Le parc national des Cévennes est un parc national français créé le , couvrant la région naturelle des Cévennes et situé principalement dans les départements de la Lozère, du Gard et de l'Ardèche. Il s'étend donc sur deux régions : l'Occitanie et l'Auvergne-Rhône-Alpes. Son siège se trouve au château de Florac.

Le parc national des Cévennes présente plusieurs particularités qui le distinguent des autres parcs nationaux français : il est le seul à être situé en moyenne montagne et, avec le parc national de forêts, l'un des deux seuls de métropole dont le cœur est habité et exploité par des résidents permanents (agriculture et chasse).

Son coeur est classé comme aire protégée de catégorie II par la Commission mondiale des aires protégées de l'Union internationale pour la conservation de la nature.

Le parc est également reconnu réserve de biosphère par l'Unesco depuis 1985. vignette|Le logo du parc.

Géographie Situation et description générale

thumb|right|Carte du parc national des Cévennes, indiquant en rouge le cœur du parc (zone de protection) et en vert l'aire d'adhésion à la Charte.|300px thumb|left|Les Cévennes sur la carte de France. thumb|upright=1.35|Panorama sur les Cévennes vues du causse Méjean : Florac et la vallée de la Mimente

Seul parc national français de moyenne montagne, le parc national des Cévennes se découpe en deux zones principales : le cœur« Parc national des Cévennes, zone cœur » - FR3300004. Fiche et cartographie Natura 2000. et l'aire optimale d'adhésion« Parc national des Cévennes, aire d'adhésion » - FR3400004. Fiche et cartographie ZNIEFF Natura 2000.. Il existe aussi une zone de transition« Réserve de biosphère des Cévennes, zone de transition » - FR6500005. Fiche et cartographie Natura 2000..

Le parc national couvre 93 500 hectares et regroupe 152 communes. Il abrite de ce fait une population permanente significative : vivent sur ce territoire dont quelque 600 dans le cœur. Les habitants sont essentiellement des exploitants agricoles.

Le parc national s'étend à l'ouest sur les Grands Causses, vastes plateaux calcaires, à l'est sur les vallées cévenoles schisteuses, au nord sur le mont Lozère granitique. Les étages de végétation s'étalent de l'étage méso-méditerranéen sur toutes les gorges sud-ouest, jusqu'à l'étage subalpin au mont Lozère.

Relief Le parc national des Cévennes est un territoire de moyenne montagne formé de quatre entités géographiques distinctes : le massif de l’Aigoual, le causse Méjean avec les gorges du Tarn et de la Jonte, le mont Lozère et les vallées cévenolesParc national des Cévennes, Les quatre massifs..

L'altitude du parc varie de à Anduze jusqu'à au sommet de Finiels, point culminant du Parc au sein de la barre granitique du mont Lozère. La montagne du Bougès granitique et schisteuse culmine à au signal du Bougès.

Le mont Aigoual comporte à son sommet le signal de l'Hort de Dieu ou Tourette de Cassini (1 565 m) qui porte l'observatoire météorologique dont le sommet de la tour culmine à 1 571 m.

Le pic de la Fageolle ou pic Ferrège (1 555 m) domine le versant sud-est.

Le massif de l'Aigoual comprend également les sommets du Lingas (1 445 m) et du St Guiral (1 366 m), le plateau de l'Espérou (1 415 m) et le col de Prat Peyrot (1 380 m). Le col de la Sereyrède (1 300 m) se situe sur la ligne de partage des eaux.

Entre le village de Valleraugue (cote 300-350 m) au fond de la vallée et le sommet, le dénivelé de 1 250 m est un des plus importants du Massif central.

Les gorges du Tarn au nord et de la Jonte au sud sont bordées de falaises dites "en traits de scie" plongeant en parois subverticales sur 500 à 600 m de profondeurAtlas des paysages du Languedoc-Roussillon, Fondements géographiques et historiques des paysages de la Lozère, Les paysages et les reliefs, DREAL Languedoc-Roussillon..

