Robert Van Oirbeek, surnommé « Petit Robert », né le 4 février 1955 à Forest et mort le 2 novembre 2020 à Jambes, est un criminel belge actif principalement dans les années 1970 et 1980. Il est reconnu comme étant l'un des gangster les plus recherché d'Europe dans les années 1970 et 1980. Il est notamment connu pour une série de braquages de banques, de bureaux de poste et d'établissements financiers, ainsi que pour plusieurs évasions de prisons belges. Proche du commissaire Hubert Delmotte, les deux entretenaient une relation qualifiée de "joueuse". Plusieurs fois, le Petit Robert refusa de se rendre sans la présence du commissaire.

Considéré par les services de police belges comme l'un des criminels les plus recherchés de son époque, il acquiert dans la presse le surnom de « roi de la cavale » en raison de ses nombreuses évasions, dont plusieurs depuis la prison de Lantin à Liège.

Son parcours criminel est marqué par des braquages à main armée, des prises d'otages, des cavales internationales et des arrestations en Belgique, aux Pays-Bas et en France. Il est notamment arrêté à Cannes à la fin des années 1970, puis à Paris en janvier 1988 après une nouvelle cavale.

Après sa dernière période d'emprisonnement connue, Van Oirbeek bénéficie d'une libération conditionnelle en 1996 et affirme avoir rompu avec son passé criminel. En 2000, il réapparaît cependant devant la justice liégeoise dans une procédure visant à récupérer une somme d'argent saisie dans l'un de ses anciens dossiers.

Biographie Il naît à Forest où il vécu pendant quelques années avant de déménager à Saint-Trond.

Après quelques petits vols, ses activités criminelles deviennent plus graves, avec des prises d'otages et des braquages à main armée

Parcours criminel

Première condamnation et premières évasions En 1977, Robert Van Oirbeek est condamné à six ans d'emprisonnement pour le braquage d'un bureau de poste à Woluwe-Saint-Lambert. Il est incarcéré à la prison de Namur.

Le 12 février 1979, il s'évade de la prison de Namur avec Michel Anthemus et Alfred Van de Putte. Il est repris un peu plus d'un mois plus tard, en avril 1979, alors qu'il séjourne dans un appartement à Angleur.

Après son arrestation, il est reconduit à Namur. Le 20 août 1979, il s'évade une nouvelle fois, cette fois avec Michel Anthemus et Yvan Somville. Le groupe fait ensuite l'objet de recherches en raison de plusieurs affaires criminelles et de confrontations avec les forces de l'ordre. Van Oirbeek est finalement arrêté à Nice puis extradé vers la Belgique, où il est incarcéré à Lantin.

Évasions de Lantin

Évasion de 1980 Le 17 août 1980, Robert Van Oirbeek s'évade de la prison de Lantin avec neuf autres détenus. Il est arrêté de nouveau le 21 octobre de la même année à Watermael-Boitsfort.

Cette évasion contribue à sa réputation de détenu particulièrement difficile à maintenir en détention. La presse le présente par la suite comme un « roi de la cavale » et un « maître de l'évasion ».

Évasion du mai 1984 Le 1er mai 1984, Van Oirbeek s'évade une nouvelle fois de Lantin avec un codétenu luxembourgeois. La fuite donne lieu à une poursuite avec la gendarmerie belge. Afin de faciliter sa fuite, Van Oirbeek prend en otage un couple néerlandais.

Durant sa cavale, il est recherché aux Pays-Bas et en Belgique. Selon un article du Limburgsch dagblad, il est retrouvé le 26 août 1984 à Ostende. Il est alors de nouveau incarcéré à Lantin.

Un autre article relatant cette période indique qu'après son évasion, Van Oirbeek aurait été retrouvé dans une habitation de Gemert, aux Pays-Bas, avant de parvenir à nouveau à échapper aux forces de l'ordre. Une course-poursuite aurait ensuite eu lieu dans le nord et le centre du Limbourg néerlandais, au cours de laquelle il aurait pris en otage un couple de Swalmen. Il aurait finalement échappé à la police dans une foule réunie à Boukoul, avant d'être arrêté ultérieurement dans un entrepôt abandonné.

