Hernán Cortés (parfois écrit Cortès ou Cortez), de son nom complet Hernando Cortés de Monroy y Pizarro Altamirano, probablement né en 1485 à Medellín (Estrémadure) et mort le à Castilleja de la Cuesta, près de Séville, est un conquistador espagnol qui, en 1521-1522, s'est emparé de l'Empire aztèque au nom de Charles Quint, roi de Castille et roi d'Aragon, acte fondateur de la Nouvelle-Espagne.

Cette conquête, qui vient à la suite de la colonisation d'Hispaniola par Christophe Colomb en 1493, puis de la conquête de Cuba par Diego de Cuellar en 1511, est une étape fondamentale de la colonisation espagnole de l'Amérique au .

Cortés en est récompensé en obtenant le titre créé pour lui de marquis de la Vallée d'Oaxaca ().

Il est cousin au second degré de Francisco Pizarro, qui s'empare quelques années plus tard de l'Empire inca.

Jeunesse Origines familiales et enfance vignette|Le château de Medellín.

Cortés naît à Medellín, dans la province d'Estrémadure, qui se trouve alors dans le royaume de Castille.

Sa date de naissance probable est 1485, bien que certaines sources donnent 1483 ou 1484.. Il est issu de deux lignées d'ancienne noblesse. La légende le fait sortir d'une famille pauvre, mais ce point est contesté..

Son père, Martin Cortés de Monroy, est un hidalgo. Il occupe diverses charges officielles, dont celle de procureur général, ce qui laisse penser qu'il dispose d'une fortune personnelle. Les Monroy sont une famille de vieux chrétiens originaires de la Cantabrie, dans le nord de l'Espagne, qui ont pris part à la Reconquista (plusieurs ancêtres de Cortés sont célèbres pour leurs faits d'armes). Le grand-père de Cortés, Alfonso de Monroy, a été grand-maître de l'ordre d'Alcántara, un des plus puissants ordres de chevalerie castillans.. Ils possèdent notamment le fief de Belvís, et ont aussi des biens dans la région de Salamanque.

La mère de Cortés se nomme Catalina Pizarro Altamirano, fille de Diego Alonso Altamirano, juriste, qui a occupé plusieurs charges officielles, dont celle de maire de Medellín.. Sa mère est issue des deux principales familles de Medellin, les Pizarro et les Altamirano..

Hernán Cortés est fils unique. Il n'aime pas beaucoup sa mère, qu'il dépeint comme , même s'il lui témoigne du respect.. Il est en revanche très complice avec son père. , capables de se montrer fiers et hautains, y compris devant le roi. Ce trait de caractère sera partagé par Hernán..

La légende veut que Cortés ait été un enfant chétif, mais comme la pauvreté de sa famille, sa faiblesse physique est sans doute une légende..

Formation (1499-1506) À l'âge de Bernard Grunberg, « La folle aventure d’Hernan Cortés », dans L'Histoire, , juillet-août 2007, ., ses parents l'envoient à Salamanque afin qu'il s'instruise auprès de son oncle Francisco Núñez de Valera, grammairien. Il ne reste que deux ans à l'université de Salamanque. Parmi les hypothèses avancées à propos de la brièveté de ses études figurent la maladie, la discipline de fer, l'ennui, le manque d'argent, voire l'appel d'une autre vie ou une jeunesse agitée. Quoi qu'il en soit, il semble que Cortés quitte l'université sans avoir obtenu de diplôme. En revanche, il y acquiert des bases intéressantes en latin, droit et rhétorique, autant d'armes dont il usera par la suite. En attendant, afin d'assurer son quotidien, il travaille comme apprenti notaire à Valladolid.

Débuts dans le nouveau monde Hispaniola (1506-1511) De retour à Medellín, au grand dam de ses parents, Cortés opte pour la carrière militaire. Il hésite entre les guerres d'Italie et le Nouveau Monde, où à l'époque les Espagnols ne contrôlent que l'île d'Hispaniola.

