Couillet (en wallon Couyet) est une section de la ville belge de Charleroi située en Wallonie dans la province de Hainaut. Au et au , la localité a été un grand centre industriel de production charbonnière, métallurgique et chimique.

C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. Elle compte environ en 2022.

Toponymie Le toponyme de Couillet est issu de l'Antiquité. Il vient de Culiacum (déjà mentionné en l'an 840), c'est-à-dire le domaine de Culius (nom gallo-romain). Le toponyme du quartier des Fiestaux est quant à lui issu de « fastigium altum », le haut sommet ou faîte.

Géographie

Géographie physique Le paysage de Couillet est assez vallonné, son altitude se situant entre et . Le nord de la localité est bordé par la Sambre qui marque la limite avec Montignies-sur-Sambre. Des anciens terrains industriels sont situés le long de la Sambre.

Les coteaux de la Sambre et le plateau de Couillet à la limite de Loverval sont notamment constitués en sous-sol de roche calcaire. Une carrière y a été exploitée par la Société Solvay pour la fabrication de la soude caustique (procédé Solvay). Dans les dépressions karstiques à la limite avec Châtelet, on trouve des dépôts sableux de la Formation de Couillet qui contiennent de minces couches argileuses. Dans le passé, le sable fin argileux de la Formation de Couillet était destiné aux fonderies. Mélangé avec le sable d’Erquelinnes sous-jacent, il servait au moulage des pièces métalliques.

La présence dans le sous-sol de Couillet de houille à proximité de la Sambre a également permis le développement d'une activité minière et de charbonnages (Puits Sainte-Marie à Fiestaux et Puits dit du « Pêchon », à la limite avec Marcinelle).

Quartiers Couillet est divisé en plusieurs quartiers : Le village est un quartier situé au nord, là où se trouve la maison communale. Selon Yves Lardinois, en 1843, le passage du chemin de fer (ligne Charleroi-Namur) a divisé le quartier en deux. Le village ne sera désormais relié au sud de la localité que par deux embranchements carrossables et deux passages souterrains pour les piétons. Lardinois souligne qu'en 1827, une verrerie a été construite, accompagnée de deux rangées de maisons pour loger les ouvriers qualifiés. En 1828, la firme Fontaine Spitaels a érigé quatre hauts-fourneaux et 200 fours à coque. Yves Lardinois indique qu'une école a été ouverte en 1831, près de la maison communale. En 1905, la verrerie a fermé ses fours, et les terrains ont été expropriés par l'État belge pour y aménager le « quai de bois » ainsi qu'une partie de la gare de formation de Charleroi-Central ; Couillet-centre, un quartier situé en face du chemin de fer où se trouve l'église Saint-Basile. Yves Lardinois indique que ce qui est devenu le quartier central faisait à l'origine partie du quartier du Village. Avec la construction de la ligne de chemin de fer, l'aménagement de la route de Châtelet a été à l'origine de la naissance de ce nouveau quartier. À partir de 1866 selon Yves Lardinois, les constructions se multiplièrent et les emplacements disponibles devinrent rares. Ce quartier devint progressivement le cœur de la vie économique et culturelle de Couillet, abritant la plupart des sociétés locales; Couillet-queue, un quartier situé au sud traversé par la nationale 5, tire son nom d'un vaste vivier. Les affluents des ruisseaux de Loverval, Nalinnes et du Ry de Couillet formaient une queue de poisson jusqu'en 1825, selon Yves Lardinois d'où l'appellation « La queue du Vivier ». Entre 1845 et 1865, la deuxième section de la commune portait le nom de « La Queue »; Les Fiestaux, le plus ancien quartier de la commune, est le lieu où l'on a découvert les premières traces de présence humaine. Dès 1845 selon Lardinois, le Fiestaux couvre déjà un tiers de la superficie de la commune, s'étendant entre 140 et 190 mètres d'altitude; Les Fougères (ou Hublinbu), situé au sud-ouest à la limite avec Marcinelle ; La Citadelle, situé sur les hauteurs du quartier du Fiestaux, entre les rues de Gilly et de Villers ; Le Bavéry, situé à l'est, là où se trouvait l'ancienne Amicale Solvay, aurait été un bois traversé par un ruisseau. On suppose qu'il aurait pu appartenir à une famille nommée Bavet ou Bavay. Selon Yves Lardinois, l'implantation des industries le long de la Sambre et la création de la ligne ferroviaire entre Charleroi et Namur, avec la gare de « Couillet-Montignies », ont entraîné une augmentation de la population. Lardinois décrit qu'après la Première Guerre mondiale, le quartier du Bavery est devenu la zone la plus commerçante de la localité, Le Coucou. Sur le plan cadastral d'après les recherches de Yves Lardinois, cette appellation apparaissait déjà en 1863 et comprenait une quarantaine d'habitations, L'Amérique, il se situe à droite de la nationale 5, quartier qui possède une cité du même nom, Bois des Cloches, situé à proximité avec le R3, Les Quatre-Bras, au carrefour de la nationale 5, Les Hauchies. C'est au croisement actuel des rues Destrée, Bellière et Huart-Chapel à Marcinelle, ainsi qu'à Châtelet, qu'une chaussée datant de l'époque romaine traversait le ruisseau à gué. Selon Yves Lardinois, Après 1825, le chemin de Dinant fut renommé chemin de Philippeville, car il reliait la nouvelle route de Philippeville aux cinq chemins actuels et bien connus de Couillet.

