Les Aciéries du Nord (ADN) sont une ancienne société française de maintenance et de construction ferroviaires. L'entreprise, créée en 1912, possède plusieurs usines dans le Nord de la France : à Hautmont, à Maubeuge ainsi qu'à Cannes dans le quartier de La Bocca.
L'entreprise se spécialise tout d'abord dans la maintenance de matériel roulant ferroviaire puis construit, à partir des années 1930, des autorails pour les grands réseaux ferroviaires français. En proie à des difficultés financières depuis ses débuts, les ADN cherchent à diversifier leurs activités après la Seconde Guerre mondiale, en vain puisque l'entreprise est liquidée en .
Histoire
La société anonyme des Aciéries du Nord est constituée en 1912 afin de reprendre les usines de Hautmont et de Maubeuge de la Société française des aciéries de l'Union, dissoute la même année... Elles sont alors spécialisées dans la fabrication de pièces moulées en fonte et en acier, ainsi que dans la fabrication de pièces pour matériel ferroviaire.. Les deux usines sont occupées pendant la Première Guerre mondiale et environ quatre années sont nécessaires pour reconstituer l'outillage disparu et les capacités de production des usines.
L'entreprise s'oriente dès les années 1920 vers la maintenance et la réparation de locomotives à vapeur, de voitures et de wagons pour le compte des anciennes compagnies, notamment le Nord et le PLM. Des corons sont établis dans le même temps à proximité des deux usines. Durant cette décennie, les ADN rachètent et intègrent plusieurs entreprises : les Fonderies de Douzies (1924), les Chantiers et ateliers de la Capelette (1927), les Ateliers de l'Horme et la Société des ateliers de La Bocca (1930)..
Au tournant des années 1930, la crise que traverse le monde industriel pousse les ADN à diversifier leur activité et à participer en 1931 au concours du PLM portant sur la construction d'autorails à moteur Diesel.. L'entreprise livre à la suite de ce concours deux prototypes d'autorail ADN mis en service entre Toulon, Hyères et les Salins-d'Hyères le ... Les Aciéries du Nord vont ainsi concevoir et construire en partie les autorails ADN, les autorails Standards qui en sont dérivés ainsi qu'une petite série de remorques d'autorail. Ces projets sont conduits notamment avec le concours de la Compagnie industrielle de matériel de transport (CIMT) avec laquelle les ADN se sont rapprochées en 1927.
La société connaît une santé financière fragile au moins depuis les années 1920 et la Seconde Guerre mondiale aggrave encore la situation. L'usine de Le Bocca est détruite le par un bombardement aérien.. La SNCF, devenue seul client des ADN, réduit son parc de locomotives à vapeur et sollicite de moins en moins les ADN pour leurs maintenances. Les Aciéries du Nord tentent alors de diversifier leur activité avec la fabrication de tracteurs.., de moteurs Diesel, de gazogènes. ou de pièces de mécanique générale. Ces initiatives ne permettent pas de redresser les finances de l'entreprise et la liquidation des Aciéries du Nord est prononcée en . Les usines de l'Horme, Maubeuge et Hautmont sont reprises par la Société pour l'exploitation de l'usine de tracteurs de l'Horme (SEUTH) en mais cette nouvelle entreprise est également mise en liquidation judiciaire un peu plus d'un an plus tard... Le site de La Bocca devient Cannes La Bocca Industries (CLBI) puis est repris par AnsaldoBreda en 2009 avant de fermer définitivement en 2012..
Matériel ferroviaire
Au début des années 1920, les différents ateliers des ADN se spécialisent dans la maintenance des locomotives à vapeur, des voitures et des wagons. Au tournant des années 1930, le concours d'autorails du PLM est l'occasion pour l'entreprise de diversifier sa production. En plus des deux autorails d'abord livrés au PLM, les ADN construisent quatre autres prototypes pour le Paris-Orléans (PO) et le Nord. Ce sont ensuite vingt-trois autorails de série qui sont commandés aux ADN par l'État, le PLM et le PO-Midi.. La construction de tous ces autorails fait appel à une caisse fabriquée par la CIMT.
Les autorails Standard dérivent directement des autorails ADN et sont aptes à la traction d'une remorque d'autorail. Cinquante-sept exemplaires sont fabriqués pour l'Est, le Nord et le PO-Midi par la CIMT, Decauville, Bacalan et la Compagnie française de matériel de chemin de fer (CFMCF) sous maîtrise d’œuvre des Aciéries du Nord. Le Nord commande en outre dix remorques d'autorail type Standard construites par la CIMT.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Constructeur ferroviaire Construction métallique Cannes La Bocca Industries Autorail ADN et Standard
Bibliographie
Catégorie:Entreprise fondée en 1912 Catégorie:Constructeur français de matériel ferroviaire disparu Catégorie:Entreprise métallurgique ayant son siège en France Catégorie:Constructeur français d'autorail Catégorie:Entreprise française disparue