Warren Gamaliel Harding (Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.), généralement appelé Warren G. Harding, né le à (Ohio) et mort le à San Francisco (Californie), est un homme d'État américain. Membre du Parti républicain, il est le président des États-Unis, en fonction du jusqu'à sa mort.
Ancien journaliste et éditeur de presse, il entre en politique à la fin du et devient sénateur des États-Unis pour l'Ohio de 1915 à 1921. Candidat républicain à l'élection présidentielle de 1920, il l'emporte largement sur le démocrate James Middleton Cox en promettant un « retour à la normale » après les années de guerre et de réformes progressistes de Woodrow Wilson.
Son mandat est marqué par une politique économique libérale et isolationniste, la création du Bureau du budget et plusieurs mesures conservatrices. Toutefois, son administration est rapidement éclaboussée par des scandales de corruption — notamment le scandale du Teapot Dome — impliquant plusieurs membres de son entourage, connu sous le nom de « Gang de l'Ohio ».
Alors qu'il tente de restaurer son image par une tournée dans le pays, Harding meurt subitement en , probablement d'une crise cardiaque. Son vice-président Calvin Coolidge lui succède à la présidence.
Biographie Origines et formation Warren Gamaliel Harding naît le à , dans le comté de Morrow, dans l'Ohio. Ses parents, Phoebe Dickerson et George Harding sont tous deux médecins, sa mère ayant elle aussi obtenu le titre, rare à cette époque, grâce à son expérience de sage-femme. Il est l'aîné de six enfants et ses héros d'enfance sont Alexander Hamilton et Napoléon. Après ses études secondaires au « Central College » de l'Ohio, il commence à travailler et finit, à , par racheter un journal local dont il est rédacteur pendant les cinq années suivantes.
À l'âge de , Harding est sujet à une dépression nerveuse et passe plusieurs semaines dans un hôpital psychiatrique. Deux ans plus tard, il épouse Florence « Flossie » Mabel Kling DeWolfe, âgée de , divorcée et mère d'un enfant. Florence DeWolfe avait hérité l'entêtement et le sens des affaires de son père et avait poursuivi Warren de ses ardeurs jusqu'à obtenir satisfaction. Son père était opposé au mariage et n'adressa pas la parole au couple pendant plusieurs années. Leur mariage n'est pas un exemple de passion amoureuse, Harding prêtant plus d'attention au poker et aux autres femmes qu'à la sienne.
Warren Harding est admis dans la franc-maçonnerie en 1901 mais, du fait de certaines inimitiés personnelles, son avancement au sein de sa loge est retardé jusqu'à sa nomination à la candidature présidentielle en 1920.
Parcours politique Débuts Son influence en tant qu'éditeur de journal lui permet d'être élu au Sénat de l'État de l'Ohio en 1899, puis lieutenant-gouverneur de l'Ohio (1903-1905). Dans les deux cas, ses états de service passent relativement inaperçus et il retourne à une vie normale en 1905.
Il se présente au Sénat en 1914 et reste sénateur jusqu'en 1921, devenant ainsi le premier sénateur en fonction à être élu président des États-Unis.
Comme au cours de son premier mandat de sénateur, il ne se distingue pratiquement que par ses absences lors des deux tiers des votes à main levée dont celui du amendement donnant le droit de vote aux femmes.
Élection présidentielle de 1920
Warren Harding était quasiment inconnu hors de son État et il n'obtient la nomination en tant que candidat du Parti républicain que grâce aux manœuvres de ses amis, en particulier les magnats du pétrole Harry Ford Sinclair et Edward L. Doheny qui corrompent les délégués à la convention républicaine de , « Le pétrole, le président et les voyous », Le Monde, 7 août 2013. Questionné sur son passé pour s'assurer qu’il n'existait pas un épisode malencontreux que ses concurrents pourraient utiliser contre lui, Harding répond non à tout alors que ses études supérieures sont limitées, qu'il a souffert d'une dépression et passé plusieurs années en psychiatrie, que ses relations avec son épouse sont difficiles (il l'appelle « la duchesse »), qu'il était pendant longtemps l'amant de la femme d'un de ses amis et qu'il buvait de l'alcool pendant la prohibition (ce qu'il continuera à faire à la Maison-BlanchePap Ndiaye, « Présidence de Donald Trump. L'impossible "impeachment" », L'Histoire , décembre 2018, .). L'opposition va mettre au jour ces insuffisances pendant sa présidence.
