vignette|carte postale signée François Faber François Faber, né le à Aulnay-sur-Iton dans l'Eure et mort tué à l'ennemi le à Carency ou à Mont-Saint-Éloi selon les sources, dans le Pas-de-Calais, est un coureur cycliste de nationalité luxembourgeoise. Il compte à son palmarès un Tour de France, un Tour de Lombardie, un Paris-Roubaix, deux Paris-Tours, un Bordeaux-Paris et un Paris-Bruxelles. Sa réussite sportive est indissociable de la figure d'Alphonse Baugé qui fut son directeur sportif au sein de plusieurs équipes. Durant la seconde partie de sa carrière, une certaine rivalité sportive a opposé Faber à Octave Lapize.
Engagé volontaire dans la Légion étrangère dès le début de la Première Guerre mondiale, il disparaît le au combat lors de la bataille de l'Artois (son corps ne sera jamais retrouvé). Il est officiellement déclaré mort par le tribunal de la Seine, le . Le Grand Prix François-Faber, organisé au Luxembourg depuis 1918, lui rend hommage annuellement.
Il est le demi-frère d'Ernest Paul, également coureur cycliste et surnommé parfois « Faber ».
Jeunes années et débuts cyclistes vignette|gauche|Vue du pont d'Argenteuil en 1874.La Seine à Argenteuil, Claude Monet, 1874, Neue Pinakothek.|alt=Peinture de Claude Monet représentant un pont. La mère de François Faber, nommée Marie PaulLe nom de famille de sa mère est Paul ou Paule selon les sources. Toutefois l'acte de naissance de son fils Ernest Paul présente une orthographe sans le e., originaire de Moselle. a eu deux enfants lors d'une première vie conjugale avec Michel Schlepp, terrassier de profession. Le premier se nomme Jules Schlepp et le second Ernest PaulContrairement à son frère aîné Jules, Ernest Léon ne sera jamais reconnu par son père et portera de ce fait, le nom de sa mère.. Quelques années après sa séparation d'avec Michel Schlepp, Marie Paul rencontre Jean-Pierre Faber, terrassier originaire de Wiltz au Luxembourg, venu chercher du travail en France. De leur union naît François Faber le . Il est alors a priori de nationalité française en vertu de la loi du .Lire à ce sujet l'article Nationalité française : . sous réserve qu'il ne décline pas cette qualité avant l'atteinte de sa majorité. La famille composée de Jean-François Faber, de Marie Paul, d'Ernest Paul et de François Faber s'installe alors à Colombes en 1891 où le besoin en main-d'œuvre est alors très fort. En 1895, la famille s'installe dans un petit pavillon situé à proximité du pont d'Argenteuil. François Faber arrête assez prématurément l'école. (vers l'âge de 13 ans, en 1900) et accumule ensuite les petits emplois : garçon de café, commissionnaire, ouvrier de construction navale, manœuvre ou encore débardeur.
En 1904, à 17 ans, il se fait embaucher comme docker au port de Courbevoie où travaillent déjà ses deux demi-frères Jules et Ernest.. C'est alors qu'il travaille sur le port, qu'il monte pour la première fois sur une bicyclette prêtée quelque temps par un collègue.. Cette expérience lui plaît tellement qu'il achète au printemps 1906, son premier vélo, un Labor, au magasin de cycles Dufayel situé boulevard Barbès..
