thumb|Carte de prédominance des rites latins (et de l'Église catholique) ou des rites orientaux (et des églises orthodoxes) par pays La messe de Paul VI, ou messe paulinienne, parfois appelée messe de Vatican II, ou , est un des rites de la liturgie de l'Église catholique. Elle est célébrée selon les éditions 1970, 1975 et 2002 du Missel romain. Depuis 1970, la messe selon le missel promulgué par Paul VI constitue le rite romain, qui demeure le rite le plus largement célébré.

En publiant en 1970 sa nouvelle édition du Missale Romanum, Paul VI a, avec le Consilium, mis en œuvre la révision du rite romain demandée par la constitution Sacrosanctum Concilium du concile Vatican II, travail poursuivi par ses successeurs. Certains d'entre eux, notamment Jean-Paul II, y ont introduit des changements.

Cette messe a été appelée par le pape Benoît XVI en 2007 la , au côté de ce qu'il nommait la dans son motu proprio Summorum Pontificum. Au contraire, son successeur le pape François indique en 2017 que la réforme liturgique issue du concile Vatican II est nécessaire, acquise et irréversible. En 2019, devant la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, il met en garde contre les « polarisations idéologiques stériles » en matière de liturgie. Enfin, en 2021, par le motu proprio Traditionis custodes, le pape François abroge Summorum Pontificum et proclame qu'il n'existe qu'une seule forme du rite romain, celle de Paul VI et de Jean-Paul II.

Histoire

Nom et statut

Benoît XVI a appelé cette messe la du rite romain de la messe, qu'il distinguait de la représentée par l'édition de Jean XXIII (1962) du Missel romain.. Le pape François indique dans Traditionis custodes : « Les livres liturgiques promulgués par les saints pontifes Paul VI et Jean-Paul II, conformément aux décrets du concile Vatican II, sont la seule expression de la lex orandi [règle de prière] du rite romain. »..

Benoît XVI, comme son successeur, a précisé que le Missel contenant la messe qu'il nomme n'était pas de Paul VI seul, étant .

L'expression Novus Ordo (Nouvel Ordre ou Nouvel Ordinaire) marque la différence entre cette messe et celle de 1962, ou Vetus Ordo (Ancien Ordre).

Le rite romain rénové

vignette|redresse=1.2|Messe en la cathédrale Notre-Dame de Paris, 2014. La constitution Sacrosanctum Concilium du concile Vatican II demandait une révision du rite romain. Son article 36 dispose que et ajoute : .

La mise en œuvre de la révision demandée par Sacrosantum Concilium est confiée au Consilium ad exsequendam Constitutionem de Sacra Liturgia (1964-1970).

La Congrégation des rites promulgua un missel révisé, à la suite de la constitution apostolique Missale romanum du . Cette révision est entrée en vigueur à partir du pour la langue latine et, pour les autres langues, à partir de la parution des versions respectives. Ce missel fut imprimé en 1970 : c'était la première édition à s'intituler « Missel romain restauré par décret du sacro-saint concile œcuménique Vatican II » (Missale romanum ex decreto sancrosancti oecumenici Concilii Vaticani II instauratum). Les précédentes avaient pour titre (Missale romanum ex decreto sacrosancti Concilii tridentini restitutum).

Cependant, l'unité liturgique voulue par Vatican II n'est pas synonyme d'uniformité rituelle (Sacrosanctum Concilium ). Le missel ainsi révisé est celui du rite romain, qui est le plus largement employé dans l'Église latine, et ne concerne pas les autres rites (notamment les rites monastiques et les rites locaux).

Principales réformes

vignette|redresse=1|Messe de l'Assomption à Villafranca de la Sierra (Espagne). L’Ordo missae (ordinaire de la messe) du Missel romain publié après le concile Vatican II veut apporter une clarification et une simplification par rapport aux cérémonies qui s'étaient progressivement accumulées dans le rite romain au cours des siècles. Par la constitution Sacrosanctum Concilium, les pères conciliaires, dans la lignée du mouvement liturgique, voulaient favoriser la mise en valeur du mystère de l'eucharistie en permettant une meilleure compréhension des rites, grâce, notamment, à certaines simplifications.

