Lodelinsart (en wallon Lodlinsåt, généralement Å Såt, sur place Au Sârt) est une section de la ville belge de Charleroi située en Wallonie dans la province de Hainaut.
C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.
Toponymie Sart signifie « terrain essarté » (du latin sartum). On trouve la mention Hudelinsart en 868, le nom signifie donc défrichement de Huadalin, nom germanique.
Géographie
Situation vignette|gauche|Lodelinsart vers 1775 (extrait de la carte de Ferraris). On y distingue trois noyaux d'habitat : Bonnaire, le chef-lieu et Gros Fays. D'une superficie d'un peu plus de , la localité est bordée par Jumet, Gilly, Charleroi, Dampremy et Marchienne-au-Pont.
En wallon « fayi » signifie « hêtraie »Via le bas latin fagetum . En effet, jusqu'au Lodelinsart reste une bourgade particulièrement verte et, d'ailleurs, le quartier du Gros-Fayt était encore couvert d’une abondante forêt de hêtres dont certains étaient particulièrement gros, témoignant ainsi de leur ancienneté. Un document datant de 1374 montre que le seigneur de ces lieux y possédait le bois du Fayau (→ Fayt). Il y avait également une zone plantée de charmes, « charniats » en patois, qui donna son nom à la rue du même nom. Le quartier du Gros-Fayt demeure d'ailleurs encore aujourd'hui très « vert »Depuis des siècles le quartier du « Gros-Fayt » a beaucoup été urbanisé par des logements sociaux..
Géologie et relief Lodelinsart appartient au vaste ensemble géologique du Carboniférien, où se succèdent des formations de grès, de psammites et de schistes au sein desquelles s’insèrent de multiples veines de houille. Cette composition du sous‑sol, décrite par Hubert Guiot dans son étude de 1951, reflète l’évolution sédimentaire complexe du bassin houiller de Charleroi, dont le territoire communal constitue l’un des éléments structurants. Les caractéristiques géologiques observées à Lodelinsart s’inscrivent ainsi dans un contexte régional marqué par une longue histoire minière et par la présence de terrains façonnés par les dépôts du système primaire.
Le relief local se distingue par une série d’ondulations orientées globalement d’est en ouest, configuration qui détermine l’existence de deux vallées se développant selon un axe nord‑sud. Cette morphologie particulière, déjà soulignée par Hubert Guiot, explique la présence de versants abrupts en plusieurs points du territoire. La chaussée de Bruxelles, qui traverse la commune entre les secteurs de Saint‑Antoine et de La Planche, suit une pente régulière avoisinant les 4 %, témoignant de la déclivité modérée qui caractérise cette portion du paysage.
Les altitudes relevées dans les différents quartiers de Lodelinsart mettent en évidence une topographie contrastée, alternant entre les hauteurs du plateau et les zones plus basses du centre. Cette diversité altimétrique, mentionnée par Guiot dans son ouvrage, contribue à la physionomie variée de la commune et à la structuration de son espace urbain, où les transitions entre niveaux se traduisent par des ruptures de pente parfois marquées : Saint‑Antoine ; Lodelinsart‑Ouest (jonction des rues Vandervelde et Georges) ; Gros‑Fayt (près du parc Gobbe) 165 m ; Gare de Lodelinsart (porte centrale) ; Emplacement de l'ancienne église démolie (seuil) .
