Hatchepsout est une reine de l'Égypte antique, qui est devenue pharaonne, cinquième souveraine de la .

Elle est la fille du pharaon et de la grande épouse royale Ahmès. Son époux est , fils de et d'une épouse secondaire, . Le couple a une fille, Néférourê.

Hatchepsout monte sur le trône vers Elle règne conjointement avec , le fils de son époux et d'une épouse secondaire de celui-ci, Iset.

Selon l'égyptologue James Henry Breasted, Hatchepsout est connue pour être la « première grande femme dont l'histoire ait gardé le nom ». Elle est également l'un des archétypes les plus documentés de l'effet Matilda.

Manéthon l'appelle AmessisVersion de Flavius Josèphe. ou AmensisVersion de Sextus Julius Africanus..

Jeunesse

Hatchepsout est la fille de et de la Grande épouse royale Ahmès. Thoutmôsis et Ahmès sont les enfants de la dame SénisénebOn ne sait ni le nom de leur père, ni s'ils avaient le même..

Naissance

Hatchepsout est probablement née à Thèbes entre 1508 et . Christiane Desroches Noblecourt indique qu'il s'agit d'une « petite fille d'une coudée de longEnviron cinquante-deux centimètres., au visage triangulaire marqué d'une finesse, d'un charme et d'une noblesse extrême » ayant inspiré à sa mère les mots : Hatchepsout — « elle est à la tête des nobles dames »La coutume était de donner à l'enfant un nom tiré des paroles prononcées par la mère au moment de la naissance..

Ses parents Thoutmôsis et Ahmès appartiennent probablement à une branche latérale de la royauté, et ne font pas partie de la famille royale. Ainsi, au moment de sa naissance, son père Thoutmôsis n'est pas un héritier du pharaon .

Dès sa naissance, la petite Hatchepsout est confiée aux soins d'une nourrice, Sat-Rê.

Fratrie Quatre ans après la naissance d'Hatchepsout, ses parents Thoutmôsis et Ahmès ont une autre fille, Néféroubity, qui meurt jeune, vers l'an 3 du règne de son père.

Le père d'Hatchepsout a d'autres enfants :

Amenmès, né vers l'an 9 ou 10 du règne d'. Sa mère est peut-être Ahmès ou . En l' de son règne, son père le nomme « général en chef et fils du roi ». Il a alors quinze ans et fait construire un naosCe naos est conservé au Louvre. dédié au dieu Harmakhis au pied du Sphinx. Il meurt avant la fin du règne de son père ; Ouadjmès, né deux ans après Amenmès. Sa mère est l'épouse secondaire . De santé fragile et ayant des visions, il est décrit comme « vivant dans le monde des esprits » ; le futur , né un an après Hatchepsout. Sa mère est également .

Princesse royale vignette|La famille d'Hatchepsout : son père , accompagné de son épouse Ahmès et de leur plus jeune fille, Néféroubity.

Alors qu'Hatchepsout a huit ou neuf ans, le pharaon meurt sans descendance.

Son père devient roi, peut-être désigné par lui-même, à moins qu'il n'ait été choisi par la mère de celui-ci, la reine douairière Ahmès-Néfertary. Celle-ci est représentée à côté du nouveau pharaon et de sa reine sur la stèle commémorant l'événement. Selon un décret officiel envoyé au vice-roi Touri, monte sur le trône le du de Peret.

Hatchepsout, devenue princesse royale, suit les leçons données par des précepteurs. Son père choisit Ahmès Pen-Nekhbet, un vaillant soldat qui a servi durant les campagnes militaires d'. Les leçons du « père nourricier » sont complétées par les récits du chef des rameurs, Ahmès, fils d'Abana, qui conte ses exploits récompensés par l'« or de la vaillance », mais aussi ses découvertes de pays lointains, dont le « pays de Koush ».

Dotée d'une grande intelligence, Hatchepsout acquiert une maturité qui incite son père à la préparer à jouer un grand rôle dans la vie du royaume. Une inscription sur un mur du temple de Deir el-Bahari le cite lorsqu'il proclame : « je la mettrai à ma place ». Pour Claude Vandersleyen, le récit n'est pas forcément fictif : il est possible que Thoutmôsis ait souhaité favoriser Hatchepsout comme successeure, ses autres héritiers étant de santé fragile.

