Yamoussoukro (), familièrement « Yakro », est la capitale politique de la Côte d'Ivoire depuis , et est le village natal du président Félix Houphouët-Boigny. C'est la seule ville de la Côte d'Ivoire à avoir bénéficié d'un plan d'urbanisme personnalisé, ce qui la différencie des autres. Son aménagement extensif se distingue par ses larges avenues, souvent bordées de rangées d'arbres parfois doubles, de bas-côtés amples et parfois engazonnés et plantés d'arbustes ornementaux, et par ses nombreux espaces boisés d'essences variées, véritables ..

La plupart des institutions politiques et administratives nationales siègent toujours à Abidjan, capitale économique du pays et ancienne capitale officielle.. Yamoussoukro est ainsi une ville à la fois trop grande, trop monumentale et quelque peu délaissée ; dans laquelle règne une « atmosphère de capitale fantôme »..

Yamoussoukro compte en 2021. Elle est la sixième ville la plus peuplée de Côte d'Ivoire après Abidjan, Bouaké, Korhogo, Daloa et San-Pedro..

Géographie Toponymie Le village de N'Gokro a été rebaptisé Yamoussoukro en hommage à Yamousso, une reine baoulé. Le suffixe kro signifiant « village » en langue baoulé.

Situation Yamoussoukro se situe au centre du pays dans la Région des Lacs, à d'Abidjan. Elle est située dans un relief plat, recouvert d'une savane arborée et traversée par des cours d'eau dont la Marahoué et le N'Zi, deux affluents du Bandama Côte d'Ivoire géographie et climat, Routard.com..

Le district de Yamoussoukro, situé entre 15 et 35 de latitude nord et 40 et 40 de longitude ouest, fait partie de la grande Région des lacs.

Climat Yamoussoukro est soumise à un climat équatorial comportant quatre saisonsReprise post-partum et cyclicité des vaches trypanotolérantes en fonction de la variation saisonnière en région centre Côte d'IvoireLe climat de la Côte d'Ivoire sur Côte d'Ivoire TourismeClimat : la Côte d'Ivoire peut être divisée en deux zones climatiques. Longue saison sèche de mi-novembre à mi-mars, caractérisée par la présence, en décembre et janvier, de l'harmattan, un vent sec et puissant venu du Sahara, qui abaisse considérablement l'humidité. Longue saison des pluies, de mi-mars à mi-juillet Courte saison sèche de mi-juillet à mi-septembre Courte saison des pluies, de mi-septembre à mi-octobre

En saison des pluies, il peut pleuvoir sans discontinuer pendant plusieurs jours consécutifs ou alors pleuvoir intensément pendant une heure, période à laquelle succède un très fort ensoleillement.

Les moyennes des quantités de pluie varient de 900 à par an avec une répartition spatiale très variable dans l’année et d’une année à l’autre. La température moyenne de la région est d’environ . L’humidité relative varie entre 75 et 85 % avec des chutes à 40 % en période d’harmattan et se situe entre 80 et 85 % en période pluvieuse.

Le climat de la région de Yamoussoukro est de type Aw dans la Classification de Köppen.

Histoire

Préhistoire thumb|Pierre polie de l'ère préhistorique trouvée en Côte d'IvoireÉchelle en centimètres. Photo prise au musée de l'IFAN, à Dakar, au Sénégal.

Les nombreux outils de pierre trouvés dans le pays, notamment dans le nord et le centre, et datant du Paléolithique, il y a plusieurs centaines de milliers d'années, attestent que la Côte d'Ivoire a été occupée depuis au moins cette époque.

