Le , a été l'un des deux principaux partis politiques du Japon de la fin des années 1990 à la première moitié des années 2010, créé en 1996 et refondé en 1998, il formait la principale force d'opposition au gouvernement dominé par le Parti libéral-démocrate jusqu'en 2009, date de sa victoire aux élections législatives, avant de retourner dans l'opposition trois ans plus tard. Généralement placé au centre gauche de l'échiquier politique japonais, ses différentes factions défendaient des idéologies allant du libéralisme économique à la social-démocratie. Il était lié à la , ou , premier syndicat du Japon.

Le parti a remporté sa première réelle victoire aux élections de 2007 à la chambre haute, et détient alors, avec ses alliés du Parti social-démocrate, la majorité à la Chambre des conseillers, ce qui lui permet de rendre la tâche relativement difficile à la majorité de centre droit du PLD-Kōmeitō. L'ancien président du PDJ et chef de l'opposition parlementaire, Ichirō Ozawa, ancien chef du Parti libéral qui a fusionné avec le PDJ en 2003, a été élu le Xinhua, « Ichiro Ozawa elected new president of Japan's DPJ », People Daily, 07/04/2006 mais, à la suite d'un scandale politico-financier touchant l'un de ses principaux collaborateurs, il annonce sa démission le Xinhua, « Japon: le chef de l'opposition Ozawa annonce sa démission », Xinhua Net, 11/05/2009. Par un vote des représentants et des conseillers du PDJ, Yukio Hatoyama, son secrétaire général, le remplace le « Un nouveau chef pour l’opposition », RFI, 16/05/2009. Le parti remporte une victoire historique après les élections législatives japonaises de 2009, et Yukio Hatoyama est nommé Premier ministre le . Il annonce toutefois sa démission le , et Naoto Kan est élu deux jours plus tard pour le remplacer à la tête du parti. Il quitte sa fonction à son tour le , et Yoshihiko Noda lui succède trois jours après. Il subit une importante défaite électorale lors des élections législatives du et retourne alors dans l'opposition, après trois années difficiles au pouvoir.

Le , après des mois de négociations, le PDJ accepte de fusionner avec le pour former la nouvelle force principale de l'opposition parlementaire japonaise, le . Ce nouveau parti est officiellement créé le T. OSAKI, « Democratic Party launches with vow to halt ruling coalition », The Japan Times, 27/03/2016.

