, né Albert Frederick Arthur George le à Sandringham (Norfolk) et mort le en ce même lieu, est roi du Royaume-Uni et des autres dominions du Commonwealth britannique du jusqu'à sa mort. Il est également le dernier empereur des Indes, le dernier roi d'Irlande et le premier chef du Commonwealth.
Second fils du roi , il n'était pas prévu que le prince Albert monte sur le trône. C'est pourquoi Albert passa les premières années de sa vie dans l'ombre de son frère aîné, David (futur ). Il servit dans la Royal Navy et la Royal Air Force durant la Première Guerre mondiale. Après la guerre, il remplit les habituels engagements publics de son rang. Il épousa Elizabeth Bowes-Lyon en 1923 et ils eurent deux filles, Élisabeth et Margaret.
À la mort de son père en 1936, son frère accéda au trône sous le nom d'. Toutefois, moins d'un an plus tard, Édouard exprima le désir de se marier avec Wallis Simpson, une Américaine deux fois divorcée. Pour des raisons politiques et religieuses, le Premier ministre Stanley Baldwin informa le roi qu'il ne pouvait pas l'épouser et rester roi. choisit d'abdiquer et Albert, surmontant ses problèmes de bégaiement, monta sur le trône sous le nom de , devenant ainsi le troisième monarque issu de la maison Windsor.
Durant le règne de , la dislocation de l'Empire britannique et sa transition vers le Commonwealth s'accélérèrent. En effet, le parlement de l'État libre d'Irlande supprima toute référence au roi dans sa constitution et ce, le jour de l'accession au trône de ce dernier ; le pays devint officiellement une république en 1949 et quitta le Commonwealth.
régna sur le Royaume-Uni pendant la Seconde Guerre mondiale, mais le pays, malgré sa victoire, perdit son statut de grande puissance au profit des deux superpuissances de l'après-guerre : les États-Unis et l'Union soviétique. Après l’indépendance de l'Inde et du Pakistan en 1947, George resta roi de ces deux nations, mais le titre d'empereur des Indes fut abandonné.
Victime de problèmes de santé dans les dernières années de son règne, il mourut le d'une thrombose coronaire pendant son sommeil. Après son décès, sa fille aînée lui succéda sous le nom d'.
Jeunesse
Naissance et famille vignette|gauche|upright|alt=Deux hommes âgés en uniforme d'officier naval et portant un bicorne entourent deux enfants en uniforme de matelot.|Quatre rois : (extrême-droite), son fils George de Galles, futur (extrême-gauche), et ses petits-fils David, futur (arrière-plan) et Albert, futur (premier-plan), vers 1908. Le prince Albert naît dans la résidence secondaire de Sandringham House dans le comté de Norfolk sous le règne de son arrière-grand-mère, la reine Victoria. Il était le second fils du prince George, duc d'York (futur ), lui-même second fils du prince de Galles (futur ) et de la princesse de Galles, Alexandra de Danemark. Sa mère était la duchesse d'York (future reine Mary) qui était la fille aînée du duc et de la duchesse de Teck.
Le jour de sa naissance, le , coïncidait avec l'anniversaire de la mort de son arrière-grand-père, le prince consort Albert. Le prince de Galles écrivit au duc d'York que la reine Victoria, veuve d'Albert, avait été par l'annonce de la naissance. Deux jours plus tard, il lui écrivit à nouveau : . La reine fut apaisée par cette idée et écrivit à la duchesse d'York : . Le nouveau-né fut donc baptisé « Albert Frederick Arthur George » dans l'église St. Mary Magdalene près de Sandringham, trois mois plus tard. En tant qu'arrière-petit-fils de la reine Victoria, il fut formellement appelé Son Altesse le prince Albert d'York dès sa naissance. Au sein de sa famille, il était couramment surnommé « Bertie ». Sa grand-mère maternelle, la duchesse de Teck, n'aimait pas le prénom qu'avait reçu le nouveau-né et elle écrivit prophétiquement qu'elle espérait que le dernier prénom .
