Seyne est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le nom officiel de la commune, tel que répertorié par le Code officiel géographique publié par l'Insee, est « Seyne ». Il est toutefois fait usage, au niveau local, d'une appellation « Seyne-les-Alpes » jusqu'ici non entérinée par un décret. Ne pas confondre avec la ville de La Seyne-sur-Mer qui est la deuxième ville du Var.
Le nom de ses habitants est Seynois, plus rarement aujourd'hui, on utilise aussi Seynards et Seynardes localement.
Seyne a reçu le label « village et cité de caractère ».
Géographie thumb|left|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Seyne et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).
Géologie et relief Le village est situé à d’altitude. Les fonds de vallée aux sols profonds et coupés de haies dans la vallée de Seyne sont surnommés « la Suisse provençale »Bernard Overal, « Seyne et sa flore », Chroniques de Haute-Provence, Revue de la Société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, 2012, , , ISSN 0240-4672, 130.
Hydrographie Elle est traversée par la Blanche, affluent de la DuranceRivière Blanche.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Montclar à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Voies de communications et transports Seyne est accessible par la route départementale RD 900, entre Le Lauzet-Ubaye, au nord, et Digne-les-Bains, au sud. La gare SNCF la plus proche est celle de Digne.
Environnement La commune compte de bois et forêts.
Risques naturels et technologiques Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Seyne est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Seyne est également exposée à trois autres risques naturels : avalanche, feu de forêt, inondation, mouvement de terrain : quelques versants de la commune sont concernés par un aléa moyen à fort.
La commune de Seyne est de plus exposée à un risque d’origine technologique, celui de transport de matières dangereuses par route. La départementale (ancienne route nationale 100) peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses.
Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été prescrit en 2006 pour les risques avalanche, inondation, mouvement de terrain et séisme; le Dicrim n’existe pas.
Dans la liste qui suit, figurent les tremblements de terre fortement ressentis dans la commune. Ils dépassent une intensité macro-sismique ressentie de V sur l’échelle MSK (dormeurs réveillés, chutes d’objets). Les intensités indiquées sont celles ressenties dans la commune, l’intensité peut être plus forte à l’épicentre : le séisme du , avec une intensité ressentie de V et un épicentre situé dans la commune du Lauzet, le séisme du , avec une intensité ressentie de V et un épicentre situé dans la commune de Seyne.
Urbanisme Typologie Au , Seyne est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (67 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (68,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (46,6 %), zones agricoles hétérogènes (21,4 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (10,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (10,1 %), prairies (9,8 %), zones urbanisées (0,9 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,5 %), terres arables (0,5 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois en 1147 (in Sedena), ferait référence au peuple gaulois des Adanates/Édénates, ou serait construit sur la racine *Sed-, pour rocher, selon Charles Rostaing. Selon le couple Fénié, le nom est issu d’une racine oronymique (servant à caractériser le relief), préceltique, *Sed-. La commune se nomme Sèina en vivaro-alpin et en provençal de norme classique et Sèino dans la norme mistralienne.
Le nom de la ville est attesté seulement en 1147 sous la forme in Sedena. Malgré l’absence de preuves archéologiques de son existence dans l'Antiquité, il ne fait aucun doute que ce nom a été donné au peuple des Edenates attesté en 7 av. J.-C. sur le Trophée de la Turbie : Sedena accompagné du suffixe locatif gaulois -ate utilisé pour nommer les habitants d'une ville ou le peuple dépendant de celle-ci. Le passage de *Sedenate à Edenate est un des exemples de l'amuïssement du s- initial en gaulois. Quant au nom de la ville, il provient de la racine indo-européenne *sed, « être assis », suivie du suffixe -ena pour désigner un habitat. Le nom de la ville est passé de Sedena à Sazena vers 1200 puis Seyne en 1222. Le nom provençal est attesté Seyno en 1537.
Histoire Antiquité Seyne est avant la conquête romaine la capitale des Adanates/ÉdénatesGuy Barruol et Raymond Boyer, « Carte 12 : Peuples et habitats de l’époque pré-romaine », dans .. Elle obtient le statut de civitas sous l’Empire romain.