Histoire Le premier PDJ (1996-1998) Créé le , le congrès fondateur de ce nouveau parti a lieu le 29 du même mois, en vue des élections législatives du . Les origines politiques de ses membres sont alors : le Nouveau parti pionnier (ou Nouveau parti Sakigake, NPS), l'un des nombreux mouvements d'obédience centriste ou de centre droit créés en 1992-1993 par des dissidents du PLD qui a contribué à la mise à l'écart du pouvoir de ce dernier de 1993 à 1994. Renforcé par des parlementaires du petit parti de la Fédération sociale-démocrate (FSD) ou du Nouveau parti du Japon (NPJ) en 1994, le NPS rejoint, en juin de la même année, la grande coalition formée par le Parti socialiste japonais et le PLD, avec un socialiste, Tomiichi Murayama, comme Premier ministre. Mais lorsque le président du PLD, Ryūtarō Hashimoto, accède à la fonction de chef de gouvernement en , de nombreux poids lourds du NPS ne cachent pas leur désaccord avec un retour au pouvoir de l'ancien parti majoritaire. Finalement, après la dissolution de la Chambre des représentants et la convocation d'élections anticipées, une grande partie des parlementaires du parti (14 représentants sur 23 et 1 conseiller sur 4), emmenés par Yukio Hatoyama (ancien du PLD) et Naoto Kan (ancien de la Fédération sociale-démocrate, ministre sortant de la Santé de Hashimoto qui a gagné une très forte popularité pour avoir tenu tête à l'appareil bureaucratique en s'excusant publiquement pour le scandale du sang contaminé qui a vu la contamination par le virus HIV de près de 40 % de la population hémophile du Japon, et en ayant lancé une enquête active sur le sujet), font dissidence et sont à l'origine de la création de ce premier PDJ. le Parti socialiste japonais, qui fut le principal parti d'opposition au PLD de 1955 à 1993, la première force de la coalition anti-PLD de 1993 à 1994 et l'une des principales composantes de la Grande Coalition au pouvoir de 1994 à 1996, son leader, Tomiichi Murayama, fut même Premier ministre de à . Le retour d'un chef de gouvernement issu du PLD et la transformation du PSJ en Parti social-démocrate pousse, comme au NPS, à la scission : la moitié des parlementaires (31 représentants sur 61 et 4 conseillers sur 39) socialistes, issus de l'aile droite et réformatrice du parti ayant échoué à le transformer en un « parti libéral (au sens anglo-saxon du terme) et social-démocrate » sur le modèle du New Labour britannique de Tony Blair, dont surtout Hirotaka Akamatsu, Nobuyuki Sekiyama et Hisamitsu Sugano, vont le quitter et rejoindre l'opposition en participant à la fondation du PDJ dont ils constituent le gros des troupes. Cette dissidence est d'autant plus facilitée que l'un des poids lourds du parti, et ancien gouverneur d'Hokkaidō (de 1983 à 1995), Takahiro Yokomichi, a lui aussi rejoint le PDJ. Ainsi, entre novembre 1996 et juin 1997, pas moins de douze membres supplémentaires du groupe PSD à la Chambre des conseillers font sécession pour rejoindre celui des démocrates (quatre le , six le , un le suivant et un le de la même année). la Ligue des Citoyens, petit parti centriste fondé en par des dissidents du PSJ (déçus de l'alliance de ce dernier avec le PLD) dont Sadao Yamahana et d'anciens membres du NPJ (premier mouvement créé par des sécessions du PLD en 1992 et dont l'essentiel s'est fondu dans le Shinshintō en 1994) dont Banri Kaieda. Reprenant le principe de Troisième voie telle que définie à la même époque par le président américain démocrate Bill Clinton ou le leader travailliste britannique Tony Blair, la Ligue des Citoyens se dissout dans le PDJ et ses cinq représentants (uniques parlementaires détenus par le parti) le rejoignent. le Shinshintō, grand parti d'opposition fondé essentiellement par les anciens membres de la coalition anti-PLD et non-communiste de 1993-1994 qui ont refusé de rejoindre la majorité PSJ-PLD, rejoints par de nouveaux dissidents de ce dernier hostiles à une alliance de leur parti avec les socialistes. L'accession à la présidence du parti en 1995 du très autoritaire Ichirō Ozawa, ayant déjà derrière lui une longue carrière politique, est critiquée notamment au sein des jeunes du mouvement. Parmi eux, seul Kunio Hatoyama, frère de Yukio, rejoint le PDJ à sa formation, mais il est bientôt rejoint, le , par un proche membre de la Chambre des conseillers, Katsuya Ogawa. un indépendant et ancien du NPS (et avant cela du PLD) dont il avait démissionné en 1995, Kenichirō Satō.

Au moment de sa création, le PDJ compte donc déjà 50 membres de la Chambre des représentants (les 31 socialistes, les 14 NPS et les 5 de la Ligue des Citoyens, nombre rapidement porté à 52 avec le ralliement ultérieur de Kunio Hatoyama et Kenichirō Satō) sur 511 et 5 conseillers (4 socialistes et 1 NPS) sur 252. Lors du congrès fondateur du , deux coprésidents sont désignés à la tête du PDJ : Naoto Kan (chargé des « affaires politiques ») et Yukio Hatoyama (chargé des « affaires internes au parti »). Politiquement, il met l'accent sur la limitation du rôle de l'État et de la bureaucratie, et donc sur une réforme administrative, une décentralisation, déconcentration et dérégulation, et sur la défense des libertés individuelles. Toutefois, les deux leaders ne semblent pas totalement d'accord sur la manière d'organiser le mouvement : si Naoto Kan milite pour s'appuyer sur de petites formations politiques locales de défense des droits des citoyens et pour une au PLD (n'excluant pas de former avec celui-ci une coalition gouvernementale si la situation l'exige), Yukio Hatoyama veut avant tout en faire un grand rassemblement populaire directement basé sur l'opinion publique, le plus éloigné possible de l'organisation traditionnelle des grands partis japonais et inscrit dans une . Un compromis est bientôt trouvé, en mars 1997, entre les deux visions et surtout sur l'attitude à adopter vis-à-vis du parti au pouvoir, en s'approchant toutefois plus du Kensetsu-teki Yatō de Kan : tout en refusant de participer au Cabinet, le PDJ adopte une stratégie de négociation permanente avec le gouvernement en lui fournissant des projets ou contre-projets de loi. Cette attitude, jugée incohérente par les observateurs mais rassure l'électorat attaché à la stabilité et au statu quo politique, vaut au PDJ le surnom de Yutō (ゆ党), ce qui ne signifie rien en japonais mais souligne le caractère indéfinissable de sa position entre un et un traditionnels (le hiragana ゆ yu étant situé dans le syllabaire japonais entre le や ya et le よ yo) M. ITOH, « Fallen Political Leadership in Japan: Will a New Party Eventually Emerge? », JPRI Working Paper , 09/1998.