L'évasion de février 1987 Le 8 février 1987, Robert Van Oirbeek s'évade une nouvelle fois de la prison de Lantin, avec le Français Philippe Delaire et les Italiens Paolo Cirelli et Giacomo Marchisone.

L'évasion implique la prise en otage de deux gardiens de prison. Les quatre hommes quittent l'établissement avec un véhicule et libèrent ensuite les otages à proximité de Tongres. Ils sont alors recherchés par les forces de l'ordre et sont signalés comme étant armés.

La presse belge de l'époque présente Van Oirbeek comme un « dangereux criminel » et comme le « roi des évasions ». Selon les informations publiées après l'évasion, il s'était déjà évadé à plusieurs reprises depuis 1979.

Prise d'otages de la famille Leemput Dans la nuit du 8 au 9 février 1987, après leur évasion de Lantin, Van Oirbeek, Philippe Delaire, Paolo Cirelli et Giacomo Marchisone prennent en otage la famille Leemput à Saint-Trond.

Le groupe avait auparavant pris en otage un gardien de prison et utilisé son véhicule avant de l'abandonner dans la région de Tongres. À Saint-Trond, les quatre hommes s'emparent ensuite d'un autre véhicule avant de pénétrer dans la maison de la famille Leemput.

Le couple de bouchers et leurs deux enfants, âgés respectivement de cinq et sept ans, sont retenus pendant plusieurs heures. Les ravisseurs quittent les lieux vers 5 h 30 avec 80 000 francs belges, un fusil de ball-trap et la voiture de la famille.

Selon le récit publié par Het Nieuwsblad, aucun membre de la famille n'est physiquement agressé et Van Oirbeek s'excuse auprès des victimes au moment de quitter la maison.

Les quatre hommes sont ensuite repris par les autorités.

Activités criminelles de 1979 Van Oirbeek est associé à plusieurs criminels actifs en Belgique à la fin des années 1970. Parmi eux figurent Michel Anthemus, Yvan Somville et Maurizio Turato.

Après l'évasion de 1979, Van Oirbeek et plusieurs de ses complices sont soupçonnés d'avoir participé à une série de braquages dans la région de Louvain. Des banques et des institutions syndicales auraient notamment été attaquées à Kortenberg, Diest, Betekom, Heverlee, Louvain et Blanden.

Les recherches conduisent à plusieurs confrontations armées avec la police.

À Saint-Stevens-Woluwe, Maurizio Turato est arrêté après une fusillade avec le groupe Diane. Peu après, une intervention de la Brigade de surveillance et de recherche à Heverlee donne lieu à une nouvelle fusillade au cours de laquelle deux membres de la BOB, Hubert Juveyns et Jozef Deherdt, sont grièvement blessés.

Yvan Somville parvient à prendre la fuite en utilisant une jeune femme comme bouclier humain. Il est ensuite abattu à Ganshoren par le groupe Diane.

Van Oirbeek et sa compagne Anne Lavenne sont alors recherchés en Belgique et à l'étranger. Ils auraient utilisé plusieurs appartements dans la région de Louvain comme refuges.

Les autorités belges retrouvent notamment la trace du couple dans la région d'Alpe d'Huez, en France, mais le logement est abandonné avant l'intervention des enquêteurs. Van Oirbeek et Lavenne sont finalement arrêtés dans un hôtel de Cannes par la police judiciaire française, sans qu'un coup de feu soit tiré.

La Belgique demande leur extradition.

Braquage de Valkenburg Le 30 avril 1987, Van Oirbeek est cité dans une affaire de braquage d'une agence de la banque néerlandaise NMB Bank à Valkenburg aan de Geul, aux Pays-Bas.

Selon la presse, Van Oirbeek et deux complices prennent onze personnes en otage et dérobent environ 13 millions de francs belges.

Cette affaire contribue aux recherches internationales menées contre lui pendant sa cavale de 1987.

