Le massif des Bornes est un massif montagneux des Préalpes du Nord, dans le département de la Haute-Savoie. Il est encadré au sud-ouest par la trouée d'Annecy, au nord-ouest par les collines et plateaux du Genevois, au nord-est par la vallée de l'Arve et au sud-est par la chaîne des Aravis. Constitué de montagnes et plateaux de type jurassien séparés par de profondes vallées et cluses, son plus haut sommet s'élève à d'altitude à la pointe Blanche. Au centre du massif se trouve le plateau des Glières, haut lieu de la résistance française.
Géographie Situation vignette|gauche|Modèle Numérique de Terrain du massif des Bornes et de la chaîne des Aravis. vignette|La vallée de Dingy-Saint-Clair vue depuis le Parmelan ; les montagnes du fond font partie du massif des Bauges ; sur la droite après le défilé, la crête du mont Baret.
Il est limité à l'est par la dépression de Thônes et la chaîne des Aravis dans laquelle on trouve les sommets les plus élevés des Préalpes du Nord, au sud-ouest par le lac d'Annecy et le massif des Bauges, et au nord par la vallée de l'Arve et le Chablais.
On peut pénétrer dans le massif par de nombreuses vallées ouvertes, qui séparent bien les différents sommets du massif : depuis Annecy par le col de Bluffy () ou par le défilé de Dingy-Saint-Clair (récemment élargi) qui mènent tous deux à Thônes ; depuis Bonneville par la gorge du Borne qui mène à Saint-Jean-de-Sixt ; depuis l'est (Megève) par le col des Aravis (, avec vue sur le mont Blanc) qui mène à La Clusaz ; depuis Cluses au nord-est par le col de la Colombière, fermé l'hiver, qui mène au Grand-Bornand ; depuis le sud (Faverges, Ugine) par le col du Marais () qui mène à Thônes.
Deux rivières importantes traversent le massif : le Fier du mont Charvin dans les Aravis à Annecy en passant par Thônes, carrefour de vallées ; le Borne à Bonneville pour se jeter dans l'Arve en passant par le Grand-Bornand et le Petit-Bornand.
Sommets vignette|Vue depuis le sud de la partie ouest du massif. vignette|Vue sur le versant ouest du massif des Bornes depuis le lac d'Annecy avec, de gauche à droite, les dents de Lanfon, le Lanfonnet et la Tournette.
Sommets principaux du massif (plus de ) hors ceux de la chaîne des Aravis : la pointe Blanche, , point culminant du massif, dans la chaîne du Bargy le pic de Jallouvre, , dans la chaîne du Bargy la pointe du Midi, , également dans la chaîne du Bargy la Tournette, , bien visible du lac d'Annecy le Grand Bargy, la pointe de Balafrasse, la pointe Dzérat (ou pointe Est du Midi), la pointe d'Almet, la pointe de Grande Combe, le Petit Bargy, le Buclon, la cime de Février, le mont Lachat de Châtillon, (au-dessus du Grand-Bornand) l'aiguille Verte, la pointe de la Beccaz, le crêt des Mouches, le mont Lachat, (au nord de Thônes) la pointe de Deux Heures, la pointe de Banc Fleury, la montagne de Sous-Dîne,
vignette|Sur le chemin de crête entre le mont Veyrier et le mont Baron
Sommets visible d'Annecy (en plus du massif de la Tournette) : la tête du Parmelan, les dents de Lanfon, le mont Baron, le mont Veyrier,
vignette|Le plateau des Glières.
Entre ces sommets se trouvent des plateaux peu élevés mais d'accès difficiles, comme le plateau des Glières tristement célèbre lors de la Seconde Guerre mondiale, ou le Champ Laitier.