Au Néolithique, le Sahara amorce sa désertification. Devant l'assèchement progressif de leurs terres arables et de leurs pâturages, les Africains du Nord sont descendus vers le sud pour y retrouver de meilleures conditions climatiques, en particulier un taux d'hygrométrie plus élevé, leur permettant de continuer à s'adonner à l'élevage ou à la culture. Cette migration vers le sud a bouleversé la géographie humaine des pays subsahariens, où des peuples très anciens vivaient déjà et durent se replier pour laisser la place aux nouveaux arrivants. Parmi ces peuples, il y avait les Pygmées, réfugiés aujourd'hui dans la grande forêt d'Afrique centrale et dont l'implantation aux temps préhistoriques était déjà signalée par les Égyptiens et l'historien grec Hérodote jusque dans la haute vallée du NilLes pygmées ont peut-être été les premiers habitants de la Côte d'Ivoire. Dans leur tradition orale, la plupart des peuples actuels, en particulier les Dans et les Yacoubas, enseignent que leurs ancêtres, arrivant dans le pays y ont trouvé des qu'ils repoussèrent dans la forêt. D'autres font état de , dotés de pouvoirs surnaturels auxquels il faut faire des cadeaux pour se les concilier. On peut penser que ces pygmées, qui ont disparu aujourd'hui de la Côte d'Ivoire, ont été décimés, repoussés vers l'extérieur ou complètement assimilés..

Histoire précoloniale Jusqu'au , on ne connaît pas de témoignage écrit du peuplement de la Côte d'Ivoire, contrairement aux royaumes situés plus au nord. Les spécialistes estiment toutefois que le peuplement baoulé de la région de Yamoussoukro, comme celui de la région de Bouaké, plus au nord, résulte de l'épopée, au , de la Reine Pokou et de sa sœur Akwa Boni dans leur migration, à travers la savane, à partir du GhanaReine Pokou, concerto pour un sacrifice, de Véronique Tadjo, publié en 2005.. Cette épopée est essentiellement racontée de génération en génération jusqu’à nos jours par les griots, dont c'est l'essentiel de la fonction sociale dans les sociétés africaines.

Histoire coloniale La Côte d'Ivoire n'a été réellement colonisée que tardivement, au regard des autres États de l'Afrique de l'Ouest. Jusqu'aux expéditions de Louis-Gustave Binger, Marchand (1887-1899), la zone forestière du centre était inconnue.

En 1901, la reine Yamousso, nièce de Kouassi N'Go, dirigeait le village de N'Gokro au moment de la colonisation françaiseCitation du gouverneur, Gabriel Angoulvant : « Je désire qu'il n'y ait désormais aucune hésitation sur la ligne politique à suivre. Cette ligne de conduite doit être uniforme pour toute la Colonie. Nous avons deux moyens de les mettre en pratique : ou attendre que notre influence et notre exemple agissent sur les populations qui nous sont confiées ; ou vouloir que la civilisation marche à grands pas, au prix d'une action… J'ai choisi le second procédé ».. Le village comptait alors , et on dénombrait aux alentours de peuplement Akouè.

Des relations diplomatiques et commerciales s'établirent mais, en 1909, à l'appel du chef du village de Djamlabo, les Akouès se révoltèrent contre l'administration coloniale française.. Le poste de Bonzi, à sept kilomètres de Yamoussoukro sur la route de Bouaflé, fut incendié et l'administrateur, Simon Maurice, ne dut la vie qu'à l'intervention de Kouassi N'Go. Celui-ci reçut l'administrateur chez sa tante Yamoussou, grand-tante de Félix Houphouët-Boigny, par la suite fondateur de la République de Côte d'Ivoire, et persuada ensuite les Akouès de ne pas faire une guerre qui n'aurait pu tourner qu'à un désastre. La situation redevenue normale, l'administrateur Simon MauricePlacé sous l'autorité du gouverneur, ce fonctionnaire administrait une région du pays, appelée Cercle, en s'appuyant sur les « commandants de cercle ». Le gouverneur était placé sous l'autorité du gouverneur général, lui-même dépendant du ministre des colonies., jugeant que Bonzi était devenu peu sûr, décida de transférer le poste militaire français à N'Gokro, rebaptisé Yamoussoukro en hommage à Yamoussou., où l'administration française construisit par la suite une pyramide à la mémoire de Kouassi N'Go, chef des Akouès.

