Un ou une infirmière (du latin signifiant ou étymologiquement parlant) est un professionnel de la santé chargé de délivrer des soins infirmiers, pouvant être sous prescription ou relevant de son rôle propre pour assurer une bonne prise en charge des patients de partout.
Définitions institutionnelles
Selon le Code français de la santé publique, Article L4311-1 du code de la santé publique. Selon l'Organisation mondiale de la santé, .
Selon le Conseil international des infirmières : .
Histoire
Origines de la profession
vignette|upright=1.0|Gravure de 1504 - par Albrecht Dürer.
Ce sont les ordres religieux féminins et masculins qui organisent, à partir du , les soins aux malades selon des critères en lien avec la charité et l'amour de Dieu. Le soin est alors une activité bénévole et n'a qu'une valeur cultuelle. Celle ou celui qui le pratique est pris en charge par la structure religieuse. Les religieuses soignent à domicile et dans les hôpitaux. Il faudra attendre la laïcisation et l'émergence d'infirmières et d'infirmiers laïques et la Première Guerre mondiale pour que se mette en place un mouvement vers la constitution d'un nouveau groupe social.
En France
Les écoles d’infirmières sont créées au (1836 en Allemagne, 1859 en Suisse, 1860 à Londres, 1878 à Paris). En France, est créé en 1922 un , transformé en 1938 en et seulement en 1951 en diplôme d'État d'infirmier... Il faut ensuite attendre la loi du pour voir apparaître une définition de l’infirmier avec un rôle propre défini dans le décret du . Une nouvelle pause intervient dans le processus de professionnalisation jusqu’à la publication des règles professionnelles le . Puis une traversée du désert a lieu jusqu’à la loi du portant création d’un Ordre national des infirmiers (ses décrets d’application sont parus au JO du , mais il manque encore les arrêtés pour la constitution de l’ordre infirmier).
Jusqu'au début des années 1960, le recrutement s'effectue par des catégories très diverses qui sont antagonistes : infirmières et infirmiers de la Croix-Rouge, religieuses, infirmières et infirmiers sortant de l'école. Après mai 1968, la profession se libère des concepts d'obéissance, de soumission et de charité. Depuis la fin, en 1992, de la formation spécifique d'infirmier en psychiatrie, il n'existe en France qu'un seul diplôme d'infirmier, le diplôme d'État d'infirmier.
Désormais, le cursus d'études en soins infirmiers se déroule dans les Instituts de formation en soins infirmiers (IFSI), en partenariat avec l'université et sur une durée de trois ans, ce qui permet aux étudiants d'accéder au grade de licence (bac + 3) depuis 2009. Ce partenariat avec l'université s'inscrit pleinement dans la logique d'universitarisation de la filière infirmière et toutes les spécialisations infirmières sont en cours de ré-ingénierie. C'est le cas par exemple des infirmiers anesthésistes qui ont obtenu le grade master. Les infirmières et infirmiers en puériculture, de bloc opératoire et les cadres de santé sont eux aussi en cours de réflexion s'agissant de l'évolution de leurs formations respectives.
En Belgique
En Belgique, il faut 4 ans pour devenir bachelier(ère) en soins infirmiers (en Haute école - enseignement supérieur non universitaire) et 3 ans et demi pour devenir infirmière brevetée (enseignement secondaire supérieur complémentaire)..
Au Canada
Au Québec thumb|Salle commune à l'Hotel-Dieu de Montréal 1911. Jeanne Mance fonde, en , le premier hôpital en Nouvelle-France, l'Hôtel-Dieu de Montréal. Jeanne Mance, intendante de ce petit bâtiment hospitalier, embauche deux personnes comme soignantes. En 1659, elle revient d’un voyage en France accompagnée de Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph qui prennent en main les soins aux malades de l’hôpital. Sous l’influence de l'Église catholique au Québec et du clergé, plusieurs hôpitaux et asiles sont fondés au cours du .
Le , un groupe de soignantes, dénommées « gardes-malades », obtiennent après trois années de revendications une charte provinciale et créent l’association des gardes-malades du Québec, ancêtre de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.. En 1922, l’association regroupe et se voue à encadrer la formation. Des premières écoles d’infirmières, souvent en annexe à l’arrière des hôpitaux, sont créées. En 1946, l’association prend pour nouveau nom l’association des infirmières de la province de Québec (AIPQ). L’adhésion est obligatoire pour exercer comme infirmière. En 1950, l’association regroupe et en 1960. Avant 1970; La profession était exclusivement féminine, souvent liée aux congrégations religieuses. Après 1970 les hommes furent autoriser à exercer la profession.
Époque moderne
Le rapport de l' Odis (Organisation du dialogue et de l'intelligence sociale) : L'état social de la France - 2004., propose une grille d'analyse des infirmiers sur la base des modèles de l'intelligence sociale. Des socio-profils sont définis sur la base du croisement de la conscience de leur mission, la perception de leur contexte et leurs pratiques personnelles. Cette grille est utile aussi bien aux infirmiers pour mieux se comprendre et mieux comprendre leur environnement social et professionnel qu'aux dirigeants hospitaliers pour analyser et développer leurs ressources humaines et organisationnelles.
Situation
En France En France, les études en soins infirmiers se déroulent dans les Instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) et en partenariat avec l'université. Ce cursus, accessible après l'obtention du baccalauréat, permet aux étudiants d'obtenir, au terme de trois années d'études, le diplôme d'État d'infirmier et le grade de licence (BAC +3). Les personnes ainsi diplômées sont dites Infirmier(ère)s diplômé(e)s d'État (IDE).
