Le d'infanterie de marine (couramment abrégé ) est une unité de l'armée de terre des forces françaises. Ce régiment fait partie des « Quatre Grands », également appelés « Quatre Vieux », de l'infanterie de marine qui tenaient garnison de 1854 à 1890 dans chacun des quatre ports militaires français, prêts à embarquer : le « Grand Un » à Cherbourg, le « Grand Deux » à Brest, le « Grand Trois » à Rochefort et le « Grand Quatre » à Toulon. Les origines de ce régiment, comme pour les trois autres corps, remontent au régiment Royal-La Marine fondé par en 1669. Avec ses frères d'armes du d'infanterie de marine et une partie du d'artillerie de marine, il forma une des deux brigades de la Division Bleue à Bazeilles en 1870.
En 2025, il devient le d'instruction des troupes de marine ().
Création et différentes dénominations
Par décret du , le d'infanterie de marine () est créé à Toulon par changement d'appellation du qui se reconstitue à Rochefort.
Pour la campagne de 1870, le de marche d'infanterie de marine est mis à la disposition du département de la Guerre par celui de la Marine pour la durée des opérations terrestres.
Le le prend le nom de d'infanterie coloniale ().
Le le devient de tirailleurs coloniaux () par changement d'appellation.
Le d'infanterie coloniale est recréé le ; il est dissous en .
Le d'infanterie coloniale de réserve () est créé le ; il est dissous le .
Le d'infanterie coloniale est créé le .
Il prend le nom de d'infanterie coloniale le .
Le redevient d'infanterie de marine () le .
Il devient du d'infanterie de marine le .
Il devient centre d'instruction du d'infanterie de marine le .
Par modification nominale, il devient d'infanterie de marine le .
Le , le régiment est dissous à Fréjus, après sa création.
Le , le centre de formation de la prend l'appellation de centre de formation initiale des militaires du rang de la légère blindée - d'infanterie de marine (CFIM de la - )..
Le , le CFIM de la - devient le d'instruction des troupes de marine ().
Historique des garnisons, combats et batailles
Le Second Empire En application du décret du , le devient le d'infanterie de marine, à six bataillons et de combat, le en Crimée comme à Toulon et en Afrique. Devant les défenses de Sébastopol, les seize unités élémentaires des deux bataillons appartiennent désormais au alors qu'elles provenaient des , et de Marine. Ces compagnies changent donc également de numéro. À Toulon, dans le quartier Le Mourillon, le dépôt du devient celui du (quatre bataillons, en comptant les bataillons du Sénégal et de La Réunion) en attendant que le chef de corps et le reliquat des deux bataillons de Crimée reviennent en 1856. Le dépôt régimentaire est la fraction du corps qui, ne partant pas en campagne, reste en garnison. C'est une base arrière permanente chargée du recrutement du corps, du transit pour le personnel en attente d'affectation, des services administratifs et techniques, de l'infirmerie. Le dépôt assure également la mise sur pied et l'embarquement de ses unités de combat pour les campagnes militaires - ou comme renforts pour celles-ci, et la relève des compagnies tournantes stationnées outremer (pour le : Sénégal et La Réunion puis la Guyane à la place du Sénégal à partir de 1870).
Guerre de Crimée De à , le d'infanterie de marine s'illustre dès sa création durant la guerre de Crimée où il prend part au siège de Sébastopol de janvier à . Le , sur le plateau d'Inkermann, le caporal Odin du enlève la mèche d'un obus tombé dans sa tranchée, près des poudres, et rejette l'obus par dessus le parapet (son acte de courage qui a sauvé la vie de plusieurs marsouins est récompensé par la Légion d'Honneur). La nuit du 16 au deux compagnies du , détachées au port d'Eupatoria depuis septembre (elles appartenaient alors au ) et commandées par le capitaine Escoubet, participent à la défense de ce dernier, attaqué en vain par les Russes. Devant Sébastopol, dans la nuit du 23 au , le deuxième bataillon du ne parvient pas à s'emparer des « Ouvrages blancs » du mont Sapoune. Le , le de Marine se rend maître de la redoute de Volhynie sur le Mamelon-Vert avec ses deux bataillons (Reybaud et Leprince) dont les et (Trexon et Martin des Pallières) constituent la première ligne - les capitaines des Pallières, Trexon et Graëve, le lieutenant de Barolet, le sergent Hachon et le caporal Labeille se distinguent particulièrement, blessure du capitaine des Pallières. Le , le qui regroupe tous les marsouins valides dans un seul bataillon (Reybaud) prend part à l'assaut contre le fort de Malakoff - les et forment encore la première vague - mais c'est un échec. Les pertes du régiment sont lourdes, notamment le chef de corps - le lieutenant-colonel de Cendrecourt - et trois capitaines sont tués (Graëve, Leprince et Trexon). À l'issue de ces combats le est dirigé vers la presqu'île de Kertch, à l'entrée de la mer d'Azov. Du au il mène une expédition sur la péninsule de Taman (Russie) et s'empare du fort de Phanagoria dont la démolition commence aussitôt et se poursuit pendant dix jours au cours desquels les Russes conduisent en vain quelques attaques de nuit. Le assure ensuite, à son retour à Kertch, la défense de la batterie de Saint-Paul (cap Aq-Burun) avant d'embarquer pour Toulon début . Au cours de la campagne, le de Marine perd plus de la moitié de son effectif engagé en Crimée. À l'issue de ce conflit, l'empereur décide que le drapeau du portera en lettres d'or « Sébastopol ».
