Cet article présente la chronologie de la crise anglophone au Cameroun pour l'année 2018.
Janvier
Dans la nuit du au , un inspecteur de police est tué et un gendarme est blessé lors d'une attaque à l'arme blanche à Mbonge. Le , un gendarme est tué dans le village de Kwakwa. Selon un journaliste sur place, des séparatistes avaient barricadé la route dans cette localité et pris en otage deux militaires, dont l'un a été tué et décapité. En représailles, les forces de sécurité ont réduit le village en cendres, comme le montrent les images satellite et autres preuves photographiques recueillies par Amnesty InternationalUne tournure tragique: violence et atteints aux droits humains dans les régions Anglophones du Cameroun, Amnesty International, juin 2018, p. 23. Le même jour, un gendarme est tué à Ekondo-Titi. Le , un gendarme est tué à Wum. Le même jour, des hommes armés non identifiés attaquent des édifices, des commerces et certains établissements scolaires dans des localités de la région du Sud-Ouest. Les militants séparatistes depuis l'étranger évoquent . Le , des individus armés non identifiés tentent de prendre d'assaut une base du bataillon d'intervention rapide (BIR), unité d'élite de l'armée, à Mbengwi, avant d'être repérés par une sentinelle. De violents affrontements éclatent alors entre les forces de défense et les assaillants, qui seraient tous neutralisés, selon le porte-parole de l'armée, le colonel Didier Badjeck. Le même jour, le bloc administratif du lycée de Balikumbat est incendié et une tentative d'incendie du collège catholique Sainte Rita est avortée. Dans la nuit du , les auteurs réussissent à incendier le dortoir des filles. Le , un gendarme est tué dans une attaque de séparatistes présumés à Kumbo. Une bombe artisanale explose au passage d'un véhicule de l'armée, transportant des éléments du BIR à Ekok et blesse deux soldats. Toujours à Ekok, des hommes armés non identifiés attaquent une gendarmerie, avant d'être repoussés par le BIR. Le , des gendarmes mènent une opération militaire à Danare dans l'État de Cross River au Nigeria contre les militants réfugiés dans la communauté. 15 bombes sont découvertes près de Bamenda. Certaines explosent et d'autres sont désamorcées par les forces de sécurité. Jusqu'au , des affrontements ont lieu dans la localité de Dadi, tuant quatre séparatistes et blessant un soldat.
Février
Le , des séparatistes attaquent un check-point tenu par des gendarmes dans la localité de Mbingo, tuant deux d'entre eux. À Bamenda, des individus à moto ont . Un civil a également succombé à ses blessures à l'hôpital de Bamenda après avoir été touché par des tirs de soldats lors d'une opération dans la ville voisine de Santa. Une attaque de séparatistes présumés a lieu dans le village de Pinyin. À la suite de l'attaque, plusieurs civils blessés par balles sont hospitalisées. À Bangem, un soldat et un membre d'Elections Cameroon (Elecam) sont tués. Le , deux civils sont tués par des gendarmes à la sortie de Bamenda, sur la route menant à la ville voisine de Bafut. Dans la zone de Belo, un jeune est abattu par des forces de sécurité. Dans la nuit du 3 au , des affrontements entre les forces de sécurité et les séparatistes présumés éclatent à Bamenda faisant un nombre indéterminé de victimes. Un civil est tué dans la ville. Dans la nuit du au , la résidence du préfet du département de la Meme et une gendarmerie sont attaquées par des membres de l'Armée de restauration de l'Ambazonie (ARA) à Kumba. Deux membres du groupe sont tués et un gendarme est blessé. Le , un soldat est poignardé à mort à Bamenda. En réponse, l'armée mène une opération de bouclage le lendemain. Le , le gouvernement camerounais instaure un couvre-feu d'une semaine dans les deux régions anglophones en raison de menaces d' de séparatistes. Le , lors de la Fête de la Jeunesse, trois gendarmes sont tués à Kembong. Selon le colonel Didier Badjeck, porte-parole de l'armée, des petites villes du sud-ouest et du nord-ouest sont également le théâtre d'attaques. Toutes auraient été maîtrisées sans que personne ne soit tué. À Batibo, au sud