vignette|redresse|Les bâtons des quatre maréchaux de la Seconde Guerre mondiale (de Lattre, Leclerc, Juin et Kœnig) sont exposés au musée de l'Armée« Les bâtons de maréchaux de la Seconde Guerre mondiale », sur le site du musée de l'Armée..

Le maréchal de France est la plus haute distinction militaire française. Le titre de maréchal de France ou d'amiral de France constitue une dignité dans l'État. Depuis la mort du maréchal Alphonse Juin en , la France ne compte aucun maréchal en vie.

Depuis la création du titre, en , il y a eu de France (dont 66 au et 12 au ). L'office de maréchal n'est devenu militaire qu'au début du . vignette|Les bâtons des maréchaux honorés pendant la Première Guerre mondiale, de gauche à droite :

Ces bâtons sont exposés au musée de l'Armée. Le premier maréchal de France fut Albéric Clément, nommé par Philippe Auguste en . Le dernier à avoir été élevé à cette dignité est Pierre Kœnig en , à titre posthume. La dernière personne à avoir porté le titre de son vivant est Alphonse Juin, mort en 1967.

Historique Époque monarchique À son origine, le maréchal de France n'a qu'un rôle d'intendance sur les chevaux du roi. Son office devient militaire au début du , tout en étant subordonné au connétable. Le premier à porter le titre de maréchal du roi de France avec une fonction militaire était Albéric Clément, seigneur de Mez, désigné par Philippe Auguste, en .

Après l'abolition de l'office de connétable par Richelieu en , les maréchaux deviennent les chefs suprêmes de l'armée. Parfois le roi crée une charge de maréchal général des camps et armées du roi, qu'on a pris par méprise pour une charge de connétable bis. Outre leurs fonctions militaires, les maréchaux ont aussi la responsabilité du maintien de l'ordre dans les campagnes par l'intermédiaire des prévôts des maréchaux, d'où l'appellation de « maréchaussée » donnée à l'ancêtre de la gendarmerie.

Jusqu'en , date de l'abolition de cet office (devenu grade pendant les premières années de la Révolution, lors de la monarchie constitutionnelle), il y eut de France.

Révolution, Empire et Le maréchalat est aboli par la Convention nationale le .

Le sénatus-consulte du établit des « maréchaux d’Empire ». Sous le Premier Empire, on parle, en toute rigueur de terme, de « maréchal de l'Empire français ».

Avec la Restauration, les maréchaux d’Empire deviennent maréchaux de France.

La loi du prévoit que le nombre des maréchaux de France soit de six au plus en temps de paix et douze en temps de guerre. Lorsqu'en temps de paix l'effectif est en excédent du chiffre réglementaire, il peut cependant être fait une promotion pour trois vacances.

Sous le Second Empire, n'en change pas le titre. Les maréchaux de France deviennent également membres de droit du Sénat.

Sous la Troisième République, la fonction étant perçue comme trop liée à l'Empire, aucun maréchal de France n'est créé avant la Grande Guerre. Le dernier maréchal, Canrobert, meurt en .

Rétablissement du maréchalat C'est durant la Première Guerre mondiale que la dignité est rétablie : Joseph Joffre, généralissime des armées françaises alors en disgrâce politique, est évincé de ses fonctions en , mais élevé en même temps à la dignité de maréchal pour éviter tout scandale. Les deux derniers maréchaux de France sont Alphonse Juin, mort en , et Pierre KœnigCréé maréchal à titre posthume par le décret du ., mort en .

La dignité de maréchal de France a été décernée tout au long du par décret et non par voie législative. Toutefois, une loi a pu préalablement autoriser un décret. Ainsi, l'élévation à la dignité de maréchal de Jean de Lattre de Tassigny s'accomplit par le décret du faisant suite à la loi du même jour dont l' dispose que . De même, la loi du autorise le président de la République française à promulguer par décret le l'élévation du général Leclerc à la dignité de maréchal de France. Toutefois, ces deux lois émanaient du gouvernement (projet de loi et non proposition de loi).

Il n'y a pas de condition particulière pour être élevé à la dignité de maréchal de France. La coutume demande que l'on ait commandé en chef une armée et obtenu la victoire ; il n'est pas nécessaire que cette victoire ait été emportée sur le sol national.