Il embarque en 1504 ou 15061504 est la date communément admise, mais une thèse développée par l'historien anglais Hugh Thomas privilégie l'année 1506 : lire Bartolomé Bennassar, Cortés, Payot, 2001, . pour Hispaniola (Saint-Domingue). Le départ a lieu à Sanlúcar de Barrameda sur un navire de Palos de la Frontera dirigé par Alonso Quintero. Les cinq navires du convoi font route vers La Gomera (îles Canaries), puis vers Hispaniola. La plupart des hommes ayant investi dans la cargaison marchande afin de la revendre au meilleur prix lors de leur arrivée, Alonso Quintero prend des risques afin de distancer les autres navires. Mais ayant cassé son mât, il est contraint de retourner à La Gomera pour réparations. Autre contretemps, le navire perd sa route un moment, de sorte que le navire de Cortés arrive à Hispaniola avec quelques jours de retard sur le reste de la flotte.

À son arrivée sur l'île, Cortés reçoit des terres et des Indiens, afin de développer la colonisation. Sur ses domaines, il pratique l'élevage et acquiert une relative aisance matérielle. Il rencontre Nicolás de Ovando, gouverneur d'Hispaniola, qui lui octroie la charge de notaire à Azua.

En 1509, touché par la syphilis, il ne peut participer à une expédition de conquête.

Cuba (1511-1519) vignette|redresse|gauche|Cortés, futur conquistador de Mexico.

En 1511, Cortés accompagne Diego Velázquez de Cuéllar, parti à la conquête de l'île de Cuba.

Après la conquête, il est nommé alcalde (« maire ») de Santiago de Cuba et reçoit un repartimiento (un don de terres et d'esclaves indigènes) Innes, Ralph Hammond, "Hernán Cortés", Encyclopedia Britannica, ..

À la même époque, les expéditions dans le Yucatán de Francisco Hernández de Córdoba (1517) et Juan de Grijalva (1518) ramènent à Cuba de petites quantités d'or et des histoires de terres lointaines où abonderait le métal précieux. Cortés vend tous ses biens pour acheter des navires et du matériel et passe un accord avec Velázquez, devenu gouverneur de Cuba, pour mener une expédition d'exploration et de commerce avec de nouveaux territoires à l'ouest de Cuba. Mais il s'attire la jalousie de Velázquez qui décide finalement de confier l'expédition à quelqu'un d'autre.

L'expédition au Mexique (1519) Préparatifs et départ de l'expédition Le Hugh Thomas, The Conquest of Mexico, Pimlico, 1993, ., craignant que Velázquez n'annule l'expédition, Cortés fait partir précipitamment son escadre du port de Santiago de Cuba et se rend à Trinidad pour achever ses préparatifs.

Le , Cortés quitte Cuba avec onze navires et , seize cavaliers et , , 13 artilleurs avec huit petits canons, dix canons de bronze et quatre fauconneaux, , treize arquebusiers, enfin deux cents Indiens et esclaves noirs comme auxiliaires de troupes.

Le pilote de l'expédition est Antón de Alaminos. Les capitaines sont Alonso Hernández Puertocarrero, , Diego de Ordás, Francisco de Montejo, , Francisco de Saucedo, Juan de Escalante, Juan Velázquez de León, de la famille du gouverneur de Cuba, Cristóbal de Olid et Pedro de Alvarado. Beaucoup sont des vétérans des guerres d'Italie.

vignette|upright=3|centré|Carte de la route de Cortés jusqu'à Mexico-Tenochtitlan.

Premiers contacts avec les Mayas à Cozumel vignette|Cortés et la Malinche.

Le premier contact avec les autochtones a eu lieu à Cozumel où les Mayas, qui s'étaient d'abord enfuis, sont invités à regagner leurs demeures. Mais déterminés à remplacer par la religion catholique les cultes païens auxquels étaient fidèles les indigènes (en particulier les sacrifices humains, qui horrifient Cortés), Cortés et ses soldats procèdent à la destruction des statues (les « idoles ») représentant les divinités locales, démontrant ainsi l'impuissance de ces dernières. Sont alors érigées au même emplacement une croix en bois et une statue de la vierge Marie.

Sur cette île, ils retrouvent un Espagnol nommé Gerónimo de Aguilar, diacre. Celui-ci, victime d'un naufrage huit ans plus tôt, a survécu mais a subi la captivité chez les Indiens. chez un chef maya dont il est devenu l'esclaveB. Diaz del Castillo, 2003, .. Grâce à envoyée un peu plus tôt par Cortés, au courant de sa captivité, il a pu rejoindre la flotte espagnole, où il apporte sa connaissance du maya yucatèque, servant d'interprète, aux côtés d'une Indienne qui devient peu après la maîtresse de Cortés et qui connait le nahuatl et le maya, La Malinche (en nahuatl Malintzin, de son nom espagnol Doña Marina).

