Les Cavaliers de Cleveland (Cleveland Cavaliers en anglais), également surnommés les Cavs, sont une franchise de basket-ball de la NBA basée à Cleveland dans l'État de l'Ohio. Fondé en 1970, le club joue ses matchs à domicile dans la Rocket Mortgage FieldHouse (anciennement Quicken Loans Arena). Il évolue dans la Conférence Est et est opposé aux Bulls de Chicago, aux Pacers de l'Indiana, aux Pistons de Détroit et aux Bucks de Milwaukee au sein de la Division Centrale.
Durant leur histoire, les Cavaliers de Cleveland ont vu évoluer plusieurs joueurs sélectionnés pour le NBA All-Star Game, tels que Austin Carr, Brad Daugherty, Žydrūnas Ilgauskas, Mark Price, LeBron James, Kyrie Irving, Kevin Love, Darius Garland, Jarrett Allen ou Donovan Mitchell.
Hormis un titre de champion de la Division Centrale en 1976, l'équipe ne connaît pas de succès majeur jusqu'aux années 2000, bien qu'elle fût considérée comme l'une des équipes les plus prometteuses dans les années 1980. Le , l'équipe perd en playoffs dans un match célèbre contre les Bulls de Chicago à la suite d'un tir de Michael Jordan (« The Shot »).
L'arrivée de LeBron James, premier choix de la draft 2003 et quatre fois Most Valuable Player (MVP), permet au club de remporter deux titres de champion de la Division Centrale (2009, 2010) et un titre de champion de la Conférence Est (2007), associée à une participation en finales NBA perdue. Son retour en mène la franchise à quatre participations successives en finales NBA, avec l'obtention de leur premier titre en 2016.
Historique de la franchise
Les premières années (1970-1974) La franchise des Cavaliers est fondée en 1970, avec Bill Fitch comme entraîneur. La première saison est très difficile : les Cavaliers commencent par sept matchs à l'extérieur qu'ils perdent tous avec 17 points d'écart en moyenne. La première victoire arrive au bout du seizième match face aux Trail Blazers de Portland. Les Cavs finissent bons derniers de la ligue avec un bilan de 15 victoires pour 67 défaites.
La mauvaise performance de la saison passée octroie au Cavaliers le premier choix de la draft 1971 : c'est Austin Carr qui est sélectionné. Issu de l'université de Notre Dame, il a enregistré une moyenne de 34,5 points durant sa carrière universitaire. Un honnête début de saison porte Cleveland à 15 victoires en 39 matchs, mais l'équipe s'effondre en janvier et termine la saison une nouvelle fois en dernière position avec seulement 23 victoires.
Durant l'intersaison 1972, les Cavs échangent Butch Beard aux Sonics de Seattle contre Lenny Wilkens. Mais Wilkens, blessé, est indisponible en début de saison ce qui condamne Cleveland, qui remporte finalement 32 matchs, grâce à de bonnes performances collectives au mois de mars.
Pendant l'été 1973, Cleveland échange deux valeurs sûres (John Johnson et Rick Roberson) à Portland en échange du deuxième choix de draft avec lequel l'équipe sélectionne Jim Brewer. Le joueur est une déception, tournant à 6 points de moyenne, et le club ne remporte que 29 matchs.
L'accession aux play-offs (1974-1978) 1974-1975 est la première saison où l'équipe est enfin compétitive et prétend même à une place en play-offs pour la première fois de son histoire. Mais les blessures de joueurs-clés comme Jim Cleamons ou Austin Carr vont coûter leurs chances aux Cavs qui manquent les play-offs d'une victoire, avec un bilan de 40 victoires pour 42 défaites.
Le début de saison calamiteux réalisé en 1975-1976 est vite rattrapé quand les Cavs récupèrent Austin Carr de blessure. Le jeu très collectif de Cleveland — 7 joueurs à plus de 10 points de moyenne — lui permet de réaliser une très bonne seconde partie de saison, qui leur offre la première participation en play-offs de leur histoire, avec 49 victoires pour 33 défaites.