Quartiers
Principaux quartiers Au sein de Charleroi, la section de Lodelinsart est divisée en trois quartiers, d'est en ouest :
Le Gros-Fayt. Gros‑Fayt désigne un ancien quartier de Lodelinsart dont le nom dérive du latin fagetum, issu de fagus le hêtre avec le suffixe collectif ‑etum, fréquent à l’époque franque. En patois local, le terme apparaît sous les formes fayat ou favia. Jusqu’au , le secteur reste dominé par une hêtraie dense, probablement composée d’arbres remarquablement âgés et imposants, ce qui explique l’appellation « Gros‑Fayt ». Selon Hubert Guiot, les sources médiévales mentionnent déjà ce toponyme : un document de 1374 cite le « fayau » appartenant au seigneur du lieu ; avant 1500, Jean le Mal possède une tenure attenante au « bô du Faya » ; un chirographe de 1543 évoque le « Grosfayz » ; et en 1594, Jean Gonix détient une maisonnette située sur le Gros‑Fayt;
Lodelinsart CentreLe nom initialement prévu pour ce quartier était Bon Air , anciennement orthographié Bonnaire, du latin bona area : bonne aire, bonne terre .; Coucou. Ce dernier s'étend également sur l'ancienne commune de Dampremy.
Lieux-dits vignette|Hameau de Bonnaire, actuellement Bon Air, vers 1775. Les Aulniats, terme issu du latin alnus (« aulne »), désignaient autrefois une zone plantée d’aulnes située à l’ouest de la localité. Selon Hubert Guiot, les registres anciens n’y signalent aucun habitant, mais en 1791 apparaissent la veuve Berger et Emmanuel Lefèvre dans le chemin appelé « ditte Onia ». Bon-Air, anciennement Bonnaire, est un toponyme fréquent dans la région et renvoie à un emplacement en hauteur exposé à un air plus vif. Selon Hubert Guiot, le lieu s’étendait autrefois de Deschassis jusqu’à Jumet, en bordure du grand pachy seigneurial. Les archives mentionnent plusieurs cultivateurs entre le , dont Remy le Roy, Chuplo le Chien, la veuve Pierre Lefèvre et Étienne Jacqmain. Le Chênois, autrefois couvert de chênes, apparaît dans les documents sous les formes Chesneau ou Chenoy. Selon Hubert Guiot, un chemin étroit reliait jadis la rue de Châtelet au Caveau. Les familles André et Jennart y possédaient des biens avant le , suivies plus tard par Pierre Lefèvre, la veuve Castiau, Étienne Jacqmain et Dumont. Les Coutures, du latin cultura, désignaient une bande de terres cultivées appartenant au seigneur, située entre les bois de hêtres et la route de Châtelet. Selon Hubert Guiot, un acte de 1543 y décrit des terres mises en arrentement à Jehan du Wabuel, limitrophes des cultures seigneuriales. Drion. Le nom Drion provient d’une famille ayant marqué cette partie de la commune. Selon Hubert Guiot, À partir de 1693, plusieurs membres notamment François, Jacques, puis Adrien Drion acquièrent successivement le moulin de Lodelinsart, des viviers, des maisons et le château de la Mouche, transmis ensuite à leurs descendants jusqu’au . La Fontaine du Sart, située à l’actuelle jonction des rues Pastur et de l’Étang, était une source aménagée dont l’eau claire alimenta longtemps une grande partie de la population. Selon Hubert Guiot, un escalier et un vieux mur la séparaient de la rue, tandis que son trop-plein rejoignait le ruisseau voisin. Les Grands Pachys, du latin pascua (« pâturages »), occupaient l’emplacement de l’actuelle rue des Déportés et des habitations attenantes. Selon Hubert Guiot, ces prairies seigneuriales étaient traditionnellement utilisées par les habitants, qui y prélevaient la seconde herbe contre une faible redevance. Le nom ancien fut remplacé après la Première Guerre mondiale pour honorer les habitants déportés en Allemagne. Marteau. Selon Hubert Guiot, le lieu‑dit doit probablement son nom au propriétaire d’une brasserie installée autrefois à l’angle de la chaussée de Châtelet et de la rue du Chênois. vignette|Carte postale illustrant la chaussée de Bruxelles à Saint-Antoine.La Planche renvoie à une passerelle en bois permettant autrefois de franchir un ruisseau issu du Warchat avant sa mise sous voûte en 1720. Selon Hubert Guiot, le toponyme apparaît dès 1374 sous la forme al planche et désigne aussi une importante cense exploitée successivement par les familles Bady, Jenart et Batteur. Remoncheval. Le nom Remoncheval semble dériver de l’usage de chevaux de renfort nécessaires pour gravir une ancienne voie pentue reliant la place communale aux hauteurs de Saint‑Antoine. Selon Hubert Guiot, des relais de chevaux existaient d’ailleurs à proximité, et le lieu est mentionné dans plusieurs actes du début du . Saint‑Antoine désigne la zone limitrophe de Jumet autour d’une chapelle dédiée au saint, autrefois située à l’angle de la rue Remoncheval et de la chaussée de Bruxelles, puis déplacée de quelques mètres. Le Warchat correspondait à une vaste zone humide traversée par un ruisseau provoquant des inondations saisonnières. Selon Hubert Guiot, il est mentionné dès 1374 sous diverses formes (warichaux, warchei), le secteur comprenait des bois exploités par les habitants pour leurs ressources naturelles. Plusieurs familles locales, dont les Motte et les Huart, y possédaient des biens aux .