Les différences proviennent aussi bien de ce que l’Ordo missae oblige à faire, que de ce qu'il permet. Là où le rite romain était très précis et rigoureux, la liturgie restaurée introduit plus de choix de variantes en donnant des indications d'opportunité. La différence la plus évidente est que l'office peut être célébré en langue vernaculaire et non plus uniquement en latin. Le Concile, tout en demandant de conserver le latin, parle d'utiliser la langue du pays et ajoute que, si quelque part un emploi plus large de la langue du pays dans la messe semble opportun, la conférence épiscopale considérera ce qui peut opportunément être admis. . Ainsi on permet de remplacer le psaume responsorial marqué dans le lectionnaire de la messe par le chant (grégorien) du graduel, sans que cela soit une obligation. Alors que Sacrosanctum Concilium ne contenait pas cette demande, il est recommandé à présent que l'autel soit construit de manière à pouvoir en faire le tour pendant son encensement et éventuellement célébrer la messe face au peuple, mais cette orientation de la prière n'est pas une obligation. Les maîtres-autels sont traditionnellement bâtis face à l'Est : le soleil levant est le rappel de la résurrection. Les anciennes basiliques romaines (comme Saint-Pierre de Rome) ont la porte tournée vers l'Est : le célébrant se tourne donc vers le peuple pour faire face au soleil levant. Sauf à Rome, la majeure partie des églises étaient construites, avant le ., avec le chœur à l'est : le prêtre face à l'autel regardait vers l'Est et était nécessairement dos au peupleCf. .. La norme actuelle est de rappeler à la fois la forme de la et de l'autel du sacrifice. Ceci laisse libre l'orientation du célébrant, qui depuis plus de cinq siècles n'est plus astreint à se tourner vers l'Est ; maintenant il se place le plus souvent derrière l'autel, donc face au peuple. En tous les cas, le véritable critère de l'orientation de la prière à la messe n'est pas le peuple mais Dieu, vers lequel le célébrant se tourne spirituellement pour lui présenter le sacrifice de l'Église dont il est le ministre. Alors que Sacrosanctum Concilium ne contenait pas cette demande, la prière eucharistique est dite à haute voix (), ce qui est un retour à la pratique antique où cette prière était dite à voix normale. Le missel indique clairement quelles sont les prières que le prêtre dit en silence, mais recommande qu'il chante les parties de la prière eucharistique pour lesquelles le missel donne des notes musicales.

L'édition de 2002

La seule expression universellement autorisée du rite romain de la messe actuellement en vigueur est la troisième édition typique du Missel romain en latin, révisé selon les normes du concile Vatican II et publié en 2002. (Une réimpression de la même édition en 2008 a corrigé quelques erreurs et a permis de choisir quelques autres formules d'envoi en lieu de l’Ite missa est.) Cette édition comporte de nombreux changements de détail par rapport aux éditions précédentes de 1969 et 1975, en particulier dans la Présentation générale du Missel romain qui décrit en détail la célébration de la messe.

Changements dans lOrdo missae.: Quelques prières eucharistiques additionnelles sont incorporées dans le Missel. Pendant que celles incluses dans l'''Ordo missae et qui sont d'usage général restent toujours au nombre de quatre, on en a ajouté deux pour la réconciliation, une autre (qui contient quatre variantes de la préface et de l'intercession) pour circonstances particulières, et, en appendice, deux pour les messes célébrées avec des groupes d'enfants. Cet appendice a été omis dans la réimpression de 2008. La prière eucharistique pour des circonstances particulières était appelée parfois , parce que sa version originale, désormais sévèrement retouchée, avait été composée à l'occasion du Synode suisse de 1972, et avait été officiellement autorisée par le Saint-Siège dans les territoires d'au moins 27 conférences épiscopales., mais son usage comme prière eucharistique ordinaire n'est plus permis. On a ajouté des nouvelles préfaces (martyrs, Marie Mère de l'Église), nouvelles messes (vigiles d'Épiphanie et de l'Ascension, plusieurs de Marie ; deux pour des circonstances particulières, quatre votives) et quelques oraisons nouvelles, en particulier des oraisons destinées à la conclusion des messes de Carême, selon un usage ancien restauré.