Ordre de succession Albert était le quatrième dans l'ordre de succession au trône britannique après son grand-père, son père et son frère aîné, David (le futur ). En 1898, la reine Victoria délivra des lettres patentes accordant aux enfants du fils aîné du prince de Galles le prédicat d'altesse royale.
Problèmes de santé Albert souffrait d'une santé fragile et était décrit comme . Albert et David furent confiés à des nourrices, comme cela était la norme de l'époque pour les familles aristocratiques, et leurs parents, le duc et la duchesse d'York, étaient donc peu présents avec eux. Albert était touché par un bégaiement qui dura de longues années et était forcé d'écrire avec sa main droite alors qu'il était naturellement gaucher. Il souffrait de genoux cagneux, qui l'obligèrent à porter des attelles correctrices, et de problèmes digestifs chroniques.
Mort de la reine Victoria La reine Victoria mourut le et le prince de Galles lui succéda sous le nom d'. Le duc d'York devint le premier dans l'ordre de succession au trône alors que ses fils David et Albert passaient respectivement à la deuxième et à la troisième place.
Éducation et carrière militaire
Entrée au Royal Naval College En 1909, Albert entra au Royal Naval College d'Osborne. En 1911, il arriva dans les derniers de sa promotion lors de l'examen final mais intégra néanmoins le Royal Naval College de Dartmouth. Lorsqu' mourut en 1910, le père d'Albert devint roi sous le nom de . Édouard devint prince de Galles et Albert se trouvait à présent en second dans l'ordre de succession.
Carrière maritime vignette|gauche|alt=Trois hommes en uniforme militaire devant une table de restaurant où sont assis d'autres convives.|Le prince Albert (à gauche) pendant un dîner de la RAF en 1919 avec Hugh Trenchard (au centre) et Christopher Courtney (à droite). Albert passa les six premiers mois de l' à bord du navire d'entraînement aux Caraïbes et sur la côte orientale du Canada. Il embarqua ensuite en tant qu'aspirant sur le le et passa trois mois en Méditerranée. Ses collègues officiers lui donnèrent le surnom de « Mr. Johnson ». Un an plus tard, il commença son service pendant la Première Guerre mondiale. Il reçut une citation militaire pour son rôle d'officier de tourelle à bord du HMS Collingwood durant la bataille du Jutland qui fut le principal engagement naval de la guerre. Il ne participa pas à d'autres combats, principalement du fait de problèmes de santé causés par un ulcère gastro-duodénal pour lequel il fut opéré en . En , il fut nommé officier à la base aérienne d'entraînement du Royal Naval Air Service à Cranwell. Avec la création de la Royal Air Force (RAF) deux mois plus tard et le transfert de la base de Cranwell de la marine à l'armée de l'air, Albert intégra la Royal Air Force. Il fut nommé officier commandant à Cranwell et y resta jusqu'en . Il fut le premier membre de la famille royale à obtenir son brevet de pilotage. Dans les dernières semaines de la guerre, il servit au sein de l'état-major de l'unité de bombardement stratégique de la RAF à Nancy. Après la dissolution de cette unité à la fin de la guerre, il resta deux mois sur le continent avant de revenir en Grande-Bretagne.
Université de Cambridge En , Albert entra au Trinity College de l’université de Cambridge où il étudia l'histoire, l'économie et l'instruction civique pendant un an. C’est à cette époque-là qu’il aurait prononcé sur la famille royale cette phrase restée célèbre : « Nous ne sommes pas une famille. Nous sommes une entreprise. » Le , il fut fait duc d'York, comte d'Inverness et baron Killarney. Il commença alors à réaliser des missions plus royales. Il représentait son père lors des événements publics et ses visites de mines de charbon, d'usines et de dépôts ferroviaires lui valurent le surnom de « prince industrielCurrent Biography 1942, . ». Son bégaiement, son embarras à ce sujet, associé à sa timidité le rendaient bien moins impressionnant que son frère aîné. Il était cependant sportif et aimait jouer au tennis. Il s'intéressa aux conditions de travail et devint président de l’Industrial Welfare Society qui organisait, entre autres, des camps d'été pour mélanger les jeunes d'origines sociales variées.