Cités La cité du Congo est située dans le quartier des Fiestaux. Selon Yves Lardinois, cette cité a été édifiée par la société coopérative « La Cité Jardin » en 1928, en 1934, 124 maisons furent construites aux rues des Carrières, de la Corniche, et Joseph Wauters. À la suite de l'augmentation de la population, de nouvelles écoles et une plaine de jeux furent créées à l'initiative de l'administration communale. Cité Solvay, située au sud du R3. Cité de l'Amérique, il se situe dans le quartier de la Queue. Édifiée en 1922 qui est composée selon Yves Lardinois de 99 maisons unifamiliales.

Bois Couillet possède le bois de Boubier à la limite avec Châtelet.

Terril Terril du Fiestaux, petit terril situé près du site de l'ancien puits du même nom.

Hydrographie Couillet est principalement traversé par la Sambre au nord de la localité dans laquelle viennent se jeter le ruisseau de Saint-Hubert (qui naît à Loverval), le ruisseau des Haies (issu de l'étang du centre de délassement de Marcinelle-Loverval), le ruisseau de Nalinnes, le ruisseau de Loverval et le Ry de Couillet qui sépare Couillet de Marcinelle.

Démographie + Évolution de la populationSauf 1977 - 1977 - 1801 1846 1900 1947 1977Fusion de communes en Belgique. 2001332

Histoire

Antiquité et Moyen-Âge Le village est très ancien et semble avoir été occupé depuis l'Antiquité ainsi que l'attestent différentes fouilles archéologiques et son toponyme. Culiacum est cité pour la première fois sous le nom de « Culiacum ad Sabium » (Culiacum sur Sambre) dans une charte en faveur du chapitre de l'abbaye de Nivelles en 840. Il est de nouveau cité en 966 dans un diplôme d'Othon . Géographiquement, il était implanté sur les collines qui bordent la rivière Sambre, lieu qui portait le nom de « Fiest-haut ».

Temps Modernes Couillet possédait autrefois un moulin banal dépendant de la seigneurie de Couillet‑Marcinelle. Installé au Warchat, il exploitait les eaux réunies des ruisseaux de Saint‑Hubert et du Fond des Haies, parfois nommé Amérique, dont la retenue artificielle formait un vivier d’importance notable. Yves Lardinois souligne que ce dispositif hydraulique constituait l’un des éléments économiques structurants du territoire. Lorsque Couillet devint une paroisse autonome, les habitants de Marcinelle continuèrent à y faire moudre leur grain, ce qui provoqua des tensions récurrentes entre les deux communautés. Un accord fut finalement établi en 1791 : Marcinelle reprit la propriété du moulin et s’engagea à verser des redevances annuelles aux ayants droit.

