Marie-Curie est une future station du Réseau express métropolitain (REM), en construction dans l'arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal, au Québec (Canada). Prévue pour ouvrir en 2027, elle desservira le secteur du Technoparc Montréal, un parc d'affaires scientifiques et technologiques.

Souterraine, la station est aménagée sous le boulevard Alfred-Nobel, à la hauteur de la rue Albert-Einstein. elle constitue l'avant-dernière station de l'antenne aéroportuaire du REM, entre le tronçon aérien en provenance de la station Bois-Franc et le terminus de la station YUL-Aéroport-Montréal-Trudeau.

Connue à l'annonce du projet en 2016 sous le nom provisoire de « Technoparc », la station est renommée « Marie-Curie » en 2020, en référence à l'avenue adjacente. Sa construction, amorcée au printemps 2020, a nécessité le recours à un tunnelier, une première pour un projet de transport en commun au Québec.

Situation sur le réseau La station Marie-Curie est située sur l'antenne aéroportuaire du Réseau express métropolitain, entre la station Bois-Franc et le terminus de la station YUL-Aéroport-Montréal-Trudeau, dont elle n'est distante que deux minutes de trajet. Elle constitue l'avant-dernière station de cette antenne, longue de , dont en tunnel entre le secteur du Technoparc et l'aéroport.

À la mise en service complète du réseau, la fréquence de passage des trains sur l'antenne aéroportuaire sera de dix minutes en période de pointe et de quinze minutes en dehors de celle-ci.

Histoire Contexte La station dessert le Technoparc Montréal, un parc d'affaires à vocation scientifique et technologique de l'arrondissement de Saint-Laurent. Une partie importante du territoire de l'arrondissement est vouée à la vocation industrielle depuis 1959, et le secteur accueille depuis les années 1990 un nombre croissant d'entreprises des domaines aérospatial, pharmaceutique et technologique, en bonne partie en raison de sa proximité avec l'aéroport international Montréal-Trudeau.

Genèse du projet CDPQ Infra, filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec créée en juillet 2015 dans la foulée de l'adoption du projet de loi 38, se voit confier par le gouvernement du Québec, en septembre 2015, le mandat d'amorcer la planification de deux projets distincts de transport collectif : un système reliant la Rive-Sud au centre-ville de Montréal via le nouveau pont Champlain, et un système reliant l'Ouest-de-l'Île au centre-ville via l'aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau. L'analyse technique de CDPQ Infra permet de réunir ces deux projets en un seul réseau intégré.

Le projet du Réseau express métropolitain est dévoilé le 22 avril 2016 par CDPQ Infra, une filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Le Technoparc Saint-Laurent figure alors parmi les secteurs à fort potentiel de développement identifiés par CDPQ Infra pour justifier le tracé du réseau, aux côtés de l'aéroport, de l'Université de Montréal et du secteur Bridge-Wellington. Une station y est prévue dès l'annonce initiale, sous le nom provisoire de « Technoparc ».

Le tracé emprunté par le REM dans le secteur est modifié afin de protéger des milieux humides situés au sud de la rue Alexander-Fleming : plutôt que de traverser cette zone en surface, la ligne plonge progressivement sous terre au nord de cette rue, confinant les travaux de construction à la portion nord du secteur.

Toponymie La station porte, à l'annonce du projet en 2016, le nom provisoire de « Technoparc », en référence au parc d'affaires qu'elle dessert. Le 13 février 2020, le Réseau express métropolitain annonce les noms officiels de l'ensemble de ses stations : celle-ci est alors renommée « Marie-Curie », en référence à l'avenue Marie-Curie qui borde le site.

Construction Les travaux préparatoires débutent au Technoparc en 2018, avec des activités d'arpentage, de forage géotechnique, d'hydro-excavation et de déplacement d'utilités souterraines, en prévision de l'arrivée d'un tunnelier. La construction de la station elle-même débute au printemps 2020. Les travaux sont interrompus au début de la pandémie de Covid-19, puis reprennent progressivement à compter du 19 mai 2020 selon des protocoles sanitaires renforcés.

