Soleilhas (prononcer « Soleil-ace ») est une commune française, membre du parc naturel régional du Verdon., située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Ses habitants sont appelés les Soleilhanais.
Géographie Localisation thumb|center|400px|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Soleilhas et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).
Le village est situé à d’altitude, dans la vallée de l’Estéron. L'altitude de la commune varie de .
Géologie et relief L’ancien fief de Verraillon occupe un massif autonome au nord-est de la commune, formé de deux crêtes encadrant le cours du Verraillon.
Vauplane est une vallée suspendue ; une carrière de pierre se trouvait à proximité, à Saint-Barnabé.
Voies de communications et transports Voies routières La commune est traversée par la D 102Itinéraires.
Transports en commun Transport en Provence-Alpes-Côte d'AzurRéseau des lignes régulières de transports des Alpes-de-Haute-Provence Zou !, réseau de transport en commun de la région Provence-Alpes-Côte d'AzurLignes Zou !.
Hydrographie Cours d'eau sur la commune ou à son avalL'eau dans la commune : rivière l'Estéron, qui prend sa source dans la commune, à 1600 m d'altitude, sur la Montagne du Teillon ; ravins de Saint-Barnabé, de Farney, du Riou, de Combe Fère, de Verraillon, de la Font du Tuve. Le torrent de Verraillon passe par deux cluses successives ; son cours y est aménagé par des petits barrages ; ruisseau la Bernade ; torrent de la Sagne. Le torrent de Saint-Barnabé traverse la vallée de Vauplane.
Environnement La commune compte de bois et forêts, soit 63 % de sa superficie.
Risques majeurs La commune de Soleilhas est exposée à quatre risques naturels : avalanche (mais seulement selon la base Prim du ministère, le dossier des risques majeurs de la préfecture ne le prenant pas en compte) ; feu de forêt ; inondation (là aussi, seulement selon la base Prim du ministère) ; mouvement de terrain : quelques versants de la commune sont concernés par un aléa moyen à fort.
La commune de Soleilhas n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture. Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune n’a été approuvé pour la commune et le Dicrim n’existe pas non plus.
Aucun arrêté de catastrophe naturelle n’a été pris concernant la commune et un seul tremblement de terre a été assez fortement ressenti dans la commune pour que sa mémoire soit conservée. Il s’agit du tremblement de terre de Chasteuil, le , qui atteignit une intensité macro-sismique ressentie de V sur l’échelle MSK (dormeurs réveillés, chutes d’objets).
Sismicité Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Castellane auquel appartient Soleilhas est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat de montagne et le climat méditerranéen et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Var, Alpes-Maritimes » et « Alpes du sud ». Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Castellane à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Soleilhas est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (92,6 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (91,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (54,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (33,7 %), prairies (6 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (4 %), zones agricoles hétérogènes (1,4 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=2.1|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Planification de l'aménagement La communauté de communes Alpes Provence Verdon - Sources de Lumière, créée le avec effet le , regroupe désormais . Cet établissement public de coopération intercommunale (EPCI) s'est engagé dans une démarche d’élaboration d’un plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi)Communauté de Communes Alpes Provence Verdon « Sources de Lumière » : Lancement du PLUi du Moyen Verdon.
Toponymie Selon le couple Fénié, le nom du village vient du latin Soliculum (cité vers 1200), indiquant un site bien exposé au soleil.
Soleilhas se dit en occitan provençal selon la norme classique et selon la norme mistralienne.
Histoire Une voie romaine reliant Castellane à Entrevaux par Briançonnet, attestée par un milliaire, passait sur le territoire de la commune.
Moyen Âge La localité de Soleilhas apparaît pour la première fois dans les chartes au ; le village était alors établi au lieu-dit Saint-Jean, site perché à d’altitude, fortifié et doté d’un château-fort. Le site dominait le col Saint-Barnabé, où passent les routes de Castellane à Ubraye et de Demandolx à Saint-Auban. Le déperchement du village est complet en 1640. Les deux communautés de Soleilhas et Verraillon relevaient de la viguerie de Castellane, alors que les églises et les ressources qui y étaient attachées revenaient aux évêques de Senez.