L'oracle Lors de la seconde année de son règne, entreprend une expédition au royaume de Koush. En son absence, l'oracle d'Amon à Karnak proclame :

Pour Christiane Desroches Noblecourt, cette mise en scène a probablement été préparée par avant son départ, et avec l'appui des prêtres d'Amon, afin de soutenir l'ascension de sa fille comme héritière du trône. En effet, ses seuls fils sont nés d'une épouse secondaire, . Ils ont peut-être moins de droits à la couronne que les enfants nés d'Ahmès qui se proclame, sur les murs de Deir el-Bahari, « la souveraine des autres épouses ». De plus, en dehors d'Amenmès qui est général à quinze ans, les deux autres garçons sont de santé fragile, tant physique qu'intellectuelle.

Princesse héritière vignette|Tête d'Hatchepsout, Deir el-Bahari.

Au retour de Koush où il a maté une rébellionPendant son absence, la princesse Néféroubity disparait., emmène sa fille à la découverte du Delta, son royaume du Nord. Hatchepsout reçoit alors de son père une éducation de princesse héritière ; ainsi semble-t-il la présenter aux hauts fonctionnaires.

À Memphis, où résident les princes attachés aux métiers des armes, ils retrouvent le fils aîné du pharaon, Amenmès, généralissime de son père. Le prince vient d'inaugurer un naos sur lequel son nom est inscrit dans un cartouche royal qui mentionne ses titres de « général en chef et fils royal ».

Après que Thoutmôsis a réprimé des troubles en Asie, le père et la fille entament un pèlerinage dans les sanctuaires autour de Memphis et finissent à Héliopolis. L'accueil de la princesse dans ces temples semble la désigner comme héritière, Thoutmôsis l'associant à certaines fonctions royales.

Christiane Desroches Noblecourt souligne toutefois qu'il est difficile de faire la part entre le mythe et la réalité dans les récits rapportés par Hatchepsout.

Mariage Vers l' du roi , Hatchepsout épouse son demi-frère ThoutmôsisSon frère ainé, Amenmès, semble avoir disparu quelque temps auparavant.. Ce mariage, consenti ou imposé à la demande de , la seconde épouse de , assure la légitimité de à monter sur le trône après le décès de leur père, et fait d'Hatchepsout la future grande épouse royale.

Vers l'an 10 ou 11 du règne de son père, Hatchepsout met au monde une petite fille, Néférourê. À la demande du roi , l'enfant est confiée, comme sa mère, aux soins du « père nourricier » Ahmès Pen-Nekhbet.

À la même époque, Iset, l'épouse secondaire de , met au monde le futur .

Règne de Corégence Christiane Desroches Noblecourt pense que a été corégent de son père et que ce dernier l'a fait couronner avant sa mort. Hatchepsout devient alors la grande épouse royale.

Après l'intronisation du nouveau roi, une rébellion éclate au pays de Koush. Une expédition militaire part afin de la réprimer. Toutefois, n'accompagne pas son armée, se contentant de suivre sa progression de loin. Pour Claude Vandersleyen, la jeunesse du roi, « un faucon dans son nid », explique son absence.

Après douze ans et neuf mois de règne, meurt, à une date inconnue. Inéni salue ainsi son souvenir :

Règne On connaît peu d'événements du règne de . Après la mort de son père, il participe à une expédition contre des Bédouins. vignette|Sphinx d'Hatchepsout, Metropolitan Museum of Art (New York). La présence d'Hatchepsout se retrouve sur les rares monuments contemporains de . Elle y est nommée « dame de la terre entière, maîtresse du double pays ». Elle préside les cérémonies religieuses en tant qu'« épouse du dieu ». Les documents de cette époque la montrent à l'égal du roi, imposant sa fille aînée Néférourê comme héritière.

Durant l'an 3 du règne de son époux, Hatchepsout met au monde une deuxième petite fille, Mérytrê-Hatchepsout.

, sans doute d'une santé fragile, meurt jeune, après un règne qui ne dépasse pas trois ans. Inéni, maire de Thèbes, rapporte dans une inscription sur les murs de sa tombe : Il () partit pour le ciel et se mélangea aux dieux. Son fils () monta à sa place sur le trône du Double Pays et régna sur le trône de celui qui l'avait engendré. Or, à son avènement, le nouveau roi

Son successeur monte sur le trône le du premier mois de Chémou, le lendemain de la mort du roi.