Leur première série en play-offs, face aux Bullets de Washington, est serrée : Cleveland remporte 3 matchs à chaque fois dans les dernières secondes, pour finalement remporter la série quatre manches à trois.
Accédant aux finales de Conférence face aux Celtics de Boston, les Cavs accusent le coup quand leur meilleur marqueur (et deuxième rebondeur de l'équipe), Jim Chones, se fracture le pied. Les Cavaliers sont finalement battus en 6 manches.
Stimulés par leur réussite la saison précédente, les Cavs réalisent un excellent début de saison 1976-1977. Rattrapés par les blessures, Cleveland baisse de rythme mais rallie toutefois les play-offs avec finalement 43 victoires. Ils retrouvent à nouveau les Bullets de Washington qui prennent leur revanche sur la saison précédente.
Durant l'intersaison, les Cavs perdent Jim Cleamons, parti aux Knicks de New York, mais compensent avec la signature de Walt Frazier, qui s'impose dans l'équipe comme second meilleur marqueur, derrière Campy Russell. La saison 1977-1978 se termine une nouvelle fois au premier tour des play-offs, où Cleveland perd contre les Knicks.
Une période tourmentée (1978-1986) vignette|gauche|Walt Frazier en 1977, sous le maillot des Cavaliers. La série de trois apparitions consécutives en play-offs prend fin en 1978-1979 à cause de nombreuses blessures dans l'effectif. Avec seulement 30 victoires au compteur, l'entraîneur Bill Fitch, aux commandes depuis la création du club, est limogé. La saison 1979-1980 est une saison de transition sans play-offs.
Les Cavs sont vendus pendant l'été 1980 à Ted Stepien. Il nomme immédiatement Bill Musselman entraîneur. Mais celui-ci ne tient même pas une saison à son poste, Cleveland plongeant à 28 victoires. Seul Mike Mitchell est une source de satisfaction avec 24 points de moyenne par match, soit le huitième rang dans la ligue. Mitchell quitte le club pour les Spurs de San Antonio durant l'été 1981.
La saison 1981-1982 est misérable pour Cleveland qui clôt son exercice avec 19 défaites consécutives. Les 15 maigres victoires sont le pire bilan du club depuis sa création. Le résultat catastrophique n'assure même pas le premier choix de draft aux Cavs, qui l'ont échangé aux Lakers deux ans plus tôt pour Don Ford, qui ne joua que deux saisons à Cleveland. Les Lakers sélectionnent James Worthy avec ce premier choix. Les Cavs ne remportent que 23 matchs durant la saison 1982-1983, mais évitent quand même une nouvelle saison à plus de 60 défaites avec l'acquisition de World B. Free en décembre qui mène la franchise avec 24 points de moyenne.
La vente de l'équipe en 1983 aux frères Gund ne change pas les résultats sportifs, les Cavs sont pour la sixième saison consécutive privés de play-offs.
L'arrivée de George Karl pour la saison 1984-1985 va enfin permettre à la franchise de redécoller, après un départ catastrophique (2 victoires en 21 matchs) : les Cavs se qualifient enfin pour les play-offs avec un bilan de 36 victoires pour 46 défaites. Ils sont battus au premier tour par les Celtics de Boston.
Durant la draft 1985, les Cavs sélectionnent Charles Oakley mais l'échangent immédiatement à Chicago contre Keith Lee et Ennis Whatley. Les deux joueurs n'apportent quasiment rien à Cleveland tandis qu'Oakley aura une excellente carrière entre Chicago et New York. La saison 1985-1986 est une nouvelle fois sans play-offs.
L'ère Price-Daugherty (1986-1995) Après plusieurs décisions catastrophiques, la chance va enfin sourire à Cleveland qui échange Roy Hinson à Philadelphie contre le premier choix de la draft 1986.
Il est utilisé pour sélectionner Brad Daugherty, tandis que Ron Harper est sélectionné en neuvième position ; de plus, Mark Price, sélectionné par Dallas au second tour, est récupéré.