Cités Cité des Climbias construites en 1980, (elle se situe dans le quartier du Coucou) et cité Gaston Hercot, du nom d'un ancien bourgmestre de la commune.
Hydrographie gauche|vignette|L'ancien étang. Le réseau hydrographique ancien de Lodelinsart se composait de plusieurs cours d’eau dont les dénominations ont varié au fil du temps, témoignant d’une tradition locale riche et mouvante. Le ruisseau principal, auquel Hubert Guiot accorde une attention particulière dans son ouvrage de 1951, apparaît dans les sources sous des appellations diverses telles que Treignois, Hou‑bois, ruisseau du Bois, ruisseau du Moulin ou encore ruisseau Bizaute, ce dernier nom pouvant être lié à son orientation septentrionale, traditionnellement associée à la « bise ». Ce cours d’eau prenait naissance à la limite de Jumet et de Ransart, dans un lieu‑dit connu sous le nom du Philosophe, avant de traverser Lodelinsart sur une distance d’environ sept cents mètres. Il devenait ensuite la frontière naturelle entre ce territoire et Charleroi, puis pénétrait dans ce dernier pour rejoindre le Piéton et finalement la Sambre. Un document de 1666, relatif à une convention entre Marguerite‑Isabeau de Mérode, détentrice de la seigneurie de Charnoy, et Castel‑Rodrigo, signale que ce ruisseau était alors réputé pour l’abondance de ses truites et de ses écrevisses, indice d’une qualité d’eau très supérieure à celle observée à l’époque contemporaine.
Un second cours d’eau, appelé ruisseau du Warchat, prenait sa source à Jumet, dans le quartier de Brûlotte, où il était connu sous le nom de ruisseau des Marteaux. Il traversait ensuite Lodelinsart sur environ sept cent cinquante mètres avant de constituer, sur plus d’un demi‑kilomètre, une limite commune avec Dampremy. Il rejoignait le ruisseau principal au lieu‑dit La Planche. Ce ruisseau était tristement célèbre pour les dommages qu’il causait aux habitations et aux jardins du quartier des Aulniats, aussi bien lors des périodes de sécheresse que lors des crues. Afin de mettre un terme à ces nuisances récurrentes, il fut entièrement voûté vers 1932, une transformation que Guiot mentionne comme un tournant majeur dans l’aménagement hydraulique local. Un troisième ruisseau, issu de la frontière entre Jumet et Gilly, formait sur environ sept cent cinquante mètres une limite entre Gilly et Lodelinsart avant de traverser ce dernier sur près de six cents mètres. Il se jetait ensuite dans le ruisseau principal à proximité de la limite séparant Charleroi et Lodelinsart. Ce réseau secondaire, aujourd’hui disparu ou profondément modifié, contribuait autrefois à structurer le paysage et les usages du territoire.