Le drapeau du Liban est le pavillon national et le drapeau national de la République libanaise. Sur celui-ci figure l'arbre emblématique du pays : le cèdre du Liban sur fond blanc, inscrit entre deux bandes rouges horizontales.
Symbolique
La présence et la position du cèdre au milieu du drapeau est directement inspirée du cèdre des montagnes du Liban (Cedrus libani). Le cèdre est un symbole de sainteté, d'éternité et de paix. Emblème de longévité, le cèdre du Liban trouve son origine dans de nombreuses références bibliques.
thumb|left|Les Cèdres de Dieu couvraient autrefois le Mont-Liban
Le cèdre du Liban est mentionné soixante dix-sept fois dans la Bible, notamment dans le livre Psaume au chapitre 92 verset 13 où il est mentionné que : « les justes poussent comme le palmier, ils s'élèvent comme un cèdre du Liban ». et au chapitre 104, verset 16, où il est mentionné : « [l]es arbres de l'Éternel se rassasient, les cèdres du Liban, qu'il a plantés »..
Alphonse de Lamartine (1790-1869), émerveillé par les cèdres du Liban lors de son voyage en Orient en compagnie de sa fille Julia, eut ces paroles : « [l]es cèdres du Liban sont les reliques des siècles et de la nature, les monuments naturels les plus célèbres de l'univers. Ils savent l'histoire de la terre, mieux que l'histoire elle-même ».
Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944), qui aimait beaucoup les cèdres et qui par ailleurs avait séjourné au Liban en 1935, écrivait dans son œuvre Citadelle : « [l]a paix est un arbre long à grandir. Il nous faut, de même que le cèdre, aspirer encore beaucoup de rocaille pour lui fonder son unité ».
Pour les Libanais, le cèdre est un symbole d'espoir, de liberté et de mémoire. En 1920, un des textes de la proclamation du Grand Liban déclare : « [u]n cèdre toujours vert, c'est un peuple toujours jeune en dépit d'un passé cruel. Quoique opprimé, jamais conquis, le cèdre est son signe de ralliement. Par l'union, il brisera toutes les attaques ».
La couleur blanche sur le drapeau représente la neige qui est symbole de pureté et de paix.
Les deux bandes rouges font référence au sang que les Libanais ont versé pour conserver leur pays face aux envahisseurs successifs.
La pourpre, notamment employée pour colorer la bande de la toge romaine, qui fit la renommée des phéniciens, est aussi fortement évoquée dans le drapeau.
Feuille de construction Selon l'article 5 de la Constitution libanaise, « [l]e drapeau libanais est composé de trois bandes horizontales : deux rouges encadrant une blanche. La hauteur de la bande blanche est égale au double de chacune des bandes rouges. Au centre de la bande blanche figure un cèdre vert dont la largeur occupe le tiers de celle-ci et qui, par son sommet et par sa base, touche chacune des bandes rouges ». vignette|centre|Feuille de construction du drapeau du Liban.
Protocole
Aujourd’hui, le drapeau libanais est visible sur tous les bâtiments publics et militaires. Il flotte aussi sur les sièges des organisations régionales et internationales ainsi que sur les bâtiments abritant les représentations libanaises dans le monde. Le drapeau libanais est déployé lors des commémorations nationales.
Les jours où la parade du drapeau sur les bâtiments publics est rendue obligatoire par la loi sont les suivants :
+ Parade protocolaire avec le drapeau Date Nom 6 mai Fête des martyrs Fête des Forces armées 22 novembre Fête de l'indépendance Source : Flags of the World Site de Flag Of The World: les fêtes officielles avec parade du drapeau
Drapeaux anciens et modernes
Autres drapeaux
Histoire L'Émirat du Mont Liban L’émirat du Mont Liban est le nom attribué à une séquence de l'histoire du Mont-Liban et de ses périphéries, constitués en une entité politique relativement autonome de l'Empire ottoman et aux frontières changeantes. Il se caractérise cependant par une administration ottomane indirecte qui s'y exerce via le pouvoir de familles locales ainsi que par une symbiose des deux principales communautés du Mont-Liban, les druzes et les chrétiens.
