(latin : Flavius Valerius Leo Iunior Augustus), né entre 467 et 469 et mort en 474, est un empereur de l'Empire romain d'Orient durant l'année 474. Petit-fils de l'empereur Léon , qui règne de 457 à 474, il lui est apparenté par sa mère, Ælia Ariadnè, tandis que son père est l'aristocrate originaire d'Isaurie, Zénon.

Comme est dépourvu d'héritier mâle, son petit-fils devient assez vite le successeur désigné, surtout après l'élimination du général Aspar en 471. est d'abord nommé césar, probablement en 472, puis couronné comme coempereur par à l'automne 473. Il lui succède à la mort de ce dernier en janvier 474. Alors très jeune, sa régence est de fait assurée par son père, Zénon, couronné également comme coempereur à la mort de Léon .

Cependant, meurt à l'automne 474, apparemment de cause naturelle. Une source isolée affirme qu'il survit jusqu'à l'époque de ( 527-565), mais il s'agit fort probablement d'une confusion avec un autre personnage. De manière générale, la chronologie exacte des événements de sa brève existence reste sujette à débats entre les historiens.

Biographie vignette|Buste de , grand-père de , conservé au musée du Louvre.|alt=Buste d'un empereur romain en marbre. Origines familiales

est le fils de Zénon et d'Ælia Ariadnè, elle-même fille du souverain , qui règne sur l'Empire byzantin de 457 à 474 et qui n'a pas de fils. Ainsi, par sa mère, est apparenté à l'empereur régnant au moment de sa naissance, lequel est lui-même issu d'un milieu relativement modeste et doit surtout son ascension impériale à l'influence d'Aspar. Celui-ci, chef d'origine germanique, ne peut espérer devenir empereur mais jouit d'une grande influence à la cour impériale, à tel point qu'il peut imposer sur le trône en 457. Finalement, parvient à se détacher de son influence et le fait assassiner en 471, ainsi que son fils, Ardabur. Dans l'intervalle, Léon s'est efforcé de consolider des alliances grâce à ses filles, notamment Ælia Ariadnè. Elle épouse vers 466 ou 467 Zénon, originaire d'Isaurie et qui fait figure depuis quelques années de principal concurrent à Aspar. Cette lutte de pouvoir, parfois décrite comme des oppositions ethniques entre chefs barbares et aristocrates romains, en particulier ceux d'origine isaurienne, est en partie contestée à ce jour, au profit d'alliances entre différentes grandes familles et groupes d'influences.

Quoi qu'il en soit, le mariage entre Zénon et Ælia Ariadnè donne rapidement un fils, en la personne de Léon, homonyme de son grand-père. Il est vraisemblablement né en 467 car Jean Malalas, suivi par la Chronique de 1234, qui s'appuie sur l'histoire ecclésiastique de l'auteur du Jean d'Éphèse, rapporte qu'il meurt à l'âge de sept ans. Toutefois, la Vie de Daniel le Stylite, une hagiographie, relie la naissance de au mariage entre Zénon et Ariadnè, lequel est lié à l'élévation au consulat de Zénon, qui intervient en 469, ainsi qu'à sa nomination comme magister militum. Sur cette base, Rafal Kosinski estime que le mariage intervient en 468. Il devient alors délicat d'envisager une naissance de avant cette année. Elle interviendrait plus vraisemblablement en 469. Dans une recherche de cohérence entre cette hagiographie et le récit de Jean Malalas, plus tardif, Brian Croke estime que la nomination de Zénon comme magister militum est à rattacher à sa campagne militaire contre les Huns et les Goths en 467, mais cette interprétation ne fait pas consensus. Il est également possible de citer la campagne militaire qui intervient en Thrace en 469, notamment la répression de la tentative de révolte d'Anagaste, pour expliquer que les sources indiquent que naît alors que Zénon est absent de Constantinople

D'autres dates ont parfois été avancées. Ainsi, Norman Baynes interprète le texte de Jean Malalas comme impliquant que est dans sa septième année à sa mort. Il aurait donc eu six ans en 474 et serait ainsi né en 468, mais la plupart des historiens, dont Brian Croke, ne le suivent pas. De même, l'hypothèse avancée par Lane Fox d'une naissance en 471 est généralement rejetée. Elle s'appuie sur le fait qu'Ælia Ariadnè aurait d'abord épousé Patrice, un fils d'Aspar, en 468, avant d'en divorcer l'année suivante, ce qui paraît peu vraisemblable.

césar vignette|gauche|Portrait de dans le Mutinensis gr. 122 du .|alt=Portrait d'un jeune empereur sur la page d'un manuscrit. Rapidement, apparaît comme l'héritier présomptif du trône. Alors que est déjà âgé, puisqu'il a autour de 67 ans à la naissance de son petit-fils, la question de sa succession devient centrale. Au , le principe dynastique est très relatif. Tant Marcien ( 450-457), le prédécesseur de , que lui-même sont arrivés au pouvoir au travers de manœuvres de palais entre les différents groupes d'influence qui dominent Constantinople. Pour consolider la position de , son grand-père le fait d'abord nommer césar, la plus haute dignité après l'empereur, généralement décernée au successeur. Ce fait est attesté par le récit de Nicéphore Calliste Xanthopoulos. Si celui-ci est écrit plusieurs siècles après l’événement, il s'appuie probablement sur des textes aujourd'hui perdus, notamment l'histoire ecclésiastique de Théodore Anagnostès, datée du début du . Là encore, la date exacte de la nomination de comme césar est sujette à débat. Il paraît peu probable qu'elle intervienne avant 471, date de la mort d'Aspar, car celui-ci a fait nommer césar son propre fils, Patrice, en 470. Par ailleurs, il est probable que Léon ait envisagé de nommer son beau-fils Zénon comme césar. Il en aurait été dissuadé par l'impopularité relative de celui-ci à Constantinople, mal-aimé en raison de ses origines isauriennes et de convictions religieuses insuffisamment favorables au concile de Chalcédoine. Il est également possible que Léon ait douté de ses aptitudes au gouvernement.

