Dampremy (en wallon standard Dårmè ; en ouest-wallon Dârmè ou Darmet) est une section de la ville belge de Charleroi située en Région wallonne dans la province de Hainaut.
C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. Elle comprenait à cette date .
Elle a eu un grand passé industriel au temps des mines de charbon. Accueillant nombre de grandes industries qui participèrent à la prospérité du bassin industriel de Charleroi : les verreries de Dampremy, les concessions des Charbonnages de Sacré-Madame…
Toponymie Villa domni Remigii : paroisse dédiée à saint Remi. L’évolution du nom Dampremy témoigne des transformations linguistiques qui ont marqué la région au fil du Moyen Âge. Les premières attestations connues apparaissent au : dans le polyptyque de l’abbaye de Lobbes, la localité est mentionnée sous la forme Danremi, tandis qu’un manuscrit légèrement postérieur emploie Dantremi. Vers 980, le mandement de l’évêque Notger introduit la variante Dansremi, révélatrice des fluctuations phonétiques propres aux documents administratifs de l’époque. Au début du , la graphie évolue encore avec Denremey, et en 1275, les sources médiévales citent Danremis. Selon l’analyse d’Albert Moret, ces formes successives montrent une hésitation entre plusieurs influences linguistiques, notamment romanes et germaniques, qui ont façonné la toponymie régionale.
Au , la forme Danremei apparaît dans plusieurs chartes. Moret souligne que cette variante, ainsi que Danremey, a joué un rôle dans la constitution de la prononciation wallonne moderne. En effet, la phonétique dialectale a progressivement simplifié le nom pour aboutir à Dârmé, appellation encore vivante dans l’usage populaire contemporain. Cette évolution illustre la manière dont les toponymes officiels et les formes vernaculaires peuvent diverger tout en conservant une filiation commune.
Géographie
Géographie physique Dampremy s’inscrit dans le sillon Sambre‑et‑Meuse, grande dépression structurale de Wallonie formée par l’érosion différentielle de terrains carbonifères. Ce type de relief correspond à ce que la géomorphologie décrit comme un système de vallées encaissées façonné par les processus fluviaux et l’altération des roches sédimentaires. Les principes généraux de la géomorphologie notamment l’étude des formes du relief comme produits de cycles d’érosion successifs sont décrits dans les travaux de William Morris Davis, largement diffusés en France et en Europe.
Selon ces modèles, les vallées du bassin de Charleroi, dont Dampremy constitue un versant urbanisé, résultent d’une longue évolution où l’érosion fluviale a progressivement adouci les versants et abaissé les interfluves.
Géologie Le sous‑sol de Dampremy appartient au bassin houiller de Charleroi, constitué de schistes, grès et veines de charbon datant du Carbonifère. Ces matériaux, typiques des environnements sédimentaires anciens, présentent une altération relativement rapide en surface, produisant des sols limoneux et argilo‑limoneux. Les processus d’altération et de production de matériaux meubles sur les pentes sont décrits dans les enseignements de géographie physique de l’Université catholique de Louvain.
Ces sols, relativement fertiles mais sensibles au ruissellement, ont historiquement favorisé l’implantation humaine, puis l’urbanisation.
Relief Le relief de Dampremy est faiblement vallonné, avec une altitude variant approximativement entre 110 et (inférence basée sur les altitudes du centre de Charleroi et de ses sections). Ce type de relief correspond à une pénéplaine légèrement accidentée, forme typique des régions où les cycles d’érosion ont atteint un stade avancé, comme le décrit la théorie davisienne.
Les versants y sont modérés, et les lignes de crête peu marquées, ce qui correspond à un paysage de maturité géomorphologique.
Limites La localité est entourée par Lodelinsart, Charleroi, Marcinelle et Marchienne-au-Pont.
