Andrew Jackson (Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.), né le à (Les Carolines) et mort le à Nashville (Tennessee), est un militaire, planteur esclavagiste et homme d'État américain. Il est le président des États-Unis, en fonction du au , et le premier issu du Parti démocrate.
Il est l'une des figures les plus influentes et controversées de l'histoire américaine. Né dans une famille modeste dans la région des Waxhaws à la limite entre la Caroline du Nord et la Caroline du Sud, il s'est fait un nom en tant que soldat et héros de la Guerre de 1812, notamment pour sa victoire décisive lors de la bataille de La Nouvelle-Orléans.
Avant sa présidence, Jackson a mené une carrière de juriste et d'homme politique dans le Tennessee, et il était un ardent défenseur des colons américains contre les populations amérindiennes, un aspect controversé de son héritage. En tant que président, il a marqué l'histoire avec la mise en place de ce que les historiens ont appelé la , une approche qui prônait un pouvoir accru pour les citoyens ordinaires et une méfiance envers les élites politiques et économiques.
Jackson a également façonné la présidence avec des actions comme la fermeture de la Second Bank of the United States, qu'il considérait comme une menace pour la liberté individuelle et l'autonomie des États. Toutefois, sa politique indienne, marquée par le célèbre Indian Removal Act de 1830, a conduit à des déplacements forcés massifs des Amérindiens à l'ouest du Mississippi, dont la célèbre .
Son leadership populiste et ses positions fermes contre le système établi ont fait de lui une figure polarisante. Malgré cela, il est resté une icône de la montée du pouvoir démocratique aux États-Unis, en particulier pour les petits fermiers et les ouvriers. Son héritage continue d'alimenter les débats, tant pour ses contributions à la démocratie américaine que pour les impacts dévastateurs de certaines de ses politiques, notamment vis-à-vis des droits des minorités. Il était également planteur et partisan de l'esclavage.
Biographie Jeunesse Andrew Jackson naît le dans la région des , dans Les Carolines, alors en Amérique britannique. Il est le fils d'Elizabeth Hutchinson et d'Andrew Jackson, un couple Scots d'Ulster ayant émigré de Carrickfergus environ deux ans plus tôt. Son père meurt trois semaines avant sa naissance, à la suite d'un accident. Le lieu exact de naissance de Jackson est débattu : il est né quelque part dans les environs de l'actuelle Waxhaws, à proximité de la frontière entre la Caroline du Nord et la Caroline du Sud. Jackson déclarait être né dans une cabane à l'intérieur des frontières de la Caroline du Sud.
Il a reçu une éducation sporadique à l'école du village. Durant la guerre d'indépendance, Jackson, à l'âge de , rejoint le régiment local. Andrew et l'un de ses deux frères, Robert Jackson, sont faits prisonniers de guerre par les Britanniques et meurent presque de faim en captivité. Lorsqu'Andrew refuse de nettoyer les bottes d'un officier anglais, celui-ci lui envoie des coups d'épée, le laissant avec des cicatrices sur sa main gauche et sur sa tête, ainsi qu'avec une haine profonde à l'égard des Anglais. Durant leur emprisonnement, les deux frères attrapent la variole. Leur mère obtient leur libération en arguant de leur âge, mais Robert meurt quelques jours plus tard. Sa mère meurt du choléra six mois plus tard. Tous les membres de la famille immédiate d'Andrew Jackson meurent d'une cause liée à la guerre, qu'il impute aux Britanniques. Il devient orphelin à l'âge de .
Jackson est le dernier président des États-Unis à être ancien combattant de la guerre d'indépendance, et le deuxième à avoir été prisonnier de guerre après Washington.
Tennessee Retournant à ses études, après l'expulsion des Anglais, il devint avocat au barreau de Salisbury en Caroline du Nord (1784), puis avocat général de district à Nashville, dans le Tennessee (1788). Jackson y fit ses débuts dans le commandement militaire, à la tête de quelques milices, contre les Amérindiens qu'il repoussa loin des frontières.