Le rebord sud-est du Massif central présente des hauts plateaux calcaires, les Causses qui s'élèvent entre 700 et plus de 1 200 m d'altitude. Ces étendues aplanies sont découpées par les gorges profondes des rivières. Le causse Méjean est le plus haut, avec une altitude de 800 m à 1 247 m au mont GargoAtlas des paysages du Languedoc-Roussillon, Les fondements des paysages du Gard, Fondements géographiques et historiques, Les paysages et les reliefs, DREAL Languedoc-Roussillon..

Les pentes cévenoles schisteuses, raides et profondément modelées par une succession de serres et vallées étroites courent sur plus de 1 000 m de dénivelé des hauteurs lozériennes vers les garrigues languedociennes.

Au-dessus de 900 m d'altitude se situe la partie haute des pentes cévenoles le long d'une ligne séparant le Gard et la Lozère dans le massif des Monts de la Lozère avec un point culminant à 1506 m près du plateau de la Croix de l’Hermite et dans le massif de l’Aigoual au mont Aigoual à 1565 m. À moins de 900 m d'altitude, sous la limite de la zone du châtaignier, on trouve les paysages des basses CévennesCentre ornithologique du Gard, Les districts biogéographiques.

Géologie Les massifs cévenols sont constitués de roches variées : les roches du Paléozoïque constituant le socle ancien : des schistes, sur lesquels poussent entre autres les châtaigniers, azoïques, les terrains carbonifères isolés en bassins de faible extension (grès, psammites, quartzites) renfermant des charbons longtemps exploités, les granites, plus résistants à l'érosion, constituent les sommets les plus élevés. Le mont Aigoual et le mont Lozère sont datés d'environ 300 millions d'années ; les roches du Mésozoïque qui recouvrent les contreforts des massifs schisteux et granitiques : les roches calcaires, dolomies et grès…

Le tout est limité au sud-est par la fameuse faille des Cévennes, qui n'est plus active aujourd'hui. Elle a beaucoup fonctionné par le passé, notamment en décrochement sénestre pour accommoder la déformation pyrénéenne mais aussi en faille normale pour ouvrir le fossé d'Alès (Paléogène).

Climat Le climat des Cévennes est méditerranéen et progressivement montagnard en fonction de l'altitude. Il se caractérise par de fortes précipitations aux équinoxes et une sécheresse estivale importante. Le gradient des précipitations annuelles est très fort depuis Alès ( environ) jusqu'au mont Lozère (plus de ) soit près de en une trentaine de kilomètres.

Les Cévennes sont le théâtre des épisodes cévenols : ce sont des pluies diluviennes accompagnées d'orages très localisés et concentrées sur quelques heures, voire quelques jours. Elles sont principalement dues à la rencontre entre l'air froid venant de l'Atlantique remontant sur les sommets des Cévennes et l'air chaud venu de la Méditerranée.

En raison de leur soudaineté, de leur violence et de la géographie locale, ces épisodes conduisent souvent à des inondations parfois dramatiques (1890, 1907, 1958, 2002…).

Hydrographie Le parc national est à cheval entre deux grands bassins versants (ou « bassins hydrographiques ») : le bassin de la Garonne côté atlantique et les bassins du Rhône et de plusieurs petits fleuves côté méditerranéen. La ligne de partage des eaux forme un axe approximatif d'orientation sud-ouest / nord-est.

Les principaux cours d'eau sont la Cèze, le Gardon, l'Hérault et le Chassezac pour le bassin méditerranéen et le Lot, le Tarn, la Jonte et la Dourbie pour le versant atlantique.

Le réseau hydrographique qui parcourt le parc est caractérisé par sa longueur, la densité des affluents et l'hétérogénéité de leur répartition. Là où les causses karstiques à l'ouest présentent un réseau superficiel rare et sinueux, les massifs métamorphiques et granitiques au centre et dans les Cévennes méditerranéennes accueillent un réseau dense. La longueur totale des cours d'eau de la zone centrale est estimée à , contre environ , soit une densité de de réseau par km en moyenne.