Règne d'Hatchepsout Régente vignette|Sculpture de granit noir d'Hatchepsout portant la coiffe khat. Une des deux seules statues d'Hatchepsout trouvées dans son temple funéraire qui la montrent avec un corps et des vêtements féminins. Découverte à Deir el-Bahari, Thèbes. Les inscriptions sur la statue suggèrent qu'elle a été consacrée à Amon et au temple de Karnak. New York, Metropolitan Museum of Art.

Après la mort de son époux , le fils de celui-ci, , est intronisé puis couronné roi de Haute et de Basse-Égypte. Hatchepsout ne s'oppose pas au couronnement de ce jeune enfant de cinq ans. En tant que grande épouse royale de l'ancien roi, elle devient régente du royaume.

Elle s'installe alors dans un ancien palais de son père, sur la rive droite du Nil à Thèbes. Situé à proximité du temple d'Amon, elle nomme ce palais « je ne m'éloignerai pas de lui »Trois inscriptions sur le mur de la Chapelle rouge font mention de ce palais., marquant ainsi à la fois son attachement à son père et au dieu Amon.

Hatchepsout poursuit les projets lancés sous le règne de . Elle fait en particulier ériger à Karnak deux obélisques à la gloire d'Amon, qui portent sur les côtés les noms de l'enfant-roi et de la régente. Le projet est supervisé par l'architecte Sénenmout. Un bloc de granite montre Sénenmout, « trésorier du roi » et « grand intendant », informant Hatchepsout du début des travaux. Celle-ci porte une robe longue et les hautes plumes, marquant son statut de grande épouse royale.

En l'an 2, elle fait creuser une petite chapelle rupestre dans le roc de Qasr Ibrim. Hatchepsout et y sont représentés, accompagnés de Horus et de Satis, déesse d'Éléphantine.

Dans le même temps, Hatchepsout fait restaurer le temple dédié à Horus à Bouhen, qui avait souffert de l'occupation des Hyksôs. Construit au nom du roi , la reine régente y est représentée habillée d'une longue robe fourreau, mais aussi vêtue d'un pagne pour accomplir la course de couronnement du souverain.

Les temples de Semna sont également partiellement restaurés au nom de . Représenté en adulte, il y reçoit la confirmation de ses droits au trône de la part de divinisé.

Dans le Sinaï, une stèle marquée au nom des deux corégents et datant de l'an 5 commémore la réouverture des mines de turquoise.

En Nubie, la reine régente doit réprimer des troubles. Il semble que cette répression ait été dirigée par Hatchepsout en personne. Le haut fonctionnaire Tiy (ou Tiya) fait graver une inscription sur l'île de Sehel :

Ainsi, Hatchepsout assure fermement la régence mais dans le respect de la personne du jeune roi. Elle adopte le nom de Maâtkarê, roi de Haute et de Basse-Égypte, mais réserve au roi le nom protocolaire de Sa-Rê, fils du soleil. Elle exerce le pouvoir conjointement avec .

Durant cette période de régence, la reine douairière Ahmès, mère d'Hatchepsout, disparaît.

Couronnement vignette|Stèle représentant les deux rois : Hatchepsout (au centre, à gauche), portant la couronne de la victoire Khépresh, offre du vin à la divinité Amon. (au centre, à droite) porte la couronne Hedjet. Musées du Vatican.

Les murs de la Chapelle rouge retracent le couronnement d'Hatchepsout. La date exacte de ce couronnement est inconnue.

Pour Claude Vandersleyen, Hatchepsout devient reine à une date indéterminée entre l'an 2 et l'an 7, plus probablement en l'an 3.

Christiane Desroches Noblecourt propose la date du du mois de Thout de l'an 7 du règne de . En ce jour de l'an, début de la saison Akhet, l'inondation réunit les « Deux Terres ». avait reconnu ce jour pour célébrer un couronnement comme :

Donald Bruce Redford pense qu'il a probablement eu lieu plus tard dans l'année, entre le et le , selon les inscriptions du seul obélisque encore érigé à Karnak.

Quoi qu'il en soit, elle compte les années de son règne en utilisant la numérotation de .