Une région administrative, au Québec, est la première division du territoire après celle de l'État. Le Québec est divisé en 17 régions administratives. Comme leur nom l'indique, il s'agit de divisions administratives et non politiques.

Il n'existe pas d'instance politique élective responsable de gérer une région et celles-ci ne bénéficient pas de la personnalité morale. Les régions servent à organiser les services gouvernementaux et le développement du territoire en fonction des particularités régionales. Elles jouent également un rôle identitaire important, les réalités socio-économiques et historiques variant parfois beaucoup en raison de la superficie et de la densité démographique du Québec.

Les dix premières régions sont créées le , puis une réorganisation est faite le .

Histoire Gouvernements particuliers Les plus anciennes divisions régionales sur le territoire qui constitue aujourd'hui le Québec remontent à la colonie française du Canada, au . Elles sont alors au nombre de trois « gouvernements particuliers » : le gouvernement de Québec ; le gouvernement de Montréal ; le gouvernement des Trois-Rivières.

Ce type de division régionale fut sans doute celui ayant possédé le plus de pouvoir dans l'histoire du Québec. Chaque gouvernement est alors dirigé par un gouverneur, assisté d'une fonction publique, avec une administration civile, militaire et judiciaire. À la Conquête, ces trois régions existent encore jusqu'à la fin de la guerre en 1763.

Districts provinciaux vignette|gauche|Carte découpant le Bas-Canada en 4 districts, en 1838.

Quelques mois après la proclamation royale de 1763 et la création de la province britannique de Québec, le territoire est divisé en deux districts : Québec et Montréal. Sous le régime britannique, le pouvoir est centralisé au sein du gouvernement provincial. Le rôle des districts est donc limité : ils sont essentiellement conçus pour gérer le système de justice à l'échelle locale. Un troisième district, Gaspé, est créé en 1787.. Du côté de Trois-Rivières, il faut attendre le avant que l'ancienne division française réapparaisse..

vignette|Carte des districts municipaux du Bas-Canada, en 1841.

Au sein du Bas-Canada, les quatre districts sont conservés, bien que Gaspé se voit attribuer le statut de sous-district (dit « district inférieur »). Un deuxième sous-district, Saint-François, est créé le par scission de Montréal et Trois-Rivières. Sa création est motivée par l'augmentation de la population dans les Cantons-de-l'Est, en raison de l'afflux de colons au Buckinghamshire. Saint-François et Gaspé deviendront des districts judiciaires à part entière respectivement en 1833 et 1843. Puis en 1849 s'ajoutent les districts de Kamouraska et d'Ottawa.

En 1857, douze districts judiciaires sont créés, pour un total de dix-neuf. Chicoutimi deviendra le vingtième en 1858. Cette forte augmentation s'explique par l'effervescence du monde juridique au Bas‐Canada durant cette période, laquelle conduira à l'entrée en vigueur du Code civil du Bas-Canada. Les réformes en font des entités au territoire de plus en plus restreint uniquement consacré à la justice. Les districts judiciaires existent toujours et sont au nombre de 36.

Parallèlement, dans les années 1840 et 1850, les gouvernements tentent de mettre en place des « districts municipaux » ou « municipalités de comtés ». Ce sont les comtés, dès 1855, qui deviendront alors la principale subdivision administrative régionaleUne source pour cette affirmation se retrouve ici : « », mais d'autres sources plus précises doivent être trouvées. Le lien suivant mentionne que durant le régime britannique (1763-1867), quatre districts existaient (Québec, Montréal, Trois-Rivières et Gaspé) « », mais au courant du ce sont les comtés qui sont devenus la principale subdivision administrative du Québec..