Le candidat démocrate aux élections de 1920 est le gouverneur de l'Ohio, James Middleton Cox (dont le colistier est Franklin Delano Roosevelt). En fait, ces élections sont un référendum sur la continuation ou non de la politique progressiste de Woodrow Wilson. Le programme de Harding de « retour à la normale » (Return to normalcy) est isolationniste, centré sur les WASP et sur la non-intervention de l'État fédéral dans les affaires intérieures.
Pendant la campagne électorale, la rumeur prétend que le trisaïeul de Warren Harding est un Noir des Caraïbes et que d'autres Noirs se cachent dans son arbre généalogique. En réponse, le responsable de sa campagne annonce qu'« Aucune famille de l'État de l'Ohio n'a un passé aussi clair et honorable que les Harding, des pionniers aux yeux bleus et au sang pur issus de la Nouvelle-Angleterre et de la Pennsylvanie ». En privé, Warren Harding admettra toutefois la possibilité qu'un de ses ancêtres ait pu franchir la barrière des couleurs.
Warren G. Harding est élu très facilement. Dans l'ensemble, son programme, basé sur le « retour à la normale » (sous-entendu, à l'isolationnisme après les ingérences de Woodrow Wilson dans la politique européenne), recueille l'adhésion d'une opinion publique qui n'a pas apprécié l'interventionnisme américain durant la Première Guerre mondiale. Eugene Victor Debs, le candidat du Parti socialiste, en prison pendant le vote, obtient quant à lui 3 % des suffrages.
Candidat Parti Vote populaire % Collège électoralWarren G. HardingRépublicain60,3404James M. CoxDémocrate34,2127
Présidence vignette|Première réunion du cabinet Harding en 1921.
Investi le en tant que vingt-neuvième président des États-Unis, Harding commence son mandat par des lois qui isolent les États-Unis. Sur le plan intérieur, il favorise la politique du laissez-faire et les trusts, entame une politique contre les drogues et l'alcool, mais se laisse surtout déborder par de multiples scandales l'impliquant par son entourage proche. C'est en voulant faire une tournée dans le pays pour améliorer son image qu'il tombe malade et meurt avant d'achever son mandat.
Relations internationales En raison de la brièveté de son mandat et de son manque d'intérêt pour la politique étrangère, Harding n'a laissé que peu de marque dans ce domaine. Sa présidence marque tout de même une nette rupture avec la phase d'interventionnisme wilsonien.
Ainsi, dès le , il signe une loi restreignant l'immigration annuelle en fonction de la nationalité. Cette loi gêne l'immigration en provenance des pays d'Europe du Sud et d'Europe centrale favorisant du coup les pays du Nord de l'Europe. Une semaine plus tard, le Congrès augmente les droits de douane afin de protéger l'économie. En juillet, sans avoir réglé la question de la réparation des dommages de guerre, il signe une résolution déclarant officiellement la fin de la guerre avec l'Allemagne, et inaugure la tombe d'un soldat inconnu au cimetière national d'Arlington prélevé dans un cimetière français, le . Il laisse la main à son secrétaire d'État, ministre des Affaires étrangères (Charles Evans Hughes), qui négocie, à la conférence navale de Washington de 1921-1922, une limitation des flottes militaires en vue de réduire les tensions existantes entre les États-Unis, le Royaume-Uni et le Japon dans le Pacifique, et il met fin le à l'occupation américaine en Allemagne.
Il refuse l'adhésion des États-Unis à la Société des Nations, que son prédécesseur Wilson avait pourtant largement promue.