Moyen Âge Au Moyen Âge, elle apparaît dans les chartes en 1146 (in Sedena)Géraldine Bérard, Carte archéologique, , 452., lorsque Raimond-Bérenger IV de Barcelone soumet les barons provençaux révoltés (guerres baussenques) : après s’être emparé d’Arles, il convoque les seigneurs de Haute-Provence à Seyne où ils renouvellent leur hommage.. Les seigneurs sont les comtes de Provence, qui la dotent d’un consulat dès 1223 (1220 selon André Gouron), qui sert de modèle à tous les consulats alentour. Vers les années 1220, une grande tour est construite pour défendre la ville, qui est ensuite appelée Seyne-la-Grande-Tour.. Un concile régional a lieu en 1267. L’hôpital Saint-Jacques est fondé en 1293, suivi à la fin du par l’hôtel-Dieu.
La mort de la reine Jeanne ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis d'Anjou. La communauté soutient les Duras jusqu’au , puis change de camp pour rejoindre les Angevins grâce aux négociations patientes de Marie de Blois, veuve de Louis et régente de leur fils Louis II.. La reddition de Seyne entraîne celle des communautés de Couloubrous et de Beauvillars.
La foire qui se tient à la fin du Moyen Âge à Seyne bénéficie de sa situation de carrefour, et se maintient jusqu’à la fin de l’Ancien RégimeLouis Stouff, « carte 86 : Port, routes et foires du », in .Baratier et Hilsdesheimer, « carte 122 : Les foires (1713-1789) », in.. Seyne est le siège d’une baillie qui devient une sénéchaussée par la suite : les communautés d’Auzet, Barles, La Bréole, Montclar, Pontis, Selonnet, Saint-Martin-les-Seyne, Saint-Vincent, Ubaye, Verdaches, Le Vernet.
La communauté de Beauvillars comptait 88 feux au dénombrement de 1316. Elle dépendait administrativement de Seyne. Au , les habitants de Beauvillars, ayant voulu s’autonomiser, sont massacrés, les survivants déportés, et le nom de Beauvillars effacé des archives.
La communauté de Couloubrous (Colobrosium, cité au ), est elle aussi rattachée à Seyne au . Elle comptait 19 feux en 1316, et était dotée elle aussi d’un consulatÉdouard Baratier, « carte 45 : Les consulats de Provence et du Comtat () », in ..
Temps modernes (1483-1789)
Avec la création de l’imprimerie, les écrits et les idées se diffusent, et dans le deuxième tiers du , le protestantisme s’implante à Seyne. Grâce à l’édit d'Amboise (1563), les fidèles de cette religion sont autorisés à construire un temple, mais à l’écart de la ville..
La ville est prise et pillée par le capitaine protestant Paulon de Mauvans à l’été 1560, durant les guerres de religion.. Elle est attaquée par les protestants étrangers à Seyne en 1574, qui la conservent par la suite : le baron d’Allemagne s’y retranche en 1585, devant l’offensive de la Ligue catholique, sans empêcher la prise de la ville par le duc d’Épernon. Lors du siège, le clocher est détruit. À la fin des guerres de religion, Lesdiguières y établit un camp où il prépare sa campagne de reconquête de la Provence contre les Ligueurs ultra-catholiques.
La Réforme avait malgré ces combats un certain succès à Seyne, et une partie des habitants était restée protestante. La communauté protestante se maintient au autour de son temple, grâce à l’édit de Nantes (1598). Mais l’abolition de l’édit de Nantes (1685) lui fut fatal, et elle disparut, ses membres émigrant ou étant convertis de forceÉdouard Baratier, « Les protestants en Provence », cartes 118 et 119 et commentaire dans .. Riez est avec Seyne et Manosque, l'une des trois seules villes de Haute-Provence qui aient eu régulièrement un pasteur protestant de 1550 à 1685.
En 1656, les deux hôpitaux (hôtel-Dieu et hôpital Saint-Jacques) fusionnent en une seule institution ; les deux sont relogés dans un seul bâtiment, en 1734.