Carrière cycliste Première saison en 1906 vignette|René Pottier (à droite) à l'issue du Tour de France 1906 qu'il a remporté.|alt=Photographie noir et blanc de cyclistes. Muni depuis peu de sa bicyclette Labor, c'est sans aucune expérience de la course cycliste que François Faber s'inscrit en tant qu'indépendant au Tour de France 1906. Il est engagé avec le dossard numéro 70. dans la catégorie dite « des poinçonnés », ce qui lui interdit tout changement de machine au cours de l'épreuve. Il termine honorablement la première étape à Lille avec de retard sur le vainqueur Émile Georget. Lors de la seconde étape, il parvient à faire partie d'une échappée de six coureurs (dont Lucien Petit-Breton) mais il chute à Cambrai. Il est tout de même dixième au classement général à l'issue de l'étape, à Nancy. ce qui fait écrire à un éditorialiste de L'Auto du :
La troisième étape entre Nancy et Dijon est pour lui la découverte de la moyenne montagne avec le franchissement du ballon d'Alsace. L'expérience est particulièrement difficile puisqu'il perd plus de six heures sur le vainqueur du jour René Pottier. À l'issue de la quatrième étape à Grenoble, il est seizième au général sur vingt-cinq coureurs toujours en course. Épuisé, François Faber termine la sixième étape à Marseille le à du matin, plus de sept heures après la fermeture du dernier contrôle officiel ; il est donc disqualifié. Il décide toutefois de poursuivre le Tour avec deux autres coureurs dans la même situation face au règlement, Serres et MorelMaxime Morel : fiche sur les-sports.info.. Si cette déconvenue lors de ce premier Tour a probablement entraîné des doutes chez François Faber sur sa capacité à devenir coureur cycliste., il est bien inscrit pour l'édition 1906 de Paris-Tours organisée le . Sa prestation au Tour de France n'est d'ailleurs pas passée totalement inaperçue puisque l'édition du de L'Auto le place parmi les Le lendemain, dans ce même journal, Charles Ravaud considère qu'il fait partie des au départ de l'épreuve. Il finit treizième de ce Paris-Tours à trente cinq minutes du vainqueur Lucien Petit-Breton..
1907, équipe cycliste Labor vignette|gauche|Publicité Labor rappelant la seconde place d'Augustin Ringeval à Bordeaux-Paris 1907.|alt=Photographie noir et blanc d'un homme à bicyclette (Augustin Ringeval). vignette|Photographie d'Alphonse Baugé (année indéterminée).|alt=Photographie noir et blanc d'un homme debout (Alphonse Baugé). Les bonnes performances de François Faber lors du Tour 1906 lui ont permis de se faire remarquer par les observateurs de la course cycliste. Il est ainsi approché par Alphonse Baugé, ancien chroniqueur pour Le Vélo, auteur d'ouvrages sur le métier de directeur sportifEn particulier Le secret de Choppy. et alors soigneur officiel de l'équipe cycliste Labor.. Celui-ci parvient à faire signer Faber chez Labor pour l'ensemble de la saison 1907. La signature a lieu début 1907, au siège de Labor, au 23 avenue du Roule à Neuilly-sur-Seine, avec Maurice de Clèves (fondateur et directeur de la marque Labor) et en présence de Baugé. La première épreuve à laquelle Faber participe en tant que coureur de Labor est Bordeaux-Paris sur laquelle il se présente en compagnie de trois coéquipiers de chez Labor : Augustin Ringeval, Léon Rabot et Lucien Pothier.. Ringeval termine second de ce Bordeaux-Paris à Ville-d'Avray. tandis que Faber termine sixième à quatre heures du vainqueur belge Van Hauwaert.. En , Faber participe également à Paris-Bruxelles, course sur laquelle il termine sixième..
vignette||alt=Photographie noir et blanc d'un homme à bicyclette (François Faber). Avant le départ du Tour de France 1907, Alphonse Baugé est promu directeur sportif de l'équipe Labor. Faber entame plutôt bien cette cinquième édition du Tour de France : il se classe troisième de la troisième étape entre Metz et Belfort.. Au soir de la quatrième étape à Lyon, il est sixième du classement général et second des « poinçonnés ». Lors de l'étape suivante, François Faber démontre qu'il est un honorable grimpeur contrairement à ce que sa corpulence ( pour ) et surtout sa piètre performance dans l'ascension du Ballon d'Alsace en 1906 pouvaient laisser penser.. En effet, il est le seul à pouvoir suivre le train imposé par Émile Georget en particulier dans l'ascension du col de Porte. Il termine second de l'étape à quelques minutes de Georget, ce qui est perçu par Baugé comme . Lettre du 16 juillet 1907 depuis Grenoble.. La seconde partie de son Tour de France est toutefois plus compliquée : une blessure récurrente à la selle, deux chutes le au cours de l'étape Bordeaux - Nantes, puis une autre le peu après le départ de Brest l'empêchent de se montrer à son avantage.. Néanmoins, il termine ce Tour 1907 à la septième place du classement général final.