de Bamenda, un sous-préfet est enlevé et sa voiture est incendiée. Le , le délégué régional des Affaires sociales du Nord-Ouest est enlevé à Batibo. Les Forces de défense de l'Ambazonie (FDA) revendiquent l'enlèvement. Le , un gendarme est tué à Kumba. Le , un élève gendarme est tué à Nguti. Le , quatre séparatistes sont tués par le bataillon de marine à Mundemba après une attaque ratée contre la gendarmerie. Un soldat est également blessé lors des affrontements. Le , des séparatistes présumés attaquent la localité de Munyenge, visant l'armée et la gendarmerie. Des échanges de tirs ont lieu pendant plusieurs heures et un gendarme est tué au cours de ces affrontements. À Njinikom, des séparatistes présumés attaquent une station-service Total et une brigade de gendarmerie. Ils saccagent également les commerces et les garages aux alentours. Cette attaque provoque une fusillade entre les assaillants et les forces de sécurité, tuant trois personnes, dont deux séparatistes. Le , des affrontements entre les forces de défense et de sécurité et des assaillants éclatent dans le village d'Ikassa, à la suite de l'attaque d'un des postes des deux bataillons de la marine à Mundemba, tuant trois séparatistes présumés. Une paroisse est par ailleurs endommagée lors des combats. Dans la nuit du au , la résidence de l'opposant John Fru Ndi, président du Front social démocrate (SDF), est incendié par des inconnus à Bamenda.
Mars
Le , le corps d'un gendarme est retrouvé près de Mundemba. Il aurait été tué par des séparatistes présumés avant d'être jeté dans un cours d'eau. Le , une bataille éclate à Batibo, provoquant des pertes sans précédent des deux côtés et force plus de à fuir. Le , un soldat est tué lors d'une attaque menée par des hommes armés non identifiés contre un avant-poste de la marine à Mundemba. Les forces de défense affirment avoir tué plus de douze assaillants. Dans la nuit du 7 au , des hommes armés attaquent une école et enlèvent un soldat à Batibo. Le corps décapité du soldat est ensuite retrouvé quelques heures plus tard. Trois élèves sont également blessés. Le , journée internationale des femmes, un groupe d'assaillants attaquent la place de la commune d'Akwaya, blessant un policier. Le , un gendarme est tué à Batibo. Le , deux élèves gendarmes sont tués et quatre autres sont blessés lors d'une attaque contre un poste de gendarmerie à Songwa. Le , un affrontement entre des séparatistes et les forces de sécurité à Nguti fait plusieurs morts. Le , deux Tunisiens sont enlevés par un groupe armé dans la région du Sud-Ouest. Le , un cadre de l'administration et une trentaine de personnes sont enlevées par des séparatistes dans la région du Sud-Ouest. Quatre personnes sont blessés dans l'attaque du cortège d'un ministre à Alou. Des classes sont incendiées dans un établissement à Bomaka, ainsi que le petit séminaire de Lewoh. Le , la résidence du ministre délégué Paul Tasong, est incendiée par des séparatistes présumés dans la localité de M'mouckbie. Le , trois otages sont libérés par l'armée lors d'une . Selon un communiqué du gouvernement, cette opération permet dans la région du Sud-Ouest, dont un ingénieur tunisien. La source précise que le deuxième ingénieur a été . Le , un fonctionnaire est tué et un préfet blessé dans une attaque attribuée aux séparatistes dans la région du Sud-Ouest. Le , lors des élections sénatoriales, des séparatistes présumés prennent pour cible à deux reprises un commissariat de police et un bureau de vote dans l'arrondissement de Bangem. Ces attaques sont repoussées et deux assaillants sont tués, selon une source militaire. À Belo, l'entrée de la ville est bloquée pendant plusieurs heures par des assaillants. Le , un séparatiste présumé, soupçonné d'avoir espionné la résidence du préfet de la Meme, Ntou'ou Ndong Chamberlain, à la solde d'un groupe armé, est tué à Kumba. Des sources locales rapportent qu'après sa mort, des échanges de tirs ont lieu entre soldats et assaillants, sans faire de victimes. Le , quinze séparatistes présumés sont tués et sept soldats sont blessés lors d'affrontements à Ekondo-Titi.
