La Mésange bleue (Cyanistes caeruleus) est une espèce de passereaux de la famille des paridés.
Cette mésange commune est facilement identifiable grâce à sa petite taille, ses fines pattes, son bec fin, et son plumage à dominante de bleu cobalt sur la calotte, les ailes et le dessus de la queue, jaune sur le poitrail et le ventre.
Elle occupe préférentiellement les habitats pourvus de nombreux arbres et de verdure où elle trouve sa nourriture. Les forêts de feuillus et les bocages sont ses milieux de prédilection mais elle fréquente aussi les parcs et les jardins. Espèce européenne, elle partage son habitat avec d'autres espèces de mésanges (comme la mésange charbonnière) qui montrent des différences dans la distribution spatiale et dans la niche écologique exploitée. Oiseau essentiellement insectivore et sédentaire, il est familier aux hommes et fait preuve d'une certaine tendance anthropophile qui s'adapte le plus volontiers aux jardins des localités habitées, même dans les grandes villes.
Contrairement aux effectifs des mésanges spécialisées plus affectés par la fragmentation des habitats, ceux de cette mésange généraliste sont globalement stables, voire en légère progression dans la majorité de l'Europe.
Il découle de ces caractéristiques que cette mésange commune fait partie des espèces les plus emblématiques de l'avifaune européenne.
Description
vignette|redresse=0.8|alt=Image explicative indiquant que chez les mâles le collier est plus large et que la calotte est plus brillante.|Le dimorphisme sexuel est peu marqué, il est cependant possible de différencier le mâle et la femelle par la largeur du collier et la brillance des plumes bleues. Plus petite que la Mésange charbonnière, la Mésange bleue adulte a une taille moyenne de pour un poids moyen de (variant de ). Elle se caractérise par la couleur bleu cobalt de sa calotte, comme celle de ses ailes et le dessus de sa queue. En situation d'alerte, elle érige occasionnellement sa calotte en huppe. Ses joues et son front sont blancs (jaunâtres chez les oisillons)., un bandeau noir sur les yeux rejoint sa nuque bleu noir (sauf une tache blanc bleuâtre). Elle a un menton et le haut de la gorge noirs ; son collier auriculaire noirâtre, tel une « écharpe », contourne toute la tête, de la nuque jusqu'au-dessous du bec. La poitrine et le ventre sont jaunes, ce dernier étant marqué d'une zone médiane blanche autour d'une tache bleuâtre à noire qui se prolonge parfois en une très fine raie longitudinale. Son dos et son croupion sont d’une douce couleur vert-jaune amande. Le bec de 8– de longueur est noir et a une pointe brunâtre, les pattes ont une couleur bleu ardoisé foncé et sont munies de griffes grises. L'iris de l'œil est brun foncé.
Au niveau du plumage, les sus-caudales sont bleues. Les rectrices médianes de la queue échancrée sont bleu vif, les autres sont plus grises, tandis que les rectrices externes sont liserées de blanc à l'extérieur. Le dessus des ailes porte une barre alaire blanche. Les rémiges sont brun noir et plus ou moins marquées de bleu au vexille externe, et liserées de blanc à l'interne.
La coloration blanche et bleue du plumage est une couleur structurelle, la coloration jaune une couleur pigmentaire due aux caroténoïdes, pigments organiques apportés par l'alimentation et qui induisent des colorations du jaune au rouge chez les oiseaux. Les caroténoïdes sont des précurseurs de la vitamine A qui joue un rôle important dans les défenses immunitaires. Chez la mésange, il existe ainsi un compromis dans l'allocation des ressources des caroténoïdes entre la réponse immunitaire et l'intensité de la coloration : une couleur intense est corrélée à une bonne santé cellulaire, et a une incidence sur le choix du comportement reproducteur.