+ Liste des cours d'eau, du nord au sudAtlas du parc, section Hydrographie et bassins versants, page 14 Versant méditerranéen Borne, Chassezac, Clarou, Altier, Paillère, Cèze, Ganière, Homol, Luech, Gardon d'Alès, Galeizon, Gardon de Saint-Germain-de-Calberte, Gardon de Saint-Martin-de-Lansuscle, Gardon de Sainte-Croix, Gardon de Mialet, Gardon de Saint-André-de-Valborgne, Borgne, Gardon de Saint-Jean-du-Gard, Hérault, Salindrenque, Arre, Vidourle, Rieutord, Arboux, Souls, Bavezon, Vis Versant atlantique Lot, Nize, Bramont, Tarn, Rûnes, Mimente, Malzac, Sistre, Briançon, Tarnon, Fraissinet, Jonte, Brèze, Béthuzon, Bonheur, Trèvezel, Dourbie

Répartitions départementale + Répartition de la superficie du parc en hectares en 2014, . Lozère Gard Ardèche Total Cœur 0 Aire d'adhésion Espace parc (cœur + aire d'adhésion)

Populations et activités socio-économiques Population Seul parc national de France métropolitaine dont le cœur accueille des résidents permanents, le parc national des Cévennes comptait au une population de permanentsParc national des Cévennes : une économie au service des habitants, un territoire attractif. La densité de population sur l'ensemble du parc () est donc de . Pour ce qui est du cœur (), la population est d'environ habitants permanents soit une densité de .

Chasse Autre caractéristique du parc national des Cévennes le différenciant des autres parcs nationaux, la pratique de la chasse y est maintenue y compris dans le cœur du parc, avec cependant une réglementation différente du droit général de la chasse en FranceArticles à du décret 70-777 portant création du parc national des Cévennes, version consolidée au 10 mai 2005.. Pour cette raison, le parc national des Cévennes est classé en catégorie V des aires protégées de l'UICN, la même que les parcs naturels régionaux, tandis que les autres parcs nationaux de France appartiennent à la catégorie II.

En 2010, la loi Grenelle ll (Article 143) a complété l'article de la loi de 2006 sur les parcs. en précisant que les personnes ayant autorisation de chasser dans le parc ..

Agriculture et pastoralisme Une des priorités de l'établissement du parc national, est de favoriser une agriculture qui soit à la fois dynamique, productive, respectueuse de l’environnement et gestionnaire des paysages et de la biodiversité.

L'agropastoralisme est la principale garantie de la conservation et de l’entretien des paysages remarquables, inscrits au patrimoine mondial de l’humanité, et de la biodiversité exceptionnelle ( du patrimoine faune/flore français) du Parc national des Cévennes, issue d'un équilibre subtil entre milieux forestiers et milieux ouverts.

Les agriculteurs sont encouragés à adopter des pratiques agricoles vertueuses du point de vue environnemental notamment par les mesures agri-environnementales et climatiques (MAEC), dispositif de subventions Europe/État auquel l’établissement public contribue en tant qu’opérateur sur le territoire du Parc national.

L’agro-écologie et l’agriculture biologique sont favorisées. L’approche globale de l’agro-écologie permet d’améliorer la qualité environnementale des pratiques agricoles et de reconnaître l’importance de l’agriculteur qui les met en œuvre. L’ensemble des principes de l’agriculture biologique en fait partie. L’agro-écologie invite également à utiliser des variétés adaptées localement, à raisonner l’emploi de l’eau, à limiter l’érosion des sols et les pollutions d’origine agricole, tout en valorisant les savoir-faire locaux.

L’établissement public aide les agriculteurs à valoriser leurs produits avec la marque "Esprit parc national" en cours de déploiement dans le Parc national.

La charte du Parc national affirme aussi la volonté du territoire d'être accueillant pour l’abeille domestique, qui joue un rôle essentiel de pollinisation. L’établissement public met en œuvre, avec la profession apicole, un appui technique auprès des apiculteurs professionnels et amateurs du territoire (cofinancement d’une thèse de doctorat sur l’abeille noire, journée apicole annuelle, contrats patrimoine pour la restauration de ruchers-troncs, installation d’un rucher-école…).

Le bilan et l’avenir