Sénégal Dès sa création le de Marine est en même temps engagé au Sénégal. Comme devant Sébastopol, les quatre compagnies du relèvent désormais du et changent donc de numéro fin . Elles occupent des postes fortifiés dans le nord du pays et sur la rive gauche du fleuve Sénégal avec de petits détachements parfois commandés par un sergent, voire un caporal. Le fort de Podor, du fait de sa position-clé, est défendu par une compagnie depuis sa restauration par Faidherbe en 1854. Ces ouvrages servent de bases pour la pacification de la région et pour sécuriser le commerce sur le fleuve. Le cinquante marsouins de la garnison de Podor ainsi que d'autres venus de Saint-Louis avec Faidherbe participent à la destruction d'un campement Azouna (Maures Trarzas) près de Tiagar. Le Faidherbe met en déroute l'armée des Maures et des insoumis du Oualo réunis dans la plaine de Dioubouldou, à l'ouest du lac de Guiers près de Nder, avec la participation de deux compagnies du (Benoit et Bruyas). Le le lieutenant Guillon du fort de Merinaghen (rive sud-ouest du lac de Guiers) mène un raid et brûle le village hostile de Lambaye. Le la compagnie du capitaine Bruyas inflige des pertes aux Maures à Dialakhar ( à l'est de Saint-Louis). Ce même mois de mars, le sous-lieutenant Bargone commandant le poste de Bakel châtie les villages de Marsa et Oundounba où les Toucouleurs de El Hadj Omar recrutent des guerriers puis bombarde et rase le les quartiers hostiles du village de Bakel. Il reçoit la Légion d'Honneur. Le le lieutenant Portalez commandant le poste de Richard-Toll repousse une attaque des Maures. À noter le la défense héroïque contre les Maures de Mohamed-El-Habib, émir des Trarzas, de la tour de Leybar - qui protège le pont de rôniers portant le même nom et conduisant à Saint-Louis - par treize hommes aux ordres du sergent Brunier du qui obtient la Légion d'Honneur; le caporal Meunier et les marsouins Salvadori, Siméon, Toujouse et Vivenot recoivent la Médaille Militaire. Le cent hommes du sous les ordres du capitaine Chirat détruisent les villages de l'ïle Ghélan (aujourd'hui presqu'île de Nouk Pomo) sur le lac de Guiers, qui sont des repaires de brigands. Le les insoumis du Oualo attaquent le village français situé entre le fort de Merinaghen et le lac de Guiers, les habitants mettent l'ennemi en fuite avec l'aide de l'artillerie du poste du lieutenant Guillon. Le alors que l'aviso à vapeur "le Serpent" descend le fleuve en direction de Saint-Louis, il croise une caravane des insoumis du Oualo qui est saisie et dont l'escorte est mise en fuite par quelques marsouins débarqués, commandés par le sous-lieutenant Benech. Le le CB Morel et 300 marsouins s'emparent du village insoumi de Ntiago entre Richard-Toll et le lac de Guiers. Le peut alors participer de façon régulière à la guerre contre les Maures Trarzas et leurs alliés du Oualo et contre les Toucouleurs dans le Fouta-Toro de 1855 à 1859. Un détachement du (CB Morel) provenant à la fois de Saint-Louis et de Podor participe à la colonne du lac Cayar (Mauritanie) du 16 au . Le le capitaine Guillet et mettent en fuite les Maures qui harcèlent le camp français de Koundy (Podor). Le Mohamed-El-Habib est battu sur les rives du lac Cayar (Mauritanie) par une expédition comportant commandés par le capitaine Guillet qui meurt d'une crise aiguë de paludisme au cours du combat. Le la casemate de Nder (rive occidentale du lac de Guiers) attaquée par 400 Maures commandés par Ely, fils de Mohamed-El-Habib, est conservée grâce à huit hommes commandés par le caporal Valette du qui reçoit la Médaille Militaire. En , Faidherbe dirige personnellement une expédition empruntant le fleuve Sénégal, à laquelle prend part une compagnie du , et met fin le 18 au siège du fort de Médine, aujourd'hui au Mali. Sa garnison, où figurent le sergent Desplat et quatre marsouins du , résistait aux violents assauts des Toucouleurs depuis . Ainsi, le le sergent Desplat avait fait une sortie en canot avec une dizaine d'hommes et débusqué des Toucouleurs qui avaient pris pied sur l'îlot en face de Médine en leur infligeant des pertes sévères. S'étant à nouveau distingué contre les Toucouleurs quelques jours après la fin du siège au ravin de Gondiourou près de Médine le , le sergent Desplat reçoit la Légion d'Honneur. Poursuivant son avantage dans le Boundou, le Faidherbe rase le tata de Somsom sur le marigot de Balonkholé - réputé la plus grande forteresse de la région - avec un renfort de venus de Saint-Louis. Le , attaquent le village d'Aroundou dans la région de Bakel, le caporal Gourou qui commande le Pilote, petite batterie flottante qui défend les lieux, repousse par trois fois, avec les habitants et ses marsouins, les assaillants qui ont franchi les lisières du village. Toujours dans la lutte contre El Hadj Omar et ses Toucouleurs, le ce sont trois compagnies avec du (capitaine Millet) qui s'emparent de la ville fortifiée de Guémou (aujourd'hui en Mauritanie), avec des fusiliers-marins et des tirailleurs sénégalais, dans l'expédition du chef-de-bataillon Faron - commandant les tirailleurs du Sénégal - embarquée sur une flottille de six avisos et canonnières sur le Sénégal. À l'issue de sa défaite El Hadj Omar déplace son empire plus vers l'est et s'installe à Ségou (Mali). Au cours de cette période 1855/1859, le participe par ailleurs au raid de Faidherbe sur N'Guick (Diambour) le qui chasse Ely-El-Habib qui s'y était réfugié avec des insoumis du Oualo et, avec venus de Gorée et commandés par le capitaine Arnier des tirailleurs sénégalais, à l'expédition du Siné de .