Régions vignette|« Les régions de la province de Québec » (1923)

Ce n'est qu'à partir de la deuxième moitié du qu'on commence à employer le terme « région », entre autres pour faire référence aux nouveaux espaces de colonisation comme le Saguenay et le lac Saint-Jean. C'est à ce moment que sont créés des toponymes décrivant un espace régional, soit un ensemble de plusieurs comtés partageant une même réalité géographique ou historique, comme les Laurentides (1845)Commission de toponymie du Québec - Laurentides ou le Bas-Saint-Laurent (1855).. À travers sa propagande (comme avec ses ouvrages Les régions de colonisation de la province de Québec), le ministère de la Colonisation contribuera à populariser le nom de ces régions. Le tourisme participera aussi au rayonnement du nom de certaines régions, comme la Gaspésie, autrefois district désigné simplement « Gaspé ». D'autres régions recevront leur nom actuel plus tardivement, comme la Mauricie (1933)Commission de toponymie du Québec - Mauricie ou l'Estrie (1946).. Tous ces territoires n'ont toujours pas d'existence légale et leurs frontières demeurent parfois floues.

Création des régions administratives

Il faut attendre les années 1960 avant que s'entame une nouvelle réflexion sur l'administration territoriale du Québec. Le gouvernement Jean Lesage donne un statut juridique aux régions le Territoires et développement: La richesse du Québec. L'arrêté en conseil n° 524 adopté par le Conseil exécutif du Québec divise officiellement le territoire québécois en 10 régions et 25 sous-régions administrativesAnnonce de la division du Québec en régions administratives.

Un des objectifs est de mettre fin à une anarchie dans les découpages administratifs des divers ministères et organismes du gouvernement du Québec. Une quarantaine de systèmes de régions existaient alors. Le nouveau système est une conception du Bureau de recherches économiques du ministère de l'Industrie et du CommerceDivision du Québec en dix régions et vingt-cinq sous-régions administratives.

Réformes subséquentes

En 1981, les limites des régions sont ajustées pour prendre en compte celles des municipalités régionales de comté, créées en 1979https://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/profils/panorama-regions-2017.pdf. La même année, le , un décret du Conseil des ministres fait en sorte que les toponymes Cantons-de-l'Est et Nord-Ouest sont respectivement remplacés par Estrie et Abitibi-Témiscamingue.

Le , le décret n° 2000-87 révise les limites régionales en faisant passer le nombre de régions de 10 à 16. La grande région de Montréal est scindée en cinq : Montréal, Laval, Lanaudière, Laurentides et Montérégie. Du côté de la grande région de Québec, elle est scindée en deux : Québec et Chaudière-Appalaches. Finalement, le Bas-Saint-Laurent-Gaspésie est aussi scindé en deux : Bas-Saint-Laurent et Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. Trois-Rivières est renommé en Mauricie-Bois-Francs.

En 1997, la région de Mauricie-Bois-Francs est à son tour scindée en deux : Mauricie et Centre-du-Québec. Cette révision fixe le nombre de régions à dix-sept. En 1999, Québec est rebaptisé Capitale-Nationale sous l'impulsion du gouvernement nationaliste de Lucien Bouchard.

En 2021, deux municipalités régionales de comté de l'est de la Montérégie (Brome-Missisquoi et Haute-Yamaska) se joignent à l'Estrie.. Cependant, dans d'autres découpages administratifs utilisés en parallèle (santé, tourisme), elles y étaient déjà depuis longtemps.

Représentation Ministère

Ministre responsable d'une région

Jusqu'au , un ministre responsable, appelé à traiter des enjeux locaux avec le gouvernement provincial ou au nom de ce dernier auprès de la population, est nommé pour chaque région. Depuis, seulement deux membres du conseil des ministres continuent à détenir ce titre : le ministre responsable de la Capitale-Nationale et le ministre responsable de la Métropole.

Ministre des Régions Un ministère des Régions voit le jour le Entrée en vigueur de la Loi créant le ministère des Régions, mais il est aboli en 2003. Le poste de ministre délégué aux Régions est créé le .

Conseil des régions

Créé en sous le gouvernement Fréchette, ce conseil est composé de 18 députés de l'Assemblée nationale sous la présidence d'un ministre délégué aux Régions. Chaque région administrative est représentée par un député local, à l'exception de la Montérégie qui possèdent deux représentants en raison de la densité de sa population.