Situation actuelle Actuellement, comme il est précisé à l' du Code de la Défense (et, précédemment, à l' de la loi du ), . Le maréchalat est donc un titre et une dignité, non un grade. Il est symbolisé par sept étoiles (contre cinq étoiles pour le grade le plus élevé, général d'armée). L'autre symbole du maréchalat est le bâton de velours bleu parsemé d’étoiles sur lequel est écrit : Terror belli, decus pacis (Terreur en temps de guerre, gloire en temps de paix), qui est à l'origine la devise de la famille de Contades.

Privilèges liés au maréchalat Les maréchaux ont droit à une dotation personnelle pour frais de représentation de (soit ). Cette dotation est fixée par l' du décret du , toujours en vigueur.

La loi du disposait que les maréchaux ainsi que les généraux ayant commandé pendant la Première Guerre mondiale pouvaient être inhumés à l'hôtel des Invalides.

Par voie législative, des suppléments de pensions ont été accordés aux veuves des maréchaux (loi du ) avec des dispositions spéciales pour la veuve du maréchal Foch (loi du ) et celle du maréchal de Lattre de Tassigny (loi du ). Une autre loi dite personnelle exonéra la veuve du maréchal Juin de droits de succession le .

Familles Le maréchalat de France conférait aux familles une illustration d'autant plus appréciée qu'elle était rare et correspondait généralement à une réelle valeur militaire. Parmi les familles qui ont donné au moins deux maréchaux (ou amiraux), l'on trouve :

Nombre Famille(s) 12 Montmorency 5 Durfort ; Noailles. 4 Choiseul ; Clément ; Cossé-Brissac ; Gontaut-Biron ; Harcourt. 3 Broglie ; Coligny ; Créquy ; Estrées ; Gouyon-Matignon ; Lévis ; Ornano ; Schomberg. 2 Aubusson ; Brienne ; Caumont ; Esparbès de Lussan ; Fitz-James ; Franquetot ; Gramont ; Joyeuse ; La Baume ; La Chatre ; Foix ; La Marck ; La Tour d'Auvergne ; Le Meingre (Boucicaut) ; Montluc ; Neufville de Villeroy ; Rieux ; Rohan ; Roquelaure ; Rouxel de Grancey ; Saint-Nectaire ; Sancerre ; Trivulce.

Héraldique Les maréchaux de France portent pour marque de leur dignité, derrière l'écu de leurs armes deux bâtons d'azur, passés en sautoir, semés : de fleurs-de-lys d'or sous l'Ancien Régime et la Restauration, d'aigles d'or sous le Premier Empire et d'étoiles du même depuis la monarchie de JuilletNicolas Viton de Saint-Allais, Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France, Paris, 1816..

Liste des maréchaux de France Capétiens () Six maréchaux sous () Albéric Clément (mort en ), premier maréchal de France en , dit le « Petit maréchal », seigneur du Mez et d'Argentan (), maréchal de France en . Guillaume de Bournel (mort en ), maréchal de France en Nivelon d'Arras (mort en ), maréchal de France en , seigneur du Mez et d'Argentan (mort en ), maréchal de France en Guillaume de La Tournelle, maréchal de France en

Neuf maréchaux sous () Ferry Pasté, seigneur de Challeranges (mort en ), maréchal de France en Jean Guillaume de Beaumont (mort en ), maréchal de France en Henri de Cousances, seigneur de Courances (mort en ), maréchal de France en , seigneur de Nemours (mort en ), maréchal de France en , seigneur du Mez et d'Argentan (mort en ), maréchal de France en Héric de Beaujeu (mort en ), maréchal de France en Renaud de Précigny (mort en ), maréchal de France en , surnommé d'Estrée (mort en ), maréchal de France en Lancelot de Saint-Maard (mort en ), maréchal de France en

Quatre maréchaux sous () Ferry de Verneuil (mort en ), maréchal de France en (mort en ), maréchal de France en , le Preux, vicomte de Châtellerault, sire d'Harcourt (mort en ), maréchal de France en (mort en ), maréchal de France en

Sept maréchaux sous () Jean de Varennes (mort en ), maréchal de France en Simon de Melun, sire de la Loupe et de Marcheville (mort en ), maréchal de France en (mort en ), maréchal de France en Foulques du Merle, dit Foucaud (mort en ), maréchal de France en Miles de Noyers (mort en ), maréchal de France en Jean de Corbeil, seigneur de Grez (mort en ), maréchal de France en (mort avant ), maréchal de France en Le Grand dictionnaire historique par Louis Moréri, Goujet, page 165.Seigneurs de Trie, page 4.