Combats contre les Mayas sur le continent et rencontre de Malintzin (mars-avril 1519) vignette|gauche|Représentation des Espagnols dans le Codex Azcatitlan. Après avoir quitté Cozumel, l'escadre contourne la péninsule du Yucatan jusqu'à l'embouchure d'un fleuve baptisé un peu plus tard río Grijalva, où les Espagnols arrivent le .

Cette région dirigée par le cacique Taabscob a été explorée l'année précédente par Juan de Grijalva, qui a été bien accueilli par les Mayas. Ceux-ci lui ont fait des présents (or) et lui ont parlé d'un pays qu'ils appellent Mexico.

Cortés en revanche reçoit un accueil plutôt hostile, que Geronimo de Aguilar ne réussit pas à surmonter. Il s'ensuit un engagement le et les Espagnols prennent la ville de Potonchan. Cortés prend possession du territoire au nom du roi de Castille. Mais les Mayas refusent de se soumettre et une deuxième bataille a lieu le dans la vallée du Centla, impliquant un nombre élevé d'Indiens, qui sont de nouveau vaincus.

Le lendemain, des émissaires de Taabscob viennent devant Cortés en vaincus avec des offrandes de vivres, de bijoux, de tissus et de vingt esclaves, qui seront baptisées plus tard, parmi lesquels se trouve Malintzin. Sa connaissance des langues maya et nahuatl, sa connaissance de la mentalité et des coutumes mexicas, et sa fidélité indéfectible envers les Espagnols, feront d'elle un atout majeur dans la conquête. Elle devient rapidement l'interprète, la conseillère et l'amante d'Hernán Cortés, à qui elle donne un fils baptisé Martín, comme le père de Cortés. Avec Gerónimo de Aguilar, elle remplace l'ancien interprète Melchorejo, repassé du côté des Aztèques, et qui les incite à lutter contre les Espagnols.

Le , Cortés fonde une ville : Villa de Santa Maria de la Victoria. Le , Taabscob vient en personne faire sa soumission à Cortés.

Les Espagnols entendent de nouveau parler d'un pays situé plus à l'ouest, que les Mayas appellent Mexico.

Quelques jours après, ils quittent la région, laissant la ville à la garde des Mayas. Un peu plus tard, ceux-ci subissent une épidémie de variole meurtrière.

Contacts avec les Aztèques et avec les ennemis des Aztèques Cortés se dirige vers l'île de San Juan de Ulúa, très proche de la côte près de l'actuelle Veracruz, le point le plus éloigné que Grijalva ait atteint en 1518.

Suivant la côte en direction du nord-ouest, l'expédition rencontre bientôt des canoës transportant des ambassadeurs de l'empereur aztèque Bernard Grunberg, « La folle aventure d’Hernan Cortés », dans L'Histoire, , juillet-août 2007, .. Cortés leur montre ses chevaux et ses armes à feu pour les impressionner, mais tâche de les rassurer, en leur parlant de paix. Les émissaires, venus accompagnés de peintres et de dessinateurs, ont pour mission d'aller rendre compte de la présence des Espagnols à leur maître.

Le , l'escadre arrive à San Juan, puis débarque sur le continent le , jour du vendredi saint (crucifixion de Jésus), établissant un camp temporaire.

Peu de temps après, les émissaires aztèques reviennent avec de nouveaux présents et Cortés demande à rencontrer l'empereur.

Mais viennent aussi d'autres Indiens, originaires de Cempoala, qui se présentent à Cortés comme ennemis des Aztèques et qui souhaitent que les Espagnols les aident à se libérer du joug aztèque. Cortés, s'inspirant de la stratégie de César au cours de la conquête de la Gaule, va s'efforcer d'utiliser les rancœurs et la haine qui existent entre les peuples indigènes.

Désormais, il a pour objectif d'essayer de s'emparer des terres et des richesses dont semble regorger ce pays, au vu des présents apportés par les ambassadeurs de .