Dynastie des Maan thumb|L'émir Fakhr-al-Din II (1591-1635)
Les Maan constituent le clan le plus puissant de la région du Mont-Liban. Ils s'y sont installés en 1119 avec l'aval de Togtakin (Tughtekin).
Fakhr-al-Din (1516-1544) étend sa domination territoriale jusqu’à Tripoli au nord et Jaffa au sud. Il fait construire des édifices publics et des fortifications, activité qui laisse supposer un maintien d’un calme relatif et d’une certaine prospérité durant son règne.
Le règne de Korkmaz (1544-1585) qui succède à son père Fakhr-al-Din I, est marqué par une relation conflictuelle avec le pouvoir central ottoman. En 1585, la tension éclate à la suite de l'attaque par des pillards d'un convoi officiel transportant la récolte des impôts de Syrie et d’Égypte. L'incident dit de la baie d’Akkar, provoque une violente réaction du pouvoir ottoman. Le sultan Murat III ordonne au gouverneur d’Égypte, Ibrahim pacha, de mener une expédition contre la montagne libanaise. L'émir Korkmaz se dérobe alors dans le Chouf, où il aurait péri empoisonné.
Fakhr-al-Din II (1591-1635) est le plus connu des émirs Maanides et considéré avec Bachir Chehab II, comme l'un des fondateurs de la future nation libanaise. Cette place privilégiée que lui donne l’historiographie tient au fait que son règne est la véritable première affirmation juridico-politique d'une entité libanaise au sein de l'empire ottoman.
À partir de 1590, date de sa nomination comme gouverneur du Sanjak de Sidon, Fakhr-al-Din II réussit à étendre peu à peu sa domination territoriale, profitant notamment de la mobilisation des Ottomans contre la Perse. Malgré un exil provisoire, il réussit vers la fin de son règne à contrôler un territoire couvrant l'intégralité de celui du Liban moderne.
En 1632, Fakhreddine II refuse à l’armée ottomane de prendre ses quartiers dans l’émirat. Les Turcs ayant passé outre, il les attaque et les repousse jusqu’à Damas. La dégradation de la relation avec le sultan ottoman est alors irréversible. En 1635, Fakhreddine II est capturé, puis exécuté à Istanbul.
Dynastie des Chehab
thumb|L'émir Bashir Chehab II (1767-1850)
En 1697, le dernier émir Maan meurt sans descendance mâle. Les Ottomans, affaiblis par leurs conflits d'Europe centrale ne rétablissent pas d’administration directe sur le Mont-Liban, mais la confient à une famille alliée des Maan, les Chehab. Cette nouvelle dynastie va dominer l’émirat jusqu’en 1842 .
Les émirs Chehab ont méthodiquement contribué au rapprochement du Mont-Liban avec les puissances européennes de l’époque et renforcé le rôle économique du Mont-Liban. Des liens culturels ont été établis avec l’Italie, le Royaume-Uni et l’Autriche, et la culture française a été particulièrement répandue.
Le long règne de Bachir Chehab II (1788-1840) est considéré comme l'un des plus importants de l'émirat. Bachir accède au pouvoir au terme de dix ans de luttes armées entre les Chéhab et Jazzar Ahmad Pacha devenu en 1775 pachalik de Sidon. Surnommé « Le Grand », il est habile, énergique et ambitieux. Il réforme la fiscalité et de tente de briser le système féodal, afin d'amoindrir ses rivaux.
L'émir Bashir est capturé, envoyé en exil à Malte puis à Constantinople, où il meurt en 1850. Sa disparition de la scène politique marque le début d'une déstabilisation profonde du Mont Liban, sur fond de malaise social et de tensions communautaires entre druzes et chrétiens.
Pendant une courte période l'Empire ottoman exerce une domination directe sur le Liban jusqu'à la nomination comme Émir de Bachir Chehab III, un autre membre de la famille Chéhab.
Les émirs Chehab sont la dernière dynastie ayant gouverné au Liban.