Politique intérieure et affairisme Là encore, il limite ses initiatives et semble se laisser déborder par son entourage affairiste (on dit que c'est sa femme qui aurait écrit son discours d'investiture). Après avoir fait campagne sous le slogan « moins de gouvernement dans le business et plus de business dans le gouvernement », il opte pour une politique de dérégulation, de baisses d’impôts et de droits de douane prohibitifs.
Une fois élu, Warren Harding nomme de nombreux alliés et amis aux plus hautes fonctions politiques. Connus sous le nom de « gang de l'Ohio », certains d'entre eux profitent de leurs pouvoirs pour voler le gouvernement. La corruption est endémique dans le gouvernement ou administration Harding sans qu'on sache exactement si ce dernier était réellement au courant des agissements illégaux de ses amis. L'un des plus célèbres scandales est celui du Teapot Dome qui choquera les Américains bien des années encore après la mort de Harding. Ce scandale impliquait l'ancien sénateur du Nouveau-Mexique, Albert B. Fall, qu'Harding avait nommé le secrétaire à l'Intérieur et qui fut finalement reconnu coupable d’avoir concédé des terres fédérales à des intérêts privés en échange de prêts personnels. Alors que l'administration démocrate précédente du président Woodrow Wilson refusait toutes leurs demandes de concessions pétrolières, Fall avait par décret transféré le contrôle des réserves de pétrole de la Marine à l'Intérieur et l'exploitation de ces champs pétrolifères avait été sous-traitée à des compagnies pétrolières dont les propriétaires avaient offert à Fall un prêt à taux zéro de . Ce scandale du Teapot Dome, du nom d'un de ces champs pétrolifères dans le Wyoming, dura plus de deux ans, et, en 1931, Fall devient le premier membre d'un gouvernement américain à être envoyé en prison. On compte aussi Charles R. Forbes, ami du président nommé à la tête du Bureau des anciens combattants, arrêté pour pots-de-vin et envoyé huit mois en prison. Son assistant Charles Cramer s'est suicidé. Jess Smith, assistant du procureur général Harry M. Daugherty, s'est lui aussi suicidé, en 1923. Il n’existe cependant pas de preuve démontrant l'implication du président dans ces affaires.
Warren G. Harding dira : . En fait, Warren Harding préfère jouer au golf et au poker deux fois par semaine et, bien qu'ayant voté en faveur de la prohibition quand il était sénateur de l'Ohio, il maintient à la Maison-Blanche un important stock d'alcools de contrebande. Il assiste régulièrement aux matchs de baseball, et son image se dégrade très vite. On lui doit toutefois la création du Bureau du Budget, ce qui accroît les pouvoirs du président en lui donnant la responsabilité du budget fédéral global plutôt que ministère par ministère.
Harding prend des mesures conservatrices, mais limitées, comme l'interdiction aux médecins de prescrire de la bière ou des spiritueux pour soigner un malade () ou (aussi appelé le Jones-Miller Act) qui crée le Federal Bureau of Narcotics (Bureau fédéral de contrôle des substances narcotiques).
L'économie de guerre a permis aux femmes d'acquérir des postes qui leur étaient jusque-là interdits. Elles ont voté pour la première fois aux élections de 1920 et deviennent une force politique à qui il faut faire des concessions d'où le passage de lois finançant les soins prénataux, par exemple ().
La minorité noire reste défavorisée : au retour de la guerre, les Noirs, en particulier au Sud, ne veulent pas reprendre « leur place ». Beaucoup d'entre eux émigrent vers le Nord qui, s'il n'est pas égalitaire, ne pratique pas ouvertement la discrimination des lois Jim Crow.
Mort La santé de Harding est fragile. Les médecins prescrivent plusieurs traitements aux résultats variables. Le président souffre de neurasthénie, d'insuffisance cardiaque et se plaint de douleurs à la poitrine ou de crampes à l'estomac ; de plus, Harding est en surpoids et fume beaucoup.