Soleilhas absorbe progressivement les fiefs voisins.
Le premier est celui de La Moutte (ou la Motte) au , à d’altitude, dont il ne reste aucun vestige.
Le village fortifié de Verraillon (actuel lieu-dit des Coulettes) existait au moins dès le (in Verraione). Établi au-dessus d’une des cluses du torrent de Verraillon, le site du village est bordé de deux abrupts verticaux. Il est déclaré abandonné en 1471, il est rattaché à Soleilhas au .
Le fief d’altitude, simple alpage qui n’a jamais été habité, de Vauplane, est lui aussi rattaché à Soleilhas alors qu’il dépendait auparavant de Demandolx.
Une des églises de Soleilhas constituait la prébende d’un chanoine du chapitre de Senez.
La mort de la reine Jeanne I ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis d'Anjou. Le seigneur de Soleilhas, Rostaing, se rallie aux Angevins en 1385, après la mort de Louis .
Temps modernes Après la grande crise des , la population de Soleilhas se remet à croître grâce à l’élevage du mouton. Le troupeau dépasse fréquemment les têtes au . La croissance démographique impose ensuite de réduire la taille du troupeau afin de libérer des terres cultivables, et à la veille de la Révolution, le troupeau du village ne représente plus qu’un quart de celui des années 1630 (avec environ têtes pour la communauté).
Au , la communauté se repeuple, mais l’habitat se disperse : si une partie des habitants restent au village de Soleilhas, des hameaux se créent. Certains s’implantent à l’emplacement ou à proximité des villages abandonnés à la fin du Moyen Âge, à Verraillon et aux Coulettes, d’autres sont des créations : les Bayles, les Berliés, les Teillettes. Vauplane, fief et alpage qui dépendait de Demandolx, est acheté par le seigneur de Soleilhas, les deux fiefs fusionnant. La vallée humide de l’Estéron était cultivée pour le fourrage. Les versants, aménagés en terrasses, étaient complantés de céréales, vigne et arbres fruitiers.
Le fief de Soleilhas est acheté par Philippe Moricaud à Alphonse d’Oraison en 1656.
Révolution française Peu avant la Révolution française, l’agitation monte. Outre les problèmes fiscaux présents depuis plusieurs années, la récolte de 1788 avait été mauvaise et l’hiver 1788-89 très froid. L’élection des États généraux de 1789 avait été préparée par celles des États de Provence de 1788 et de , ce qui avait contribué à faire ressortir les oppositions politiques de classe et à provoquer une certaine agitation.. C’est au moment de la rédaction des cahiers de doléances, fin mars, qu’une vague insurrectionnelle secoue la Provence. Deux émeutes anti-seigneuriales se produisent à Soleilhas. La première a lieu le , le jour même des élections aux États généraux. Des paysans de toutes conditions (paysans pauvres, sans ou presque sans terre, mais aussi les ménagers, les paysans aisés) et des artisans se rassemblent. Un ménager, Pierre Chabaud, prend l’initiative de la contestation : comme dans la plupart des émeutes du début de 1789, des menaces de mort fusent, notamment contre le lieutenant du juge seigneurial. Dans un premier temps, la réaction consiste dans le rassemblement d’effectifs de la maréchaussée sur place.
Une nouvelle émeute a lieu le : les menaces de mort sont répétées et mises en musique, avec roulement funèbre de tambour. Mais, comme le note l’historienne Monique Cubells, on en reste à des menaces, sans passage à l’acte ; par contre, Pierre Chabaud est réellement tué, lors de cette deuxième manifestation. Des poursuites judiciaires sont diligentées contre les participants survivants par le Parlement de Provence, mais les condamnations ne sont pas exécutées, la prise de la Bastille comme les troubles de la Grande peur provoquant, par mesure d’apaisement, une amnistie au début d'août.
Durant la Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la fin de 1792.. Le seigneur, François-Boniface Fortis, n’émigre pas. Le directoire du département ordonne d’abattre les échauguettes du château. Enfin, en 1793, le château est envahi par les habitants du village, et saccagé.
Époque contemporaine