Principaux cols Col de la Colombière Col de la Forclaz Col des Glières Col du Marais Col de Bluffy
Principales vallées Vallée du Fier Val du Nom Vallée du Reposoir Cluse du Borne Défilé de Dingy
Principales communes Alex, La Balme-de-Thuy, 500 habitants Bluffy, 400 habitants Brizon, 500 habitants, station de ski Les Clefs, 700 habitants Dingy-Saint-Clair, Glières-Val-de-Borne, Le Grand-Bornand, Mont-Saxonnex, , station de ski Le Reposoir, 500 habitants, station de ski Saint-Jean-de-Sixt, , station de ski Serraval, 700 habitants Thônes, la capitale des Aravis, Les Villards-sur-Thônes,
Géologie Le massif des Bornes fait partie des ceintures de plissement-chevauchement formés par la collision alpine à partir de l'Oligocène. Il est constitué par un empilement de nappes helvétiques, dénommées nappes subalpines mais affiliées à la nappe de Morcles. Ces nappes reposent au sud sur les socles ante-triasiques de la chaîne de Belledonne et au nord, sur les unités constitutives du Jura, représentées notamment par le Salève. Le massif des Bornes chevauche les terrains de la molasse constituant le plateau des Bornes et plus largement le bassin d'avant-pays nord-alpin et, est à son tour chevauché par la nappe constituant la chaîne des Aravis. Les nappes subalpines s'étendent latéralement au-delà du massif des Bornes et constituent aussi le massif du Faucigny à l'est et le massif des Bauges à l'ouest.
Configuration structurale En tant que ceinture de plissement-chevauchement, le massif des Bornes est constitué d'une succession de plis non-cylindriques alignés selon un axe nord-sud. Du fait de sa position dans le coude que forme la jonction entre les Alpes occidentales et orientales, la trace axiale des plis décrit une courbure qui varie d'un axe SO-NE sur le flanc occidental à une orientation ESE-ONO sur le flanc oriental.
Les plis anticlinaux se caractérisent systématiquement par une charpente en urgonien et dont le surcreusement peut faire affleurer les calcaires siliceux sous-jacents (chaine du Bargy, vallée de la Filière). Ils sont généralement droits voire déjetés vers le nord comme celui du Bargy. Les plis synclinaux sont plus étroits en comparaison et semblent parfois pincée entre les anticlinaux. Ils se remarquent par la présence constante des séries paléogènes représentées par les marnes à foraminifères et le grès du Val d'Illiez (flysch nord-helvétique).
Stratigraphie Les unités observables à l'affleurement s'étendent entre le Berriasien (base du Crétacé inférieur) et le Rupélien (Oligocène) mais elles sont marquées par une importante lacune stratigraphique entre le Crétacé supérieur et l'Éocène. La séquence inférieure, notamment le Jurassique, est visible dans la vallée du Rhône, et dans une certaine mesure aussi dans le massif du Beaufortain. La succession débute par des intervalles marno-calcaires du Berriasien - Valanginien qui affleurement uniquement de manière ponctuelle à Entremont et dans le vallon du nant de Thuy. Ils décrivent un environnement de bassin dominé par des dépôts de pente. Cette séquence est recouverte par les calcaires siliceux (dénommés Kieselkalk en Suisse) du Valanginien - Hauterivien qui forment de vastes pentes herbeuses surmontées par d'importantes falaises appartenant à l'Urgonien. L'Urgonien (Barrémien - Aptien) forme l'ensemble des parois et lapiaz du massif des Bornes tels que la chaine du Bargy et le Parmelan. Ces deux unités marquent une diminution progressive de la profondeur jusqu'à son apogée avec l'Urgonien et ses récifs coralliens. Il est à son tour recouvert par les grès verts des Aravis (dénommé formation de Garshella en Suisse et de manière erronée Gault ou Gault alpin) entre l'Aptien et le Cénomanien et qui amorce une période d'approfondissement et d'ennoiement de la plateforme carbonaté. Cette unité se distingue par la teinte sombre des calcaires et marnes en raison de la présence de glauconie. La séquence Crétacé se termine par les calcaires de Seewen (Cénomanien - Santonien) aussi décrits comme des calcaires sublithographiques en raison de leur texture très fine liée à un dépôt relativement profond (boue carbonatée).