Mariage gauche|vignette|upright=1.0|alt=Elizabeth portant une robe, un chapeau et un bouquet et George VI en costume font signe de la main.|Elizabeth Bowes-Lyon et pendant la foire internationale de New York 1939-1940.
Rencontre de sa future épouse
À une époque où les membres de familles royales se mariaient entre eux, il était inhabituel qu'Albert ait eu la liberté de choisir une future femme. En 1920, il rencontra pour la première fois depuis son enfance, Lady Elizabeth Bowes-Lyon, la plus jeune fille du comte et de la comtesse de Strathmore et Kinghorne. Il était déterminé à l'épouser, mais elle refusa deux fois ses avances en 1921 et 1922, apparemment parce qu'elle n'était pas prête à faire les sacrifices nécessaires pour rejoindre la famille royale. Après une période de séduction prolongée, Elizabeth accepta de l'épouser.
Cérémonie de mariage Ils se marièrent le dans l'abbaye de Westminster. La nouvelle British Broadcasting Company souhaitait enregistrer et diffuser l'événement par radio, mais le chapitre de l'abbaye mit son veto à cette idée même si le doyen Herbert Edward Ryle y était favorable. Elizabeth devint ainsi Son Altesse Royale la duchesse d'York. Ce mariage avec une personne extérieure à une famille royale était considéré comme un signe de modernité.
Voyages du couple De à , le duc et la duchesse visitèrent le Kenya, le protectorat d'Ouganda et le Soudan anglo-égyptien avec des escales au canal de Suez et à Aden. Le couple se livra à la chasse au gros gibier pendant son voyage.
Bégaiement En raison de son bégaiement, Albert craignait de parler en public. Après son discours de clôture de l'Exposition impériale britannique à Wembley le , qui fut un supplice pour l'auditoire et pour lui-même, il commença à voir Lionel Logue, un orthophoniste australien. Le duc et Logue se livrèrent à des exercices de respiration et la duchesse s'entraîna patiemment avec lui ; il fut ainsi capable de parler avec moins d'hésitationCurrent Biography 1942, .. Avec sa meilleure élocution, Albert inaugura le Parlement australien de Canberra durant une visite de l'Empire britannique en 1927. Son trajet maritime jusqu'en Australie, la Nouvelle-Zélande et les Fidji le fit passer en Jamaïque où il joua en double au tennis avec un partenaire noir, ce qui était inhabituel pour l'époque et fut localement considéré comme un signe de tolérance.
Descendance Le duc et la duchesse d'York eurent deux enfants : Élisabeth (surnommée « Lilibet » par sa famille) et Margaret. Le couple et ses deux filles vécurent une vie relativement abritée dans leur résidence londonienne de Piccadilly où ils formaient une famille soudée et aimante. En 1931, le premier ministre du Canada, Richard Bedford Bennett, proposa que le duc devienne gouverneur général du Canada, mais cette proposition fut rejetée par le roi sur les conseils de ses ministres.
Crise constitutionnelle de 1936 Mort du roi avait de forts doutes au sujet du prince Édouard et déclara : . Le , mourut et David monta sur le trône sous le nom d'. Le prince Albert et ses trois frères, David, Henry et George se relayèrent pour assurer la garde devant la dépouille de leur père placé dans un cercueil fermé dans Westminster Hall.
Mariage du nouveau roi Édouard Le , abdiqua pour épouser sa maîtresse, Wallis Simpson, une mondaine américaine, divorcée de son premier mari et en procédure de divorce avec le deuxième. avait été informé par le Premier ministre, Stanley Baldwin, qu'il ne pourrait pas rester roi et épouser une femme divorcée dont les précédents maris étaient encore en vie. préféra renoncer au trône plutôt qu'à sa relation avec Wallis Simpson, créant ainsi la crise de l'abdication.