Au début du , la construction des routes de Philippeville et de Gilly, sur des talus élevés, réduisit fortement l’étendue du vivier, même si la réserve d’eau resta suffisante pour actionner la roue et servit ponctuellement de bassin de baignade. Le moulin devint progressivement une charge financière pour Marcinelle, qui décida en 1841 de vendre l’ensemble du domaine, comprenant près de deux hectares d’étang et de prairies. La mort du dernier meunier, Gustave Saintes, en 1885, mit fin à l’activité meunière. Le site fut ensuite converti en tannerie dotée d’une fonderie à suif, une activité abandonnée peu avant 1914. Lardinois rappelle que cette reconversion illustre la diversification industrielle de Couillet à la fin du . Par la suite, l’administration communale acquit les bâtiments pour y loger des familles modestes, avant de procéder à la démolition progressive des vestiges du moulin. Les dernières traces disparurent en 1960, clôturant définitivement l’histoire de l’un des anciens équipements économiques du village. vignette|« La Tourette » à l'angle de la place Communale et la rue du Village. Jusqu'en 1796, Couillet fait partie de la Principauté de Liège. C'est sur la colline du Fiest-haut que les religieux prémontrés bâtissent en 1161 la première église de Couillet dédiée à Sainte-Catherine. Au début du , l'église Sainte-Catherine ainsi qu'un grand nombre de maisons sont brûlés par le comte Jean III de Namur en lutte avec la Principauté de Liège. Selon Yves Lardinois, la paroisse fut dévastée et dépeuplée mais elle est réunie à celle de Marcinelle. En 1520, les habitants sollicitent la séparation de la communauté de Couillet et celle de Marcinelle. Un châteauLe château a été démoli en 1906 pour faire place aux ateliers et forges. est construit en 1545 à quelques mètres de l'église’C'est l'église Saint-Laurent.. En 1579, Couillet redevient une paroisse autonome de celle de Marcinelle et le prince-évêque de Liège en fait une seigneurie distincte. En 1660, l'établissement d'une fonderie est autorisé à Couillet. Les derniers seigneurs de Couillet avant la Révolution française sont les de Thibaut. De l'époque seigneuriale, il reste des châteaux dont l'un est nommé « La Tourette », donjon bâti au que l'on trouve au bas de la place communale, l'autre avec ses tourelles se situe à côté de l'endroit dénommé « Les verreries ». En 1796, les guerres engendrées par la Révolution française ont pour conséquence l'annexion de la Principauté de Liège (et donc de Couillet) au territoire français. Les révolutionnaires français rebaptisent le village en « Violette-sur-Sambre », voulant d'une part marquer la rupture avec le passé principautaire et d'autre part associer Couillet à son aspect encore poétique et agreste. En 1825, on ne recense que , Couillet n'étant alors qu'un village mi-agricole, mi-forestier.

Époque Contemporaine gauche|vignette|Locomotive à vapeur « Fedora » produite à Couillet par la SA de Marcinelle et Couillet pour la société Decauville. Au début du , l'aspect de Couillet change radicalement avec le début de la révolution industrielle. Des charbonnages s'installent aux Festiaux et à la limite de Marcinelle et y extraient la houille. En 1835, un grand complexe sidérurgique s'installe dans la vallée de la Sambre, construit par la Société des Hauts-Fourneaux, Usines et Charbonnages de Marcinelle et Couillet. Cette usine est alors la plus grande fabrique de fer de la Belgique construite sous la forme de sept grands hauts-fourneaux dédiés à la fonte au coke, complétés par un vaste atelier de construction et un laminoir. Sortent notamment de ces usines les locomotives à vapeur Couillet-Hainaut vendues en Belgique et dans le monde entier. Le combustible vient des houillères de Marcinelle« Traité de la fabrication de la fonte et du fer envisagé sous les trois rapports, chemique, mécanique et commercial : avec Atlas de planches », page 104, par E. Flachat, A. Barrault, Jules Pétiet - 1846" ». Le minerai est acheminé via la rive droite de la Sambre et les voies ferrées.