Le Tennessee étant admis à entrer dans l'Union, le jurisconsulte Jackson fut chargé de rédiger la Constitution du nouvel État. Représentant du Tennessee au Congrès général (1796), sénateur l'année suivante, il donna sa démission et revint dans ses foyers.
Juge de la Cour suprême de l'État et commandant en chef de la milice du Tennessee, il ne conserve que ce dernier titre (1799), et se consacre à l'agriculture. Treize ans après, des hostilités éclatent en 1812, entre les États-Unis et l'Angleterre, faisant de Jackson, ancien magistrat, législateur et laboureur, le premier homme de guerre de l'Union, ou, selon l'expression emphatique adoptée par les Anglais, le lion de l'Amérique du Nord.
Carrière militaire Guerres amérindiennes, cœur de la guerre de 1812 Jackson s'est fait connaître par la guerre Creek puis la première guerre séminole qui forceront les Amérindiens à émigrer à l’ouest du Mississippi pour permettre aux pionniers de s’installer. Dans le Sud, ces guerres sont au centre de la guerre de 1812 contre les Britanniques, accusés de les fomenter (prétexte à la spoliation des Amérindiens, malgré les promesses et engagements du gouvernement fédéral).
Son ami Edward Livingston, ex-maire et procureur de New York, connaît le droit maritime et les litiges consécutifs à la guerre d'indépendance. Il œuvre à cette guerre de 1812 qui éloigne les troupes fédérales, permettant à Andrew Jackson de lever une milice pour combattre les Creeks, puis d'annexer leurs terres lors de l'Alabama fever.
Élevé au grade de major général des milices, Jackson est chargé en décembre 1812 de conduire un corps de volontaires sur le Mississippi. En résistant aux ordres contradictoires et injustes d'un employé du gouvernement central, il gagne l'affection des miliciens. C'est au cours de cette guerre qu'il semble avoir reçu son surnom d', qui fait référence à la dureté du bois de noyer.
Sa difficile et périlleuse campagne contre les Amérindiens creeks (1813) se termina par un coup de force qui fit date dans les Annales militaires de l'Union. Jackson est informé que les Creeks, réfugiés dans les Florides, possession de l'Espagne, sont armés par le gouverneur espagnol de Pensacola, en violation de sa neutralité. Sans attendre l'autorisation qu'il demande à son gouvernement, Jackson pénètre dans les Florides. Deux espions anglais qu'il fait juger par cour martiale sont pendus. La place de Pensacola est emportée de vive force ; le gouverneur espagnol, les Amérindiens et les Anglais sont châtiés et Jackson se retire.
En 1814, Jackson commande à la bataille de Horseshoe Bend, Alabama, où 700 Amérindiens creeks sont tués alors qu’il ne perd que . Les Cherokees, prenant les Creeks à revers, permettent à Jackson et ses miliciens de gagner cette bataille. Un traité de paix est signé donnant aux colons américains accès à un territoire de près de .
À la fin de la même année, Jackson est en Floride où il se bat contre les Amérindiens séminoles. Ce peuple agricole occupait le nord de la Floride à la demande des Espagnols, afin de protéger la colonie contre les États-Unis. Ils accueillaient également les esclaves en fuite, esclaves qui ont combattu à leurs côtés. Jackson est nommé gouverneur militaire de l’État en 1819 et le territoire est cédé par l'Espagne en 1821 par le traité d'Adams-Onís, moyennant une somme d'argent plutôt dérisoire compte tenu de la superficie de la Floride, et sans la moindre bataille avec les Espagnols (qui, il est vrai, étaient préoccupés par leurs possessions en Amérique du Sud ainsi qu'aux Caraïbes).