Avril
Le , douze otages occidentaux sont libérés par l'armée dans la région du Sud-Ouest. Le , un juge est enlevé par des hommes armés à Ewelle ; il est libéré trois jours plus tard. Le , plusieurs localités de la région du Sud-Ouest dont Buéa et Mundongo sont le théâtre d'attaques simultanées menées par des séparatistes faisant un mort dans les rangs de l'armée. Le , le convoi du gouverneur de la région du Sud-Ouest, Bernard Okalia Bilaï est attaqué à deux reprises par des hommes armés dans le village de Lewoh faisant plusieurs blessés. Les 20 et , deux soldats en renfort sont morts après que leur véhicule a sauté sur une mine près de Menji. Deux autres soldats sont tués au cours d'affrontements avec des séparatistes et un troisième décès est enregistré plus tard à l'hôpital. Le corps d'un gendarme décapité est également retrouvé dans la localité. Trois blessés sont également signalés du côté de l'armée. Du côté des séparatistes, le bilan est estimé à au moins quinze morts. Dans la région du Nord-Ouest, plusieurs groupes armés tentent d'attaquer des positions de l'armée. Ces attaques sont repoussées et quatre assaillants sont tués. Le , les séparatistes forcent l'armée à se retirer de Belo après les combats. À Andek, un soldat est abattu. À Kumba, un enseignant de lycée est abattu par des hommes cagoulés, tandis qu'un élève est blessé au cours de l'assaut. Des combats ont suivi dans la même ville entre militaires et séparatistes. Le , une enseignante enceinte est tuée par des hommes armés qui ont attaqué son école à Muyuka. Le , deux gendarmes sont tués à Bali Nyonga. Le , deux soldats sont tués à Bali Nyonga. Le , un prêtre catholique est brièvement kidnappé par des séparatistes à Belo. Le directeur d'une école secondaire d'un village proche de Belo est enlevé avant d'être libéré plus tard dans la journée.
Mai
Le , un camion de la marine circulant entre Kumba et Ekondo-Titi est attaqué dans le village de Babongo. Les affrontements qui ont suivi ont fait 20 morts parmi les séparatistes, selon le gouverneur de la région du Sud-Ouest, Bernard Okalia Bilaï. Le , trois soldats sont tués, deux autres sont blessés et un est porté disparu lors d'une attaque menée par des séparatistes présumés à Mbonge. Le , des hommes armés enlèvent l'épouse d'un colonel de l'armée de l'air dans le village d'Ediki. Selon certaines sources, les ravisseurs exigent une rançon pour la libération de l'otage. Le , un commissariat de police est attaqué par des hommes armés non identifiés à Muyuka. Les assaillants saccagent les locaux, libèrent quatre détenus et emportent des armes. Le , jour de la Fête nationale, un poste de contrôle de l'armée est attaqué à Belo. À Batibo, des hommes armés tentent d'empêcher la célébration de la Fête. Le bilan provisoire de ces deux attaques est de 10 séparatistes présumés et deux soldats tués. Un important stock de matériel de guerre est saisi, selon l'armée et des sources médicales. Dans la région du Sud-Ouest, un policier est tué à Ekona et le maire de Bangem et son adjoint sont enlevés par des hommes armés. Le , un affrontement entre forces de sécurité et un groupe armé retranché dans un motel fait 32 morts à Menka. Deux chefs d'établissement sont enlevés par des hommes armés non identifiés dans la région du Sud-Ouest. Dans la nuit du 29 au , une église choisie pour accueillir les « de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (CNPBM) est la cible d'une tentative d'incendie criminel à Bamenda. Fin mai, l'armée reprend partiellement Belo, avec des combats qui se poursuivent autour de la ville. Cette ville est presque entièrement abandonnée par ses habitants.
Juin