Conférence régionale des élus

Entre 2003 et 2016, chaque région a possédé une conférence régionale des élus (CRE), à l'exception de la Montérégie et du Nord-du-Québec qui en ont possédé plusieurs. Une CRE était composée de personnes nommées par le gouvernement du Québec et par des élus municipaux de la région. Son mandat était de conseiller le gouvernement et de superviser à l'échelle régionale les politiques adoptées par les municipalités régionales de comté. . Ce système est disparu avec le projet de loi 28, adopté le http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=5&file=2015C8F.PDF.. Le processus d'abolition est achevé le .

Régions administratives Liste des régions administratives

Chaque région administrative possède un code numérique, en plus de son nom. Elle regroupe un ou plusieurs paliers supra-locaux : soit une municipalité régionale de comté ou un territoire qui lui est équivalent (dont certaines agglomérations urbaines). Il n'existe plus de siège régional depuis l'abolition du système de conférence régionale des élus, mais la ville la plus populeuse est ici mentionnée.

Nom Code Subdivisions Population (2020) Superficie terrestre (km²) Densité (/km²) Plus grande ville Sièges à l'Assemblée nationale du Québec Localisation Bas-Saint-Laurent 01 Rimouski3 150px Saguenay–Lac-Saint-Jean 02 Saguenay5 150px Capitale-Nationale 03 40 Québec11 150px Mauricie 04 Trois-Rivières4 150px Estrie 05 32 Sherbrooke5 150px Montréal 06 Montréal27 150px Outaouais 07 13 Gatineau5 150px Abitibi-Témiscamingue 08 Rouyn-Noranda3 150px Côte-Nord 09 Sept-Îles2 150px Nord-du-Québec 10 Chibougamau 1 150px Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine 11 Gaspé3 150px Chaudière-Appalaches 12 28 Lévis7 150px Laval 13 Laval6 150px Lanaudière 14 42 Terrebonne 7 150px Laurentides 15 30 Saint-Jérôme10 150px Montérégie 16 142 Longueuil23 150px Centre-du-Québec 17 36 Drummondville3 150px

Source : ministère des Affaires municipales et de l'Habitation du Québec[.

Liste des anciennes régions administratives

Bas-Saint-Laurent–Gaspésie (1966-1987) : Dissoute le , elle était composée des actuelles régions administratives du Bas-Saint-Laurent et d'une partie de Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. Cantons-de-l'Est (1966-1981) : En 1981, elle est devenue principalement la région administrative de l'Estrie. Les anciens cantons d'Arthabaska, Brome, Compton, Drummond, Frontenac, Mégantic, Missisquoi, Shefford, Stanstead et Wolfe furent intégrés dans d'autres régions administratives : Montréal (06) (aujourd'hui Montérégie (16)), Trois-Rivières (04) (aujourd'hui Centre (17)), et Québec (03) (aujourd'hui Chaudière-Appalaches (12)). D'autres portions des Cantons-de-l'Est avaient été redistribuées un siècle plus tôt.. Mauricie–Bois-Francs (1987-1997) : Avant le , elle était la région administrative de Trois-Rivières. Dissoute le , elle était composée des actuelles régions administratives de la Mauricie (04) et du Centre-du-Québec (17). Montréal-Laval-Lanaudière-Laurentides-Montérégie (1966-1987) : Cette région administrative qui portait le numéro 06 a été subdivisée en cinq régions administratives : Montréal (06), Laval (13), Lanaudière (14), Montérégie (16) et la moitié sud-est de Laurentides (15). Nord-Ouest (1966-1981) : En 1981, elle est devenue la région administrative de l'Abitibi-Témiscamingue. Nouveau-Québec (1966-1987) : Le , elle est devenue la région administrative du Nord-du-Québec. Québec : Le , elle est devenue la région administrative de la Capitale-Nationale (sans changer de frontières). Trois-Rivières (1966-1987) : Le , elle est devenue la région administrative de Mauricie–Bois-Francs.