En 1919, le poste civil de Yamoussoukro fut supprimé, puis Félix Houphouët-BoignyBiographie de Houphouet-Boigny. devint chef de village en 1939. Une longue période s'écoula où Yamoussoukro, petite ville tournée vers l'agriculture, resta dans l'ombre, jusqu'à l'après-guerre où elle vit la création du Syndicat Agricole Africain qui donnera naissance ultérieurement au PDCI-RDA, et les premières conférences de son créateur, Félix Houphouët-Boigny, mais c'est seulement à partir de l'indépendance du pays, en 1960, qu'Yamoussoukro prit son véritable essor.

Nouvelle capitale

Dès 1964, le président pouvait montrer des plans ambitieux et faire commencer à construire. En 1965, eut lieu une journée, appelée plus tard la grande leçon de Yamoussoukro, où l'on fit visiter les plantations aux cadres de la nation, aux invités, les conviant à transposer au niveau de leurs propres villages les efforts et réalisations agricoles menées à bien jusqu'ici. Et le , Félix Houphouët-Boigny offrait ses plantations à l'État.

En , Yamoussoukro devint la capitale politique et administrative de la Côte d'Ivoire, succédant ainsi, en un siècle, à Grand-Bassam (1893-1900), Bingerville (1900-1933) et Abidjan (1933-1983) Roman Adrian Cybriwsky, Capital Cities around the World: An Encyclopedia of Geography, History, and Culture, ABC-CLIO, États-Unis, 2013, .. Outre sa position centrale au sein du territoire de la Côte d'Ivoire, une des justifications données à ce moment-là par le président de la République Félix Houphouët-Boigny, qui en avait pris la décision, était que les trois capitales antérieures résultaient d'un choix exclusif du seul colonisateur et que la désignation de Yamoussoukro comme nouvelle capitale devenait ainsi un choix purement national.

En 1994, Yamoussoukro accueillit les funérailles de Félix Houphouët-Boigny, Président-fondateur de la République de Côte d'Ivoire, auxquelles assistèrent d'État et représentants de pays. Le nombre total d'invités s'élevait à et le coût de la manifestation fut estimé à environ de francs CFA. Ces funérailles seront aussi l'occasion de la réunion d'un sommet des chefs d'État de la zone franc, dont François Mitterrand et le premier ministre Édouard Balladur représentant la France, pour traiter particulièrement des conséquences de la dévaluation du Franc CFAEnterrement de Houphouet-Boigny et du Franc CFA, L'Humanité.Félix Houphouët-Boigny est décédé le 7 décembre 1993 après plusieurs mois de traitements en SuisseLe franc CFA a été dévalué de 50 % le 12 janvier 1994..

La majeure partie des activités économiques demeure toujours à Abidjan, mais l'ancien président, Laurent Gbagbo, élu en 2000, prit la décision de rendre effectif le projet de faire de Yamoussoukro la capitale politique de la Côte d'Ivoire, malgré les événements qui, depuis 2002, paralysaient le paysNorimitsu Onishi, Yamoussoukro, la belle endormie, Courrier international, .Laurent Gbagbo, « Pourquoi Yamoussoukro », Jeune Afrique, .. Cette décision fait l'objet d'un consensus de la part des responsables politiques du pays.

En attendant, la ville cherche à s'affirmer comme une ville des sommets et des rencontres en s'appuyant sur les infrastructures héritées de la politique houphouëtiste. Le , Yamoussoukro accueillit ainsi le du « Groupe des 77 plus la Chine ». Les séances plénières eurent lieu à la grande salle des congrès de la Fondation Félix Houphouët-Boigny. L'hôtel des Députés et l'hôtel Président logèrent toutes les délégations.

Crise politico-militaire (2002-2011)

Après les évènements de 2002, Yamoussoukro est devenue la plus septentrionale des villes restées en zone gouvernementale. Les autres villes plus au nord, dont Bouaké qui est devenue la capitale de la rébellion, ont été placées de facto sous l'administration du MPCI puis des Forces nouvelles de Côte d'IvoireLe site officiel des Forces Nouvelles de Côte d'Ivoire.