Les jeunes sont plus pâles et ternes, avec la calotte gris vert-foncé. Le dichromatisme sexuel entre oisillon mâle et femelle est déjà marqué dans le nid. Les sexes sont presque indiscernables dans la nature, la femelle étant seulement un peu plus terne que le mâle avec le vexille interne des rémiges secondaires teinté de vert, le bleu plus mat. Elle a également un collier auriculaire plus étroit. Le dimorphisme sexuel se révèle cependant plus élevé sous lumière ultraviolette, le système visuel aviaire percevant davantage cette longueur d'onde que le système visuel humain.
La Mésange bleue a une envergure comprise entre et sa queue mesure de de longueur.
Écologie et comportement vignette|redresse=0.9|alt=Photo d'une mésange à l'entrée d'une cavité rocheuse, ayant une proie dans son bec.|Cavernicole, la Mésange bleue résiste bien aux hivers rudes. L'espèce est familière, sociable et grégaire. L'adulte toujours très actif est sédentaire : il reste généralement toute l'année dans son environnement et ne change pas d'endroit comme le feraient, par exemple, une hirondelle ou une cigogne. La Mésange bleue vivant dans les montagnes ou venant d'Europe centrale est plus nomade, le nombre d'individus et les limites de leur distribution variant selon les saisons. Les individus subordonnés sont des migrateurs partiels, alors que les individus dominants sont plus volontiers sédentaires.
Il existe plusieurs hypothèses d'explication de cette variation intraspécifique de comportement migratoire partiel corrélée au statut de l'individu dans la dominance et à son sexe : le bénéfice sélectif qui conduirait les mâles dominants à rester sédentaires pourrait être lié à leur meilleure résistance au froid (mortalité hivernale plus basse), mais aussi à la probabilité plus élevée de réussir à établir leur territoire reproductif au printemps dans la compétition qui existe à ce sujet, et qui est plus vive chez les mâles que chez les femelles.
Selon les saisons, le comportement des mésanges bleues diffère : au printemps, on les rencontre par paires (couples sur leur site de nidification) qui manifestent un comportement territorial et social caractéristique de la période de reproduction, le succès reproducteur étant plus conditionné par la qualité de leur territoire que par la qualité parentale ; en été, par clan familial comprenant généralement un couple dominant, des jeunes de l'année et quelques adultes « célibataires » ; en automne et en hiver, par bandes nombreuses qui entreprennent des voyages plus ou moins étendus à la recherche de sites de nourriture dont la distribution spatiale influe sur leur comportement agonistique.
La Mésange bleue aime s'ébrouer dans les mares peu profondes afin de rafraîchir son plumage, ou pratiquer le bain de fourmis qui permet d'éliminer les nombreux parasites colonisant le plumage..
Alimentation vignette|redresse=0.8|alt=Image d'une mésange tenant une chenille dans le bec sur fond bleu.|Mésange bleue tenant une chenille dans le bec. En période de reproduction (printemps et été), la Mésange bleue a un régime alimentaire essentiellement insectivore : elle se nourrit majoritairement d'insectes, d'araignées et de larves vivant sur les arbres et arbustes hauts, principaux sites de nutrition de ces oiseaux. Ce sont les chenilles qui sont la principale source de caroténoïdes responsables de l'intensité de la couleur jaune vif du plumage ventral, mais cette intensité n'est pas corrélée au succès reproductif de la mésange. En dehors de la période de reproduction, son régime est majoritairement granivore (graines complétées de baies, de bourgeons, de nectar, de pollen, voire de sève au printemps ou de noix et de suif l'hiver) et un peu insectivore (œufs d'insectes, araignées).
Elle sait faire preuve d'astuce en perçant la tige des roseaux secs pour dénicher les petits animaux qui y ont trouvé refugeLa vie des mésanges, article sur larousse.fr.
La Mésange bleue est réputée pour chasser de manière acrobatique dans la végétation, souvent suspendue aux branches, tête en bas, avec agilité pour surprendre ses proies sous les feuilles et rameaux. Lorsqu'elle en a terminé avec une brindille, elle s'installe sur la suivante avec des mouvements de balancier caractéristiques..