Aux élections législatives du , ce tout jeune parti remporte un relatif succès puisqu'il devient la troisième force politique du pays et la deuxième de l'opposition, derrière le PLD et le Shinshintō. Il maintient son nombre de représentants (52 élus sur 500, dont 17 dans des circonscriptions au scrutin majoritaire uninominal, et 35 à la proportionnelle régionale), et surtout s'impose à l'ancien électorat des deux principaux partis dont il est issu (le PSD tombe alors à seulement 15 sièges et le NPS n'a plus que deux députés). Il s'implante particulièrement bien : à Hokkaidō (« fief » électoral de Yukio Hatoyama et Takahiro Yokomichi, qui y sont tous deux réélus députés) où il remporte cinq des treize circonscriptions (contre six au PLD et deux au Shinshintō) et sa liste y arrive en tête au scrutin à la proportionnelle avec 31,8 % des suffrages et trois des neuf sièges à pourvoir (soit autant d'élus que le PLD qui a obtenu presque de moins). dans le Grand Tokyo avec : quatre circonscriptions sur les vingt-cinq de la métropole de Tokyo (dont Kunio Hatoyama dans la seconde et Naoto Kan dans la dix-huitième, contre quatorze au PLD, six au Shinshintō et un indépendant) et cinq sièges sur les dix-neuf à la proportionnelle du bloc correspondant (autant que le PLD et le Shinshintō, avec 23,4 % des suffrages exprimés la liste PDJ se classe en troisième position en ayant très peu d'écart avec ses deux concurrentes principales, parmi les élus se trouvent des poids lourds défaits au scrutin majoritaire comme Banri Kaieda, battu dans la première circonscription par le candidat PLD Kaoru Yosano). une sur les dix-huit circonscriptions de la préfecture de Kanagawa (la sixième, à Yokohama, contre neuf au PLD et sept au Shinshintō qui est particulièrement bien implanté dans les secteurs urbains et industriels de Yokohama et Kawasaki) et également une sur les douze que compte la préfecture de Chiba (la cinquième, soit une partie de la ville d'Ichikawa, limitrophe de Tōkyō, contre neuf circonscriptions au PLD et deux au Shinshintō). À la proportionnelle, la liste du PDJ arrive là encore en troisième position dans le bloc du sud Kantō (Kanagawa-Chiba-Yamanashi) avec 21,2 % des suffrages et cinq élus sur vingt-trois (contre 29 % et sept élus pour le PLD et 26,55 % et également sept sièges pour le Shinshintō). une sur les huit de la préfecture de Shizuoka (et la seule comportant des parties périurbaines pouvant être considérées comme faisant partie du Grand Tokyo, à savoir la sixième, à la limite de la préfecture de Kanagawa) quatre élus à la proportionnelle sur les vingt-et-un du bloc du nord Kantō (Saitama-Ibaraki-Gunma-Tochigi), la liste PDJ y obtenant encore la troisième place avec 17,2 % des voix, cette fois-ci loin derrière le PLD (34,9 % et 8 élus) et le Shinshintō (26,7 % et six sièges).