vignette|Public devant le mur de son d'un Une , parfois écrit (plus communément nommée free, teuf, ou tawa selon les régions et générations), est une réunion musicale festive à entrée à prix libre, underground et contre-culturelle organisée par un collectif de bénévoles appelé , durant laquelle est diffusée de la musique électronique, et pouvant réunir de quelques dizaines à plusieurs milliers de participants. Ces événements au-delà de leur aspect musical, revendiquent des idéologies associées à la liberté, l'autogestion et le partage. Elles peuvent aussi être un lieu associé à des mouvements politiques anticapitalistes voire même anarchistes, même si tous ses participants ne sont pas forcément politisés.

Ces fêtes sont souvent organisées en dehors du cadre légal, sur des terrains de propriété privée ou publique squattés.

Terminologie L'usage du terme « » plutôt que du terme « » est attribué au Spiral Tribe, un des collectifs anglais réputés pour avoir fait connaître la à travers l'Europe...

La propose un accès gratuit ou sur donation, avec une absence d'encadrement ou de déclaration contrairement à la , qui ..

Le terme « son » désigne souvent le système de sonorisation en lui-même, comme dans l'expression « mur de son » qui désigne l'alignement d'enceintes diffusant la musique ou dans l'expression « poser du son » qui désigne l'action de mettre en place un tel système de sonorisation. Mais ce terme peut aussi s'employer comme synonyme francophone de « » pour désigner l'ensemble des personnes participant à l'organisation de la . Utilisé dans ce sens, il peut aussi être synonyme de (anglais pour « tribu »), terme qui met en avant l'organisation, comme le mode de vie tribal et communautaire souvent adopté par les participants. Selon les régions francophones, et les générations, une est également appelée simplement , rave, teuf, ou tawa.. Les participants à de tels événements sont appelés teufeurs., ou par ambiguïté ravers. Au pluriel, on parle de .

Le terme ne doit pas être seulement entendu dans le sens de « gratuit » mais avant tout dans le sens de « libre » (comme en anglais). Ces fêtes tiennent à se démarquer des soirées que les organisateurs de considèrent comme du mercantilisme.. Elle porterait une vision utopique, une volonté d'émancipation des restrictions et des règles gouvernementales, une idéologie d'autogestion, de transgression de certaines règles (propriété privé, discriminations). Ces revendications permettrait d'expliquer la plus forte répression que subit ce mouvement par rapport à d'autres espace festif non déclarés..

La sonorisation est assurée par le qui s'érige sous forme d'un (mur d'enceintes acoustiques qui peut parfois atteindre plusieurs mètres de longueur et de hauteur) et devant lequel officient les DJ. Dans une même fête, il peut y avoir plusieurs de ces . Le nombre de kilowatts (standard RMS) que le mur va générer et ses dimensions sont des éléments souvent précisés lors de l'annonce de la teuf. Plus le sera important, plus la aura d'importance et attirera de monde.

Histoire vignette|, vue d'ensemble (UK Tek, , Pays de Galles).

Les premières voient le jour en , lors de la restriction de la vie nocturne anglaise instituée par Margaret Thatcher. Celle-ci interdit les rassemblements nocturnes au-delà de du matin, ce qui engendra une vague contestataire qui se traduisit par l'émergence de fêtes illégales. À cela s'ajoute un cadre socio-économique particulier, en effet le pays est alors en pleine crise industrielle. Bientôt les entrepôts et les usines abandonnés serviront de lieu de réunion pour toute une jeunesse désenchantée : c'est la naissance des (« fêtes de hangars »), à proprement dit les premières teufs..

Après l'émergence des acid house durant la fin des années 1980, . étaient attendues pour danser en . Ces événements étaient organisés chaque fin de semaine. Le bruit et les incidents qu'engendraient ces fêtes en milieu rural, comme Genesis '88, ont été dénoncés dans les médias de masse. Le gouvernement britannique sanctionne ces parties illégales de et de six mois de prison. En France, la première nommée Teknival, a été organisée en 1993 près de Beauvais.. Les interventions policières ont mené ces parties souvent illicites à être organisées en milieu rural. Le mot était utilisé pour qualifier ces fêtes semi-spontanées habituellement organisées hors du M25 Orbital et qui attiraient pas moins de . C'est à cette occasion qu'un groupe du même nom, Orbital, a été fondé. Durant les années 1990, les raves commencent à devenir un phénomène mainstream. Dans les années 1989-1992, les personnes ayant voyagé pour participer aux premières raves tentent d'organiser leurs propres fêtes. Au milieu des années 1990, des compagnies majeures sponsorisent les événements et adoptent le style des à des fins commerciales.

Au début des années 2000, le terme « rave » sert à désigner la communauté impliquée dans la musique électronique particulièrement en Europe. Certains européens s'identifient eux-mêmes comme des plutôt que des ravers. Le terme a été utilisé de temps à autre et peut être aperçu dans la vidéo de Spiral Tribe intitulée datant de 1992. Certaines communautés préféraient le terme de , tandis que d'autres préféraient le terme . Depuis que des lois sont adoptées pour empêcher voir bannir l'organisation de ces fêtes illicites au Royaume-Uni, ces raves anarchiques sont organisées en Europe et en France, pays dans lesquels les lois donnaient au maximum l'organisation de par an : deux dans le sud, et deux dans le nord.

Caractéristiques et composantes Idéologie et valeurs

vignette|gauche| à Cahors (France) en 2007.