La séquence est interrompue par une lacune stratigraphique qui s'étend jusqu'à l'Éocène et marque le passage du bourrelet frontal sur le domaine helvétique. Ce bourrelet est la conséquence de la flexuration de la croute continentale européenne qui passe alors en subduction. Il entraine une émersion du domaine helvétique et par conséquent l'érosion de la série sédimentaire. La sédimentation reprend ensuite avec les calcaires à algues rouges et nummulites de l'Éocène qui décrivent un environnement peu profond. La progression de l'avant-fosse décrit une dernière phase caractérisée par un approfondissement avec le dépôt des marnes à foraminifères et des schistes à Meletta. La dernière phase sédimentaire correspond aux flyschs nord-helvétiques (grès du Val d'Illiez et grès de Taveyannaz) de l'Oligocène qui marque l'arrivée du front orogénique sur le domaine helvétique. Ces dernières unités sont particulièrement conservées au cœur des synclinaux du massif comme le plateau des Glières, Champ Laitier, le col des Cénises et le synclinal de Thônes. Au-delà, vers le nord, débute la sédimentation de la molasse dans le bassin d'avant-pays nord-alpin.
Synclinal de Thônes et klippes penniques La bordure méridionale du massif des Bornes est défini par une vaste structure synforme qui sépare les reliefs de la montagne de Cotagne, du mont Lachat et de la chaîne du Bargy au nord-ouest, de la chaîne des Aravis au sud-est.. Elle est constituée d'un assemblage d'une dizaine d'unités de faible étendue., assimilables à des nappes de charriage, et intercalées entre l'unité des Bornes à sa base et celle des Aravis à son sommet. Ces unités sont toutes constituées par un flysch paléogène (Éocène à Oligocène inférieur) surmontant parfois une série sédimentaire d'âge mésozoïque. L'attribution paléogéographique de ces unités est incertaine pour la moitié d'entre-elles (ultrahelvétique ou valaisane) tandis que l'autre moitié est décrite comme helvétique voire subbriançonnaise pour l'une d'entre elles (unité de Roche Vieille).
Le synclinal de Thônes comporte deux klippes penniques à ses deux extrémités : la klippe des Annes à l'est et la klippe de Sulens à l'ouest. La première correspond au mont Lachat de Châtillon et la pointe d'Almet tandis que la seconde klippe représente le sommet éponyme. Ces deux klippes appartiennent à la nappe des Préalpes médianes qui affleure principalement dans le relief voisin du massif du Chablais. La série stratigraphique est néanmoins restreinte à l'intervalle entre le Trias et le Pliensbachien (Jurassique inférieur). La klippe des Annes surmonte des flyschs allochtone à lentilles tandis que les unités de Manigod, de Natbellet et le flysch à lentille de Nantbellet servent d'interface avec la klippe de Sulens.
Climat Les Bornes sont un massif particulièrement arrosé, mais les anciens redoutaient particulièrement les années très pluvieuses et froides qui étaient des années de faibles récoltes et potentiellement de famines comme en 1812.
Dès 1881, la vallée de Thônes accueille une des 172 stations météorologiques recensées dans les Alpes : entre 1881 et 1910, la vallée connaît des précipitations annuelles moyennes de , la classant deuxième après celle de Flumet avec ; entre 1932 et 1992, les précipitations annuelles moyennes sont de ; entre 1992 et 2002, les précipitations annuelles moyennes sont de .
Les années de sécheresse — relative — les plus mémorables sont les années 1782, 1800, 1802, 1816, 1818, 1832, 1859, 1870, 1893, 1904, 1906, 1921, 1949, 1962, 1976, 1983, 1984, 1994 et 2003L'Essor savoyard du 29 juillet 2010, page 18.
Parmi les années les plus froides : (), , (), (), ().
Histoire Préhistoire Au Néolithique, la grotte de La Balme-de-Thuy est occupée l'été par des chasseurs-cueilleurs.
Moyen Âge
En 1151, le seigneur Aymon de Faucigny fonde un monastère dans la vallée de Béol. Le Bienheureux Jean d'Espagne lui donnera son nom définitif ayant trouvé en ce lieu son « reposoir ». Au Moyen Âge, le seigneur des Clefs régnait sur une grande partie des Bornes. Son vaste domaine s'étendait du Reposoir jusqu'à la rive droite du lac d'Annecy.
Le , le Bienheureux Pierre Favre naît au hameau du Villaret à Saint-Jean-de-Sixt.
Révolution française