Le , deux jours après la draft, Wayne Embry est nommé vice-président et du club, faisant de lui le premier manager noir de l'histoire des sports professionnels aux États-Unis.
Associé à la venue de Lenny Wilkens au poste d'entraîneur et du jeune John "Hot Rod" Williams, les Cavaliers présentent enfin le profil d'une équipe prometteuse.
Et si les Cavs finissent derniers de leur division avec 31 victoires, l'avenir ne semble pas moins prometteur : Harper, Daugherty et Williams sont les trois meilleurs marqueurs de l'équipe, et sont tous les trois nommés dans la (équipe virtuelle des meilleurs débutants de la saison élue par un panel de journalistes).
Les performances aperçues la saison précédente paient enfin durant la saison 1987-1988, même si le Cavaliers s'affaiblissent en cours de saison par le transfert du rookie Kevin Johnson, de Tyrone Corbin et Mark West aux Suns de Phoenix contre Larry Nance : 12 défaites sur les 15 matchs suivant le transfert. Les Cavs se qualifient néanmoins pour les play-offs avec un bilan de 42 victoires pour 40 défaites grâce à une solide défense. Ils sont battus au premier tour par les Bulls de Chicago de Michael Jordan, qui va devenir au fil des saisons le grand bourreau du club.
Le quatuor Williams / Daugherty / Harper / Price trouve le bon rythme après deux saisons passées ensemble : la saison 1988-1989 est la plus victorieuse de l'histoire du club avec 57 matchs remportés. Deuxièmes dans leur Conférence, les Cavaliers vont de nouveau se faire battre par les Bulls de Jordan au terme du cinquième match, qui marque le panier de la victoire dans les dernières secondes. Ce tir d'anthologie est surnommé « The Shot ».
La saison suivante est ternie par les blessures. Qualifiés de justesse, les Cavs sont sortis une nouvelle fois au premier tour, par les Sixers de Philadelphie cette fois-ci. Mais la saison 1990-1991 est encore pire : seul Craig Ehlo parvient à jouer les 82 matchs. Mark Price manque notamment 66 matchs, à cause d'un ligament du genou gauche déchiré après s'être jeté sur un ballon perdu. Cette blessure réduit grandement ses capacités physiques jusqu'à la fin de sa carrière. Pour noircir encore plus le tableau, Danny Ferry, le deuxième choix de la draft 1989 acquis en échange de Ron Harper durant l'intersaison, est loin d'être à la hauteur (8,6 points de moyenne).
Les Cavaliers ne remportent finalement que 33 rencontres. Ils sélectionnent à la draft de 1991 Terrell Brandon en onzième position, qui s'avère être rapidement un remplaçant de qualité pour Mark Price.
Le club retrouve son niveau en 1991-1992. Débarrassée des blessures, l'équipe égalise son record de victoires en saison régulière, et remporte pour la première fois en 16 ans une série de play-offs face aux Nets du New Jersey. Après avoir éliminé les Celtics de Boston au deuxième tour au terme d'une série très disputée, les Cavaliers sont finalement battus par les futurs champions en titre : les Bulls de Chicago.
Pour la saison 1992-1993, les Cavaliers enregistrent l'arrivée de Gerald Wilkins. Après un début de saison difficile que Brad Daugherty manque à la suite d'une blessure, l'équipe réalise une fin de saison tonitruante pour obtenir un bilan de 54 victoires pour 28 défaites. Mais une fois de plus, les Cavaliers sont éliminés en play-offs par les Bulls de Chicago. À la fin de la saison, Lenny Wilkens démissionne pour rejoindre Atlanta. La draft apporte de nouveau un joueur de choix au club : Chris Mills. Les Cavs font une autre bonne opération en échangeant un futur choix de draft contre Tyrone Hill, qui s'installe rapidement comme un valeureux ailier fort capable au rebond.
Le remplaçant de Wilkens, Mike Fratello, connaît des difficultés à cause des blessures subies par Brad Daugherty et Larry Nance. Avec 47 victoires, les Cavs rallient néanmoins les play-offs, juste pour se faire balayer au premier tour par les Chicago Bulls.