Gilly ([]. ; en wallon Djilî) est une section de la ville belge de Charleroi située en Wallonie dans la province de Hainaut. Elle constituait l'une des quatorze communes qui ont fusionné en 1977 avec Charleroi.

Toponymie Gilly est pour la première fois repris sont le toponyme Gislero en 866 qui se transforme en Gislir dans une charte de Notger en 980 puis Gilier et enfin Gilly dès 1359’’.

Géographie

Situation Gilly est situé dans la province de Hainaut en Wallonie, la commune est située dans le Pays de Charleroi et elle fait partie de l'arrondissement de Charleroi.

Localités limitrophes

Géographie physique Gilly, au nord-est de Charleroi, se situe au sein d'une région densément urbanisée de l'ancien bassin minier de Charleroi. Les rares espaces verts qu'on y trouve sont les terrils, collines artificielles qui sont progressivement colonisées par la végétation. Ils sont constitués de déblais schisteux issues de l'extraction de la houille pendant des siècles. Ces collines ont modifié le relief de la localité et en constituent les points culminants à d'altitude au terril des Nutons et au terril des Mastelles.

Le nord de la localité se situe à la limite sud du plateau brabançon. Les parties les moins élevées de Gilly se trouvent à l'est avec le vallon du ruisseau de Gominroux, affluent de la Sambre, où l'altitude s'abaisse à environ et au sud avec la vallée de la Sambre.

Gilly est situé dans une zone d'affleurement des terrains houillers où les veines carbonifères sont relativement proches de la surface du sol, ce qui a permis leur exploitation dès le .

Quartiers

Principaux quartiers de Gilly

Gilly-Haies Le quartier des Haies constitue l’un des ensembles urbains situés au nord‑est de Gilly, dans l’entité de Charleroi. Son nom dérive du terme haie, issu du francique hagda (vers l’an 1000) et hayas (1053), qui désignait une clôture végétale délimitant une propriété. La langue française a conservé des formes voisines, comme hallier, employé pour désigner un amas serré de buissons. Cette parenté linguistique suggère, comme l’a rappelé Robert Colard, que le secteur devait autrefois présenter un paysage marqué par de petites plantations ou des alignements d’arbustes, dont une partie a disparu au fil des transformations du territoire.

Avant l’édification de l’église des Haies, construite entre 1862 et 1864, le quartier comportait encore des terrains non bâtis. Cette situation est évoquée dans la chansonnette L’Egliche des Hayes d’Horace Piérard, qui met en scène la générosité des habitants sollicités pour accueillir ou soutenir financièrement l’édification du lieu de culte. Colard souligne que cette chanson témoigne à la fois de l’esprit communautaire et de l’évolution progressive du quartier vers une urbanisation plus dense.

La place actuelle des Haies se compose de deux espaces distincts. Le premier, aménagé le long de la chaussée, est bordé de cafés traditionnellement fréquentés par les maraîchers et les commerçants du marché hebdomadaire du mercredi. Cette activité est attestée depuis 1901, année où le Conseil communal fixa les droits de place pour les vendeurs ambulants. Au fond de cet espace se dresse l’église Sainte‑Barbe, dédiée à la patronne des mineurs, des carriers, des pompiers et des artilleurs, un choix qui reflète l’importance des métiers industriels dans l’histoire locale.

Le second espace, légèrement décalé vers la droite, est délimité par le pignon de l’église, la rue de la Tourelle et plusieurs bâtiments privés. En dehors des jours de marché, des braderies ou de la ducasse des Haies organisée au début du mois de juillet, ces deux zones servent principalement de lieux de stationnement pour les riverains et les clients des commerces du quartier. Robert Colard note que cette organisation spatiale illustre la manière dont la place a progressivement intégré des fonctions pratiques liées à la mobilité et à la vie quotidienne, tout en conservant son rôle de centre de sociabilité.

