Cet article présente la chronologie de la crise anglophone au Cameroun pour l'année 2019.

Janvier

Le , une douzaine d'employés de la Cameroon Development Corporation (CDC) sont attaqués au camp de Sonne Likomba Estate de Tiko. Les assaillants coupent les doigts de quatre employés. Trois autres sont grièvement blessés et le camp est incendié. Le , des affrontements ont lieu à Muyuka, Bafut, Mundum et Mamfé. À Mamfé, deux séparatistes sont tués lorsque leur camp est attaqué par le bataillon d'intervention rapide (BIR). Le , sept séparatistes sont tués par l'armée lors d'une dans le village d'Alabukam. L'opération permet la destruction d'un camp de séparatistes et la récupération d'armes légères, de munitions, d'uniformes militaires et de moyens de transport tels que des motocyclettes. Le , une enseignante est enlevée sur un axe routier de la région du Sud-Ouest. Selon des sources concordantes, sa famille a dû verser une rançon de deux millions de francs CFA (environ 3 000 euros) à ses ravisseurs pour obtenir sa libération. Le , une trentaine de voyageurs sont enlevés par des séparatistes présumés sur un axe routier de la région du Sud-Ouest. Le , une dizaine de séparatistes sont tués lors d'une offensive militaire à Pinyin, selon le porte-parole de l'armée, le colonel Didier Badjeck. Dans la région du Sud-Ouest, les forces de sécurité saisissent des munitions et interpellent des complices présumés des séparatistes. Le , le commandant des Forces de défense du Cameroun méridional (FDCM), Andrew Ngoe est tué dans le village de Matoh. Le , au moins 14 séparatistes sont tués lors d'une offensive militaire à Bafut.

Février

Le , deux étudiants sont tués par des séparatistes présumés à Buéa. À Limbé, un soldat est tué. Les séparatistes imposent une ville morte de 10 jours, du 5 au , dans le but d'empêcher les célébrations de la Fête de la Jeunesse du . Le , des tirs nourris sont entendus à Muyuka et Buéa. À Babadjou, un lycée est attaqué par des séparatistes présumés. Le , des tirs sont entendus dans le quartier de Bonduma à Buéa. Le corps d'un soldat décapité est retrouvé dans le quartier de Sandpit. De nombreuses personnes sont interpellées à Buéa. Le , des hommes armés tuent quatre personnes qui se trouvaient dans un hôpital de Kumba avant de l'incendier.vignette|Bâtiment et véhicule calciné après l'incendie d'un hôpital à Kumba, le . Le , onze personnes sont blessées, dont plusieurs grièvement, lors de l'attaque du convoi du gouverneur de la région du Sud-Ouest, Bernard Okalia Bilaï, à Kumba. Le , 200 élèves du collège de Kumbo sont enlevés avant que 170 d'entre eux soient libérés le jour suivant. Les recherches se poursuivent pour libérer les derniers otages. Le , un capitaine de l'armée est abattu par des séparatistes à Buéa. À Kumbo, des soldats entrent dans un hôpital à la recherche de séparatistes, selon une source locale. Selon cette source, les soldats menacent les patients, les médecins et les habitants qui ont fui leurs maisons pour se réfugier dans l'hôpital. Plusieurs sources affirment également que des maisons ont été incendiées par des soldats, notamment dans un village de la périphérie de Kumbo. Le porte-parole de l'armée précise pour sa part que de telles pratiques ne sont pas habituelles dans l'armée. En revanche, si les soldats trouvent un abri terroriste avec des armes, il est détruit. , ajoute le porte-parole de l'armée, le colonel Didier Badjeck. À Mombo, deux civils sont tués lors d'une attaque menée par des séparatistes. Le , six employés de la CDC sont mutilés par des séparatistes à Tiko. Le , un journaliste est enlevé près de son domicile à Bamenda avant d'être relâché deux jours plus tard.