Structure aérienne La portion aérienne menant au Technoparc est construite à l'aide d'une poutre de lancement surnommée « Marie », en référence à la rue Marie-Curie du secteur. Longue de et pouvant soutenir jusqu'à , elle érige d'abord le tronçon entre le Technoparc et Fairview–Pointe-Claire, avant d'être déplacée en 2022 vers l'intersection de l'autoroute 40 et du boulevard Henri-Bourassa Ouest pour construire le segment final menant à la station Marie-Curie. Les travaux de cette poutre se terminent à l'automne 2022, après quoi elle est démantelée.

Tunnelier Le tunnel de reliant le Technoparc à l'aéroport est creusé à l'aide d'un tunnelier, une première pour un projet de transport en commun au Québec. Fabriqué par l'entreprise américaine The Robbins Company, l'appareil est livré au Technoparc pièce par pièce à l'automne 2019, puis assemblé à l'intérieur du puits de lancement au cours de l'hiver suivant. Il est baptisé « Alice », à la suite d'un concours public tenu à l'automne 2019, en l'honneur d'Alice Evelyn Wilson, première femme géologue employée par la Commission géologique du Canada.

Le forage débute le 15 octobre 2020. En 2021, des affaissements de sol sont observés à trois reprises dans le secteur boisé du Technoparc, lors du passage du tunnelier dans une zone de transition géologique difficile; ils sont comblés au moyen de matériaux d'excavation entre le 2 et le 9 septembre 2021, selon une méthode validée par le ministère de l'Environnement et la Ville de Montréal. Le tunnelier atteint le secteur des pistes de l'aéroport en avril 2022, et achève son parcours en juillet 2022, après avoir installé 10 115 voussoirs sur les du tracé.

Achèvement de la station En octobre 2022, alors que le tunnel de la structure aérienne du secteur sont achevés à 100 %, la station Marie-Curie elle-même n'est complétée qu'à 20 %. Les travaux de finition intérieure et extérieure de la station, incluant l'installation des ascenseurs et l'aménagement paysager, se poursuivent jusqu'en 2025. Un premier passage d'un train du REM sur le tronçon de l'aéroport est réalisé au cours des semaines précédant le 9 janvier 2026, et des essais dynamiques à basse vitesse débutent les 8 et 9 août 2026, les rames circulant alors jusqu'à la station Marie-Curie.

Architecture Le mandat d'architecture pour 25 des 26 stations du REM, dont Marie-Curie, est confié à un consortium formé des firmes Lemay, Perkins+Will et Bisson Fortin. La station YUL-Aéroport-Montréal-Trudeau, dont la construction est assumée séparément par Aéroports de Montréal, ne fait pas partie de ce mandat.

Marie-Curie est une station souterraine, dont l'édicule s'élève à au-dessus du niveau de la rue. La station est aménagée sur trois niveaux : celui de l'entrée, celui du passage souterrain et celui des quais, à une profondeur de . Comme les autres stations du réseau, elle reprend le langage architectural caractéristique du REM, avec une structure de bois et une importante fenestration.

Deux places publiques, aménagées à l'est et à l'ouest de la station le long du boulevard Alfred-Nobel, comportent des îlots de plantation et un lien piétonnier. La station adopte la thématique de couleur « innovation », propre au secteur de l'aéroport Montréal-Trudeau qu'elle partage avec la station YUL-Aéroport-Montréal-Trudeau, caractérisée par des teintes argentées et des motifs évoquant la modernité du secteur. Ces principes se traduisent notamment par une entrée signalée par une marquise saillante, un chemin de guidage en relief au sol pour les personnes ayant une déficience visuelle, ainsi que des caniveaux de service au plafond dissimulant câblage, caméras de surveillance et haut-parleurs.