Gilly-Vallée Le toponyme Vallées désigne un ancien secteur de Gilly situé entre la rue du Louvy et le carrefour formé par les rues Marcus et du Viaduc, à proximité du sentier des Jardins ainsi que des rues Sacrez et du Louvy. Selon Robert Colard, cette appellation est liée aux débuts de l’exploitation charbonnière : le terme « vallée » renvoyait à la descenderie, une galerie inclinée creusée vers le bas dans les premières formes d’extraction.

Les historiens O. Lambot et E. Close rappellent que la houille était d’abord extraite depuis la surface avant que les travaux ne s’enfoncent progressivement en profondeur. Ils précisent également qu’à Gilly, jusqu’au , les veines de charbon devaient être exploitées d’est en ouest, les ouvriers n’étant pas autorisés à progresser du nord vers le sud, une contrainte qui illustre les méthodes et les règles de sécurité propres aux premières activités minières.

Les Corvées Le lieu‑dit Les Corvées désigne un secteur situé au sud de Gilly, à la frontière de Châtelineau et de Montignies‑sur‑Sambre. Il correspond approximativement à la chaussée de Châtelet, aux rues Jean‑Jaurès, Saint‑Jacques, Trieu‑Kaisin et Lison, ainsi qu’à la rue des Auduins et à plusieurs impasses voisines. D’après Robert Colard, le nom renvoie aux corvées imposées aux paysans sous le régime féodal et s’apparente à la notion de « taille », impôt médiéval dont subsiste le souvenir dans l’ancienne rue de la Taille de Gilly.

Ces appellations reflètent l’organisation rurale ancienne, lorsque le territoire se composait essentiellement de prairies et de quelques habitations dépendant d’un seigneur local. Des documents du mentionnent également, à Montignies‑sur‑Sambre, des chemins nommés Corwaies ou Corvaies, aujourd’hui disparus, situés près de l’actuel pôle commercial du Cora. À Châtelineau, un groupe de maisons porte encore le nom de Cité des Corvées. Ainsi, un même espace partagé par trois localités a conservé des variantes toponymiques distinctes : Corvées à Gilly, Roctiau à Montignies‑sur‑Sambre et Corbeau à Châtelineau, comme le souligne Robert Colard.

Les Quatre-Bras Le carrefour des Quatre‑Bras, à Gilly, s’est formé autour d’un ancien croisement en T reliant Charleroi, Châtelet, Fleurus et Lodelinsart, avant la création de la route vers Charleroi à la fin du . Selon Robert Colard, l’urbanisation s’y intensifie dès le , avec l’apparition de commerces qui s’étendent progressivement le long des axes menant aux localités voisines. Jusqu’en 1945, ce point de convergence constitue l’un des principaux pôles commerciaux de l’agglomération carolorégienne.

À partir de 1955, un vaste plan communal transforme profondément le quartier : des bâtiments vétustes sont démolis, la rue Vieille disparaît et la circulation est réorganisée alors que le trafic continue de traverser le carrefour. Les façades commerciales sont modernisées, des grandes surfaces apparaissent dès 1960 et plusieurs équipements publics sont édifiés, dont le nouvel hôtel de ville, le centre culturel Le Temps Choisi et les stations de métro Gazomètre et Gilly‑Centre. La construction du pont de la chaussée de Châtelet entraîne aussi l’expropriation de divers immeubles, notamment l’ancienne gare des Quatre‑Bras. Ces aménagements successifs, étalés sur près de trois décennies, donnent au quartier son aspect actuel, comme le souligne Robert Colard.

Le Sart Allet gauche|vignette|redresse|L'église du Sacré-Cœur du Sart-Allet. Le quartier du Sart Allet, situé au nord‑est de Gilly, tire son nom du terme sart, issu du bas latin essartum, qui désigne un terrain défriché pour l’agriculture ou le pâturage. Ce vocable est fréquent dans la toponymie régionale, comme le rappelle Robert Colard, et apparaît dans des localités telles que Lodelinsart, Ransart ou Sart‑Saint‑Laurent. Une tradition ancienne, encore attestée dans certaines communes du Namurois, consistait à louer des prairies communales après enchère publique, le gagnant obtenant l’usage du sart sous forme de bail rural. vignette|La station Soleilmont du métro de Charleroi. À Gilly, la rue du Sart Allet n’existe pas : elle se trouve à Châtelineau, reliant le quartier du Wainage à la place Jules Destrée. La place du Sart Allet borde la rue Brasserie Gillieaux et accueille l’église du Sacré‑Cœur, longée par la rue du Vélodrome menant à la chaussée de Fleurus. L’augmentation de la population entraîna l’ouverture d’un oratoire en 1878, remplacé en 1888 par une chapelle devenue succursale autonome de la paroisse Saint‑Remy.