L'ensemble des soins infirmiers est régi par le code de la santé publique qui permet aux infirmières et infirmiers d'exercer leurs missions et leurs compétences dans le cadre de la prescription médicale et dans celui de leur rôle propre, ce dernier leur attribuant une autonomie décisionnelle. Ils disposent par ailleurs d'un droit de prescription bien délimité (prescription des dispositifs médicaux, des substituts nicotiniques, renouvellement des contraceptifs oraux, vaccin contre la COVID-19). La profession d'infirmier possède son ordre professionnel (Ordre national des infirmiers) et dispose depuis de son propre code de déontologie.
Il existe quatre spécialisations infirmières accessibles avec le diplôme d’État d'infirmier : infirmier anesthésiste, infirmier de bloc opératoire, infirmier en puériculture et, depuis peu, infirmier en pratique avancée.. Par ailleurs, l'infirmier peut également évoluer vers des fonctions d'encadrement, de management ou d'enseignement en devenant cadre de santé ou encore directeur des soins.
Le diplôme d’État d'infirmier permet au professionnel d'avoir accès à de nombreuses formations continues tout au long de sa carrière pour se spécialiser dans un domaine bien spécifique (diplôme universitaire en plaies et cicatrisation, diplôme universitaire de prise en charge de la douleur).
Une fois diplômé, le professionnel bénéficie de conditions relativement favorables en matière d'emploi. Dans les cinq premières années d'exercice, le taux de chômage est l'un des plus faibles de toutes les formations de même niveau : 0,7 %. 49 % des infirmiers nouvellement diplômés exercent au sein du service public. En début de carrière, à l'hôpital, le revenu mensuel moyen est de . L'évolution de carrière est faible : avec 20 ans d'ancienneté, un infirmier hospitalier culmine à de salaire netSyndicat National des Professionnels Infirmiers - cfe cgc | À l’hôpital public : salaires et grilles indiciaires de la FPH +++ ::.. Lors du mouvement infirmier de 1988, les revendications portaient sur la reconnaissance de l’identité professionnelle et l’équivalence universitaire à bac + 3 et c'est ainsi qu'est née la coordination infirmièreCoordination Nationale Infirmière - CNI. En France, la profession d'infirmier s'articule autour de deux pôles : le rôle propre et le rôle médico-délégué.
Par ailleurs, l'infirmier dispose également depuis 2007, et dans la limite de ses compétences, d'un droit de prescription de dispositifs médicaux (sondes urinaires, sondes d'alimentation, pansements, matelas anti-escarres), d'un droit de renouveler la prescription de contraceptifs oraux, d'administrer sous certaines conditions le vaccin antigrippal à ses patients (Arrêté du ) ou encore de prescrire les substituts nicotiniques.
Au Canada
Au Québec L’infirmière assume un ensemble de soins : elle évalue l’état de santé des patients, détermine et exécute le plan de soins. L’infirmière peut également planifier l’enseignement des soins de base aux patients et à leur famille ou à un groupe d’aidants naturels.
Rôle propre
L'article R.4311-3 du code de la santé publique dispose que : L'article R.4311-3 du code de santé publique. Le rôle propre permet ainsi à l'infirmier d'agir en totale autonomie, sans avoir besoin de prescription médicale préalable. La liste exhaustive des actes et activités relevant du rôle propre figure dans les articles R.4311-5, R.4311-5-1 et R.4311-6 du code de la santé publique (actes professionnels).
Dans ce cadre, l'infirmière ou l'infirmier ont une fonction d'observation et de dialogue avec le patient pour identifier les problèmes et poser des diagnostics infirmiers, afin de pouvoir mettre en œuvre les moyens nécessaires pour une prise en charge adaptée. Il en va ainsi de la surveillance clinique des complications spécifiques à une pathologie ou un traitement mais aussi, de manière plus générale, le dépistage de situation de maltraitance ou de violence. Ils assurent en collaboration avec l'aide-soignant les soins d'hygiène, les soins fondamentaux, de confort et de sécurité du patient, ils s'assurent en outre de la bonne compréhension par le patient des explications données par le médecin mais aussi, dans le respect du secret professionnel, de l'information de sa famille ou de son entourage. Ils accompagnent le patient tout au long de son hospitalisation ou de ses soins pour lui permettre de maintenir le plus haut niveau d'autonomie possible, d'intimité et de dignité.
Rôle sur prescription La prescription médicale est le seul lien existant entre le médecin et l'infirmière ou l'infirmier. Ils sont chargés de la mise en application des prescriptions médicales, de vérifier les dates de péremptionarticle R4312-29 du code de la santé publique et de la surveillance des effets secondaires ou complications qui pourraient en découler. Ils ne sont cependant pas que de simples exécutants ; ils doivent en permanence faire le lien entre leurs connaissances et les ordonnances faites par les médecins. En effet, il leur serait reproché d'avoir appliqué une prescription absurde ou dangereuse. Ils doivent donc savoir interpeller le praticien lorsqu'ils identifient une erreur ou en tout cas une prescription atypique, afin d'en obtenir confirmation et un éclairage.
Ici aussi, une liste exhaustive des actes et activités mis en œuvre sur prescription médicale est fixée par le code de la santé publique dans les articles R.4311-7 et R.4311-9.
Cela constitue une des difficultés majeures de la profession. L'infirmier doit en effet être en mesure de comprendre toutes les prescriptions afin de savoir identifier non seulement les erreurs mais aussi la spécificité de chacune d'entre elles, pour en déterminer les risques et donc les surveillances ad hoc. Pour cela, il peut faire appel aux connaissances acquises lors de sa formation initiale, mais aussi par le biais d'une formation professionnelle continue.