Roux, ou dans sa forme complète, Roux-lez-Charleroi (en wallon El Rou-dlé-Tchålerwè, localement Au Roû) est une section de la ville belge de Charleroi située en Wallonie dans la province de Hainaut.

L'histoire de Jumet, celle de Heigne et celle de Roux sont allées de pair, à quelques exceptions près jusqu'à ce que l'arrêté royal de Guillaume Ier des Pays-Bas, du , fasse de Roux une commune à part entière jusqu'à la fusion des communes de 1977. Toponymie Rodo : défrichement.

Rode : mot francique désignant un endroit défriché dans la forêt primaire.

Géographie Géographie physique Relief Altitudes : minimum de à la rue de la Victoire (le long du canal) et maximum de en haut de la rue Bennert marquant la limite des sections de Roux et Jumet (lieu-dit Bayemont).

Géologie En dehors des alluvions modernes de la vallée, le territoire de Roux est tout entier compris dans la zone carbonifère représentée ici par des terrains où la houille abonde.

Hydrographie Roux est traversé par trois ruisseaux : le Piéton qui longe le canal Bruxelles-Charleroi.http://cartopro3.wallonie.be/CIGALE/viewer.htm?APPNAME=ERRUISSOL&APPMODE=VIEWER . le Plomcot (ou Moulin de Souvret) qui est un affluent du Piéton. le Préa qui est un affluent du Plomcot.

Géographie politique Avant 1819, voir Jumet - Géographie politique.

Enfantement de Roux.À la fin de l'année 1815, dès la constitution du royaume uni des Pays-Bas (voir ci-dessus), les habitants du Roux adressent au roi Guillaume une longue supplique circonstanciée, demandant la séparation d'avec Jumet. Dans sa plus grande largeur, en effet, Jumet s'étendait sur plus de . de Ransart à Courcelles (lieu-dit Rianwelz). La commune de Jumet est, avant la séparation, divisée en quatre sections. Les habitants de la quatrième section, composée des hameaux du Roux, de Hubes et de Wilbeauroux réclament l'indépendance, arguant de la distance à parcourir pour atteindre la mairie de Jumet et des inconvénients y afférents. En fait, saignée à blanc par les réquisitions de l'armée française, la commune de Jumet est si pauvre que ses maigres ressources ne lui permettent pas de construire une mairie. Pendant plusieurs années, au grand dam des édiles municipaux, ceux-ci n'auront d'autre possibilité que de se réunir dans un cabaret. En conséquence, Jumet veut conserver les revenus municipaux produits par les occupant les de la quatrième section.

Géographie ecclésiastique De la période franque (888) au Concordat (1801), voir Jumet - Géographie ecclésiastique.

Jusqu'à ce que Hirn, évêque de Tournai, décide en 1805, de faire de Roux une paroisse à part entière, le village n'est sur le plan religieux qu'une « succursale » de la paroisse Saint-Sulpice à Jumet Chef-Lieu. Si l'on sait que, du centre de Roux au Chef-Lieu, il y a près de aller-retour, on imagine quelle pénitence ce trajet représenta pendant des siècles pour les Roviens. Sous l'Ancien Régime (diocèse de Namur), Roux dépend du décanat de Fleurus et a pour collateur (bénéfice ecclésiastique) le prieur d'Oignies. En 1977, Roux est une paroisse du doyenné de Jumet et du diocèse de Tournai. Le culte est célébré à Roux-Centre, église de l'Assomption, à Roux-Hubes, chapelle Saint Antoine de Padoue et à Roux-Bassée, chapelle Notre-Dame de Grâce.