Quoi qu'il en soit, face à la dégradation semble-t-il rapide de son état de santé, nomme son petit-fils césar. Une interprétation traditionnelle, portée par Otto Seeck notamment, suivie par la Prosopography of the Later Roman Empire par exemple, place cette accession à l'automne 473, soit dans les dernières semaines de vie de . Un élément est plus spécifiquement rattaché à la nomination de comme césar. Elle intervient à peu près au même moment qu'une éruption du Vésuve. C'est ce que rapporte Théodore Anagnostès mais aussi Georges Cédrène, qui s'appuie probablement sur des éléments venant de Jean Malalas. Selon Cédrène, c'est alors qu'il préside formellement des jeux liés à cette nomination que de la cendre venant de l'éruption recouvre Constantinople. Or, selon Marcellinus Comes, plus proche témoin de l'éruption, celle-ci intervient bien en 472, mais il ne la relie pas à la nomination de comme césar. Toutefois, sur la base d'autres récits, des historiens comme Seeck préfèrent dater cette éruption de 473. En outre, les défenseurs de la thèse de l'année 473 rappellent que Jean Malalas indique comme durée de règne pour un an et vingt-trois jours et qu'il accède au consulat en 474. Il est alors traditionnel pour un souverain de devenir consul l'année suivant son intronisation. Rafal Kosinski plaide également pour l'année 473, mettant en exergue que toutes les pièces de monnaie faisant figurer le représentent avec une couronne, l'attribut des Augustes. Il n'existerait donc pas de pièces de la période lors de laquelle il est césar car celle-ci aurait été très brève. Il souligne enfin que Marcellinus Comes écrit que la mort de intervient juste après qu’il a nommé son petit-fils comme césar..

Toutefois, d'autres historiens, comme Brian Croke, préfèrent s'appuyer sur la combinaison du récit de Marcellinus Comes et de Georges Cédrène pour placer l'accession à la dignité de césar vraisemblablement en octobre 472, soit juste avant l'arrivée de la cendre provenant du Vésuve. Cette chronologie peut également s'accorder avec la question du consulat. Si devient césar tard dans l'année 472, le consul pour l'année 473 est déjà désigné, ce qui reporte celui de à 474. En outre, les historiens partisans de cette chronologie rappellent que la durée d'un an et vingt-trois jours est moins liée à la fonction de césar qu'à celle d'Auguste. Vincent Puech défend aussi la thèse de l'année 472.

coempereur vignette|redresse|Feuillet de diptyque impérial représentant l'impératrice Ariane, mère de , conservé au musée national du Bargello.|alt=Feuillet en ivoire représentant une impératrice. Finalement, si devient césar en 472, c'est un an après, à l'automne 473, qu'il accède à la dignité d'Auguste, ou bien au tout début de l'année 474 pour les historiens plaçant la nomination de comme césar à la fin 473. Son grand-père est alors très malade et, en associant son petit-fils à la fonction suprême, espère garantir au mieux sa succession. Cette association au pouvoir est confirmée par les quelques pièces de monnaie qui les montrent tous deux conjointement sur la même face. Peter Crawford souligne d'ailleurs que ces preuves numismatiques font pencher pour un couronnement comme coempereur à l'automne 473, ce qui laisse suffisamment de temps aux ateliers monétaires d'adapter leurs frappes avant la mort de . Surtout, la formule est gravée sur les pièces, faisant référence au salut de l'État, pour symboliser la perspective d'une succession pacifique et donc la continuité de l'Empire dans la stabilité. Par ailleurs, est souvent nommé , soit Léon Auguste junior, ce qui explique également son surnom de « Léon le Petit », pour le distinguer de son grand-père.

Le couronnement de comme empereur est relativement bien connu car rapporté par le De ceremoniis ou Livre des cérémonies rédigé par et qui s'appuie sur Pierre le Patrice. L'événement a lieu dans l'Hippodrome et est organisé par le magister officiorum Eusebius. Il rassemble la population, des ambassadeurs étrangers et les différents corps de l'armée. Dans un premier temps, les habitants en appellent à , repris en latin par les militaires, jusqu'à ce que l'empereur apparaisse dans la kathisma, accompagné du Sénat. est alors toujours dans le Grand Palais avec le patriarche Acace de Constantinople. semble particulièrement affaibli puisque les soldats autant que les habitants l'invitent rapidement à s'asseoir. Différentes acclamations ont alors lieu, tant en faveur de l'empereur que de son petit-fils. Celui-ci est finalement couronné par son grand-père et peut alors saluer la foule. Vincent Puech souligne à cet égard la particularité du couronnement d'un coempereur, qui est clairement le fait de l'empereur régnant et dans lequel, par exemple, le patriarche occupe une fonction plus secondaire, se contentant de réciter une prière.. Par la suite, l'éparque et le Sénat offrent une couronne en or au jeune coempereur, tandis que celui-ci promet à chaque soldat cinq pièces de cuivre et une livre d'argent. Enfin, l'élévation au titre impérial s'accompagne de la nomination de comme consul pour l'année 474..