Un maréchal sous () , dit le Déramé (mort en ), maréchal de France en

Trois maréchaux sous () , maréchal de France en (mort en ), maréchal de France en , seigneur de Moreuil (mort en ), maréchal de France en

Un maréchal sous () , baron de Briquebec, vicomte de Roncheville (), maréchal de France en

Valois () Cinq maréchaux sous () Anseau de Joinville (), maréchal de France en , sire de Montmorency (–), maréchal de France en Robert de Wavrin, seigneur de Saint-Venant (mort en ), maréchal de France en (), seigneur de Châteauneuf, maréchal de France en , seigneur d'Offémont et de Mello (mort en ), maréchal de France le

Quatre maréchaux sous () Arnoul d'Audrehem, sire d'Audeneham (mort en ), maréchal de France en Rogues de Hangest, seigneur d'Avesnecourt (mort en ), maréchal de France en Jean de Clermont, seigneur de Chantilly et de Beaumont (mort en ), maréchal de France en dit Boucicaut, surnommé Le Brave (), maréchal de France en

Deux maréchaux sous () , sire de Blainville (mort en ), maréchal de France en Louis de Sancerre (), maréchal de France en

Neuf maréchaux sous () dit Boucicaut (), maréchal de France en , seigneur de Rochefort et de Rieux (), maréchal de France en Pierre de Rieux, seigneur de Rochefort et de Rieux (), maréchal de France en Claude de Beauvoir, seigneur de Chastellux et vicomte d'Avallon (), maréchal de France en Jean de Villiers de L'Isle-Adam (), maréchal de France en en même temps que Robert ou Robin (dit Robinet) de Mailly grand panetier et Charles de Lens, amiral de France. Jacques de Montberon, seigneur de Montbron-en-Angoumois (mort en ), maréchal de France en Gilbert Motier de La Fayette (), maréchal de France en Antoine de Vergy (mort en ), maréchal de France en Jean de La Baume, comte de Montrevel-en-Bresse (mort en ), maréchal de France en

Six maréchaux sous () Amaury de Sévérac, seigneur de Beaucaire et de Chaude-Aigues (mort en ), maréchal de France le Jean de Brosse, baron de Boussac et de Sainte-Sévère (), maréchal de France en Gilles de Rais, « maréchal de Rais », seigneur de Machecoul et de Retz, de Champtocé et de Tiffauges (), maréchal de France le André de Lohéac, seigneur de Lohéac et de Retz (), maréchal de France en Philippe de Culant, seigneur de Jaloignes, de la Croisette, de Saint-Armand et de Chalais (mort en ), maréchal de France le Jean Poton de Xaintrailles, sénéchal de Limousin (), maréchal de France en

Quatre maréchaux sous () Joachim Rouhault, seigneur de Boisménart, de Gamaches, de Châtillon et de Fronsac (mort en ), maréchal de France le Jean de Lescun, dit « le Bâtard d'Armagnac », comte de Comminges (mort en ), maréchal de France le (Borzelles), seigneur de Vère en Hollande et comte de Boucan en Écosse (mort en ), maréchal de France le Pierre de Rohan-Gié, seigneur de Rohan (), maréchal de France le

Deux maréchaux sous () Philippe de Crèvecœur d'Esquerdes (), maréchal de France le .. Jean de Baudricourt, seigneur de Choiseul et bailli de Chaumont (mort en ), maréchal de France le

Valois-Orléans () Quatre maréchaux sous () Jacques de Trivulce, né en (), marquis de Vigevano, maréchal de France en , né en (), seigneur de Chaumont, de Meillan et de Charenton, maréchal de France en Odet de Foix, né en (), vicomte de Lautrec, maréchal de France en , dit le « maréchal de Lautrec » Robert Stuart d'Aubigny, né en (), comte de Lennox, maréchal de France en

Valois-Angoulême () Onze maréchaux sous ()