Braquage de la Banque Bruxelles Lambert à Gembloux Le 11 novembre 1987, Van Oirbeek est impliqué dans une importante attaque contre une agence de la Banque Bruxelles Lambert (BBL) à Gembloux.

Selon un article publié en janvier 1988, les malfaiteurs prennent plusieurs personnes en otage et ouvrent de nombreux coffres-forts de l'établissement. Le nombre de coffres varie selon les sources contemporaines : l'une évoque 127 coffres, une autre environ 150.

Les estimations de la valeur du butin diffèrent également. La presse évoque plusieurs centaines de millions de francs belges, tandis qu'une autre source mentionne une somme d'environ 500 millions de francs.

L'opération implique la prise en otage de membres du personnel de la banque et dure plusieurs heures. La presse belge présente Van Oirbeek comme l'un des principaux organisateurs de l'opération.

Van Oirbeek nie cependant sa participation à ce braquage lorsqu'il est ultérieurement jugé en Belgique.

Arrestation à Paris Après plusieurs mois de cavale, Robert Van Oirbeek est arrêté à Paris en janvier 1988.

Il est interpellé dans un restaurant italien de la rue du Faubourg-Saint-Honoré par des agents de l'Office central pour la répression du banditisme (OCRB). Il se trouve alors en compagnie de Jean Bernard Duistert.

La police française surveillait l'établissement depuis quelque temps. L'arrestation est effectuée sans échange de coups de feu.

Au cours de la perquisition de son lieu de résidence, les enquêteurs découvrent des armes, environ un million de francs belges et des lingots d'or.

Un de ses complices présumés dans le braquage de Gembloux, Jean-Jacques Gourgues, avait été arrêté en France le 27 novembre 1987.

La justice belge engage ensuite une procédure afin d'obtenir l'extradition de Van Oirbeek vers la Belgique.

Les autorités néerlandaises souhaitent également le poursuivre pour le braquage de Valkenburg du 30 avril 1987.

Extradition vers la Belgique Robert Van Oirbeek est finalement extradé de France vers la Belgique et remis au parquet de Liège. Il est de nouveau incarcéré à Lantin.

Les autorités judiciaires de Namur souhaitent également le poursuivre dans le dossier du braquage de Gembloux, dans lequel il est accusé d'avoir participé à la prise en otage du personnel et à l'ouverture de nombreux coffres-forts.

Selon l'article consacré à son extradition, l'opération de Gembloux avait permis aux malfaiteurs de s'emparer du contenu d'environ 125 coffres et de réunir un butin estimé à environ un demi-milliard de francs belges.

Procès et condamnation Robert Van Oirbeek est poursuivi devant la justice liégeoise pour plusieurs faits, notamment son évasion de Lantin en février 1987 et sa participation au braquage de la BBL de Gembloux.

En 1992, la cour d'appel de Liège augmente sa peine à un total de dix ans d'emprisonnement, soit deux années de plus que la peine prononcée en première instance.

La condamnation porte notamment sur l'évasion de février 1987 et sur le braquage de Gembloux. La peine relative à l'évasion est maintenue, tandis que celle concernant le braquage est portée de quatre à six ans.

La cour considère Van Oirbeek coupable dans le dossier de Gembloux, alors qu'il continue de nier sa participation au braquage.

La qualification juridique de la prise d'otages fait toutefois l'objet d'une nuance : selon l'article rapportant la décision, la cour ne considère pas la prise d'otages comme établie en tant que telle, les victimes ayant été retenues dans le but de faciliter le cambriolage.

Affaire du palais de justice de Liège Le nom de Robert Van Oirbeek apparaît également dans un acte d'accusation du parquet de la cour d'appel de Liège concernant plusieurs personnes poursuivies pour différentes affaires criminelles.

Le document indique que, par des arrêts des 22 juin et 28 septembre 1982, la chambre des mises en accusation de la cour d'appel de Liège avait renvoyé devant la cour d'assises de la province de Liège plusieurs personnes, parmi lesquelles Robert Van Oirbeek.

Un premier arrêt de la cour d'assises de Liège est rendu le 16 décembre 1982 au terme de sept semaines de débats.