Toponymie de quelques quartiers Les Aiselies : dérive du nom « argile »Auguste Vincent, Les noms de lieux de la Belgique, 184 p., Bruxelles, 1927. D'importants dépôts d'argile tapissent les flancs de la vallée du Piéton. La Bassée : cette appellation, très commune dans la toponymie française et belge, désigne une mare située dans une dépression de terrain. Le Calvaire : un calvaire était érigé dans ce quartier de la place Gambetta, urbanisé au . Le Centre : le cœur de la commune, appelé « le village » avant la séparation d'avec Jumet. Hubes : nom d'origine germanique huba à rapprocher du flamand hoeve désignant une ferme; au , le hameau de Hubes était une terre de Gosselies. La Lorraine : ce quartier tire son nom de la présence dans ce quartier de Lorrains de souche, soldats, verriers ou mineurs. Cette hypothèse semble la plus plausible, les patronymes locaux à consonance lorraine et alsacienne en sont la trace. Le Martinet : le « camp »,- entendons par là, la campagne du Martinet - est déjà signalé en 1785 sur un plan des terres de Sart-les-Moines situées sur le territoire actuel de Roux. Mais le nom est d'origine incertaine, tandis que la définition courante était, à l'époque, « petit marteau des cloutiers ». Wilbeauroux : nom très ancien, d'origine germanique, signifiant « Sart de Willibold ». Autre toponymie : terre (essartée) de Wibalt-Rubers.

Principaux axes routiers Les deux axes routiers ci-après figurent déjà sur les cartes de cabinet des Pays-Bas autrichiens, levées à l'initiative du comte de Ferraris de 1770 à 1778. Ils sont partiellement parcourus par les marcheurs du tour de La Madeleine, fleuron du folklore de Jumet. Axe routier sud-nord de Marchienne-au-Pont à Courcelles (Trieu) : rues de Marchienne et de Courcelles, actuelle Nationale 584. Axe routier est-ouest de Jumet (Heigne) à Courcelles (Souvret) : rue de Heigne, pont enjambant le canal, rues Maréchal Foch et des Alliés, rue Jules Boulvin, rue Sart-lez-Moulin

Transports publics TEC Charleroi (Transports en commun) La localité est sillonnée par les bus du TEC Charleroi des lignes 41 et 43 + 83.

Voies ferrées (Infrabel) alt=La gare de Roux.|vignette|398x398px|La gare de Roux.La gare de Roux, devenue un point d'arrêt non gardé (PANG), est sillonnée par : la voie d'accès nord à la gare de formation de Monceau, électrifiée sous 3000V CC., ancienne voie 1. la ligne 124 A, doublement de la ligne 124 entre Luttre et Charleroi-Central : double voie électrifiée sous 3000V CC., voies 2 et 3. la ligne 124 de Bruxelles-Midi à Charleroi-Central : double voie électrifiée sous 3000V CC., voies 4 et 5.

Ponts et passerelle Pendant la seconde moitié du , le canal Bruxelles-Charleroi mis au gabarit de . est enjambé par : un pont ferroviaire fixe du raccordement au réseau du triage-lavoir des Charbonnages du Centre de Jumet. Ce pont, remplacé dans les années 1950, est actuellement sur l'itinéraire du RAVeL Trazegnies-Châtelet. deux ponts mobiles dans la partie la plus peuplée de la commune, qui relient le quartier - à l'est - de la Bassée, la Lorraine et les Aiselies aux autres quartiers - à l'ouest - du Centre et du Calvaire : le pont du Danube : dans le prolongement de la rue Foch. le pont Mottet ou pont des Aiselies, à l'emplacement de la passerelle (piétonne) actuelle.

Mis au gabarit européen de tonnes dans les années 1950, le canal est enjambé par le pont du canal (routier) actuel pour remplacer le pont du Danube.

Démographie

+ Évolution de la populationSauf 1977 - 1977 - 1801 1846 1900 1947 1977Fusion de communes en Belgique. 2001 2008Avec Jumet

De 1819 à 1890, la population et l'habitat explosent, comme on peut en juger par les chiffres ci-dessous : 1819 : +/- et +/-400 habitations 1830 : +/- et +/-470 habitations 1840 : +/- et +/-580 habitations 1850 : +/- et +/-840 habitations 1860 : +/- et +/- 1870 : +/- et +/- 1880 : +/- et +/- 1890 : +/- et +/-