1908, premières victoires Le début de cette nouvelle saison est marqué par la volonté d'Ernest Paul, le demi-frère de François Faber, de suivre son exemple et de s'essayer à la course cycliste.. Il est également marqué par la décision de Faber de quitter Labor, et donc Alphonse Baugé, et de rejoindre dans un premier temps l'équipe cycliste La Française (seulement pour Paris-Roubaix et pour Bordeaux-Paris). Sur Paris-Roubaix, Faber attaque et parvient à s'échapper : il a trois minutes d'avance à Douai. À du Vélodrome roubaisien, alors qu'il a course gagnée, il chute.. Cet accident lui fait perdre deux places et il termine finalement troisième derrière Van Hauwaert et Lorgeou. Sur Bordeaux-Paris, il abandonne à la suite d'une crevaison puis plusieurs chutes.. Il abandonne également sur Paris-Bruxelles, consécutivement à une défaillance physique alors que son demi-frère Ernest qui court sa toute première course (sous le maillot d'Alcyon) termine septième.. Faber intègre alors l'équipe cycliste Peugeot et est retenu pour courir le Tour de France 1908 ; Ernest Paul également : il s'apprête à courir son premier Tour avec Alcyon..
vignette|gauche|François Faber, la veille de l'arrivée du Tour de France 1908.|alt=Photographie noir et blanc d'un cycliste à l'arrêt entouré de deux hommes debout. Le Tour commence plutôt mal pour François Faber : il cumule les incidents mécaniques et les crevaisons sur les deux premières étapes. À l'issue de la seconde étape à Metz, il est vingt-sixième au classement général. Dans l'étape suivante, il s'échappe dans l'ascension du col du Ballon d'Alsace avec Gustave Garrigou. Dans la descente, à la faveur d'une chute de ce dernier, Faber s'en va gagner le premier succès de sa carrière à Belfort. Le surlendemain, il récidive dans la quatrième étape et gagne à nouveau alors qu'il s'était encore échappé avec Garrigou qu'il règle au sprint à Lyon. Deux jours après, il termine second à Grenoble derrière son coéquipier Georges Passerieu qui a été le seul à ne pas poser pied à terre dans le col de Porte. L'équipe Peugeot de Faber domine alors le Tour : elle a remporté toutes les étapes et c'est un de ses coureurs qui est en tête du général (Passerieu puis Petit-Breton) depuis le départ. À Grenoble, Faber est revenu à la cinquième place du classement général. La suite de ce Tour nettement dominé par Lucien Petit-Breton offre d'autres occasions à Faber : ainsi il remporte la huitième étape à Toulouse puis la douzième à Brest.. À l'arrivée à Paris, il est second du classement général et remporte le classement Wolber des « pneus démontables ». Petit-Breton, premier coureur à remporter deux fois le Tour, se retire de la compétition cycliste pour devenir chroniqueur cycliste. À l'issue de ce Tour 1908, il déclare en parlant de Faber :
Au cours de la saison 1908 ; il obtient également une troisième place sur Paris-Tours puis participe le à la quatrième édition du Tour de Lombardie. : d'abord lâché, il parvient à revenir sur le peloton puis à s'en extraire pour remporter sa première classique. D'un point de vue plus personnel, c'est en 1908 également qu'il rencontre Eugénie Terrier (qui deviendra sa femme et la mère de sa fille) comme l'atteste la carte postale (écrite en italien) qu'il lui a envoyée juste après sa victoire en LombardieLa carte postale adressée à Eugénie Terrier, datée du 8 novembre 1908 et postée le 9, est conservée au musée national du Sport sous la référence MNS 7277. : (mon cœur bat pour toi seule).
1909, la consécration vignette|gauche|François Faber au Parc des Princes à l'arrivée de Bordeaux-Paris 1909.|alt=Photographie noir et blanc d'un homme au milieu de la foule.