On a ajouté au sanctoral 22 célébrations absentes dans l'édition antérieure du Missel romain, dont onze avaient été ajoutées précédemment au calendrier romain général. Les onze nouvelles, trois sont de saints canonisés par le pape Jean-Paul II, sont facultatives.

Texte et traductions

La traduction officielle en français de la Présentation générale du Missel romain de 2002 (troisième édition typique) a été publiée en avril 2008 et le texte se trouve sur le site du Saint-Siège. Les droits d'auteur de cette version sont détenus par l'Association épiscopale liturgique pour les pays francophones (AELF).

Le texte officiel actuel de la messe en latin est la troisième du Missel romain révisé, publiée en 2002 par Jean-Paul II après sa promulgation en 2000, puis reproduit avec des corrections et une mise à jour en 2008.

Déroulement de la messe de Paul VI

Ouverture de la célébration Procession d'entrée vignette|Procession d'entrée Le prêtre se rend à l'autel en procession, précédé des clercs et servants de messe : accompagné du naviculaire, le thuriféraire qui balance son encensoir fumant ouvre la procession, si l´on emploie l´encens« On peut, à son gré, employer l´encens, quelle que soit la forme de la messe » ().; sinon c'est le cruciféraire portant la croix de procession et les céroféraires l'encadrant et portant des cierges allumés qui précèdent la procession ; puis suivent les acolytes (porte-missel, porte-micro lorsque le prêtre qui préside la messe ne se tient pas à l'autel), un lecteur ou un diacre élevant l'évangéliaire ; les diacres puis les prêtres clôturent la procession, sauf lorsque la cérémonie est présidée par l'évêque.. Dans ce cas, la procession des diacres, deux par deux et des prêtres concélébrants deux par deux, est clôturée par l'évêque coiffé de la mitre et portant la crosse, suivi un peu en arrière des porte-insignes ( à droite, à gauche, équipés des vimpas) et du cérémoniaire qui l'assiste..

L'introït, ou un chant en langue vernaculaire qui peut le remplacer, est exécuté par la chorale ou le peuple (seuls ou en alternance) ou par un chantre en alternance avec le peuple.

Salut à l'autel Le cérémonial du salut à l'autel date du , l'encensement a été ajouté au .

Arrivés au sanctuaire de l'église, le prêtre et les ministres saluent l’autel, symbole du Christ. d’une inclination profonde ou, s'il y a dans le sanctuaire le tabernacle avec le Saint-Sacrement, ils font la génuflexion. Puis les ministres ordonnés vénèrent l'autel en le baisant et après, si cela est opportun, on encense la croix et l'autel.

Signe de croix, formule de salutation La messe commence par le signe de croix, puis le prêtre salue l'assemblée par une formule du type (Dominus Vobiscum) ou (si le célébrant est un évêque) « La paix soit à vous » (Pax vobis), l'assistance répond . On manifeste ainsi .

Alors qu'il n'existe pas de tradition liturgique, Paul VI demande au Consilium que l'ouverture de chaque messe commence désormais par un signe de croix prononcé à haute voix par le célébrant.

Préparation pénitentielle La préparation pénitentielle dérive des , initialement réservées au prêtre et à ses ministres, et auxquelles l'assemblée était invitée à participer silencieusement durant les messes basses. Plusieurs formules sont utilisables : Le Confiteor date du et a été simplifié en 1969.