Le Chat est un film franco-italien réalisé par Pierre Granier-Deferre, sorti en 1971.

Il s’agit de l'adaptation du roman Le Chat de Georges Simenon, paru en 1967.

Synopsis Dans les années 1970, un couple de retraités, les Bouin, habite à Courbevoie en banlieue parisienne, alors en plein bouleversement en raison des importants travaux d'urbanisme conduits à l'époque dans ce quartier qui prend le nom de la Défense.

Julien Bouin est un ancien ouvrier typographe ; sa femme, Clémence, est une ancienne trapéziste de cirque dont la carrière s'est terminée trop tôt, à la suite d'une chute lors d'un spectacle. Ils n'ont jamais eu d'enfants.

Après vingt-cinq ans de mariage, les sentiments des Bouin se sont amenuisés avec le temps, le couple vivant maintenant en huis clos dans leur pavillon de banlieue, avec pour seule forme de communication des échanges de notes écrites sur des bouts de papier. Dans cette atmosphère de cohabitation pesante, désormais plus forcée que souhaitée, ni l'un ni l'autre ne désire quitter la maison, bien que celle-ci doive bientôt être détruite pour laisser place aux grands ensembles en cours de construction dans le quartier.

Lorsque Julien recueille un chat errant, auquel il voue toute son affection, la jalousie de Clémence atteint un paroxysme et se transforme en haine. Une guerre silencieuse, âpre et implacable, s’instaure autour de ce chat.

Fiche technique

Titre : Le Chat Réalisation : Pierre Granier-Deferre Scénario : Pierre Granier-Deferre, Pascal Jardin, d'après le roman éponyme de Georges Simenon Dialogues : Pascal Jardin Assistants réalisateur : Philippe Lefebvre, Michel Rubin Images : Walter Wottitz Opérateur : Philippe Brun, assisté de Valery Ivanow, Yves Pouffary Son : Jean Rieul, assisté de Vartan Karakeusian Décors : Jacques Saulnier, assisté de Georges Glon Montage : Jean Ravel, assisté de Michèle Robert-Lauliac Musique : Philippe Sarde (éditions Eddy Marnay) Chanson : Le Temps des souvenirs, paroles d'Eddy Marnay, interprétée par Jean Sablon Orchestration : Jean-Michel Defaye Costumes : Jo Ranzatto Habilleuses : Yvette Bonnay, Micheline Bonnet Maquillage : Maud Begon, Yvonne Gasperina Coiffures : Jean Pottier Photographe de plateau : Marcel Dole Script-girl : Sylvette Baudrot Animaux de Daniel Nicolicci Régisseur général : Jean Guillaume, assisté de Lionel de Souza, Mireille Tanguy Régisseur extérieur : Jean Nossereau Ensemblier : Charles Merangel Attaché de presse : Pierre Hani Mixage : Alex Pront Tournage en 1970 aux studios de Boulogne et à Courbevoie Générique : Stan Pays de production : , Budget : 4,75 millions de francs. (soit environ en ) Production (franco-italienne) : Lira Films, Gafer, Comacico, Cinétel (Paris) et Ascot Cineraid (Rome) Directeur de production : Ralph Baum Producteur délégué : Raymond Danon Producteur associé : Maurice Jacquin Distribution : Valoria Films, Connaissance du Cinéma/Les Acacias Format : couleur par Eastmancolor — 1.66:1 — monophonique (Westrex Recording System) — 35 mm Laboratoire Franay L.T.C Saint-Cloud Genre : drame psychologique Durée : 86 minutes Date de sortie : (France) Affiche : René Ferracci (France)

Distribution Jean Gabin : Julien Bouin Simone Signoret : Clémence Bouin Annie Cordy : Nelly, la patronne de l'hôtel Floride Jacques Rispal : le docteur Harry Max : le retraité Carlo Nell : l'agent immobilier André Rouyer : le délégué Yves Barsacq : l'architecte Isabel del Rio : la fille à la moto Renata Birgo : la crémière Nicole Desailly : l'infirmière Florence Haguenauer : Germaine Georges Mansart : le garçon à la moto Ermano Casanova : le patron du café

Production Lieux de tournage Le film a été tourné à Courbevoie, dans le quartier de la Défense (partageant trois quartiers limitrophes de Courbevoie, Puteaux et Nanterre) alors en construction : impasse Dupuis (disparue, y ont été construits la tour Neptune et le quartier des Damiers) : le pavillon des Bouin ; place Victor-Hugo ; ancien square Jean-Jaurès, aujourd'hui square de l'Hôtel-de-Ville ; rue Jules-Guesde (aujourd'hui disparue) à Puteaux : l'hôtel de Nelly.

Sortie et accueil

Le film connaît un démarrage poussif au box-office à sa sortie. Sur Paris, où il débute dans quatre salles, Le Chat prend la quatrième place du box-office avec ., tandis que sur l'ensemble du territoire français, il ne parvient qu'à se hisser à la quatorzième place du box-office national avec depuis sa sortie.. Le film voit le nombre d'entrées augmenter les semaines suivantes, atteignant la cinquième place durant les trois semaines suivantes, dont un pic à en quatrième semaine, pour un total de depuis le début de son exploitation en salles., avant de commencer à voir sa fréquentation baisser en cinquième semaine. Il atteint les au début du mois de ..

Il quitte le top 30 hebdomadaire en avec , pour un cumul de ., pour y revenir brièvement en bas de classement deux semaines plus tard en s'approchant des .. Pour sa première année d'exploitation en salles, Le Chat totalise , ce qui lui permet de se hisser à la 32 place du box-office annuel de 1971.. L'année suivante, le film continue de manière plus discrète son exploitation en salles avec supplémentaires., lui permettant de dépasser le million d'entrées.

Le résultat du box-office en fin d'exploitation du Chat, avec dont sur Paris., par rapport à la précédente collaboration entre Gabin et Granier-Deferre avec le film policier La Horse et ses deux millions d'entrées, peut s'expliquer par le sujet difficile du film, moins commercial qu'un polar, qui malgré un départ modéré, a réussi grâce au bouche-à-oreille à s'imposer sur la durée au fil des semaines..

Distinctions Festival international du film de Berlin 1971. : Ours d'argent du meilleur acteur pour Jean Gabin ; Ours d'argent de la meilleure actrice pour Simone Signoret (ex æquo avec Shirley MacLaine pour Desperate Characters) ; nomination à l'Ours d'or du meilleur film pour Pierre Granier-Deferre.

Analyse L'histoire du Chat est inspirée d'un instant de vie de la mère de l'auteur, Georges Simenon, et avec laquelle il entretient des relations difficiles.

Dans ce film, les deux « monstres sacrés » du cinéma français, Simone Signoret et Jean Gabin, s'affrontent dans ce huis clos implacable. Il s'agit du de Gabin, et celui qu'il considérait comme son meilleur de l'après-guerre« Jean Moncorgé, la face cachée de Jean Gabin », émission Un jour, un destin sur France 2..

Le Chat s'inscrit aussi dans une série de films mettant en scène Jean Gabin et témoignant d'une forme de rejet (au cinéma) des grands ensembles en construction. Le Chat est à ce titre emblématique, de la même façon que Mélodie en sous-sol en 1963, ou Rue des prairies en 1959. Ces grands ensembles en train d'être construits détruisent le monde dans lequel les personnages, incarnés par Gabin et Signoret, vivaient, celui des pavillons de banlieue« Filmer les grands ensembles », documentaire en ligne sur les représentations audiovisuelles des grands-ensembles, CHS (CNRS / Paris1), 2014 / Retouches techniques du film en 2016..

Notes et références

Liens externes

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