Mars

Le , l'armée incendie plusieurs maisons dans les départements du Donga-Mantung et du Menchum, et tue au moins . Le , un policier est brûlé vif par des séparatistes à Bamenda. Le , l'entraîneur du Young Sports Academy Bamenda (YOSA) est libéré après plusieurs heures de captivité. À Mbanga, des séparatistes incendient des maisons et des véhicules, blessent des ouvriers agricoles et enlèvent une quinzaine de personnes. Dans la nuit du 19 au , un ancien membre du gouvernement est enlevé dans sa résidence de Ntabesi, près de Bamenda. Le , au moins quinze étudiants de l'université de Buéa, sont enlevés sur le campus. Des étudiants de l'université de Bamenda sont retenus sous la menace d'une arme au milieu d'une salle de cours et dépouillés de leur argent par des séparatistes présumés. Dans la nuit du 21 au , les étudiants de l'université de Buéa sont libérés. Le , une tentative d'enlèvement a lieu à Buéa.

Avril

Le , l'armée attaque un hôpital à Mbingo, tuant une femme et blessant une autre personne, selon Human Rights Watch (HRW). À Penda Mboko, trois gendarmes sont blessés lors d'une attaque. Dans la nuit du au , le premier adjoint au maire d'Idenau est enlevé à son domicile par des hommes armés. Le , les séparatistes imposent une ville morte de à Buéa. L'armée tue cinq civils lors d'une dans le village de Meluf, selon HRW. Le , une femme décède après avoir été blessée par balle quelques minutes plus tôt alors qu'elle se rendait dans une paroisse. Le , un vigile est hospitalisé, après avoir reçu une balle dans l'abdomen. Des tirs sont également entendus à Mile 2 à Limbé, où un important dispositif de sécurité est déployé à la suite de rumeurs de présence de séparatistes. Au cours du week-end, des affrontements éclatent dans plusieurs quartiers de Buéa, faisant deux morts. Le , quatre soldats et trois séparatistes sont tués à Bali. À Ekona Mbenge, au moins six personnes sont tuées lors d'une offensive militaire. Le lendemain, l'armée procède à des arrestations massives à Buéa, à la recherche de camps séparatistes. Le , une directrice d'école est enlevée par des hommes armés à Bamenda. Dans la nuit du 23 au , plusieurs camps de séparatistes sont démantelés et six d'entre eux sont tués dans des combats à Kwakwa et Bafut. Le , la maison du maire de Fundong est incendiée par des hommes armés. Un gendarme est enlevé avant d'être tué par des séparatistes à Muyuka. Le , l'opposant John Fru Ndi, président du Front social démocrate (SDF), est enlevé par des séparatistes à Kumbo, avant d'être libéré le jour même. Le , un commissaire de police est abattu dans la localité de Sabongari. Le , l'armée tue un civil et incendie au moins dans le village de Kikaikelaki. À Wum, plusieurs séparatistes et quatre soldats sont tués dans des affrontements.

Mai

vignette|Soldats camerounais à Bamenda en .Le , deux soldats sont tués à Mankon provoquant des représailles, au cours desquelles l'armée a incendié plus de 70 maisons, pillé des maisons et des magasins, tué un civil et abattu des animaux domestiques. Le , jour de la Fête nationale, un bébé de 4 mois est tué à Muyuka. Le , un enseignant de lycée est décapité à Bamenda.

Juin

Le , des séparatistes auraient attaqué le village de Naikom, demandant du . Les personnes incapables d'apporter leur soutien sont battues et leurs maisons sont détruites. Environ cinq personnes sont blessées avant que les assaillants ne se retirent. Le , des Mbororos et d'autres groupes minoritaires auraient pris d'assaut des maisons, une église et des magasins, notamment les palais de Naikom et de Waindu, en représailles aux attaques séparatistes. Le , quatre policiers sont tués dans l'explosion d'une mine dans la localité d'Otu. Le , l'opposant John Fru Ndi est enlevé pour la seconde fois en deux mois.