Les free party sont porteuses de valeurs et d'idéologies s'opposant au norme marchandes et normative du capitalisme. Ceci se retrouve par exemple dans le rejets des clubs et de leurs normes : code vestimentaire., sélection à l’entrée, horaires, soumission à la législation en matière de stupéfiants, l'entre-soi. Ces dimensions des clubs et autres espaces festifs encadrés sont reniées et remplacées par des pratiques alternatives comme la solidarité, le troc, la gratuité, la liberté d’entrée et de sortie, la diffusion de messages politiques engagés ou l'utilisation de psychotropes. Ces valeurs sont présentes chez un nombre significatif de participants. Les festivals peuvent aussi être considérés comme des espaces de liberté, mais celle-ci est avant tout définie par une vision libérale de la liberté, c'est-à-dire une vision individualiste où les règles sont transgressées temporairement avant un retour à la quotidienneté du travail. Au contraire, les free party seraient porteuses d'une vision plus critique de la liberté, notamment du fait du mode de vie alternatif qui y est associé et qui sort du cadre du néolibéralisme. Pourtant cette idéologie néolibérale est aussi présente dans les discours de participants aux Free party, notamment via une vision de la liberté comme étant une simple transgression des règles.. La dimension collective de la fête est aussi une valeur centrale et caractéristique qui rivalise avec les fêtes commerciales. Celle-ci se manifeste par la participation du public à l’événement (pour le nettoyage, le montage, le soin, etc). Ce système social du don est une nécessité pour que les free party fonctionnent. Il peut atteindre ses limites lors de l'organisation de gros événements comme les teknival pour lesquels la participation d’institutions peut être considérée comme indispensable ..

vignette|Flyer d'une free party du sound system des Amplithorynques. La communication passe par des flyers qui ne citent que rarement le nom des DJ, privilégiant le nom des sound systems. Les DJ ne sont pas mis en avant sur une scène comme c'est le cas dans les rave party. Au contraire, ils sont souvent discrets, derrière la scène. Ceci peut être vu comme une forme de résistance à la marchandisation de la musique : les DJ ne sont pas hiérarchisés, posés en idoles ou utilisés comme objets publicitaires, la dimension collective est favorisée et la marchandisation de la musique est rejetée . Toutefois certaines logiques commerciales alternatives existent en particulier chez les travellers : bar improvisé, stands (produits de seconde main, ou fabriqués par des teufeurs), donations etc.

En tant qu'espace de rencontre physique entre des personnes partageant une conscience commune et qui génère des émotions, une free party peut être décrite comme un rituel.. Les basses fréquences créent un déplacement de l’air et de la matière qui interagi avec le corps créant une sensation de vent et de mouvement. Elle donnerait l’impression de faire partie d’un tout. Celles-ci et certaines rythmiques renvois aux instruments percussifs qui furent nos premiers instruments. Elles renvoient aussi au battement de cœur que les fœtus entendent dans le ventre de leur mère. Elles pourrait donc créer une sensation très primitive et physique.

Certains auteurs établissent un lien fort entre les free party et les espaces revendiquant un droit à la ville comme les ZAD/TAZ, les squats ou les modes de vie alternatifs.. En effet, une est habituellement organisée dans un espace squatté. Leur caractère illégal et la répression forcent les free party à se faire discrètes. Le lieu est tenu secret et n'est dévoilé qu'au dernier moment, de façon parfois très sommaire, et avec une logique de cooptation.

Musique et influences culturelles La free party est née de la répression de la musique électronique (difficulté de trouver des lieux, stigmatisation de la musique, horaire de fermeture, etc). L'idéologie du mouvement se reflète dans la musique qui y est créée : une musique en marge des styles dominants où le bruit, le chaos à une place proéminente ..

vignette|Trois synthétiseurs utilisés pour produire de la musique. Les « basses » et leur répétition sont aussi une caractéristique des genres diffusés en free party. Ainsi, parmi les styles les plus représentatifs, on trouve la tekno, la hardtekno, la techno hardcore (breakcore, speedcore, acidcore…), la tribe, l'acid ou encore la mental, sous-genre de la tribe. Ces styles se différencient de la musique techno, house et trance quiintègrent plus d'éléments issus des musiques acoustiques et qui sont plus réappropriés commercialement.. L'utilisation de samples graves aux séquenceurs, la dimension gratuite et aléatoire de bruit donne un penchant populaire à ces styles. Ces styles dépourvus de mélodies et centrés sur le bruit encouragent l'apparition de nouveaux instruments sans claviers, comme l'influente TB 303. Mais la free party est héritière de plusieurs autres cultures comme le punk, le reggae ou celle des soundsystem de Jamaique. Ainsi on y trouve d'autres genres plutôt originaires de la culture afro-américaine comme la jungle, la drum and bass, la Bassline. et aussi le hip-hop.

La musique est souvent mixée par les DJ sur des platines (avec des disques vinyles issus de productions pour la plupart libres de droits SACEM et distribuées via des réseaux alternatifs tels que la vente par correspondance ou de petits magasins spécialisés). Elle peut aussi être produite en direct comme le font les , et parfois avec des interventions vocales en direct pour accompagner le son (musiciens et rappeurs).

La culture musicale et l'esthétique des free party ont une influence culturelle internationale qui se propage dans les sphères mainstream de la société.. Par exemple, le gabber aux BPM plus rapides, et aux sonorités inspirées des jeux vidéo, sort du cadre des free party pour devenir une musique commerciale.

Culture nomade et hippie vignette|Tekno traveller chargeant un camion au Czech teknival 2003.