Le Liban moderne Une prise de conscience nationale est à l’origine de l’adoption d’un drapeau libanais. En effet, certains membres du Conseil administratif prônaient, dès le début du siècle dernier, une « politique libanaise », afin que le Motassarrifya jouisse d’une certaine souveraineté dans le cadre de l’empire ottoman. Dans ce but, Shucri el-Khoury, dans son ouvrage intitulé Les trésors cachés du Liban, écrivait en 1907 : « Rien n’empêche le gouvernement de dresser la carte du Liban en y indiquant les frontières et fixant les postes de contrôle sur lesquels flottera le drapeau ottoman en y ajoutant une branche du cèdre en signe de reconnaissance, par la Sublime Porte, des privilèges libanais ».
thumb|gauche|Drapeau de l'Empire ottoman.
Ces mêmes privilèges sont, pour le Comité de défense des intérêts libanais, le témoignage historique de la « personnalité distincte » du Liban vis-à-vis son voisinage. Dans ce sens, le comité s’exprime ainsi : « Considérant, en ce qui concerne le Liban, qu’il a joui à travers les siècles de privilèges et d’immunités, que ni l’invasion arabe ni la domination turque n’ont pu lui enlever, et que, dans les changements que l’avenir lui réserve, il entend conserver vis-à-vis ces derniers, et dans le cadre élargi des frontières que nécessitent son existence économique, ses traditions, sa vie propre et sa personnalité distincte ».
Cette prise de conscience nationale se manifeste dans les milieux des émigrés libanais. Au Brésil, Shucri el-Khoury, propriétaire du journal Le Spynge, confirme en 1913, le drapeau utilisé au Mont-Liban : « C’est une surface blanche ayant en son milieu un cèdre ».
Cependant, après la victoire des Alliés en 1918, et la libération du Liban du joug turc, Shucri el-Khoury publie, dans son journal, une nouvelle version du drapeau libanais qu’il explique dans son éditorial.
thumb|Drapeaux utilisés par la population libanaise.
« Le cèdre éternel rend sa beauté plus éclatante encore. Notre drapeau apparait aujourd’hui, ayant deux nouvelles couleurs empruntées au glorieux drapeau tricolore. Cela assure un bon futur à notre Chère Patrie attachée à l’éternelle France, notre libératrice et gardienne zélée de notre indépendance. O Noble France… nous vous demandons humblement de permettre que ce drapeau soit reconnu comme drapeau national libanais… il a été aussi gravé sur les Carnets d’immatriculation qui ont été fournis aux Libanais, à côté du drapeau français… Il représente nos sentiments patriotiques comme il représente encore notre attachement à vous, France immortelle… ».
Au Liban, c’est un autre drapeau qui fut adopté. Rachid Nakhlé, chef de la résistance libanaise, raconte dans ses mémoires, que : « le , un drapeau blanc ayant en son milieu un cèdre fut hissé sur le Sérail de Baabda et y reste jusqu’en ».
Au mois de , Naoum Moukarzel, propriétaire du journal al-Hoda et président de la Ligue libanaise de New York, appuie le patriarche Houwayek, chef de la deuxième délégation libanaise à la Conférence de la Paix, et lui assure que « le but de la majorité des Libanais hors le Liban est : l’indépendance du Liban dans ses anciennes frontières naturelles et historiques avec un drapeau national ». Plus tard, Moukarzel précise que « le drapeau libanais sera des mêmes couleurs que le drapeau français avec le cèdre emblématique sur le blanc ».
Il s’est avéré, cependant, que ce choix n’était que momentané. En effet, le , M. Sechet, administrateur militaire du Liban, décrit la situation comme suit : « Le mois de mai est caractérisé par la réaction très vive des Libanais chrétiens contre l’emprise chérifienne dont ils se sont crus menacés. Le Conseil administratif, les municipalités, le clergé surtout, ont entrepris une véritable campagne pour l’indépendance : des drapeaux blancs avec cèdre ont été arborés, soit seuls, soit à côté de drapeaux français. Devant notre complaisance à l’égard du programme chérifien, notre hésitation même à affirmer que nous ne pourrions admettre un seul instant que les privilèges du Liban fussent moins grands demain, qu’hier, l’inquiétude, la déception, le dépit même, se sont fait jour ».