sourribes est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie thumb|left|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Sourribes et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende). La commune est traversée par le Vançon. Le village est situé à d’altitude, à environ de Volonne.

Géologie

vignette|Massif des Alpes et localisation des Préalpes de Digne. Le territoire se situe à l’est des Baronnies orientales, sur des formations calcaires provençales du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur (roches sédimentaires issues d'un ancien océan alpin), entre deux formations géologiques majeures des AlpesMaurice Gidon, Les chaînons de Digne. : la nappe de Digne à l'estCarte géologique de la France au 1:1 000 000, au niveau du lobe de ValavoireMaurice Gidon, La Nappe de Digne et les structures connexes. : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écaille) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe ; la faille de la Durance au sud-ouest, dans la vallée.

Au nord-ouest, la crête de Saint-Martin/Le Grépon est constituée d'un calcaire gris. Alors qu'au sud-est, le versant marneux de Vaumuse s'appuie sur des molasses rouges.

Relief

La vallée est orientée nord-est/sud-ouest. Le point le plus bas est près du confluent du Vançon avec la Durance à près de . La crête de Saint-Martin au nord-ouest culmine à . La crête de Vaumuse au sud-est culmine à . Ces crêtes sont dans l'alignement du Vançon.

Le plan de Saint-Roman, au sud du village, est la surface plane la plus notable de la commune.

Plus en amont, sur le territoire de l'ancienne commune de Beaudument, le relief est très accidenté.

Hydrographie La commune est parcourue par le Vançon selon une orientation nord-est/sud-ouest. Il est un torrent ayant un régime nival. Depuis que l'ONF a fait planter des arbres en amont des gorges de Charenches, les crues sont moins hautes.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Château-Arnoux-Saint-Auban à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Environnement La commune compte de bois et forêts, soit 67 % de sa superficie.

Risques majeurs Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Volonne auquel appartient Sourribes est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques, et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Sourribes est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt ; inondation (dans la vallée du Vançon, notamment) ; mouvement de terrain : la commune est presque entièrement concernée par un aléa moyen à fort.

La commune de Sourribes n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture et aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune ; le Dicrim existe depuis 2011.

Urbanisme Typologie Au , Sourribes est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Château-Arnoux-Saint-Auban, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (90,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (90,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (61,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (28,6 %), zones agricoles hétérogènes (9,5 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (0,4 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois en 739 (Subtusripas), se rapporte à sa position au pied d’un rocher, § 5368, .

Histoire Antiquité Des ruines romaines sont présentes à Beaudument. Plusieurs découvertes de monnaies romaines ont eu lieu sur la commune, ..

Moyen Âge Sourribes La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 739, , lorsqu'une colonge est donnée par le patrice Abbon à l’abbaye de Novalaise. La communauté de Sourribes relevait de la baillie de Sisteron.

Une abbaye de sœurs bénédictines est fondée avant 1160, et y reste jusqu’en 1464 et son regroupement avec l’abbaye Saint-Claire de Sisteron. L’abbaye reste seigneur du lieu. Lors de la crise ouverte par la mort de la reine Jeanne , Jame Gombert, seigneur de Beaudument et Dromon, soutient Charles de Duras contre Louis d'Anjou. Le ralliement de Sisteron à la cause angevine, en 1386, entraîne son changement d’engagement, et il prête hommage au jeune duc d’Anjou, Louis II, le Geneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, , « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, 422..

Beaudument La communauté médiévale de Beaudument est citée en 1040, quand Bérald fait don de son église à l'abbaye Saint-Victor de MarseilleCéline Viguier, « Gervais de Tilbury. Les merveilles en Haute-Provence : l'escarboucle », Chroniques de Haute-Provence, 2009, , 55.. Son château est cité par Gervais de Tilbury dans son livre Les Divertissements pour un empereur, qui fait référence à la pierre rouge merveilleuse qui y était conservé, capable de brûler et d'éclairer sans se consumerCéline Viguier, , 51.. Difficile à reconnaître, cette pierre rouge peut être identifiée à une escarboucle, ou encore à l'abseste (nom médiéval de l'amiante, courante dans la région), ou encore mieux au pseudo-abseste ou abseste ligniformeCéline Viguier, , 57.. Il est aussi possible que ce ne soit qu'une légende, fondée sur le blason de Saint-Victor de Marseille, qui est orné d'une escarboucle à huit rais. Le village, établi à l'actuel lieu-dit de Vière près du château, comptait 24 feux au dénombrement de 1315, mais était inhabitée en 1471. La communauté se reconstitue au , l’habitat s’installant plus loin dans la vallée du Vançon. Le village et son église Saint-Jean-Baptiste sont abandonnés au cours du siècle suivant, l’habitat se déplaçant au hameau de Vigoureux, aussitôt doté d’une chapelle Saint-Pierre, qui devient l’église paroissiale. En 1765, Beaudument avait 68 habitants.

Période contemporaine Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : 3 habitants de Sourribes, et un de Beaudument, sont traduits devant la commission mixteHenri Joannet, Jean-Pierre Pinatel, « Arrestations-condamnations », 1851-Pour mémoire, Les Mées : Les Amis des Mées, 2001, 72..

Comme de nombreuses communes du département, Sourribes et Baudument sont chacune dotées d’une école bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, une école dispense une instruction primaire aux garçons dans chacun des deux villages. Aucune instruction n’est donnée aux filles : la loi Falloux (1851), qui impose l’ouverture d’une école de filles qu’aux communes de plus de 800 habitants, et la première loi Duruy (1867), qui abaisse ce seuil à 500 habitants, ne les concernent pas.

La commune de Beaudument est rattachée à Sourribes en 1909, alors qu’elle était trois fois plus grande mais en voie d’être désertée (1528 hectares contre 446).

Un maquis est créé à Sourribes au printemps 1943 ; il était en partie constitué de paysans qui continuaient à avoir une vie normale, mais qui étaient mobilisables dans les deux heuresFernand Tardy, Bonsoir petite princesse bleue - Secteur de Digne de l'Armée secrète, sous-secteur de Thoard, Terradou, 1990, , .. Il sert au début à abriter les réfractaires au service du travail obligatoire (STO). Bien situé dans la vallée de la Durance, ce maquis devient un relais pour les résistants ou étrangers de passage, vers Sisteron notamment. Il a aussi accueilli une dizaine de déserteurs de la Wehrmacht, qui étaient des Luxembourgeois incorporés de force.

Le , les Allemands lancent une opération de ratissage pour détruire ce maquis. Leur tentative est un échec partiel : aucun maquisard n'est fait prisonnier (même s'il y a quelques blessés), mais le maquis est dissous et ses membres se répartissent entre les maquis de Châteauneuf-Val-Saint-Donat, Cruis et Fort-de-France à Barrême. Ce maquis n'a jamais été reconnu par l'administration.Hélène Vésian-Claude Gouron, Les chemins de la Liberté sur les pas des résistants de Haute-Provence, ..

Jusqu’au milieu du , la vigne était cultivée à Sourribes. Le vin produit, de qualité médiocre, était destiné à l’autoconsommation. Cette culture est aujourd’hui abandonnée.

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