C'est une visiteuse habituelle des mangeoires en hiver, se suspendant volontiers aux boules de suif. Il s'établit au niveau des mangeoires une hiérarchie de dominance : les troupes de plusieurs individus qui viennent aux mangeoires comprennent généralement un couple dominant, des jeunes de l'année et quelques adultes « célibataires ».
Alors que certains passereaux (principalement la Fauvette à tête noire et la Grive draine) participent à la dissémination du Gui, la Mésange bleue limite la prolifération de cette plante hémiparasite en absorbant les graines (processus d'ornithochorie et d'endozoochorie) laissées par ces oiseaux sur les arbres..
Comportement social
Vocalisation
On dit que la mésange titine, zinzinule ou zinzibuleCris et chants des oiseaux, fiche de la LPO d'Anjou..
, son chant Frédéric Jiguet, Jan Pedersen et Lars Svensson, Chants d'Oiseaux, Larousse, 2012, , .. Lors de la parade, les mâles émettent habituellement un . En cas d'alarme, la Mésange bleue émet un Karel Štastný (adaptation française de Dagmar Doppia, révision de Michel Cuisin), La Grande encyclopédie des oiseaux, Gründ, tirage 1991, , , cri strident qui avertit ses proches ou cherche à intimider ses adversaires, comme la Mésange charbonnière.
Sociabilité vignette|alt=Rondes hivernales de mésanges|La formation des rondes hivernales de mésanges répond à une stratégie de protection mutuelle et de recherche optimale de la nourriture par coopération.
La Mésange bleue, comme la mésange charbonnière, n'est territoriale qu'au moment de la reproduction. En dehors de cette période, elle devient plus sociable et plus erratique, s'associant aux autres mésanges en petits groupes plurifamiliaux. Les groupes hivernaux sont constitués de petits noyaux d’oiseaux résidents auxquels s’adjoignent sans cesse des individus nomades erratiques. La Mésange bleue est monogame mais une bigamie simultanée paraît régulière au moins dans les habitats optimaux : une étude sur la polygynie des mésanges conclut que ce mode de reproduction présent chez 3 à 10 % des mâles, est à leur avantage, les copulations extraconjugales augmentant leur succès reproducteur sans qu'ils aient besoin d'intervenir dans l'élevage des jeunes. Un cas de polyandrie est associé à l'avantage pour la femelle d'éliminer le risque que le partenaire soit stérile et que tout l'effort maternel investi le soit pour rien..
Elle se joint souvent aux rondes mixtes d’autres espèces (roitelet, grimpereau, mésange charbonnière et mésange à longue queue, la Mésange bleue jouant souvent avec cette dernière le rôle de « leader » et d'initiateur des déplacements).
Reproduction vignette|gauche|alt=Photo d'un couple posé sur un bac blanc partageant de la nourriture.|L'offrande nuptiale se répète et devient très fréquente pendant la ponte et la couvaison. vignette|alt=Photo d'une femelle dans un nichoir en position de couvaison.|Femelle observée en position de couvaison. vignette|upright=0.7|alt=Image représentant 6 œufs de mésange sur fond noir. Les œufs sont blancs tachetés de brun.|Œufs de Cyanistes caeruleus, Muséum de Toulouse. vignette|alt=Photo de 2 adultes observant leur nichée, un des adultes récupère le sac fécal d'un oisillon.|Un adulte récupérant le sac fécal d'un oisillon (juste éclos, encore nu et aveugle) afin d'assurer la propreté du nid. vignette|alt=Photo d'une mésange adulte apportant la becquée à ses 3 oisillons.|Couvée d'oisillons nourris à la becquée.
Cycle de reproduction vignette|Une mésange bleue nourrissant son petit vers en Suisse. Juin 2022.