Bataille de La Nouvelle-Orléans, aux côtés de Jean Lafitte vignette|Andrew Jackson en 1819.|gauche Enfin, le , Jackson est à La Nouvelle-Orléans en Louisiane pour se battre contre les Britanniques dans la dernière bataille de la guerre de 1812. La nouvelle de l’armistice signé la veille de Noël 1814 par le traité de Gand n'étant pas parvenue, la bataille se déroule le On lui donne pour récompense le grade de major général dans l'armée régulière, et La Nouvelle-Orléans, capitale de la Louisiane, à défendre contre les Anglais ; il est forcé d'y proclamer la loi martiale, et n'a que à opposer à de troupes anglaises qui ont fait les campagnes de France contre Napoléon .
Son ami Edward Livingston a négocié une amnistie pour les milliers de pirates de Jean Lafitte, dont de nombreux réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique, combattent aux côtés de la milice, dont l'artillerie, commandée par d'anciens officiers français, et l'infanterie, rivalisant d'ardeur (), mettant, en moins d'une heure, hors de combat, et remportent la victoire. Les Anglais regagnent leurs vaisseaux. Jackson est proclamé libérateur et second sauveur de la patrie ; il est ensuite condamné à une amende de par un juge qu'il a fait arrêter et éloigner de la ville pour s'être opposé à ses ordres. Jackson paie l'amende ; mais une souscription de des principaux citoyens lui restitue cette somme le jour même. Le général, au sortir du tribunal, est porté en triomphe. entre britanniques entraînés et environ dont une grande partie sont des partisans du corsaire-pirate Jean Lafitte qui fait la loi dans la région des Caraïbes. La victoire vaudra à Jackson d’être considéré comme un héros national ; les pertes britanniques s’élèvent à , et 552 disparus tandis que les pertes américaines sont seulement de , , 93 disparusCes pertes correspondent au cumul des victimes dans les deux camps du 23 décembre 1814 (arrivée des navires anglais) au 8 janvier 1815 (retraite anglaise)..
C'est l'époque où le ressentiment contre l'Angleterre reste fort et la tentation d'aller vers le Mexique, pour peupler de nouveaux territoires, de plus en plus vive. Le gouvernement donne son feu vert à la Vine and Olive Colony, vaste compagnie coloniale cultivant en fait du coton et s'étendant sur carrés de terres vierges, fondée par des centaines de planteurs français de Saint-Domingue, dans ce qui n'était pas encore l'État d'Alabama mais le vaste territoire de Louisiane, racheté à la France napoléonienne en 1803. Ce secteur devient un haut lieu de l'histoire de la culture du coton.
Avant la magistrature suprême vignette|redresse|Affiche électorale contre Andrew Jackson, 1828. Le , Jackson est élu gouverneur de Floride. Il se retira de nouveau à la campagne, et l'on peut remarquer que c'est après y avoir passé encore quatorze ans, comme cultivateur, qu'il fut élevé par les suffrages de ses concitoyens à la magistrature suprême ().
Il se présente à l’élection présidentielle de 1824 et obtient plus de suffrages populaires et de voix des grands électeurs que ses concurrents mais il n’a pas la majorité absolue. C’est un vote de la Chambre des représentants qui donne la présidence à John Quincy Adams. Cet événement entraîne une fracture au sein du parti républicain-démocrate (les trois présidents précédents : Thomas Jefferson, James Madison et James Monroe étaient issus de ses rangs). Les partisans de John Quincy Adams fondent le parti national-républicain tandis que les partisans de Jackson fondent le parti démocrate actuel des États-Unis.
Jackson se représente en 1828 et, cette fois, remporte l'élection avec une majorité substantielle. C’est le premier président élu au suffrage universel qui vient d’être instauré dans un grand nombre d’États et sa réputation d’homme du peuple et de chasseur d’Indiens n’y est pas étrangère. Il appartient à la franc-maçonnerie..
Esclavagiste vignette|Maison des maîtres de sa plantation .
Il encourage la formation des groupes de vigilantes afin de surveiller les esclaves et les abattre en cas de rébellion. Il est lui-même propriétaire d'une plantation dans le Tennessee, sur laquelle travaillaient en 1845..
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