Histoire Première occupation vignette|Les « Basses Haies » (la Bassée), noyau originel de la localité selon André Herregods. Le défrichement se situe entre 700 et 800, à l'époque mérovingienne, à l'initiative des moines de l'abbaye de Lobbes, elle-même fondée entre 640 et 680. La Descriptio Villarum de 868-869 fait état d'un domaine rovien de 8 manses (+/- 120 hectares). Selon l'historien carolorégien Robert HugArticle publié dans le premier bulletin trimestriel de 1978 de la Société royale d'archéologie, d'histoire et de paléontologie de Charleroi., le domaine appelé « Jumet » aurait été constitué dès l'époque mérovingienne d'une villa principale (GIMIACUS) à laquelle auraient été rattachées ultérieurement deux terres satellites, HUNIA et RODIUS. Pendant 900 ans au moins, les terres de Jumet, Roux et Heigne sont considérées comme un bloc composé de 3 entités distinctes. Les exemples sont nombreux: en 868-869, le Polyptyque et la « Descriptio Villarum » en 1235, le Cartulaire des Comtes de Namur : « … Villas de Gimini, Rues et Hugne » en 1265, le Cartulaire des Comtes de Hainaut : « … à Gymi et Hugne, au Rues » en 1334, les archives de la cathédrale de Liège : « … Villes de Hogne, Gimer et Roes dessous Hogne » en 1353, le Cartulaire des Comtes de Hainaut : « Hongne, Gimy et Ruez » en 1473, l'assiette des impôts sous Charles le Téméraire : « Hoingne, Jumez et le Roulx dessous Hoingne » en 1702, une « attestation » du Prince-Évêque de Liège affirme la souveraineté de ce dernier sur les terres de « Jumet, Heigne et le Roux »

De 1200 au L'entité territoriale Jumet - Heigne - Roux est à la frontière du Brabant, du Hainaut, du Namurois et de la principauté de Liège. Cette situation singulière vaut aux seigneurs de droit, les princes-évêques de Liège, beaucoup de tracasseries, chicaneries, procès et arbitrages jusqu'au , lorsque les trois terres deviennent officiellement « terres franches du Brabant en pays de Liège » pendant 15 ans jusqu'à ce que le décret du 13 Fructidor, An III () les incorpore au département de Jemmapes (orthographe de l'époque) créé en 1793.

Le régime français Le , la victoire de Valmy sauve la France de l'invasion étrangère. Peu après, le général français Dumouriez reçoit l'ordre d'occuper les Pays-Bas autrichiens : sa victoire de Jemmapes, le , fait de l'entité une terre française jusqu'en 1815, avec une parenthèse qu'ouvre la défaite du même Dumouriez à Neerwinden, le , et que ferme la victoire remportée à Fleurus, le , par le général français Jourdan, commandant en chef de l'armée de Sambre-et-Meuse. Lors de cette bataille, le front Jourdan de passe par Roux, défendu par la de la division Kléber, commandée par Bernadotte qui deviendra maréchal d'empire et roi de Suède. Le - peu avant la défaite définitive des Français à Waterloo le - Roux est occupé par des troupes du d'armée du Bas-Rhin commandé par le lieutenant-général prussien von Zieten, qui en sera chassé le jeudi par les Français du de cavalerie commandé par Pajol. Sous le régime français, la restructuration territoriale opérée le par échange de terres entre Gosselies et Jumet donne à cette dernière, sur le territoire actuel de Roux, les lieux-dits Sart-les-Moines, Naye-à-bois, les Hayettes, la Rochelle, Plomcot, le Martinet, Charlepré et des bois aujourd'hui complètement disparus (Bois Brûlé, Bois Saint-Michel, Bois de la Blanche-Tête, etc.).

Le royaume uni des Pays-Bas Après la défaite française de Waterloo, les 9 départements français qui forment la Belgique actuelle sont réunis aux anciennes Provinces-Unies pour former le royaume uni des Pays-Bas sur base d'une loi fondamentale - en néerlandais : Grondwet van het Koningrijk der Nederlanden - un État correspondant au Benelux actuel. Un événement capital pour l'histoire de Roux survient durant cette période : l'érection de Roux en commune totalement indépendante de Jumet.