La limite paroissiale suivait alors le cours du Grand‑Rieu, venant de Soleilmont vers la Sambre. L’origine du nom Allet demeure discutée : les archives des mentionnent les formes Hallet, Halet ou Halé, renvoyant à un secteur déjà partiellement défriché où se trouvaient une forge, des activités charbonnières et des exploitations liées à la houille. Robert Colard souligne que le patronyme Hallet, encore présent à Gilly, pourrait avoir donné naissance au toponyme. Le quartier comptait également des cloutiers, métier très répandu dans la région : en 1738, Gilly recensait six maîtres‑cloutiers employant cinquante personnes, et neuf en 1764.

Le Sart Culpart La rue du Sart Culpart relie les secteurs de Wautelet et Marabout au carrefour formé par les rues Brasserie Gillieaux et Margot de Hainaut, avec en voie adjacente la partie piétonne de la rue Goffart. La place voisine, de forme triangulaire, se situe entre la rue de la Chapelle, la rue Thiot et la rue Margot de Hainaut. Selon Robert Colard, le nom Sart Culpart dérive de l’ancien crupart, mentionné dès le dans des actes relatifs à des biens ruraux du « Sart Crupart ». Après 1789, l’administration française transforme progressivement cru en cul, tandis que part est conservé, son sens restant compatible avec la toponymie locale.

Le terme cru, qui désignait autrefois un terroir ou une production agricole, renvoie ici aux campagnes du Sart Culpart et des Bouillons, terres appartenant aux seigneurs de Lobbes et à l’abbaye de Soleilmont, où l’on cultivait notamment des plantes destinées à la bouillerie. La forme cul s’explique par l’usage wallon de culot, désignant un endroit retiré ou l’extrémité d’un village. L’appellation Sart Culpart s’impose au début du  : elle figure dans les atlas communaux de 1818 et 1832, puis dans la nomenclature vicinale de 1844, où elle désigne plusieurs chemins menant vers le Rambulant, le Socquia et le Noir Dieu, comme le rappelle Robert Colard.

Soleilmont Quartier au nord-est à la limite avec Gilly, Fleurus et Châtelineau où se trouvent les ruines de l'abbaye de Soleilmont.

Lieux-dits

Louvy Le secteur du Louvy s’étend depuis la chaussée de Lodelinsart vers les rues du Paradis des Chevaux et des Moissons, avec pour voies adjacentes les rues Sacrez et Bodson, le sentier des Jardins et le Fond Thiot. Selon Robert Colard, cette partie du territoire appartenait autrefois à un vaste ensemble forestier où vivaient loups, cervidés et autres animaux sauvages. Des découvertes réalisées en 1870, dont des bois de cerfs près d’une ancienne villa romaine située entre Montignies‑sur‑Sambre et Gilly, confirment la présence ancienne de cette faune. Les archives régionales attestent d’une chasse active menée contre les loups. La Société archéologique de Charleroi mentionne des primes versées à des habitants de Gilly en 1587, 1588 et 1594 pour la mise à mort de ces animaux. En 1599, une battue organisée dans les bois de Lobbes et de Soleilmont aboutit à l’abattage de plusieurs bêtes. D’autres sources, notamment l’ouvrage d’Edmond Yernaux consacré à Montignies‑sur‑Sambre, signalent encore des récompenses attribuées en 1719 et 1720 à ceux qui rapportaient une gueule de loup. En 1671, le mayeur Guillaume de Rouillon justifie même un paiement destiné à des chasseurs spécialisés.