Juillet

vignette|Des soldats du BIR déployés à Bamenda, le .Le , des séparatistes attaquent un bateau militaire transportant , dans la Manyu. Trois soldats parviennent à s'échapper, deux sont secourus, un est retrouvé mort cinq jours plus tard, et sept sont portés disparus. Le , au moins deux gendarmes sont tués et plusieurs autres sont blessés, dans une embuscade à Ndop. Le , au moins sept séparatistes sont tués dans le village d'Esu. Le , des hommes armés enlèvent d'un bus passant par Belo. Dans la nuit du 14 au , un soldat et trois séparatistes sont tués dans un affrontement à Muea. Le , un soldat et cinq séparatistes sont tués à Mbiame. Du 21 au , un gendarme et quatre séparatistes sont tués dans des affrontements à Eyumodjock.

Août

Le , dans le but de saboter la nouvelle année scolaire, les séparatistes annoncent la mise en place de villes mortes du 2 au et du 9 au , couvrant les deux premières semaines de l'année scolaire. Le , un policier est blessé lors d'une embuscade tendue par des séparatistes à Bali. Selon les autorités locales, plusieurs membres des forces de sécurité sont blessés dans l'embuscade. Le nombre de morts du côté séparatiste reste inconnu. Un jour plus tard, le policier blessé succombe à ses blessures.

Septembre

Le , jour de la rentrée scolaire, des tirs sont entendus à Bamenda. Le , des tirs sont entendus à Bamenda près d'un hôtel abritant le ministre de l'Administration territoriale Paul Atanga Nji, et des hauts fonctionnaires de son ministère. Le , des soldats attaquent le palais de la chefferie de Bafut pendant une cérémonie, à la recherche de séparatistes, et se livrent au pillage du musée de la chefferie. La chefferie, qui est à l'épicentre du conflit, est inscrite depuis 2006 sur la liste indicative de sites du patrimoine mondial. Le , une gardienne de prison est décapitée à Bamenda. L'acte est attribué aux séparatistes.

Octobre

Le , alors que le Grand dialogue national se déroule, un nombre important de Camerounais anglophones célèbrent le jour de la déclaration d'indépendance par les séparatistes. Neuf personnes sont tuées dans des affrontements à travers les régions anglophones. Le , un commandant séparatiste qui avait déposé les armes, est tué à Wum, selon une source militaire. Durant le mois, le chef de guerre séparatiste Oliver Lekeaka s'autoproclame . L'armée lance plusieurs raids sur des camps séparatistes dans le département, tuant au moins 6 d'entre eux. D'autres combats ont eu lieu à Ndop et Bamenda, au cours desquels cinq autres séparatistes sont tués et un policier décapité.

Novembre

Le , un étudiant de l'université de Bamenda est tué et huit autres sont enlevés par des hommes armés. Le , le technicien de la radio locale Hot Cocoa est enlevé à Bamenda avant d'être libéré trois jours après. Le , des détonations et des coups de feu sont entendus dans la région du Nord-Ouest. Le , des soldats prennent d'assaut un camp des séparatistes à Tabenken. Le nombre de victimes n'est pas déterminé, mais certains séparatistes auraient été tués.

Décembre

Le , des séparatistes ouvrent le feu sur un avion de la compagnie aérienne Camair-Co lors de son approche de l'aéroport de Bamenda. Aucun mort ni blessé n'est à déplorer. Le , des hommes armés tentent de s'infiltrer dans la localité de Mmen-Bafmeng. Des tirs à l'arme automatique et à l'arme lourde sont entendus. Le , trois gendarmes sont tués et un autre est blessé dans une embuscade tendue par des séparatistes à Widikum. Le , une vingtaine de séparatistes se rendent aux autorités à Kumba. Le , une attaque de séparatistes présumés fait trois morts dont deux femmes et quatre blessés à Ekona. Le , un infirmier militaire est décapité par des séparatistes à Bamenda. Fin décembre, l'armée lance une série d'opérations dans les départements du Mezam, du Boyo, du Donga-Mantung, du Bui et du Ngo-Ketunjia qui, en six jours, forcent environ à fuir leurs foyers.

Notes et références

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