Services aux voyageurs

Accès et accueil La station est accessible universellement, notamment par ascenseurs. L'entrée se fait par un édicule aménagé le long du boulevard Alfred-Nobel, entre les rues Frederick-Banting et Albert-Einstein.

Desserte

Intermodalité Une piste cyclable longe la station des deux côtés du boulevard Alfred-Nobel, et 16 places de stationnement pour vélos y sont aménagées, dont huit couvertes. Un arrêt d'autobus, une aire de dépose-minute, des places de stationnement pour taxis ainsi qu'un accès pour le transport adapté sont également prévus à proximité de la station. Les sociétés de transport en commun de la région procèdent par ailleurs à une refonte de leurs réseaux d'autobus respectifs en prévision de l'arrivée du REM dans le secteur.

Controverses Protection des milieux humides Le tracé du REM dans le secteur du Technoparc est modifié afin d'éviter des milieux humides situés au sud de la rue Alexander-Fleming, la ligne plongeant sous terre progressivement au nord de cette rue. Le tunnel est construit à l'aide de techniques visant à ne pas perturber la nappe phréatique environnante : le puits de lancement du tunnelier est doté de parois étanches, une technique déjà employée pour la construction des tunnels Eglinton et Spadina à Toronto, dont les murs sont installés plus profondément que le niveau d'excavation final et reposent sur une dalle conçue pour résister au soulèvement. Le forage lui-même est réalisé à l'aide d'un tunnelier à pression de terre équilibrée (Earth Pressure Balanced Machine, EPBM), capable de forer la roche et le sol tout en résistant à la pression de l'eau sans abaisser le niveau de la nappe phréatique.

Dès 2016, l'étude d'impact sur l'environnement déposée par CDPQ Infra identifie ce risque de façon précise : la tranchée du tunnel pourrait causer le drainage d'une portion du marécage arborescent situé à l'est de l'avenue Marie-Curie et affecter des milieux humides à l'ouest de celle-ci. Une distance minimale de 60 mètres entre les installations de chantier et les milieux humides délimités est alors prescrite comme mesure d'atténuation.

En 2021, une baisse du niveau d'eau est constatée à l'étang aux Hérons, un milieu humide voisin du chantier. Après enquête menée avec le ministère de l'Environnement et la Ville de Montréal, le REM attribue cette baisse à une sécheresse exceptionnelle survenue au cours de l'année plutôt qu'aux travaux de construction, tout en procédant par précaution à une recharge graduelle de l'étang à l'aide d'eau municipale à compter du 8 septembre 2021.

Le secteur du Technoparc fait également l'objet, à compter de 2021, d'une controverse environnementale distincte concernant un espace vert voisin géré par Aéroports de Montréal, le « champ des monarques ».

Retards et report de la mise en service Contrairement aux autres stations du réseau, la construction de la station YUL-Aéroport-Montréal-Trudeau, avec laquelle Marie-Curie doit obligatoirement entrer en service simultanément, n'est pas assumée par le consortium NouvLR mais par Aéroports de Montréal (ADM), propriétaire de l'aéroport. Le budget initial de l'ensemble de l'infrastructure et de l'équipement de l'antenne aéroportuaire — incluant la station Marie-Curie, le tunnel et la structure aérienne, réalisés par le consortium NouvLR — est établi à 320 millions de dollars lors de la présentation du projet en 2016, un montant distinct de celui, beaucoup plus élevé, consacré par Aéroports de Montréal à la construction de la station terminale. Le budget de construction de cette station, estimé à 250 millions de dollars en 2018, plus que double pour atteindre 600 millions de dollars, une hausse attribuée par ADM aux effets de la pandémie de COVID-19 sur le projet, alors jumelé à un plus vaste réaménagement du stationnement et de la zone de dépose de l'aéroport. La mise en service de l'antenne aéroportuaire, d'abord prévue pour la fin de 2024, est ainsi reportée à 2027.