Quartiers vignette|Panorama pris du terril Sacré-Français vers La Docherie, Gohyssart et Lodelinsart-Ouest. vignette|La rue de la Pairelle et le terril Saint-Théodore-est. La commune possède plusieurs quartiers et lieux-dits. La Planche désigne un ancien quartier établi le long de la route de Bruxelles, dont l’occupation remonte vraisemblablement à une période très ancienne. Le toponyme, resté stable au fil des siècles, provient d’un petit pont de bois qui permettait autrefois de franchir le ruisseau de Lodelinsart à cet endroit. Ce dispositif rudimentaire, mais essentiel pour la circulation locale, a marqué durablement la mémoire du lieu et donné son nom au hameau. Dans son étude sur l’histoire de Dampremy, Albert Moret souligne que ce type de dénomination, fondé sur un élément concret du paysage, est caractéristique des implantations rurales de la région, où les infrastructures modestes jouaient un rôle structurant dans l’organisation des voies de passage. Le Camp de Moscou renvoie à un épisode militaire survenu en 1814, lorsque Dampremy fut utilisé comme lieu de cantonnement par un détachement de cosaques engagé aux côtés des puissances alliées contre l’armée napoléonienne. Ce régiment, placé sous le commandement du chef cosaque Wintzingensde, participa aux opérations visant à repousser les troupes françaises lors de la campagne qui suivit l’entrée des forces coalisées dans les Pays-Bas méridionaux. La présence de ces cavaliers venus de l’Empire russe a marqué durablement la mémoire locale, au point de donner son nom à ce secteur du village. Dans son étude historique consacrée à Dampremy, Albert Moret souligne que cette appellation illustre la manière dont certains événements militaires ponctuels ont pu s’inscrire dans la toponymie et perdurer bien au-delà de leur contexte d’origine. Le nom Phénix désigne un secteur de Dampremy associé à l’activité charbonnière qui a marqué durablement le paysage industriel local. L’appellation provient d’un ancien charbonnage appelé Le Phénix, installé derrière les bâtiments scolaires qui portent aujourd’hui le même nom. Cette exploitation minière, typique des petites fosses du bassin de Charleroi, a contribué à structurer le quartier et à fixer une toponymie directement liée au monde ouvrier. Dans son étude consacrée à l’histoire de Dampremy, Albert Moret rappelle que de nombreux lieux-dits de la commune doivent leur nom à des installations industrielles aujourd’hui disparues, dont Le Phénix constitue un exemple représentatif. La-Haut désigne la partie la plus élevée de Dampremy, un secteur dont l’appellation repose directement sur sa position topographique. Situé sur les hauteurs du village, ce lieu-dit a conservé une petite place connue sous le nom de place de Par Là-Haut, parfois appelée également le haut du village. Ces dénominations populaires traduisent la manière dont les habitants ont longtemps identifié les différents reliefs du territoire. Dans son étude historique consacrée à Dampremy, Albert Moret souligne que ce type de toponyme, fondé sur une caractéristique géographique évidente, est fréquent dans les anciennes communes rurales du Hainaut, où l’organisation du paysage influençait fortement la nomenclature locale. vignette|L'actuelle rue Jean Jaurès au début du .Le Fond des Piges constitue l’un des anciens secteurs de Dampremy dont le nom est directement lié à la topographie et aux voies de circulation traditionnelles. Le terme piges pidges en wallon désignait autrefois de petits chemins empierrés, souvent utilisés pour relier les hameaux ou pour accéder aux exploitations rurales. L’un de ces sentiers a donné naissance à l’ancienne rue des Piges, considérée comme l’un des plus anciens tracés du village et aujourd’hui intégrée à la rue Decoux. Cette appellation se retrouve également dans plusieurs localités voisines, notamment à Marchiennes, ce qui témoigne d’un usage régional bien établi. Le quartier a également laissé son nom à deux installations industrielles aujourd’hui disparues : un puits de charbonnage et une verrerie, tous deux démolis dans les années 1970. Ces établissements ont contribué à structurer l’activité économique locale et à fixer durablement le toponyme dans la mémoire collective. Dans son étude consacrée à Dampremy, Albert Moret souligne que le Fond des Piges illustre parfaitement la manière dont les anciens chemins, puis les infrastructures industrielles, ont façonné la nomenclature des quartiers et accompagné l’évolution du village. À partir de ce secteur rayonnaient autrefois plusieurs petits sentiers qui menaient vers le centre de Dampremy, rappelant l’importance de ces voies modestes dans l’organisation du territoire. Le Pont du Canal désigne un secteur de Dampremy dont le nom provient de l’ouvrage d’art établi sur le canal de Charleroi à Bruxelles, à l’endroit précis où celui‑ci rejoint la Sambre. Ce pont, situé sur un axe de circulation majeur, a longtemps constitué un repère géographique essentiel pour les habitants et pour les activités liées au transport fluvial. Dans son étude consacrée à l’histoire de Dampremy, Albert Moret rappelle que ce type de toponyme, directement issu d’une infrastructure hydraulique ou de navigation, est caractéristique des communes du bassin industriel carolorégien, où les voies d’eau ont joué un rôle déterminant dans l’organisation du territoire. Le Fond Beghin, également appelé Pont Beghin, doit son nom à une ancienne propriété voisine ayant appartenu à la famille Beghin, puis occupée par la famille Rouard. Ce domaine, bien connu dans la topographie locale, a donné son appellation au secteur situé à proximité du pont qui franchissait autrefois le Piéton et, plus tard, le canal de Charleroi-Bruxelles. Avant la construction de ce dernier, l’ouvrage en bois qui permettait de traverser le cours d’eau était désigné sous le nom de Pont aux Scouffes, une dénomination traditionnelle qui reflète les usages populaires antérieurs à l’aménagement industriel du . Dans son étude consacrée à Dampremy, Albert Moret souligne que le Fond Beghin illustre la manière dont les propriétés familiales, les infrastructures de franchissement et les transformations du réseau hydraulique ont contribué à façonner la toponymie locale. Le passage du Pont aux Scouffes au Pont Beghin témoigne ainsi de l’évolution du paysage, depuis les anciens chemins ruraux jusqu’aux aménagements liés au canal, qui ont profondément modifié l’organisation du territoire.
Hydrographie La rivière Sambre, un affluent de la Meuse, borde le territoire de la localité au sud. Le ruisseau Piéton et le canal Bruxelles-Charleroi, creusé dans sa vallée, y rejoignent la Sambre. À l'est, le ruisseau de Lodelinsart, affluent de la Sambre, constitue presque toute la frontière avec Charleroi. Au nord, le ruisseau Warchat, affluent du ruisseau de Lodelinsart, délimite la zone avec Lodelinsart.
Communication vignette|La rue Arthur Decoux.